ANNUAIRE L1NSTITUT DBS PROVINCE DES CONGRES SCIENTIFIQUES. Jlxr* r>if-> v>//\ ^ A' &? *S *\ ^t&A 4^4,.; v ^ ? ;r^;.^ / PARIS, DERACBE, RUE DU BOULOY , 7; CAEN, CHEZ A. HARDEL, SUCC. DE T. CHALOPI1V RUE FROIDE , 2. 1846 Dans notre etat social tel que la marche de Fesprit humain 1'a forme , la science ne peut plus , comme autrefois , etre circonscrite dans 1'enceinte des societes acadetiiiques , il faul qu'elle rayonne et penetre partout , qu'elle rechauffe et feconde partout les intelligences : les connaissances sont aujourd'hui repandues partout; partout on lit, on ecrit,,on medite ; I'egalite scientifique riestpas moins acquise a notre epoque que I'egalite sociale. II fallaitdonc des reunions autres que celles des academies et des societes anciennes, des reunions fondees sur des bases plus larges, ou chacun put apporter le tribut de son expe- rience et de ses etudes en echange de notions et d'instruc- tions nouvelles , des reunions ou la science put se de- pouiller de la rigidite de ses formes , de 1'obscurite de ses abstractions, des allures dedaigneuses de 1'espritde specia- lite , pour s'accommoder aux besoins et aux interets de la vie ; pour conquerir sur ce terrain , une popularite qui seule peut lui concilier 1'influence civilisatrice qui est a la fois sa plus haute destination et sa plus glorieuse recompense. L'avenement des congres a ete le res ul tat de ce besoin ; les congres sont nes de cette double tendance de notre epoque : la vulgarisation des lumieres , le rapprochement des individus et des nations par le developpement des sympathies. En effet, il faut le reconnaitre, une grande transforma- tion s'opere de nos jours dans le monde intellectuel aussi bien que dans le monde physique. En meme temps que les chemins de fer font disparaitre Tespace et rapprochent les unes des autres, leslocalites les plus eloignees, les congres ont , par une sorte d' attraction electrique , attire les hommes studieux pour former de cette union , de grands foyers d'activite intellectuelle ; les congres sont devenus pour les anciennes societes academiques ce que ces associations etaient elles-me"mes pour les individus ; ils ont centuple les forces : ce sont de puissants moteurs qui luttent et lutteront avec energie pour le progres des etudes centre 1'apathie et le mauvais vouloir des masses. En voyant cette popularite qui propage 1'institution des congres d'un bout de FEurope al'autre, on sera convaincu qu'il y a plus ici qu'une affaire de mode etqu'il s'agit d'une de ces creations dont la mission est d'influer sur les desti- nees de rhumanite. Dans cet etat de choses , il nous a paru fort utile de publier un. annuaire qui rendra sommairement compte des travaux des differents Congres et de I'Intitutdes Provinces, societe eminente qui doit son origin e a la meme inspira- tion genereuse. Nous n'avons pas a justifier cette determi- nation , elle avait ete prise des'Fannee 1840 sur notre pro- position et annoncee au congres de Besangon (1) : Tinteret que nous esperons donner a V Annuaire de I'lnstitut des Provinces et des Congres sera d'ailleurs la meilleure preuve de rutilite de ce.tte entreprise. (1) Voir le discours prononce 1'ouverture de cette session dans lequel on traga le programme des publications de Tlnstitut des Pro- vinces. Ce discours se trouve imprime en partie dans le 6 e , volume (In Bulletin monumental. NOTICE SUR riXSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. L'Institut des Provinces de France est ia plus erainente des aca- de"mies du royaume, Tlnstitut de Paris excepte; elle se compose d'hommes qui onl conquis par de longs travaux, une reputation m6- ritee ; c'est, comme on Pa dit , la pairie des hommes de lettres et des savants de la province. La creation de cette illustre compagnie est une pense"e de M. de Caumont. Apres avoir formula diverses questions d'organisation academique qui furent discutees dans les six premieres' sessions du Congres scientifique de France, il posa au programme de la 7 C . session cette autre question qui en etait le corollaire et qui fut resolue aflirma- tivement par le Congres a la presqu'unanimite : Ne conviendrati-il pas d'ctablir en France un Institut pour les departements ? Les deveJoppennents verbaux donnes par M. de Caumont, un me'- moire fort bien fait de M. Richelet, avaient effectivement demontr6 Tutilite de cette compagnie et repondu d'avance a toutes les objec- tions. Forts de Tassentiment d'une reunion aussi importante que le Congres scientifique general de France, les hommes qui avaient xoncu ride"e de 1'Institut se r^unirent immediatement et adopterent , apres une discussion longue et approfondie, les statuts qui regissent la compagnie (1). (1) Le projet, redige par M. de Caumont, fut reduit 5 20 articles; d'importantes deliberations fureut prises ensuite. La creation (Tun Institut pour les provinces de France etait le complement necessaire des Congres, car les Congres ne se reunissent qu'une foispar an, dans des lieux eloignes les uns des autres, et leur action , toute puissante qu'elle soit, ne sera jamais que momentanee ; Timpulsion sera in^gale suivant les lieux ou se tiendra I'assemblee , selon le talent des hommcs qui seront appeles a la composer. II fallait done, comme regulatrice du Congres, une compagnie dont les elements moins variables permissent de poursuivre constamment I'execution des mesures reclamees par lui , une societ composee d'hommes choisis , capables de diriger les travaux scientifiques de tout genre , et de coordonner les materiaux deja produits par les academies. L'lnstitut des Provinces, par son organisation, est appele, n'en doutons pas , a resoudre ce probleme. Lie aux Congres par des rap- ports constants et intimes, il a une vie distincte et independante, une vie continue, car son conseil administratif tient regulierement des seances mensuelles dans la ville chef-lieu. L'Institut devait limiter le nombre de ses membres : ce nombre est fixe a 200 pour toute la France ; mais, dans chaque division, il y a un sous-directeur qui peut convoquer des reunions dans 'lesquelles tous les hommes laborieux sont appeles a faire des lectures, et ces mmoires pourront etre imprimes dans les volumes que 1'Institut fera paraitre. Le directeur de Tlnstitut peut d'aiileurs provoquer des seances sur tous les points du royaume et les prsider. L'Institut public deux series de memoires dans le format in-/i. : la premiere , consacree aux sciences physiques et naturelles ; la seconde, aux sciences morales, historiques, litteraires, etc. Dans ces volumes, les memoires sont classes par ordre dematieres, et, s'il s'agit de travaux statistiques, Tordre geographique est, autant que possible , observe. Indpendamment de ses publications ordinaires, Tlnstitut a en- trepris une grande oeuvre , celle de classer tous les travaux de quelque portee epars dans les recueils de province. Le morcelle- SUR L'INSTITUT DBS PKbviNCES DE FRANCE. meat academique est tel, en France, que beaucoup de boiis me- moires sont publics dans des recueils & peine connus, ineme dans les departements ou ils naissent: ces memoires sont, d'ailleurs , iin- primes confusement avec d'autres notices sur des matieres complete- ment differentes : ainsi , dans un recueil d'agriculture , on trouvera un memoire arckeologique ; dans un recueil presque completemeut litteraire, on rencontrera parfois un memoire sur la ge"ologie, sur 1' agriculture , etc. C'est ainsi que les travaux s'eparpillent eri pure perte et qu'il faut de longues recherches pour reunir les notices relatives a une branche quelconque des sciences humaiues dans ces recueils lieterogenes. L'Institut des Provinces a pris la tache de re- pertorier toutes les publications departementales , d'en extraire ce qui nitrite le plus d'attention et de le -reimprimer dans un ordre systematique. L'Institut se propose encore de publier, tous les trois ans, un rapport sur les travaux compares des soti^tes savahtes de France. Si Ton ajoute qu'il tracera le programme des travaux d'ensemble les plus importants a entreprendre et qu'il en dirJgera Tex^cution ; qu'il decernera des medailles aux auteurs des meilleurs memoires sur des questions nombreuses qu'il va metlre imme~diatement au concoi^rs , on comprendra combien la mission qu'il s'est imposee a d'importance et d'utilite. Le premier si^ge de 1'Institut fut etabli au Mans , sous la presi- dence d'un homme venerable autant par son savoir que par ses 80 ans , M. Cauvin , dernier reste peut-etre de la celebre societe des Oratoriens. Les six annees de residence au Mans viennent d'etre ac- complies ; 1'Institut des Provinces est alle tout r^cemment planter sa tente et continuer sa vie dans la ville de Caen : mais alors que son organisation e"tait a peu pres complete , alors que depuis six anne"es avait vu venir a lui les principales notabilites academiques^des departements , il a du prendre des mesures pour se mettre au niveau de sa position nouvelle , et pour etendre galement son action sur tous les points du royaume ; quelques dispositions reglementaires 8 NOTICE oul etc ajoutees aux premiers articles des statuts, sur la demande du nouveau directeur, M. de Caumont, qui s'occupe sans relache de computer rorganisation de la compagnie : on peut avoir confiance dans son devouement, et nous croyons devoir rep^ter ici ce qu'il disait naguere dans une grande assemble : L'Institut a accepte" une grande et honorable mission , celle de tracer un plan de travail rationnel ct uniforme pour toutes les aca- demies des departements , de rechercher partout les homines de merit c , de les distinguer , de les encourager , de les honorer. L'illuslre compagnie saura remplir cette tache qui est immense, comme on a du le comprendre ; les membres de 1'Institut des Pro- vinces, armes d'une volonle" pcrsistante et inebranlable , marcheront avec confiance dans la voie qu'ils out mesure"e, sans s'embarrasser des obstacles : ils sauront reussir , parce qu'ils ont foi dans leur oeuvre et que les entraves ne peuvent rien contre la foi. Ils reussiront parce que leur mission est gratuite, parce qu'ils n'ont point de popularity a acquerir et que le zele d&interesse dont ils font preuve , est , dans nos moeurs publiques , une belle et noble exception , qui leur meritera toutes les sympathies. Depuis la creation de 1'Institut des Provinces , le Congres scien- tifique de France , par un article special de son reglement , a decide" que chaque annee, avant d'etre imprime , le programme des ques- tions serait soumis a Flnstitut des Provinces ; une commission choisie parmi les membres de la compagnie a meme depuis deux ans , par un nouveau vote du Cengres , ete adjointe aux secretaires-generaux designes et charg^e de nommer avec eux les secretaires des sections. Llnstitut des Provinces a tenu, chaque anne"e, depuis 1839 ses reunions generates dans la ville du Mans , sous la pre"sidence de M. Cauvin ; chaque annee aussi il s'est reuni dans la ville ou siegeait le Gongres scientifique : ainsi en 1840 a Besancon , en 1841 a Lyon , en 1842 a Strasbourg, en 1843 a Angers, en 1844 aNimes(l), eten (1) M. de Caumont a, par deliberation du Conseil , preside" ces diverses seances en Tabsence de M. Cauvin. SUR L'INSTITUT DES PROVINCES DE PRANCE. 9 1845 a Reims. Ces reunions ont eu de rimportance , des mdailles ont etc , dans plusieurs de ces seances , decerne"es aux homines qui avaient bien me>ile de la science par leurs ouvrages (1). A Besancon, apres un lumineux rapport de M. Weiss sur les progres et Tetat actuel des sciences et des lettres en Franche-Comte , et une longue discussion sur les litres des candidats , il fut resolu d Cunani- mite: 1. Que la medaille destinee au meilleur ouvrage publie sur les lettres serait dcernee a M. Perennes, doyen de la Faculte des lettres de Besancon, pour soncours de lilleralure imprime', portantpour litre : Accord du beau , du bon et du vrai , dans les ouvrages de I'esprit. 2. Que la medaille destinee au meilleur ouvrage sur 1'histoire serait decerne a M. Ed. Clerc, conseiller a la Cour royale et membre de la Societe francaise , pour ses recherches arch^ologiques sur la Franche-ComlS , publiees en septembre 1840, et formant un beau volume in-8. orne de planches. L'Instilut decerna des mentions honorables a Touvrage de M. Bourgon sur la ville de Pontarlier, et aux recherches de M. De"sir6 Monnier. 3. Que la medaille decernee aux sciences physiques serait de"cer- nee a M. le docteur Bonnet, pour son cours d'agriculture , un vo- lume in-8. publie a Besancon. L'Instiiut destina encore deux mentions honorables pour les tra- vaux relatifs aux sciences physiques : 1'une a M. Parandier, ingnieur des ponts et chausse"es, pour la carte geologique du Doubs; Tautre a M. Dainan , pour son ouvrage sur les sciences. A Strasbourg, 1'Inslilul a d6cern6, le 7 octobre!8/i2, une medaille a M. Schvilgue, ingenieur-mecanicien, sur le rapport de M. le V le . de Cussy , pour le rtablissement qu'il a fait de Thorloge astronomique de la cathdrale. (1) Ces medailles ont etc jusqu'ici offertes par M. de Caumont. 10 NOTICE A Angers, une m&laille a ete" de"cerne"e, sur le rapport de M. de Caumont , & M. Bizeul de Blain , pour son travail sur les voies romaines de la Bretagne. Une medaille grand module a ete" de"cerne, en 18A5,aM.Lavaine, compositeur a Lille. Le l er . volume des memoires de 1'Institul des Provinces ( 2 e . serie, histoire, litt^rature, beaux-arts) a paru au Mans Tannee derniere: deux grands ouvrages remplissent ce beau volume , imprime avec goQt, dans le format in-Zi. , sous la direction des auteurs et la surveillance de MM. Richelet , secretaire-general , et Tabbe Lottin , membre du conseil administratif. Le premier a pour litre : Geographic ancienne du diocese du Mans. Entre toutes les matieres que le prodigieux savoir des Benedictins nous a laissees a trailer, ou du moins dans lesquelles il a laisse" des lacunes considerables , il faut compter Tancienne topographic de la France. Quel dedale de diflicultes ! quel vaste champ pour Tetude et aussi pour les conjectures et 1'erreur que cet ancien territoire de la France qui ressemble si peu au territoire nouveau I Presque partout Taspect des lieux a change^ ; la main de Fhomme et quelquefois les forces myste>ieuses de la nature out opere de toutes parts des mo- difications qui surprendraient bien nos ai'eux s'ils reparaissaient su- bitement sur cette terre autrefois par eux habitee. Mais ce qui a change surtout, ce sont les denominations topographiques. Comment reconnaitre a travers tant de transformations et malgr& Tobscurite des textes historiques, lous ces noms qui abondent dans les litres an- ciens ? C'est done une (Euvre utile el meritoire de se livrer a ces pe- nibles investigations. II est beaucoup d'erudils a qui elles onl valu une haute renomme"e et les premiers honneurs academiques. Ce sont la les plus beaux litres de gloire des d'Anville et des Adrien de Valois (1). (1) Rapport de M. Le Glay, correspondent de TAcademie des Inscriptions. SUR L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Mais il nous semble que jusqu'ici on n'a pas execute ces sortes de travaux sur un plan aussi vaste et aussi complet que Ta fait 1'auteur de la Geographic ancienne du diocese du Mans. Voici quel est le plan du livre : apres 1'introduction , vient une serie de documents origi- naux destines a justifier les details de Touvrage : puis, pour former le corps du volume , le glossaire complet de tous les noms de lieux relates dans ces litres et dans beaucoup d'autres que Ton a publies anterieurement. L'auteur donne toujours la denomination latine d'abord, puis il Tmterprete par le vocable francais. Tout le monde sait que presque toujours le nom d'un lieu etait multiple , c'est-a- dire qu'il s'ecrivait de cinq ou six facons differentes ; or, M. Cauvin examine le nom de lieu sous toutes ses formes et il indique constam- ment 1'acte dans lequel chaque forme a etc employee. Puis il etablit la situation du lieu, quant a la juridiction et quant a ses rapports avec les localites voisines et les rivieres ou ruisseaux qui s'en rapprochent. Enlin, il signale avec soin le patron de I'eglise ainsi que le presentateur et le collateur du benefice qui y etait annexed L'article capital du livre est celui qui a pour litre Cenomani, Ce- nomanicus pagus, Cenomanica diocesis. L'auleur y a fait entrer 1'his- loire complete du diocese du Mans, non pas telle qu'elle se Irouve dans le Gallia Christiana, mais completee par une multitude de documents pris aux sources et continuee jusqu'a nos jours. On y Irouve , oulre une descriplion lopographique minulieuse , la chrono- logic detaill^e des ^veques et des doyens de la cathedrale ; des notices succinctes, mais suilisanles , sur les collegiales, qui ^talent nom- breuses ; sur les monasteres fondes avant la fin du IX e . siecle; sur les monasteres nouveaux, avec la nomenclature des abbes et des abbesses ; sur les prieures conventuels ou simples, les chapelles, les ermitages, les cou vents , les congregations s^culieres , les hopitaux, les colleges et seminaires, les confreries , les commanderies d'ordres militaires, religieux, etc. Tout cela est renseigne avec clarte et concision , sans phrases parasites, sans ces ornemenls dont on croit devoir surcharger quelqueibis les oeuvres d'erudition et de pure ulilite, au mepris du precepte : ()i::aii res ipsa ncgat , conteiita cloccri. > L'auteur neanmoins n'est pas tellement emprisonne dans 1'histoii e ecclesiastique qu'il ne traite avec le meme succes les articles qui sem- blent se rattacher plus spcialement a la topographic civile. C'est ainsi que d^crivant le pagus Cenomanicus de I'epoque romaine, il nous donne a ce sujet des notions , sinon toutes neuves, au moins fort claires, fort p!ausibles. Apres ce vaste vocabulaire qui ne comprend pas moins de 550 pages in-A. a 2 colonnes, 1'auteur a place huit pages d'additions et correc- tions et un appendice ou il traite 1. de la topographic du diocese du Mans au XVIIK siecle; 2. de la division administrative a la meme epoque et de nos jours; 3. de la division judicia ire; 4. de la divi- sion financiere ; 5. enfin, des divisions militaires et fcodales. II pousse son scrupule statistique jusqu'a donner cnfin un catalogue complet des cartes et plans relatifs a la geographic du Maine. L' Academic Royale des Inscriptions et Belles-Lettres a decern^ a M. Cauvin , pour son savant ouvrage, la premiere des medailles d'or destinees a recompenser les meilleurs ouvrages sur les Antiquites nationales : Le rapporteur, M. Lenormand, dont les eloges doivent etre d'autant plus appreci^s qu'ils sont fort rares pour les ouvrages de province , a declare que T Academic regrettail vivement de n'a- voir pas a offrir ^ M. Cauvin une recompense plus considerable. Le rapport se lerminait par les eloges les plus flatteurs de la science de M. Cauvin. L'Institut des provinces de France a recueilli avec joie ces paroles de 1'organe officiel de T Academic Royale des Ins- criptions et Belles-Lettres , elles sont pour 1'Institut un puissant v encouragement ; il saura , n'en doutcws pas , produire des volumes qui me"riteront , coinme le premier, les doges de I'Academie. Le second memoire qui entre dans la composition du l er . vo- lume des memoires de Tlnstitut des provinces ( 2 e , serie), est le SUR L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 13 beau travail de M. Hucher , sur les monnaies du Maine. M. Hucher, honorablement connu des am r s de la numismatique et de Tarch^o- logie , examine , avec sa critique bien connue et ses judicieux aper- cus , toutes les monnaies appartenant a la province du Maine , depuis l^poque celtique. Ce travail adresse trop tard a r Academic des Inscriptions n'a pu elre admis cetle annee pour le grand prix de numismatique, mais il sera probablement examine 1'annee prochaine. M. Hucher termine son important memoire en produisant comme appendice le texte de plusieurs diplomes et chartes mo- netaires. Des planches d'une perfection remarquable et execute"es d'apres un precede nouveau , accompagnent le memoire. Le second volume des memoires de la 2 e . serie de Tlnstitut, comprendra des pieces historiques inedites , precieuses, qui forme- ront en quelque sorte le eompl&nent du travail de M. Cauvin. On y verra d'abord le cartulaire , dit le livre blanc , du chapitre de la cath^drale du Mans , dont Timpression est commencee sous la direction de M. 1'abbe Lottin , chanoine du Mans , un des membres les plus savants et les plus laborieux de la compagnie. Ce cartulaire renferme environ 1,000 chartes , comprenant un laps de 400 ans , du X*. au XIII e . siecle. II renferme environ 50 chartes du X e . siecle, 200 du XI e . siecle, 300 du XH e . siecle, le reste est de la premiere moitie du XIII e . siecle , sauf quelques pieces qui appartiennent a la fin de ce meme siecle. Ge recueil jettera un grand jour sur Thistoire du Maine a cette e"poque. Toutes les pieces n'offrent pas assur6nlent le meme interet , mais les moins importantes font au moins connaitre les anciennes fa- milies, les usages, la nature des transactions , etc. Parmi ces pieces, on trouve beaucoup de brefs des papes , de rescrits des legats du Saint-Siege , des chartes des rois d'Angleterre et de France, des comtes d'Anjou et du Maine , des 6veques du Mans , des arche- veques de Tours , etc. (.Vest une espece de galerie ou chacun trou- vera quelque chose a recueillir , aussi bien pour Thistoire civile que pour 1'histoire ecclesiastique. 14 NOTICE L'impression du second volume de 1'Institut se fait aux frais du conseil general de la Sarthe , qui a compris combien il etait im- portant pour le pays de connaitre les documents qui eclairent si uttlement son histoire. M. Drouet , membre du conseil general , a present^ d'excellents motifs pour continuer ces publications , et tout fait espe>er que le conseil en maintenant Tallocation qu'il a bien voulu voter depuis deux ans , permettra a 1'Institut d'imprimer tous les documents in^dits relatifs a Thistoire du Maine , dont les pr6- cieux manuscrits se trouvent dans la ville du Mans. Conform&nent aux Statuts qui regissent Tlnstitut , le bureau de cette Compagnie, qui a sieg au Mans pendant six ann6es , a et6 renouvel. Le chef-lieu administratif a 6te etabli a Caen : M. de Caumont a et6 61u directeur; MM. Girardin , de Rouen, et Eudes- Deslongchamps , de Caen , ont et6 nomm^s secr^taires-gen^raux. Le l cr . volume de la l re . s^rie des mmoires (sciences physiques et naturelles) va etre imm^diatement mis sous presse. Des travaux importants sont reunis pour ce volume , dont MM. Eudes-Deslong- champs , de Caen , et Girardin , de Rouen f voudront bien diriger Timpression : elle sera faite encore aux frais de M. de Caumont. Une reunion generate a eu lieu, au nouveau chef-lieu, le 30 septembre 1845. Diverses deliberations importantes y ont ete prises. SUR L INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 15 Composition dn bureau. Directeur : M. DE CAUMONT ife %. * , fondateur des Congres scientifiques de France. Secretaires Administra- icurs MM. EUDES-DESLONGCHAMPS, professeur a la Facult6 des Sciences de Caen. J. GIRARDIN fjfc, correspondant de PInstilut de France, a Rouen. / MM. Le V tc . DE CUSSY, &, membre de plusieurs aca- demies, a St.-Mande, pres Paris, et a Vouilly (Calvados). LE SAUVAGE &, chirurgien en chef des hospices de Caen. LE GRAND 3, D.-M. , maire de St-Plerre-sur-Dire. P.-A. LAIRDS, doyen du Conseil de prefecture du Calvados. LAMBERT , conservateur de la bibliotheque publique de Bayeux. B )n . DE LA FRENAIE, membre de plusieurs aca- \ demies, a Falaise. M. Gaugain, tresorier de la Soci^t6 francaise pour la conser- vation des monuments, sera charg de la caisse de Tlnstitut des provinces. 16 LISTE DES MEMBRES TiTULAIRES DE L'INSTITUT DES PROVINCES. MM. GAUVIN , ancien directeur , charge de la direction du Maine et de FAnjou. RICHELET , ancien secretaire general de FInstitut , au Mans. ETOC-DEMAZY, fils, id. id. LOTTIN (Fabbe), ancien tresorier de 1'Institut, id. BOLVET (Fabbe) , ancien membre du conseil, id. De MARSEUL , chef destitution , a Laval. LE GALL ^ conseiller a la Cour royale , directeur de la division de la Bretagne, a Rennes. AUBER , chanoine honoraire de Poitiers, directeur de la division du Poitou , a Poitiers. LECOQ , secretaire perpetuel de FAcade"mie , a Clermont- Ferrand. BOUILLET , membre de plusieurs socie" tes savantes , directeur de la division de FAuvergne et du Velay, a Clermont- Ferrand. TAILHAND $ , membre de FAcademie de Clermont-Ferrand. L6on de la SICOTIERE, avocat, a Alencon. TAILLARD ^, conseiller la Cour royale de Douai. OLLIVIER & , membre de la Soci&6 d' Agriculture et du conseil general de laManche, a Avranches. De MAGNEVILLE ^c, inspecteur divisionnaire de F Association Normande, a Caen. SUR L'INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. 17 Guerrier de DUMAS, 5^< , membre de TAcademie , directeur de la division de la Lorraine , a Nancy. Marquis De la PORTE, litterateur, a Vendome. RIGOLOT , collaborates de la Revue Medicale , directeur de la division de la Picardie et de 1'Artois , a Amiens. LESSOII ^j$ , naturaliste , a Rochefort. De GIVENGHY , secretaire general de la 3 e . session du Congres, a Saint-Omer. BONNET , professeur , a Besan^on, BUVIGNIER, membre de plusieurs Academies, a Verdun. COMMARMOND , bibliotliecaire du Palais des Arts, a Lyon. D'HoMBRE-FiRMAs $$ , a Alais ( Gard ) , correspondant de I'Academie des Sciences. Jules RENOUVIER , president de la Societe des Arts , a Mont- pellier. De JUMELLES 3 , ancien maire de Honfleur. SOYER-VILLEMET , secretaire perp^tuel de I'Acad&nie, a Nancy. CROIZET $ , cure de Neschers , pres Issoire. Marcel de SERRES &, professeur & la FaciiltS des Sciences, a Montpellier. WEIS 3, bibliotliecaire, a Besancon. GERAULT, cure d'EvronJ a Evron(Mayenne). MILLET, naturaliste, a Angers. GUEPIN, docteur-medecin , naturaliste, a Angers. Puvis -^ , president de la Society d' Agriculture , a Bourg. GREPPO (Tabbe), vicaire-general de Belley, correspondant de TAcadt^mie des Inscriptions. GREGORY , >$ , president de chambre , a la Cour royale de Lyon. BONNET , D.-M. , ^c, chirurgien en chef de THotel-Dieu , a Lyon. BOULLEE, membre de r Academic de Lyon. VERICEL ^ , ancien m^decin en chef des hospices de Lyon. 18 NOTICE MM. MoMiN , professeur d'histoire a la Faculty des lettres de Be- FOURNET & , professeur de geologie a la Faculte" des sciences de Lyon. SERINGE , professeur de Botanique a la mme Faculte. DUPASQCER $ , professeur de Chimie , a Lyon. Victor SIMON , ancien secretaire general du Congres , a Metz. MOUGEOT, 3 , naturaliste, a Bruyeres (Vosges). HEPP ^<, professeur a la FacultS de Droit, a Strasbourg. COUTURAT ^<, ^, inge"nieur en chef du cours du Rhin , a Strasbourg. Monseigneur DON NET $, archeveque de Bordeaux. DESMOULINS , inspecteur divisionnaire des monuments , a Bordeaux. Monseigneur GOUSSET, $$, archeveque de Rheims, BARREAU ( Pabbe" ) , historiographe et chanoine de Beauvais. Le Marquis de GHAMBRAY, ^, ^<, general d'artillerie a Paris. FERET , conservateur de la bibliotheque , a Dieppe. Jules RIEFFEL ^, fondateur de Tetablissement de Grandjouan. COUSSEAU (Tabb6), professeur d'arche"ologie, a Poitiers. FOUCART $, doyen de T6cole de droit , a Poitiers. Le general LEJEUNE , C. $ * ^< , peintre , a Toulouse. De BLOSSEVILLE , ancien conseiller de prefecture , a Ver- sailles. De la FARELLE >^<, depute du Card, a Nimes. DESROCHES (Tabbe) , cure d'Isigny (Manche). De CAYROL Jjjs, ^ , ancien depute , a Compiegne. BISEUL, a Blain (Loire-Inferieure). DROUET, membre du conseil general de la Sarthe, naturaliste et numismate , au Mans. Comte de QUATREBARBES , a Angers. Marquis de VIBRAYE , geologue, a Cheverny , pres Blois. SUR L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 19 MM. Artur MARTIN (Tabbe*) , auteur des vitraux de Bourges, a Paris. CAHIER (I'abb6), membre de plusieurs academies, a Paris. Du CHATELLIER , secretaire general de TAssociation Bretonne , a Quimper. De La BALME $ , conseiller a la Cour Royale de Nimes. Comte De MONTALEMBERT ^, pair de France, inspecteur divi- sion naire de la Societe" franchise pour !a conservation des monuments, a Paris et a Vesoul (Haute-Saone). Comte de MERODE , $S, C ^gc, # , ministre d'Etat de Bel- gique, inspecteur divisionnaire de la Societe franchise, au chateau de Trelon, pres d'Avesnes (Nord). REIDET , conservateur des archives de la Vienne , a Poitiers. GODARD , graveur , membre de plusieurs Academies , a Alen^on, (Orne). V. HUCHER, membre de plusieurs Societ^s savantes , au Mans , . (Sarthe). Comte de TOCQUEVILLE $, depute, membre de rAcad&me francaise , a Tocqueville (Manche). MOOL ^, professeur d'agriculture au conservatoire de Paris. TEISSIER , membre de plusieurs Academies, a Anduze (Card). Emilien DUMAS, geologue, membre de plusieurs Soci^tes sa- vantes, a Sommieres (Card). REQUIEN, directeur des musses, a Avignon (Vaucluse). Le Comte A. DE GOURGUES , rnembre de plusieurs Societ6s savantes, a Lanquais (Dordogne). WALZ eft directeur de TObservatoire , a Marseille. BRANCHE , inspecteur des monuments historiques , a Paulha- guet (Haute-Loire). GOGUEL >^<, membre de plusieurs academies, Strasbourg (Bas- Rhin). MICHELANT, secretaire-adjoint de la 5V session du Congres scientifique de France, membre de plusieurs academies, a Metz (Moselle). 20 NOTICE L'abb6 VOISIN , membre de plusieurs academies , au Mans (Sarthe). LE GLAY ^ >^<, conservateur des archives, membre corres- pondant de 1'academie des inscriptions a Lille (Nord). KUHLMAN ^ , professeur de chimie, membre du conseil-ge"ne- ral du Commerce, a Lille (Nord). HERMAND, membre de plusieurs academies, de la Societe des Antiquaires, etc., a St.-0mer (Pas-de-Calais). JOURDAIIS , chanoine de la cathedrale, a Amiens. DUVAL , membre de la Society francaise pour la conservation des monuments, a Amiens. E. WOILLEZ, membre de plusieurs academies, a Amiens. BO. D'HAUSSEZ O ^< ^< * , membre de plusieurs Soci6t6s savantes, a St.-Saens (Seine-Inferieure). C tc . DEBLOIS ^c, membre de plusieurs Societ& savantes, a Morlaix ( C6tes-du-Nord). C te . DE KERGARIOU 3, ancien Pair de France, a Rerines. B". du TAYA ^:, president de la Societe d'agriculture des Cotes -du-Nord, a St-Brieux. Mq is . D'ARGENTRE, membre de TAssociation Bretonne, a Argentre, pres Vitre (Ille-et-Vilaine). Ms r . FA YET O fjfc , eveque d'0r!6ans, ancien inspecteur- g^neral de TUniversit^. DESNOYERS , vicaire-general d'Orleans , inspecteur des monu- ments du Loiret. E. DOLFUS efc , president de la SocietS industrielle de Mulhouse. Louis PARIS, conservateur de la bibliotheque publique de Reims. L'abb^ BANDEVILLE , membre de plusieurs academies a Reims. SUR L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 21 Herabre: Strangers. MM. LOPEZ 3fc , conservateur en chef du mus6e , a k Parme. GAZZERA $fc. , secretaire de F Academic , a Turin. AVELLINO ^<, a Naples. Le chanoine IORIO, a Naples. Mg r . RENDU ^<, 6veque d'Anecy. M4 llis . PARETTO ^., a Genes. Mi is . DE RIDOLFI >g< 2$S a Florence. Pasteur DUBY , a Geneve. Docteur MAYOR , a Lausanne. De L ASSAULT ^<, architecte du gouvernement, a Coblentz. B". de REIFFENBERG ^ , a Bruxelles. B on . du SELIS-LONGCHAMP , a IJege. WHEWHEL , a Cambridge. James IATES, a Londres. Le prince de CANINO , a Rome. San QUINTINO , conservateur honoraire du musee, a Turin. HECKER (Justus Fiederick Carl) ^< * 3fe , professeur de M- decine a 1'Universite de Berlin. DESPINES^:, directeur-gen^ral des mines du Piemont, a Turin. VARKOENIG ^< , professeur a TUniversite de Fribourg en Brisgaw. BAEHR, professeur a TUniversit^ d'Heidelberg. SCHADOW ^< ^ * , directeur de Tecole des Beaux-Arts , a Dusseldorf. Leopold de BUCH, C ^< ^ * , naturaliste , a Berlin. KUPFER >^< , professeur de Physique, a Saint-Petersbourg. KRIEG de HOCHFELDEN , dfe. $ , charg6 des fortifications du Grand-Duche de Baden , a Baden. DeHAMMERDEPuRSGAD, O ^< ^, professeur d'Histoire, a Vienne. De BRINCKEU , conseiller d'Etat a Brunswic. BOISSEREE , a Munich. 22 NOTICE SUR L'INSTITUT DBS PROVINCES EE FRANCE. MM. D'HOMALIUS d'Halloy efc, correspondant de I'lnstitut de France, a Namur. MARAVIGNA, professeur d'histoire naturelle, a Catane (Sicile). Due SERRA DI FALCO, prince de S*'. Pietro, C * , G ^<, ^< ^, a Palerme (Sicile). B". DE ROISIN, a Bonn (Prusse Rhenane) , et au chateau de Teintegnies (Belgique). BUCKLAND, professeur a TUniversite d'Oxford. Mq'% DE S to . ANGELO C >$< , O $<, * ^, ministre de 8. M. le roi des Deux-Siciles , a Naples. G te . DE FURSTEMEERG ^< * ^< chambellan de S. M. le roi de Prusse, a Apollinarisberg, pres Cologne. B on . DE QUAST, inspecteur-g^neral des monuments historiques de Prusse, a Berlin. ROULEZ, professeur d'archeologie, a TUniversit^ de Gand. RAMBOU, conservateur du Musee d'antiquit^s , a Cologne. B on . DE STASSART ^c, ^ -^ , membre du Snat , a Bruxelles. Mq u . DE NORTHAMPTON , president de la Soci&e royale de Londres. W. BHOMETT, membre de laSoci^te des antiquaires de Londres, a Londres. BONAFOUS ^J , membre de TAcademie royale de Turin , cor- respondant de Tlnstitut de France , a Turin. Sur la proposition de M. de Caumont , les trois quarts des membres de Tlnstitut des Provinces devront, aTavenir , avoir ete el us candidats au scrutin secret par les Academies provinciales, associees a Tlnstitut, ou par les Congres regionaux. SCIENTIVIQUE DE FRANCE. On sentait depuis long-temps en France le besoin de grandes re"u- nions scientifiques qui pussent imprimer une marche assured aux connaissances humaines ; Paris 6tait le seul centre ou les esprits su- perieurs en tous genres avaient pu, jusques la , se rassembler; mais , par cela seul que ce centre e"tait fixe, il e"tablissait une sorte de monopole au profit de la capitale , au prejudice du reste de la France. D'ailleurs, cette centralisation unique 6tait tout-a-fait insuifisante pour les besoins intellectuels de la nation. Presque tous ceux que leur position sociale attachait, apres leur Education termine"e, a la province , ne pouvaient continuer a cultiver les arts , les sciences ou les lettres , parce qu'ils ne trouvaient pas dans les villes qu'ils habi- taient ce concours de talents, cette active Emulation, sans lesquels les esprits les plus eclairs ne peuvent rien produire. G'est un fait malheureusement trop vrai que la plupart des villes sont dans un tat d'engourdissement qui les rend tributaires de la capitale : elles sont obligees de recevoir et d'adopter ses doctrines Htt6raires ; les produits des arts et les de"couvertes des sciences ne se propagent avec rapidite" que par elle. Elle a done impose" , jusqu'a ce jour, ses predilections et ses antipathies litteraires, ses modes, ses systemes philosophiques ; et pourtant , la province renferme une foule de savants, de litterateurs, d'artistes, qui, dans leur jeunesse , furent aussi les arbitres, les juges du gout, et firent ou de"truisirent les reputations des hommes c616bres Le moyen de reveiller Temulation dans la province , de rappeler 1'activite, de faire naitre et de produire au grand jour les talents inconnus et qui sou vent s'ignorent eux-memes, 6lait e"videmment de 24 NOTICE provoquer , a des epoques determines tous les ans , mais dans des lieux divers, des assemblies generates ou seraient convoques tous ceux qui s'occupent des arts , des sciences et des lettres. Reunis en Congres scientifiques, ils devraient, pensa-t-on , constater 1'etat des connaissances humaines , et chercher ft leur donner une impulsion progressive. C'est ainsi que des relations scientifiques s'eta- bliraient dans les divers departements ; que les lumieres se propa- geraient, parce que le foyer qui les recele serait perpetuellement alimente. Cette espece de centralisation mobile , faite au profit de tous, ne creerait pour personne. un monopole ; toute la France participerait au bien qu'elle pourrait produire. La capitale resterait toujours la metropole des savants en tout genre ; mais la province , s'elevant graduellement , finirait par marcher sur la meme ligne qu'elle. Ces considerations avaient vivement frappe 1'esprit de M. de Cau- mont, et lui avaient donne le dsir de creer une institution dont la necessite etait reconnue. Les Congres scientifiques de FAllemagne lui fournirent Tidee de realiser son projet; il crut en avoir trouve la so- lution , en adoptant pour la France le principe de ces Congres, mais enTeiendant et Tappropriant a nos moeurs, a nos lois, a Tunite de notre territoire. L'Allemagne (1) ne se trouvait pas, d'ailleurs, dans la meme position scientifique que la France ; il etait necessaire de modifier une institution faite pour un aulre pays. Apres avoir communique son projet a divers savants des depar- tements de POuest et du centre de la France , M. de Caumont fixa Touverture du premier Congres au 20 juillet 1833 ; il convoqua tous les amis de la science a s'y rendre , en leur adressant la lettre suivante : MONSIEUR , le gout des recherches et des etudes serieuses a p6ne- (1) Voyez la relation abregee inseree dans le Bulletin des sciences naturelles (fevrier 1830), publie par M. de Ferussac. DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 25 tre dans toutes les classes eclairees de la scciete, et les corps savants se sont multiplies sur tous les poins du royaume. Creees dans le louable but d^encourager les travaux utiles , ces compagnies ont contribue a propager parmi nous les habitudes scien* tifiqus et litter air es qu'on y remarque aujourd'hui. a Cependant , elles n'ont point encore completement rempli leur noble mission. La plupart agissent dans des cercles trop bornes. Les travaux des Societes de province n'ont point cet ensemble, cette unite qui seraient si desirables , parce qu'elles travaillent isolement et sans avoir de plan arrete. o Ces considerations nous ont determine a proposer l'tablissement de Congres annuels, qui seront tenus alternativement dans une des principales villes de France, et ou Ton se rendra pour discuter les interets de la science , comme les corps legislatifs se reunissent pour discuter d'autres interets. De semblables assemblies donneront, nous n'en doutons pas, une impulsion nouvelle aux recherches scientifiques ; elles ont produit en Allemagne les effets les plus heureux (1) ; nous devons en attendre chez nous les memes resultats. Dans cette conviction, nous avons decide que le premier Congres aurait lieu cette annee a Caen, ville remarquable par ses Academies et ses etablissements , et qu'il commencerait le 20 juillet. Un grand nombre de savants recommandables se sont empresses d'applaudir a notre projet , et ont exprime leur desir de communi- quer des Memoires pendant la session. Nous esperons, Monsieur, que vous repondrez a Tappel que nous faisons aujourd'hui a toutes les personnes amies des etudes serieuses, et que vous viendrez aviser avecnous aux moyens de donner (1) Quatre cent cinquante-huit savants ont assiste au Congres tenu a Berlin en 1828 et preside par M. de HumboldL Au Congres scientifique qui a eu lieu a Vienne Tete dernier, on comptait de onze a douze cents personnes. 2 26 HISTOIKE un nouvel 6clat et plus tTuniie d'action aux Socie"t6s savantes des provinces. Nous esperons aussi que vous communiquerez au Congres le resultat de vos savants travaux ; nous y attachons le plus haul prix. A. DE CAUMONT, Corresporidant de 1'Institut. 220 membres se rendirent a Tappel de M. de Caumont et prirent part aux stances; plus de 150 academiciens adresserent par crit leur adhesion et s'excuserent de ne pouvoir se rendre a Caen pour assister a la l re . session des Congres. M. de Caumont fut naturellement appele" a remplir les fonctions de secretaire-general , il avait ouvert la l re . stance par un discours dans lequel il avait trace la marche a suivre. Cette marche est si bonne, que depuis 14 ans bientot on n'a pu rien trouver de inieux et qu'elle n'a point change". Nous nous proposons , disait-il a la fin de son discours , trois choses distinctes : D'abord, d'activer et d'encourager les travaux de chacun , en reunissant les hommes qui peuvent s'e"clairer mutuellement de leurs conseils. Tel est le but de toutes les grandes reunions litteraires. En second lieu , de rechercher les moyens de donner aux travaux des savants r6unis en corps, une direction meilleure, un plan mieux defini, Tensemble et Tunite qui leur manquent. Troisiemement , d'examiner T^tat actuel des sciences et des lettres, et de discuter les questions generales qui en interessent Tavancement et la prosperity. Les travaux du Congres se diviseront naturellement en deux parties, savoir : la lecture des Memoires qui vous seront pre- sente's f et la discussion des questions Litter aires ou scienti/lques qui vous seront soumises. En consequence , nous ferons en sorte que le temps des seances soit partage" entre les lectures et les discussions. Mais, comme en tout il faut proceder avec ordre, pour e>iter DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 27 la confusion, nous avons Thonneur tie vous proposer de diviser le Congres en cinq sections, qui se re~uniront le matin, de sept heures a trois. Ainsi , la section d'histoire naturelle generate se reunirait de sept heures a neuf. La section des sciences physiques , chimiques et agricoles , s'as- semblerait de neuf heures a onze. La section d'archeologie et celle de medecine se reuniraient de une heure a onze heures , dans des locaux separes. <( Et la section de litterature, qui comprendra plusieurs subdivi- sions , tiendrait seance de une heure a trois. Enfm, chaque jour, il y aurait une seance generate, de trois heures a cinq , dans laquelle MM. les secretaires feraient connaitre sommairement les travaux du matin , ou Ton pourrait lire les Me- moires les plus importants, et juger en dernier ressort les questions deja discutees dans les reunions particulieres. La l rc . session obtint un succes complet. Dirige"es par le fondateur du Congres et par MM. De la Rue, Le Prevost, C te . de Beaurepaire, Girardin , Deslongchamps , Deville , De la Fontenelle de Vaudore, Drroourg-d'Isigny , Duval, De la Fosse, P.-A. Lair, Jullien et Tabbe Daniel , recteur de TAcad^mie ; ils furent tous marques au cachet de Tutilite et de la science. On fut a meme d'apprecier la portee d'une institution purement scientifique , devant laquelle s'effacent les dis- sidences politiques ou religieuses, et qui est destinee a reunir par un lien commun tous les savants, amis du progres, de la gloire et du bonheur de la France. Nous citerons un passage du discours prononce a la fin de la session par M. le G te . de Beaurepaire, et dans lequel il appre"ciait, avec la haute sagacit^ qui le caract^rise , quelques-uns des resultats du Congres. L'idee de vous convoquer, nouvelle quant a son application a la France , avail semb'6 a plusieurs d'entre nous , et je suis du "28 HISTO1RE noiobre, un peu aventureuse; loulefois, fen conviendrai, le mouve- inent d'incerlitude que pouvait exciter en moi Tetrangete de noire reunion elail contenu et, pour une forte part, doming par un senti- ment de confiance, je pourrais presque dire de foi , que je dois plus qu'un aulre avoir dans le jeune et respectable savant qui nous a tons appeles, et qui si souvent m'a lire de ma retraile pour me faire le depositaire de ses genereuses inspiralions el Tinslrumenl de ses oeuvres d'ulilit publique. Assembles ft sa voix, nous avons lous compris que noire Congres devail avoir un double caractere : science el palriolisme. Sous aucun de ces deux rapports , il n'a manque a sa vocation. Les hommes de haule speciality que reunil celte assemblee , places , par leur choix enlre les sections , sur le lerrain qui renlre dans le vasle domaine de leurs eludes el de leur savoir , sonl nalu- rellemenl , a vos yeux comme aux miens , les apprecialeurs el les garanls du degr6 de me>ile ou d'a-propos des communicalions qui onl ele produites. Plusieurs de ces communicalions onl donne" lieu, de volre parl, a une deliberation el a un vole. Vous avez fail, ainsi, plus d'un appel a la France el au monde savant. Partoul ou volre voix sera entendue, elle ne devra relenlir, ni sans profil pour la science , ni sans honneur pour vous. Vos resolutions lendenl ft encourager el ft provoquer parloul le gout des recherches utiles et 1'amour du bien public. Les unes sont concues dans un inlerel general ou universel , soil de theorie , soil d'applicalion ; parmi les autres , on en remar- quera plus d'une frapp^e, si j'ose le dire, au cachel du provincia- lisme , c'esl^-ft-dire d'un espril de grande localiie, quMl esl 6minem- menl salulaire de seconder el de fortifier, parce qu'il esl Tenement nalurel, fondamenlal el vivifiant de Tamour de la patrie; parce que mil germe n'esl plus imporlanl ft d^velopper, pour faire conslam- menl circuler dans une bonne direction celle seve qui esl, pour noire corps social, dans sa condition presenle, un principe de vie ou de mort , selon qu'elle esl rapprochee ou delournee de la voie ou il faut la faire mouvoir pour le salul de la France el de rhumanke. DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 29 2 C . SESSION. D'apres I'arrete qui fut pris par la l rc . session, la seconde s'ouvrit a Poitiers, le 7 septembre ISM. M. de La Fonte- nelle , secretaire-general , avail tout prepaid avec zele et talent , et il y cut progres sensible dans la session de Poitiers, comparee a celle de Caen. 240 membres s'y rendirent et 2/il adhesions 6crites furent adressees au bureau. Apres deux discours , Tun de M. de La Fonte- nelle, 1'autredeM. Boncenne, doyen deTEcolede droit, on proceda a Telection du bureau general : M. de Caumont fut lu presi- dent. Le lendemain, 8 septembre, les travaux commencerenl dans les six sections et furent poursuivis avec la phis grande activite jusqu'au 17, jour de^la cloture de la session. Parmi les membres qui prirent la plus grande part aux travaux , on remarqua particulierement M. et M me . Cauvin, du Mans, MM. A. d*0rbigny, de Paris; G te . de Vibraye, de Loir-et-Cher; Pabb6 Cous- sault, de Poitiers; de Brebisson , de Falaise; Desvaux , d 1 Angers; Riviere, de Bourbon-Vendee ; Lair , de Caen; Nic 'as Gaillard, au- jourd'hui procureur-gne"ral , a Toulouse ; G al . du Bourg , de Paris ; docteur Guepin , de Nantes; Auguis, depute; Jullien, de Paris; de La Saussaye, deBlois; Grille de Beuzelin, de Paris ; Foucart, de Poitiers ; Mazure, de Poitiers; Pavie, d 1 Angers; V te . de S te .-Hermine, deNiort; Castaigne, d' Angouleme ; Guerry-Champneuf, ancien chefde division au ministere de la justice ; Abel Pervinquiere , batonnier de Tordrc des avocats a Poitiers ; Hunault de La Peltrie, de Maine-et-Loire; Nau de La Sauvagere , de Paris; le C le . Henri de Laroche-Jacquelin ; le B on . Bourgnon de Laire , de Poiliers ; de Godefroy , ancien sous-prefet; Louis de Givenchy 1 , de St.-Omer; Guerry , de Tours, aujourd'hui correspondant de TAcademie des sciences morales ; le B-o". Wackefield, ancien membre du parlement britannique. Les seances generales presenterent un interet plus vif encore que celles des sections. Ces grandes reunions avaient quelque chose de dramatique et de vraiment atlachant ; aussi vit-on , dans les derniers jours de la session , beaucoup de dames porter la plus grande 30 HISTO1RE attention aux discussions et les suivre pendant trois heures sans se fatiguer. Le secretaire-general du Congres , honorablement connu par ses travaux historiqises, dploya, dans Texcercice de ses fonctions , un /.Me et des talents qui lui valurent 1'approbation unanime de 1'assem- blee. M. de La Fontenelle sut reproduire la discussion avec une lidelite scrupuleuse , et Ton retrouve dans ses proces - verbaux jusqu'aux expressions dont se servirent les orateurs. Avant de se separer , le Congres d6cida que la 3 e . session se tien- drait a Douai, en 1835, et que M. de Givenchy en serait le secre- taire-general. 3 e . SESSION. La 3 e . session convoquee a Douai , chef-lieu judi- ciaire , siege d'une academie universitaire , s'ouvrit le 6 septembre 1835. Le nombre des membres etait d'environ 180 , par consequent inoins considerable qu'a Poitiers , ce qui tenait a la position moins centrale de la ville de Douai. Parmi ces membres il s'en trouvait de Saintes, de Poitiers, de Bourbon- Vendee , du Mans, d'Angers, de Blois, de Caen, de Strasbourg, de Paris, de Rouen, cVEvreux, de Coutances , d 1 Amiens , de Bruxelles , de Liege , de Gand , de Londres et de quelques autres villes assez eloignees. La majeure partie avail cependant ei fournie par les departements du nord et du Pas-de- Calais. L 1 Academic d'Arras avait envoy une deputation de 15 membres. Le palais de la Cour royale avait etc mis tout entier a la disposi- tion du Gongres; les seances g^nerales se tenaient dans la magnifique salle des assises; les seances des sections dans les locaux deschambres de la Cour, eux-memes tres-vastes. Les seances generales avaient un coup-d'oeil vraiment imposant. Au fond de la salle le bureau ; des deux cots les membres du Congres places sur des banquettes disposers sur des gradins. Les tribunes etaient occupees par une brillante reunion de dames , et a la DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 31 fin du Congres I'affluence etait telle qu'on a ete oblige de disposer des sieges pour le public pres de ceux reserves aux membres du Congres. M. de Givenchy, secretaire-general, auquel revient 1'honneur de cette 3 e . session qu'il avail preparee avec un zele infatigable , pro- nonca , selon 1'usage , le discours d'ouverture le '6 septembre. On proc^da au scrutin secret pour la nomination d'un president. M. de La Fontenelle obtint 21 voix, M. de Caumont 20, etM. Duplessis, recteur de rAcademie, 19 (1). M. de Gaumont qui n'avait cesse de declarer depuis son arrived a Douai , qu'il desirait n'etre charg6 d'aucunes ibnctions , cette anne , prit la parole pour inviter les personnes qui avaient bien voulu Thonorer de leurs suffrages a les porter sur d'autres. M. Duplessis parla dans le meme sens que M. de Caumont. M. de La Fontenelle fut nOmm6 president au second tour , a une immense majority. Au troisieme tour de scrutin, MM. Le Glay, de Lille , et F,. Gaillard , de Rouen , furent elus vice- presidents. Le lendemain toutes les sections constituerent leurs bureaux. Le savant B (> . de Reilfenberg fut nomme president de la section d'ar- cheologie. M. de Caumont ceda aux instances faites pres de lui , et accepta la presidence de la section de litterature et beaux-arts. Cette section avail pour vice-president , M. J. Yates, Tun des secrelaires du Congres britannique, en 1834, el depute de TAngleterre. M. Lair presidait a Douai, comme a Poitiers et a Caen, la section d'agriculture ; le vice-president de cetle section etait le celebre M. Crespel de Lisse, fabricant de sucre de betlerave, Tun des plus riches proprietaires du departemenl du Nord. M. le B. de Chauvenet, d* Arras, presidait la section d'histoire naturelle. *t] $& (1) Le reste des voix s'etail reparti entre MM. Le Glay , le B". Mechin, prefet du Nord; le colonel Guingret, Lair, de Caen, et Julien , de Paris. 32 HISTOIRE La 6. section fut presided par M. Julien, de Paris ; et la section de medecine par M. Hunault de la Peltrie, d' Angers. Les travaux se poursuivirent pendant dix jours avec une grande activitc; une nouvelle carrure fut ouverte aux discussions par la determination que Ton prit de donner des resolutions formutees en rponse aux questions posees dans le programme. Avant de se separer, 1'assemblee decida que sa li c . session aurait lieu a Blois, chef-lieu du departement de Loir-el-Cher , et nomma pour secretaire de cette session M. L. de La Saussaye , secretaire de 1'Academie de Blois. D'importantes communications furent faites a toutes les sections et le compte-rendu de la session de Douai est tres-bien nourri. Les prin- cipales communications furent faites par MM. de Caumont , Cauvin, du Mans ; Moreau , de Saintes ; La Marie , de Douai ; Riviere, de la Vendee ; Macquart , de Lille; Jobart, de Bruxelles ; d'Ournay de Lobsann ; Isidore Le Brun , de Paris ; colonel Dussaussoy , de Douai ; C te . de Renneville , d'Amiens ; B >n . d'Hautecloque, d' Arras; co- lonel Servatius , d 1 Arras ; de Troismarquet , de Douai ; conseiller Taillard , de Douai ; Corne , aujourd'hui depute du Nord ; de Tourville, avocat a la Cour de cassation; Maugin , de Douai; Hunault de La Peltrie, d' Angers; de La Saussaye, de Blois; de La Noy, de Douai ; Cramette, de Douai; Henot, de Lille; de Campi- gueulles, deDouai; Quenson, de Douai; Arth Dinaux, de Valanciennes; Lens, professeur a 1' University deGand; de Warenghien, conseiller; Parmentier, professeur a Douai ; Bouthors , d'Amiens; Hermand , de St.-0mer ; de Neuville, id. ; Mq % Le Ver , d'lvetot ; Brun-Lavaine , de Lille ; Maniez, de Douai; Cornille, d' Arras; Minart, de Douai ; Galle, deFAcademie des beaux-arts ; Delage, de Douai; Pillot, de Douai, aujourd'hui procureur-gene"ral ; Preux, maintenant procu- reur-gen^ral a Metz; de George, de Douai; Daman, de St.-0mer. Nous ne pouvons indiquer ici le sujet des discussions, niais il en est une pourtant qu'il nous faut enregistrer. Cette proposition for- mulee par M. de Caumont n'etait pas nouvelle, car il 1'avait deja DU CONGRES SClEtfTIFlQtTl DJB FRANCE. 33 developpee au Congres de Poitiers ; mais elle a ete d'scutee plus se- rieusement aDouai, et nous croyons devoir en reproduire la formule. En considerant le morcellefcfcent des corps KtteYaires , resultant de la multiplication des Societes savantes dans les villes meme les moins importantes , ne serait-il point utile ( sans porter d'ailleurs aucune restriction ni entraves a cette multiplication ) de former 20 grandes academies pro vinci ales de 4 re . classe, ayant chacune pour ressort plusieurs departements, et divisees au moins en quatre sections, ayant leurs bureaux distincts et publiant se"parement leurs memoires. n D'apres le projet de M. de Caumont , un reglement unique re"girait ces instituts provinciaux ; un plan uniforme serait adopte pour tous. 11s auraient le meme mode de publication et le meme format (in-4.). Ainsi ces academies se livreraient, chacune dans sa circonscription, a de grands travaux qui, concus sur des bases uniformes, pourraient par la suite former un tout, en comservant du reste le caractere ori- ginal des contrees qui les auraient produits. M. de Caumont citait pour exemple des recherches auxquelles pourraient se livrer ces aca- demies : 1. Tbistoire et la description monumentale de chaque pro- vince; 2> sa statistique g^ologique, zoologique, botanique, etc. ; 3. son histoire litt^raire , etc. , etc. M. de Caumont ajoutait que le seul moyen de detruire ce que la centralisation a de nuisible ou d'excessif etait d'en venir a Fex6cu- tion de son projet ; il faut, disait-il, des centres secondaires si vous voulez faire face au centre unique qui absorbe tout ; tant que vous n'aurez que des sociei^s departementales , elles seront trop faibles pour lutter ; il vous faut des academies provinciales qui runissent les capacites de plusieurs departements. Alors vous serez en force , n'en doutez pas , et les sujets de travail s'agrondiront a vos yeux. Mais tant que vous baserez vos circonscriptions academiques sur les circonscriptions departementales, n'esperez rien ou plutot atten- dez-vous a des productions pales, sans portee, aussi insignifiantes que la division departemelitale elle^menie. 34 HISTOIRE U. de Caumont, sc plaignanl de Tinertie et du peu d'ulilite d'un grand nombre de Socieles savantes , attribuait aussi cet etat aux diflicultes qiTon eprouve pour se procurer les memoires qu'elles pu- blient et qui restent trop souvent ignores; il proposait, pour obvier & cet inconvenient, que chaque Societe eat & Paris et dans quelques autres grandes villes, un depot de ses memoires, et que ces depots fussent fails chez les memeslibraires, afin d'en faciliter Tacquisition. L'auteur de la proposition parla ensuite de Topportunit6 qu'il y aurail & dresser une statistique des Sociel6s savantes de France et a fait connaitre annuellement I' ensemble de leurs travaux , comme il I' avail de'jd demande au Congres de 1833. A e . SESSION. La A e . session du Congres scientifique de France s'ouvril a Blois, le 11 septembre 1836, dans la grande salle des assises, au Palais de Justice ; le secretaire-general, M. de La Saussaye, aujourd'hui membre resident de 1'Institut , avail 6mis dans la cir- culaire de convocation des idees tres-justes ; on y lisail ce qui suil : La province a pens^ qu'en laissant h la capitale r&oudre les haules queslions des sciences speculalives , a formuler les grandes theories sociales ou poliliques, il lui restait d'aulres sujels d'eludes ([u'il lui apparlenail de Irailer avec succes. Ainsi , qui connaitra mieux que nous les moyens de r^pandre dans nos villages les bienfaits de 1'education morale el de Tinstruclion primaire ? Ou seront mieux appreci^s qu'en province les besoins de notre agriculture, les inte>ets commerciaux de nos productions territoriales ? Le geologue , le bola- niste trouveront-ils dans 1'examen des chanlillons des musses, des sources d'observalions comparables a celles que leur fournironl nos campagnes ? Ou noire hisloire locale sera-l-elle mieux eludiee que sur les monumenls d'arl epars aulour de nous, sur les manuscrits de nos bibliotheques , dans les diaries de nos archives? Que les Congres s'occupenl specialemenl de tout ce qui se rattache aux inl6rels mo- raux el mate>iels des deparlemenls , el leur tache sera encore assez belle. BIT COtfGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 35 219 mcmtres siegtrent au Gongr^s de Blois; un nombre a peu pres egal d'adkesions furent adressees. M. de La Place de Montevray, ancien premier president de la Gour royale d'Orleans et president de la Societe academique de cette ville , fut eiu president-general ; MM. Em. Gaillard, secretaire del' Academic de Rouen, etBergevin, aujourd'hui depute, vice-presidents-gene"raux ; MM. de Caumont, Roberton, P.-A. Lair, Spincer^Smith , Desparanches , de La Porte et Jullien, furent appeles a la presidence ties sections. Parmi les membres qui prirent part aux discussions nous citerons : MM. C te . de Calonne, de La Giraudiere, de Boisvillette, ingenieur en chef; Cardin, de Poitiers; de La Fontenelle deVaudorg, Cartier, d'Amboise , l'u des directeurs de la Revue Numismatique ; Cauvin, du Mans ; Chatelain , de Paris ; le prince de Chimay , G te . de Gossette , de laSeine-Inferieure ; de Boisthibault, de Chartres ; C l *. deLaForet, pair de France; Grandgagnage, conseiller a la Cour royale de Liege; le docteur Herpin, deMetz ; C lc . Bretignieres de Gourteilles, de Tours ; Hunault, d'Angers; de Petigny, de Blois ; de Saulcy , deMetz, aujourd'hui titulaire de TAcademie dcs Inscriptions ; Mq ; ". de Vibraye , de Cheverny ; C te . de Montli vault , de Tours ; Prat , membre de la Societe geologique de Londres'; Tabbe" Le Frou , de Cheverny; Mq u . Le Ver, d'lvetot. Quoique composee de bons elements, la session de Blois fut , quant aux resultats, inferieure a celle de Douai, ce qui tint peut-6tre au choix des questions du programme. Avant de se separer, le Congres choisit la vilte de Metz pour siege de la 5 e , session, et nomma pour secretaire-general , M. Victor Simon , juge , aujourd'hui membre de 1'Institut des Provinces de France. 5 e . SESSION. La 5 e . session du Congres s'ouvrit a Metz , le 5 sep- tembre 1837. Le nombre des membres s'eieva a 225 , de plus un assez grand nombre d'adherents temoignerent par k lettres de leurs sympathies pour 1'institution. M. Victor Simon , secretaire-general , qui avait prepare la session avec beaucoup d'habilete , ouvrit la pre- 36 HISTOIRE miere seance par un discours apres lequel eut lieu le scrutin pour la nomination du bureau , lequel amena le resultat suivant : President-general, M. le Mq is . de Villeneuve-Trans, de Nancy. Vice-presidents generaux, MM. de Caumont, de Caen, et Masson, ingenieur en chef de la Moselle. MM. le Mq :s . de Pange, pair de France ; Mougeot, des Vosges, docteur Lallemant , correspondant de Tlnstitut ; Braconnot , de Nancy, correspondant de Tlnstitut; de la Saussaye, deBlois, et Chatelain, de Paris, presidtrent les sections. M. Michelant avait etc choisi par M. Simon pour secretaire-general- adjoint, et M. de Saulcy pour tresorier. Comme on pouvait le prevpir, les sciences physiques et naturelles occuperent une grande partie des seances. Les importantes commu- nications de M. Morin, alors professeur a 1'Ecole de Metz, aujour- d'hui membre de T Academic des Sciences , interesserent vivement le CoDgres. Le volume qui rend compte de la session reproduit les principaux memoires. Nous n'insisterons ici que sur deux faits qui se rattachent particulierement a 1'histoire du Congres scientifique et de son developpement ; le premier concerne la discussion a peine mentionnee dans le proces-verbal imprim de la stance , ou evidem- ment il aurait du occuper une plus grande place, concernant la sec- tion d'economie politique et sociale. La commission d'organisation du Congres s'etait refusee a admettre cette section , convaincue que les divagations auxquelles les matieres qui y seraient traitees pour- raient donner lieu, comme elles Tavaient fait precedemment , & d'in- terminables discussions sans resultat. Cependant la demande d'une section speciale d'economie politique avait 6t6 vivement reproduite et defendue ; un litterateur parisien apportait meme Tassentiment du ministre de Tinstruction publique a la creation de la section , et si le bureau n'avait soutenu avec fermete la Commission preparato're , Tassemblee se serait peut-etre laissee entrainer. Dans la seance generate du 6 septembre , M. de Caumont prit le premier la parole pour s'opposer a la demande. Dans une reunion pr^paratoire il s'etait exprime ainsi : DU COXGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 37 Quand la commission d'organisation a decide , sur la demande d'un tres-grand nombre de membres du Congres de Blois , que la section d'economie politique n'existerait pas> sans doute elle nes'est point demande si M. le Ministre de 1'instruction publique trouvait bon que Ton discourut au Congres , sur 1'economie politique et sur cette autre Economic que Ton appelle sociale : la commission a supprime" la section d'economie politique et sociale, parce que dans son opinion, loin d'etre utile, elle peut produire desinconve- nients , quelle que soil d'ailleurs la sagesse des membres qui com- posent le Congres : maintenant on vient nous dire que le Ministre, consulte par quelques membres qui n'avaient aucune mission pour le faire, verrait sans inquietude une section d'economie politique fonctionner dans le sein du Congres. Je conco ; s parfaitement la quietude de M. le Ministre , mais la n'est pas la question. Le Congres seul est apte a juger de I'opportunite d'6tablir telle ou telle section, et quand il en a supprime une , il n'est sans doute pas dans 1'intention du Ministre de la relablir de son autorite privee ; tel n'a jamais te le sens de la reponse qu'il a faite, autrement nous aurions a protester ici au nom de 1'independance du Congres. La demande qui a etc faite par quelques membres , et la reponse a laquelle cette demande a donne lieu , doivent done etre consi- derees par nous comme non avenues, et nous n'avons ici aprendre conseil que de nos convictions. Dans la discussion du 6 , cette opinion fut defendue par MM. Morin , de 1'Institut ; de Romecourt, Le Masson , deMetz, etc., contre MM. Lallemant , de 1'Institut , et Chatelain. 'Comme la decision qui allait etre prise devait faire loi pour 1'avenir, le Congres decida qu'elle aurait lieu au scrutin secret, afin que 1'independance des votes fat complete. Mil membres seulement prirent part au scrutin, MM. leMq :c . de Pange , pair de France , et le colonel Bergtre , qui n'avaient pris aucune part au debat furent appeles au bureau comme scrutateurs. 69 voix se prononcerent pour la suppression de la section d'econo- mie sociale et politique. 38 HISTOIRE 5 voix voterent pour le maintien. D'apres ce resultat le Congres pronon^a la suppression de la section : elle n'a jamais 6te r^tablie. II ne faut pas croire du reste que le Congres se soil interdit de trailer des questions economiques , bien au contraire ; mais au lieu de reunir ces questions pour les discuter dans une section sp^ciale , ou elles e"taient souvent pen comprises , il pensa avec beaucoup de raison quMl fallait attribuer suivant leur speciality ces questions aux diverses sections du Congres. Ainsi les questions d'economie agricole, industrielle , commerciale, etc., devaient ctre beaucoup mieux discute"es dans la section d'agriculture , commerce et Industrie, puisque la etaient re"unis les hommes competents, que dans une section qui par le vague de ses attributions etait le rendez-vous de tous les hommes qui dans le Congres n'avaient pas de specialite. L'exp6rience a prouve combien ce raisonnement e"tait fonde" , le Congres a beaucoup mieux marche" depuis cette nouvelle distribution desmatieres, et les questions economiques qui n'ont ete admises dans le programme qu'autant qu'elles avaient une utilite reelle et qu'elles etaient susceptibles de solutions , ont e"te" beaucoup mieux discutees. L'autre proposition fut faite par M. Boileau, officier d'artillerie et Tun des secretaires de section ; elle fut approuvee sans opposition ; elle ne faisait d'ailleurs que reproduire plus explicitement une pro- position accueillie par le Congres des sa premiere session. Voici la proposition de M. Boileau : 1. Que toutes les academies et societe"s savantes ou litteraires des departements , envoient a leurs frais , s'il est necessaire , ou aux frais des villes, aux Congres scientifiques futurs, un repre- sentant des connaissances qui recoivent le p'us grand dSveloppe- ment dans chacnne de ces societ^s. 2. Que ces delegu^s soient porteurs d'une statistique des travaux de leurs soci^tes respectives et de 1'^tat intellectuel des soci^tes ou ils siegent. 3. Que leur choix soil uniquement base sur leur science, sur DU CONGRES SCIENTIFIQUE PE FRANCE. 39 Testlme qu'ils inspirent el sur les travaux personnels quMls pour- ront apporter au Congres. Le Congres se separa le 15 septembre , apres avoir designe la ville de Clermont pour sie"ge de la 6 e . session, et pour secretaires-ge"neraux, MM. Le Coq et Bouillet. 6 e . SESSION. La 6 e . session du tlongres , tenue a Clermont en 1838, sans etre tres-nombreuse , a etc une des meilleures:les travaux ont ete" importants et parfaitement diriges, pendant les dix jours de la session. Rien n'a ete accorde aux plaisirs ni au repos , et si quelques sections ont pu terminer promptement les travaux dont elles etaient chargees, d'autres ont du se reunir plusieurs fois dans la rneme journee, et suppleer par un zele actif au temps qui fuyait toujours, malgre le bon emploi qu'elles savaient en faire. 237 membres figurent sur la liste. La session s'ouvrit, suivantTusage, par un discours du secretaire- general , M. Le Coq. II s'exprimait ainsi dans sa peroraison : Veuillez vous rappeler, Messieurs, que la pensee estlibre, que chacun , dans celte enceinte , a le droit d'emettre franchement ses idees , et que la recherche de la ve"rite" est le seul but vers lequel doivent tendre toutes les discussions. Une reunion comme celle qui siege aujourd'hui, n'aura de vie et de dure"e qu^en conservant intacte toute son independance. C'est en respectant les personnes , et en discutanl leurs opinions avec impartialite, que Ton fera faire deveri- tables progres aux Etudes litteraires et scientifiques. Quelle que soit la hauteur h laquelle un nom s'est place, quel que soit son merite reel, on ne doit point admettre aveugl^ment des idees que des ob- servations contraires ne pennettraient pas d'adopter , et le respect le plus profond pour les personnes ne doit point arreter celui qui, par son travail et sa perseverance, croit pouvoir lutter au profit de la v6rite. Des exemples, malheureusement assez frequents, nous prouvent que parfois le talent lui-meme, soit . faiblesse , soit adula- tion , intrigue peut-etre, se traine sans conviction derriere une ce- 40 HISTOIRE tebrite puissante dont il espere plus tard partager l^clat et alteindrc la fortune. II est penible, Messieurs, d'avouer que de tels exemples existent ; mais le contraire se pre"sente aussi , et semble devoir porter aux sciences d'observation des atteintes plus profondes encore. Des esprits qui se croient superieurs se posent conune des legislateurs qui viennent dieter des lois nouvelles et aneantir celles de leurs de- vanciers. Pour eux, les travaux de leurs pr6dcesseurs n'existent pas, a moins quMls ne reparaissent deguiss dans leurs Merits. Us ne tiennent compte ni d'une celebrity justement acquise par de longs et utiles travaux, ni d'un nom que le ge"nie a place au-dessus des autres. Une haute ide"e de leur jugement et quelquefois une pr^somptueuse conviction tiennent lieu chez eux du doute si utile dans toutes les etudes. II est facile , Messieurs , de marcher enlre ces deux ecueils , en conservant la bonne foi, la franchise et Hndependance qui conviennent a une reunion dont tous les membres sont sincerement penetres de 1'importante mission qu'ils ont a remplir. Le scrutin ouvert imme'diatement offrit les resultats suivants : President-general M. de Caumont. l er . vice-president general M. Tailhand, president de I'Academie de Clermont et president a la Cour royale de Rion. 2 e . vice-president le general de Resimont , de St. -Petersbourg. MM. Robert Brown , de Londres ; Peyret , de St.-Etienne ; doc- teur Le Page , d'Orleans ; Gonod , de Clermont ; Conchon , maire de Clermont, furent elus presidents des sections. M. de Caumont, en prenant possession du fauteuil, prononca des paroles que nous croyons devoir rcproduire. L'institution du Congres a deja rendu de grands services ; elle a donne une grande impulsion aux recherches, une nouvelle vie aux travaux litte>aires, dans les contrees ou des sessions ont en lieu, et je me propose de vous presenter, durant celle-ci, le tableau des progres les plus importants op^res par nos reunions ; mais , di- sons-le avec franchise , elles auraient pu faire beaucoup plus encore DU CONGRES SCIENTIF1QUE DE FRANCE. 41 qu'elles n'ont fait. On a trop souvent oublie que le Congres a pour but de donner uiie plus grande impulsion aux eludes litteraires et scientifiques dans les provinces , d'&ablir des rapports entre les soci&es savantes, qui vivent la plu part dans Tisolement , et deles amener a travailler sur un plan uniforme , a entreprendre des travaux d'ensemble ; en un mot , le Congres est une sorte de con- cile ou Ton doit, avant tout, s'occuper de V organisation acade- mique. Ce n'est point a dire que I'gtude des questions scientifiques doive etre negligee, bien au contraire ; mais elles ne doivent point absorber tout notre temps, et nous devons, je crois , commencer par les deliberations relatives aux moyens de donner aux savants reunis en corps I' ensemble et ['unite de vues qui leur manquent. ' Un sujet de recherches bien important n'a pas encore non plus occupe le Congres, comme on 1'avait demand^ des rorigine ; je veux parler des enquetes tendant a fixer Tetat des sciences , des lettres et des arts dans le pays ou se tiennent nos reunions. MM. Lecoq et Bouillet ont pris, cette anne, des mesures pour quecette lacune fut remplie , et un de nos premiers soins devra etre de nous occuper de ce genre de travaux. Ces enquetes faites, il restera au Congres un devoir a remplir ; c'est de decerner quelques recompenses aux homines de province qui se sont distingues par des travaux tres-importants. Institu6 dans le but de d6centraliser, de hater les progres de tout genre dans nos departements , le Congres fera bien de signaler a Tattention publique ceux qui ont marche" dans cette voie avec le plus de succes, et afin que la mesure que je propose puisse etre prise im- mediatement, je compte offrir au Congres des medailles d'argent pour ceux qui auraient ^te juges dignes de ces recompenses. Je n'ai pas besoin d'insister sur ce fait que, pour etre d'une grande valeur, les recompenses doivent etre rares, n'etre donnees que pour des efforts vraiment impcrtants , des productions vrai- ment saillantes. Vous serez, j r en suis sur, Messieurs, tous de cet avis et d'accord sur la necessite d'examiner, avec la plus rigou- 42 HISTOIRE reuse attention , les litres de ceux qui pretendront a cette dis- tinction qui, d6cerne par le Congres scientifique de France, sera, j'ose le dire , une des recompenses nalionales les plus honorables. En parlant d'organisation acade"mique , M. de Caumont faisait allusion aux id6es quMl avait constammenl emises dans les pr6c6- dentes sessions , et aux questions suivantes qu'il avait formulees dans le programme. Quels seraient les moyens de donner plus d'unite d'action aux societ^s savantes des provinces ? Quels sont les travaux auxquels devraient plus specialement se a livrer les sociStes savanles? Quelles divisions principales de- ft vraient-elles adopter pour leurs recherches ? D'apres quel plan ces recherches devraient- ell es etre entreprises et poursuivies ? Rechercher et indiquer les moyens de mettre plus immedia- tement en rapport les diverses Societes savantes des provinces de France , de faire connaitre plus gene>alement leurs diflerentes publications , de hater Tecoulement de leurs productions. Ges questions fnrent discutees le 11 septembre ; MM. Bayle- Mouillard etGonod, presenterent chacun un projet d'organisation. M. Julien , de Paris , demanda quelques modifications. M. de Cau- mont en indiqua plusieurs de son cot6. Les idecs de M. Gonod etaient tout-a-fait conformes a celles que M. de Cau-r.ont avait an- t^rieurement d^veloppees concernant la creation d'Instituts pro- vinciaux. M. Bayle - Mouiilard combinait deux idees de M. de Caumont , il erigeait 20 academies de premiere classe s'associant entr'elles pour des concours annuels ; association que M. de Caumont placait sous le patronage D'UIV INSTITUT GENERAL DES PROVINCES. M. de Caumont voyant que le projet de M. Bayle- Mouillard conduirait plus tard a la realisation de son projet , Tap- puya en seance generale. II fut adopte ; mais comme , d'apres ce projet, il fallait que les vingt Academies les plus renommees de la DU COXGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 43 France s'associassent, votassent une contribution annuel^e et agissent de concert , qVil n'etait pas probable que le projet put recevoir d'execution , M. de Caumont se promit de soumettre de nouveau ses idees a la 7 e . session dti Congres, en 1839. Voici du reste le projet tres-compliqu6 qui fut soumis au Congres. STATUTS. But de I' association. 1. L'association des Aca- demies departementales a pour but unique d'exciter el de faciliter, en province , la culture des sciences naturelles , des sciences mo- rales et sociales , des sciences historiques , de la litterature et des beaux-arts. Ce but sera atteint autant que possible par restitution de con- cours gene>aux et d'un concours permanent entre les Academies. Concours entre Les Academies. 2. Le concours entre les Academies est institue" pour assurer a leurs meilleurs travaux une grande publicite, des lecteurs nombreux, des recompenses. 3. Toute Academic associe"e enverra annuellement a chacune des autrej quatre au plus des meilleurs ouvrages lus dans ses seances et composes par ses membres titulaires ou correspondants. /i. Ges ouvrages seront clistribue's , d'apres leur nature et I'indi- cation ecrite par Tauteur sur la marge du litre, en quatre classes etablies ainsi quMl suit : l re . CLASSE. Sciences naturelles, agriculture, Industrie, me"- decine. 2 e . CLASSE. Sciences sociales, philosophie , morale , education, economic politique , legislation. 3 e . CLASSE. Histoire, arch^ologie. 4 e . CLASSE. Litterature, poesie. Seront exclus tous les ecrits de controverse religieuse ou politique. 5. Tous ces ecrits seront lus en seance par les Academies qui les recevront. 6. Un prix annuel de 1,000 fr. sera decerne" au meilleur ouvrage de chacune des quatre classes ci-dessus designe'es. II y aura done un prix des sciences naturelles, un prix des 44 HISTOIRE sciences morales et societies, un prix des sciences hist or iques , un prix de litter ature. 7. Ces prix seront decernes par le suffrage de toutes les Aca- demies "associees. A cet effet , apres avoir entendu la lecture de tous les ouvrages qui auront t envoyes, chacune des Academies designera, a la raajorite des voix , soil immediatement , soil apres avoir entendu le rapport d'une ou plusieurs commissions speciales, quel est Tou- vrage qu'elle juge le plus digne de chaque prix. Le vote d'une Academic ne pourra porter que sur les ouvrages qui lui auront et envoyes par les autres Academies avant le l er . avril , et qui lui seront parvenus avant le l er . mai. Jamais une Academic ne pourra donner son suffrage aux me- moires et ouvrages envoyes par elle au concours. La decis'on sera prise au plus tard dans la premiere semaine d'aout, en seance annoncee par lettres de convocations speciales. Le proces-verbal de la deliberation, contenant le vote academi- que, sera transmis dans la huitaine a TAcademie centrale designee ci-apres. Les'proces-verbaux qui ne seront point arrives a cette Academic avant le 25 aout, seront consideres comme non avenus. L'Academie centrale fera le depouillement des deliberations. Le prix sera decerne a Touvrage de chaque classe qui aura 6te pr^fere par le plus grand nombre des Academies , ayant transmis leur vote en temps opportun. En cas de partage , le vote de TAca- demie centrale aura la preponderance. 8. Les ouvrages couronnes, et, autant que faire se pourra, tous les ouvrages envoy^s au concours , seront , chaque annee , aux frais des Academies associees , imprimis dans un recueil particulier qui sera distribue gratuitement aux membres titulaires des Academies associees, et en outre a tous ceux de leurs corrcspondants qui auront fourni quel que travail au concours. Dans chaque classe, ces Merits seront ranges suivant le nombre des suffrages obtenus. DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 45 Concours generaux. 9. Les Academies associe"es appelleront , chaque annee, tous les ecrivains de province a quatre concours generaux ou verts : Le l er . pour les sciences naturelles ; le 2 e . pour les sciences morales et sociales ; le 3 e . pour les sciences historiques ; le &. pour la litte"rature et la poe"sie. 10. A cet effet , chacune des Academies associ^es transmettra a I'Acad&nie centrale , dans la premiere quinzaine d'aotit, Tindi- cation d'un sujet de prix de chaque concours general. 11. Parmi les sujets de prix qui lui auront 6t6 indiques avant le 25 aout, Tacademie centrale choisira ceux qui seront defmiti- vement mis au concours. Le programme sera lu en seance publique dans la premiere quinzaine de septembre , imprim6 immediate- ment , transmis a toutes les Academies , et rendu public par tous les moyens dont elles pourront disposer. 12. Les travaux des concurrents, portant une devise et le nom de Tauteur enferme dans un billet soigneusement cachet^ , seront envoyes au secretaire de TAcademie centrale indique dans le pro- gramme. Us devront parvenir avant le 25 aout. L'Academie cen- trale procedera immediatemeht au jugement du concours. 13. Le prix sera decerne en seance publique vers la fin de la premiere quinzaine de septembre. Chaque prix sera de 1,000 francs. 14. Un concours particulier sera ouvert pour les beaux-arts. Dans ce but, une exposition aura lieu chaque anne"e, du l cr . au 15 septembre, dans le local determine a 1'avance par l'Acadmie centrale , et designe tant par la voie des journaux que dans le pro- gramme des concours. Un prix de 1,000 fr. sera decerne, au jugement de TAcademie centrale, a Touvrage d'art le plus remarquable envoy a cetle exposition par un artiste de province. Organisation de t' Academic centrale. 15. Chacune des Aca- d^mies associees prendra tour a tour le litre d' Academic centrale , en s'adjoignant les delegues dont il sera ci-apres parle. 46 H1STOIRE En consequence, aussitot que vingt Academies auront adhgre aux Statu ts, une liste en sera dressee par les soins de F Academic de Clermont, dans 1'ordre indique par le sort. L 1 Academic inscrite la premiere sur la liste prendra la premiere le litre d'Acade"mie centrale. La seconde prendra le meme tilre 1'annee suivante, et il en sera de meme successivement pour toules les aulres. 16. Les Academies associees enverront chacune a r Academic centrale un delegue nomme par elle en seance generate et qui aura voix deliberative. Chacun de ces delegue"s devra , autanl que possible , arriver du l er . au 5 seplembre, epoque ou devronl commencer les travaux de r Academic centrale, quel que soil le nombre des membres presents. Les delegues feront a TAcademie centrale un court rapport sur les travaux de 1'Academie repre"senlee par eux. A leur relour, ils feront a leur Academic un rapport sur les operations auxquelles ils auront pris part. Relations entre les Academies de province associees et le Congres scientifique. 17. Le Congres scienliiique sera in vile a lenir a Tavenir ses seances dans la ville ou siegera TAcademie cenlrale. Toules les fois qu'il deferera a celle invitalion, dix de ses mem- bres, nommes par lui, se reunironl aux delegues des Academies et auronl les memes privileges. En ce cas, les prix seront de'cerne's en seance publique tenue par 1' Academic cenlrale el le Congres reunis. La pre"sidence apparliendra au plus age des deux presidents. Un proces-verbal dislincl sera r^dige par chacun des secretaires. Depenses et moyens d' execution. 18. Les Academies associees contribueront chacune aux defenses pour une somme evalu^e , quanl a presenl , a 550 fr. par an. Sur cette somme , 350 fr. serviront aux frais des concours gene"raux el aux depenses d'impression ; 200 fr. seronl alloues pour frais de roule au del6gu6 de 1'Academie. DU CONGRES SCIENTIFIQTJE DE FRANCE. 47 Les 350 francs destines aux prix et aux frais depression seront transmis a Y Academic centrale avant le 25 aout de chaque annee. Les adhesions de ces Societes seront adresse"es a Fun des secre- taires generaux de TAcademie royale des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand , qui publieront 1'existence de Tassociation des que vingt adhesions leur seront parvenues. Les adhesions ulterieures ne seront admises qu'avec Tapproba- tion des vingt Societes inscrites les premieres. PROJET DEM. GONOD. I. Que toutes les Academies et Socle" tes savantes qui existent en France etablissent entr'elles des relations de correspondance et de communication mutuelles, dans lebut d'exciter une emulation gene>ale entre les divers talents , et de donner une plus forte impression et une meilleure direction aux travaux scien- tifiques et lilteraires. II. Qu'elles fassent imprimfr le resultat de leurs travaux et s'en- voient reciproquement leurs publications. III. Que chaque volume de ces publications soit termine" par un bulletin comprenant : J. L'indication tres-succincte des principaux travaux executes par les membres de la Societe et qu'il sera juge utile de porter a la connaissance des autres Societes ; 2 C . Les questions sur lesquelles on appelle 1'attention et Texamen des autres Societes. IV. Que , dans toutes les Societes , le secretaire donne lecture de ces bulletins dans la stance qui suivra leur reception et immedia- tement apres la lecture du proces-verbal. V. Que le meme secretaire soit charge de faire un rapport verbal sur ceux des travaux consignes dans les journaux des autres So- cietes qui pourraient interesser la Societe dont il fait partie. VI. Qu'il y ait, chaque annee, une reunion generate de toutes les Academies dependantes du ressort de la meme Cour royale , tenue successivement dans chacun des chefs-lieux de departement du ressort. 48 HISTOIBE VII. Que Tobjet principal de cette reunion soil le coinpte-rendu des travaux de cbacune des SocietSs pendant le cours de Fanned expired. M. de Caumont termina la session par un discours dans lequel il jeta un coup-d'oeil retrospectif sur les travaux anterieurs du Congres , il insista sur quelques voeux du Congres , dont plusieurs annees apres , ie ministere de Instruction publique avail fait son profit , sans jamais mentionner le Congres ni ceux auxquels it avail emprunie ces idees ; nous croyons devoir reproduire cette partic de discours. ji Personne n'avait songe", dit M. de Caumont, a recommander les slatistiques monumentales , lorsque le Congres scientifique de France invila , en 1833 , les Socie"tes savantes a en reunir les elements pour toute la France , en divisant ce travail par epoques et par departements. Le Coinite historique, institue par le Ministreen 1835, a jugik ces travaux fort utiles , et les a recommandes de son cot6 , mais trois ans seulement Japres le Congres. C'est done aux bommes de province, et particulierement aux Membres du Congres scienti- fique, qu'il appartient de revendiquer cette grande idee. II est de notre devoir de faire une reclamation semblable rela- te tivement a Tenseignement de Tarcheologie nationale en France. II semblerait resulter de rapports fails au Ministre , qu'on ne s'6tait point encore occupe de cet enseignement en France , lors- que , eette anne 1838 , des cours ont ete ouverts a la biblio- theque royale de Paris , sur la demande du Comite des arts et des monuments. Cependant , Messieurs . un cours complet avait ete professe publiquement, des Tann6e 1830 , dans une ville de pro- vince , et dans votre premiere session , vous accueillites a Tuna- nimite la proposition suivante : Engager I' Universile a admettre dans C enseignement quelques notions d'archcotogie nationale. DU CONGRES SCIENTIFIQtJE DE FRANCE. 49 Votre proces-verbal de I'ann^e derniere constate en outre que si rUniversit6 n'a pu s'occuper encore de r^aliser votre V03U a cet egard, le zele de plusieurs arch6ologues y a supplee, et que huit ou dix cours ont deja etc professes avec un grand succes dans dif- ferentes villes de France. ( Voir ]e proces-verbal de la seance de la section d'archeologie du Congres de 1837, page 165 du compte- rendu ). Depuis 1'annee derniere , de nouveaux cours ont 6t6 etablis , u sur la demande de la Societe francaise pour la conservation des monuments , dont 1'importance s'accroit de jour en jour. Je trouve encore, dans le proces-verbal de votre session de 1833, quel'id^e de creer des musees d'antiquites nationales dans tous les chefs-lieux de departement avait ete emise par vous , cinq ans par consequent avant que Tadministration ait recommand6 1'etablis- sement de pareilles collections (voir le compte-rendu de la pre- miere session , page 232 ) ; car ce n'est que cette ann^e (1838) qu'elle s'est occup^e de cet objet. Je pourrais poursuivre cet examen et demontrer d'une maniere c( incontestable que des voeux , qui avaient ete formules par le C on- ce gres, ont 6te post^rieurement adopt^s et mis en pratique par le Gouvernement. G'est vous qui les premiers exprimates le desir que, danschaque departement, des elevesde 1'ecole des Charles fussent charges de Texamen, du classement et de la conservation des pieces manuscrites anciennes ; c'est vous qui les premiers manifestoes le voeu qu'on put obtenir , de toutes les Gompagnies academiques de . France, qu'elles voulussent bien recueillir tous les noms de lieux des territoires soumis a leurs recherches , et les publier avec 1'in- dication des localites qui les representent dans la topographie de la France ; enfin, vous prites encore, a la meme epoque, rengagement d'encourager , par tous les moyens possibles , la publication des documents historiques et descriptifs locaux in6dits et la reim- pression de ceux qui viendraient a manquer dans le commerce. 3 50 HISTOIRE Toutes ces mesures ont e'te , depuis , recommandees par le ministere de Instruction publique. 7 C . SESSION. L'importance que le Congres avail prise a Cler- mont s'accrut encore au Mans Tann6e suivante (1839). Le savant et venerable M. Cauvin, secretaire-general, ses deux collegues, M. Richelet et M. Anjubault , ne negligerent rien pour donner une grande publicity a la tenue du Congres. Des mesures d'ordre excellentes , jointes a Tactivite des secretaires-gen^raux , assurerent d'avance le succes de cette session qui fut remarquable , malgre les troubles qui eurent lieu au Mans, precis&nent a la meme epoque , et qui necessiterent un deploiemenl considerable de forces (1). Le nombre des membres qui n'avait pas depasse 240 dans les sessions precedentes s'eieva a ZiOO. Le bureau central fut compose , avec MM. les secretaires-generaux , de MM. Lair, president general, de Caumont et Trolley , vice-presidents. Les sections furent pr6sidees par MM. Le Peltier , de la Sarthe, Binet, membre de Tlnstitut , Le Gall, de Rennes, V tc . de Guiton, d'Avranches, Edom, V te . de Cussy. Des memoires nombreux et importants furent presentes au Congres; mais un evenement qui donna une grande importance a cette session , ce fut la creation de Vlnstitut des Provinces. On a vu precedemment comment M. de Caumont avait prepare le Congres a ce grand acte. Dans un voyage qu'il fit expres au Mans, (1) Une batterie d'artillerie , 2 bataillons d'infanterie et 4 re- giment de cuirassiers furent envoyes au Mans par suite de Temeute qui avait pour cause la supposition futile que des approvisionne- raents de bie fails pour la ville de Paris pourraient affamer le pays. On fut oblige de faire stationner dans les corridors meme du palais de justice ou se tenaienl les seances du Congres un balaillon d'in- fanlerie avanl qu'on pul lui disposer des logemenls. Au milieu de tous ces embarras les Iravaux du Congres ne t'urenl pas inlerrompus uu seul instant. DU CONG RES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 51 . quelques mois avant 1'ouverlure du Congres, il avail expos^ ses idees devant MM. les secr6laires-g6ne>aux et formule pour le pro- gramme la question suivante : Ne conviendrait-il pas de crier en France un Institut general pour les de'partements , destine d servir de centre commun en favorisant entre eux Les rapports scienti- fiques et Litter air es ? La question fut habilement disculee. M. Richelet fit dans un memoire ecrit ressortir les avantages d'une semblable creation. MM. Le Peltier , de la Sarthe , de La Sicotiere , de Caumont , de- monlrerenl aussi combien la creation d'un Institut des provinces de France serait feconde en heureux resullals : le vote aflirmalif et presque unanime de I'assemblee prouva que I'utilitg du projet avail 6le comprise. Effecljvemenl le projel adopte provisoirement 1'annee precedente n'elail guere executable el personne n'avail repondu a Tappel fail au nom du Congres , il fallail un corps homogene ayanl une volonle puissanle el donnanl Timpulsion lout d'abord avanl d'oblenir Tadhe- sion des academies donl il fmira lol ou lard par elre le regulaleur. On a vu ( page 5 ) commenl , immdialemenl apres la clolure du Congres , le reglemenl prepare par M. de Caumonl ful discule el adople. Trois villes avaienl el6 indique'es comme pouvanl recevoir le Congres en 1840, Lyon, Besancon , Slrasbourg : M. de Caumont elait alle expres a Besancon Fannie prec6denle pour visiler le savant M. Weiss ; il avail oblenu de lui qu'il se chargerail des fonc- tions de secretaire-general : c'etail une puissanle consideralion pour choisir la capitale de la Franche-Comte ; il ful done decide que la 8 e . session du Congres aurail lieu a Besancon. Le compte-rendu du Congres du Mans parut quelques mois apres la 7 e . session , il forma 2 volumes imprimes avec soin el pleins d'interel. La 8*. SESSION pr^paree par les soins du savant M. Weiss et de M. le professeur Bourgon , s'ouvrit le l cr . septembre 1840. 52 HISTOIRE Des la premiere stance M. de Caumont communiqua les Statuts adoptes 1'annee prcedente par les membres fondateurs de Tlnstitut des provinces et donna sur la composition et les premiers travaux de cette compagnie des details qui furent accueillis avec la plus grande faveur. Le Congres approuva a I'unanimit6 les mesures prises pour la constitution de 1'Institut et de"clara qu'il consid^rait desormais cette savante compagnie, comme devant etre d6positaire des ou- vrages de longue haleine qui lui seraient adresses et qu'il ne pour- rait publier dans ses comptes rendus ; il decida egalement que les fonds provenant des souscriptions des membres du Congres qui ne seraient point employes aux impressions seraient deposes dans la caisse de I'lnstitut. M. Tourangin, prefet du Doubs, fut lu president general, M. de Caumont, l er . vice-president, M. Jullien de Paris, 2 e . vice-pre- sident. M. Tourangin , en raison de ses fonctions , ne prsida qu'une seance generate , toutes les autres furent presidees par M. de Caumont. Les presidents de section etaient MM. Parandier, ingenieur des ponts et chaussees, aujourd'hui depute ; Perennes, doyen de la Faculte des lettres ; Wilmin, de Geneve ; le docteur Mayor , de Lausanne ; v C te . de Magnoncourt , deput6 du Doubs. Le nombre des membres inscrits s'61eva a 350. Un comite de trois membres charge de surveiller la vente des volumes, fut institu6 pour 6 ans, et compose de MM. de Caumont, Cauvin et Bourgon. L'assemblee arreta que la 9 e . session s'ouvrirait a Lyon et choisit pour secretaire-general M. de Commarmond , conservateur des musees de cette ville. M. de Caumont, qui partait pour Rome et qui comptait s'arreter an Congres scientifique d'ltalie, convoque a Turin, fut specialement charge d'inviter les savants qui for- meraient cette assemblee, ^ se rendre au Congres de Lyon, Tann6e suivante : M. de Caumont s'acquitta de cette mission , et se rendit au congres de Turin , accompagn de MM. Le Cerf , de Boislambert , docteur Mayor et Cheveraux , membres du Congres de France. DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 53 9 e . SESSION. Jusque la la reunion de 1839, au Mans, avail etc la plus nombreuse , 400 membres s'y elaienl fait inscrire , et 250 membres y avaienl paru aux seances ; a Lyon le nombre des inscriptions s'eleva a 1250 , el pres de 800 membres prirent part aux travaux. La recelte s'e~leva a 12,500 fr. Le conseil municipal de Lyon avail gene~reusemenl vote 12,000 fr. pour feter les membres du Congres, pour faire frapper une medaille et subvenir a diverses depenses ; ainsi le Congres eut cetle annee a sa dispo- sition une somme de 24,500 fr. : Le Congres s'ouvrit le l er . seplembre. Apres une messe en musique celebre'e dans T6glise melropoli- taine , les membres se r^unirenl dans la grande sallc de Thotel de ville : M. le secrelaire-ge"ne"ral Gommarmond hit un excellent dis- cours sur 1'insfilution du Congres. Le scrutin, ouvert imme'diatement pour la constilution du bureau, dura pres de li heures : le depouillement des votes produisit le re"sultat suivant : President-general M. de Saussure, de Geneve. l er . vice-presidenl M. de Caumonl , de Caen. 2 C . id. M. Hecker , de Berlin. 3 e . id. M. Achard James, presidenl de rAcad&nie. de Lyon. M. Terme , maire de Lyon , fut proclame par acclamation pre- sident honoraire. MM. Croizet, Guerre, Gregory, Puvis , Viricel et Mondot de la Gorce , furenl nommes presidenls des sections. Une grande quantite de m^moires furent presents , et il faudrait un long article pour donner une idee meme approximative des travaux de chaque section. Mais un fait evident pour tous ceux qui avaient suivi , depuis son origine , la marche du Congres , c'est que , a Lyon , Tinstilution prit un immense developpement ; le Congres eulun grand retentissement dans plus de 20 departements du S.-E. et du centre : la presse parisienne elle-meme, ordinaire- 54: HISTOIRE iiient dedaigneuse , pour les efforts de la province et qni cherche souvent a les elouffer par son silence , s'occupa du Congres , et le journal ofliciel,le grave Momteur, reproduisil avec beaucoup d'exac- titude , jour par jour , Tanalyse des travaux les plus interessants. Un autre fait bien important a constater , fut le concours des elrangers : la Prusse , TAllemagne, la Suede, la Suisse, Fltalie , 1'Espagne, avaient des representants au Congres de Lyon. Le Gongres, en decidant que la tenue de la 10 e . session aurait lieu a Strasbourg , prit, sur la proposition de M. de Caumont, un arrele tres-sage relativement a la redaction du programme ; un article special porta qu'il serait soumis, pour etre adople ou modifie, d I'Institut des provinces de France. II etait urgent d'aviser aux moyens d'eviter les questions insignifiantes dont quelques-unes avaient trouve place dans presquetous les programmes precedents ; or, il n'y a qu'un corps permanent comme Tlnstitut qui puisse juger de I'importauce des questions : les bureaux annuels du Congres, novices pour la plupart dans ce genre de composition, admettraient trop Increment et sans discussion les questions qui leur seraient adressees. Une excursion scientifique fut falte a Vienne par le Congres le 7 septembre : deux bateaux a vapeur richement pavois^s aux cou- leurs de toutes les nations europeennes recurent les membres du Gongres et leverent Fancre au bruit du canon : chaque bateau avail une musique militaire. Des choBurs de Tecole de musique de Lyon chanterent aussi, durant la travers^e, des hy nines composees pour la fete. Les acclamations les plus vives dans tous les villages qui bordent le fleuve, des decharges executees par les gardes nationaux, ac- cueillirent partout le Congres. Ces acclamations etaient une preuve de la sympathie qui anime la province pour ceux qui, comme les membres du Congres , travaillent a elargir le cercle eiroil de la cen- tralisation scientifique et littei aire. One batterie de canon placee sur le port annonca Tarrivee du DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 55 Congres a Vienne. Plus de 10,000 personnes etaient sur le rivage. M. le sous-prefet , accompagn de la commission des arts, compli- menta Tassembl^e , qui se divisa ensuite en trois sections pour aller examiner les curiosites arch^ologiques , naturelles et industrielles de la ville. Un banquet fut ensuite servi sur la place publique aux 800 membres du Congres. Le depart du Congres vers les li heures du soir fut aussi im- posant que son arrivee. Une population immense bordait le rivage, toutes les fenetres Etaient garnies de dames aux toilettes elegantes, le canon ne cessait de gronder. A huit heures du soir le Congres fit sa rentree a Lyon au bruit du canon. Les deux bateaux etaient illumines de verres de couleurs, plus de 20,000 curieux s'etaient portes sur le quai de la Charit6 pour jouir de ce spectacle vraiment imposant. Nous ne saurions passer sous silence une des discussions les plus importantes 61ev6es dans le sein de la section d'agriculture , in- dustrie et commerce , entre MM. de Caumont , Fulchiron , Puvis , Aries Dufour et Niviere , la question touchant l y abaissement du droit d' entree du be'tail etr anger. M. de Caumont, en terminant son expos^ de Tetat de la question et ses reclamations centre Fabaissement du droit d'entree, renouvela ses plaintes centre la decision prise en 1837 par le Conseil general de Tagriculture qui , trompe par des assertions et les documents errones , admit les injustes reclamations des bouchers de Paris. M. de Caumont ter- mina en repetant ce qu'il avait dejd dit dans une circonstance memorable au Ministre de I' agriculture lui-meme , que le Conseil general de 1837, compose seulement de trente membres, n^tait point la representation reelle de ragriculture francaise , qu'ainsi les 5 departements de la Normandie si essentiellement agricoles n'y avaient pas un seul representant , qu'il fallait de toute ne'cessite le composer d'un plus grand nombre de membres. l^e Congres s'associa a cette opinion qui ne fut pas sans influence sur Tesprit du Ministre : effectivement , deux mois apres , le Conseil general de 56 HISTOIRE ragriculture e"tait reconstitue" par une nouvelle ordonnance , le nombre des membres etait porte de 30 a 55 : MM. Desjoberts, de Caumont et de Torcy y etaient appelgs comme deputes des 5 dpar- tements normands. On ne peut douter de 1'inlluence que les recla- mations de M. de Caumont, du Congres etde 1' Association Normande eurent sur cette determination du Ministre. Sans doute , le conseil aurait pu etre compose d'un nombre de membres egal a celui des de- partements francais , mais c'taitdejaun grand pas de fait que d 1 avoir obtenu Telargissement de la representation agricole. Le nouveau conseil general, convoqu6 en decembre 1841 , prouva qu'il se coni- posait d'hommes connaissant a fond les besoins de ragriculture et dvous a la mission qui leur etait confiee. M. Puvis , president de section d'agriculture du Congres de Lyon , et M. Niviere , secre- taire de la meme section , furent au nombre des nouveaux elus. Le Congres scientifique fut clos , le 12 septembre, par une magnifique illumination de verres de couleurs. Un portique , a neuf arcades , s'elevait sur le pont de Tilsitt avec des pots a fleurs de cbaque cote. Des vases surmontaient Fentablement dans toute sa longueur, et la frise portait cette inscription dedicatoire : AUX SCIENCES, AUX LET T RES , AUX ARTS. Aii milieu , et en arriere de 1'edifice , s'elevaient les armes de la ville de Lyon , et tout cet ensemble magique se composait de verres de couleurs differentes ; jaundt res , pour le stybolate, les pilastres, les arcades , Tentablement et les vases ; rouges , pour Tinscription , pour les armes de la ville et pour les fleurs sortant des plantes vertes que contenaient les pots de chaque cote du portique. La riviere etait couverte d'une multitude de petites barques illuminees de verres de couleurs, et dont les evolutions donnaient beaucoup de vie et de mouvement au tableau. Aussitot que rillumination du portique et des barques qui cou- vraient la riviere fut complete , le bruit du canon retentit , le bourdon et toutes les cloches de St. -Jean se firent entendre. Dtr CONGRES SCIENTIFIQXJE t>E FRANCE. 57 En nieme temps , un ballon fut lance d'un bateau pres elu pont de Tilsitt On adrnirait la grande dimension de cet aerostat , quand, a la grande surprise et aux acclamations de la foule, un brillant feu d'artifice attache au ballon eclata tout-a-coup, en remplissant 1'air de lumieres et de feux tricolores. Un orchestre mHitaire etait place au centre du bassin de la Saone, de maniere a faire arriver les sons le mieux possible a la foule immense qui se pressait sur les deux rives. Son Eminence le cardinal de Bonald, avec la noble politesse qui le caracterise, avait ouvert ses salons aux membres du Congres. La seance de Tlnstitut des provinces tenue pendant le Congres fut tres-brillante. M de Caumont , directeur pour la province de Normand'e, avait t charge de la presider par deliberation du conseil administratif , en Tabsence de M. Cauvin. M. Richelet , du Mans , s'&ait rendu a Lyon pour tenir la plume , accompagne de M. 1'abbe Bouvet, membre du conseil d'administration. 10 e . SESSION. ' Le Congres scientifique de France s'ouvrit a Strasbourg le 28 septembre 18/i2 ; jamais reunion n'avait ete si nombreuse , et les previsions se r^aliserent relativement au concours que Ton attendait de rAllemagne et des pays voisins. M. de Caumont avait accepte la mission qui lui avait ete confine par M. Hepp et la commission preparatoire du Congres de Stras- bourg , d'inviter officiellement les savants allemands a venir assister a la X' session du Congres scientifique de France et s'6tait rendu expres a Mayence , assiste de M. Simon , secretaire general de la V e . session du Congres de France, et de M. Richelet, du Mans, Tun des secretaires dela VIP. session. Le bureau du Congres allemand, prevenu decette mission, decida que M. de Caumont prendrait la parole en stance publique, lejeudi 22 septembre. Danscette seance importante le Congres devaits'occuperde choisirla ville ou setiendraitle Congres allemand en 4S/i3. M. de Caumont fut appele a la tribune imme- 00 HISTOIRE diatement apres Fouverture de la seance. II y prononca un discours ecrit dans lequel il exposait le but de sa mission et faisait connaitre sommairement Forigine et les progres de Finstitution du congres scientifique de France. La mission acceptee par M. de Caumont a etc utile, elle a etabli an lien entre les deux institutions franchise et allemande , lien qu'une mission semblable avail etabli en 1840 avec le Congres scien- tifique d'ltalie , r&mi a Turin. La ville de Strasbourg avait mis a la disposition du Congres Je palais royal et le pala's de Funiversite ; mais pour les seances generates qui devaient reunir plus de 1,000 personnes , on avait fait disposer une halle nouvellement batie. Les arcades de cette halle avaient etc closes de planches et decorees d'une tenture rouge , et de drapeaux disposes en faisceaux. Le bureau etait plac6 au centre sur une estrade et surmonte d'un faisceau de drapeaux aux couleurs des differentes nations de FEurope , symbole des idees de paix et d'harmonie dont les congres sont en quelque sorte la manifestation. Devant le bureau s'elevait , comme a la chambre des deputes , la tribune des orateurs. Des'sieges avaient etc disposes pour 1,200 personnes ; il y avait aussi des tribunes pour les dames. Plus de 600 membres repondirenta Fappelle jour de Fouverture, mais ce nombie doubla pendant le cours de la session, et plus de 1,000 membres prirent part aux travaux ; le nombre des membres inscrits s'eleva a 1,450. Apres un discours tres-remarquable prononce par M. Hepp , se- cretaire general , on proceda au scrutin secret pour la formation du bureau general. M. de Caumont fut elu president , a une grande majorite : les quatre vice-presidents generaux 6taient dans Tordre suivant : MM. Bertini , membre de FAcademie et pro- fesseur en medecine a Turin ; Schadow , directeur de Fecole des beaux-arts de Dusseldorf , membre correspondant de 1'Inslitut de France ; Boussingault , membre de FAcademie des sciences de Paris (institut) ; Jullien , ancien redacteur de la Revue Encyclo- pedique. Dtt CONGRES SCIENTIFIQXJE DE FRANCE. 59 MM. Guerrier de Dumast , membre de Tlnstitut des provinces de France; Duvemoy, membre correspondant de 1'Institut de Paris; comte du Coetlosquet , de Metz , reunirent ensuite le plus grand nombre de voix. Les sections nommerent leurs bureaux le lendemain , et les com- poserent de la maniere suivante : l re . section. President M. Duvefnoy, correspondant de 1'Institut 3 professeur au college de France ; vice-presidents MM. Mougeot , de Bruyeres , membre de 1'Institut des provinces ; Victor Simon , de Metz , membre de la meme compagnie; Brehm, de Francfort. 2 e . section. President M. Boussingault , membre de 1'Institut ; vice-presidents MM. Du Haldat , de Nancy , correspondant de 1'Ins- titut ; Kupfer, professeur de physique et membre de 1' Academic des sciences a St.-Petersbourg ; Le Goq , membre de 1'Institut des provinces, a Clermont. 3 e . section. President M. Forget , professeur a la faculte de me- decine de Strasbourg; vice-presidents MM* Ehrmann , professeur a la meme faculte ; Mayor , dc Lausanne , membre etranger de 1'Ins- titut des provinces ; Textor , professeur a Wurzbourg. li c . section. President M. Emile Dolfus, president de la societe industrielle de Mulhouse ; vice-presiden!s MM. Couturat, ingenieur en chef des travaux du Rhin ; Kosegarten ,, professeur a 1'universite de Bonn ; Bonnet, membre de 1'Institut des provinces, a Besancon. 5 e . section. President M. de Commarmond ,, membre de 1'Institut des provinces de France , a Lyon ; vice-presidents M. Baehr , con- seiller aulique et professeur a 1'universit^ de Heidelbei-g ; Richelet , du Mans , secretaire de 1'Institut des provinces. 6 e . section. President M. Warkoenig , de Fribourg, membre etranger de Tlnstitut des provinces de France ; vice-presidents MM. Bruch , doyen de la faculte de thologie protestante a Strasbourg ; Scholes , professeur a la foculte de th^ologie catholique de Bonn ; Le Cerf , professeur en droit honoraire a Caen. 7 e . section. President M. Delcasso , doyen de la faculte des 60 HISTOIRB lettres de Strasbourg ; vice-presidents MM. Hoffmann , de Fallers- leben ; Guerrier de Dumas , de Nancy , inembre de 1'Instit.ut des provinces ; Peschier v professeur a Tubingen. 8 e . section. President M. le general baron Le Jeune, de Toulouse; vice-presidents MM. le V lc . de Cussy, membre de 1'Institut des provinces ; de Ring , de Fribourg ; V te . de La Valette , directeur de 1'Echo du monde savant, a Paris. Pour donner une ide de 1'importance des travaux, nous aliens reproduire le tableau statistique prsente au congres par M. Silber- mann , secre"taire-tresoriaux du Congivs. Voici le resultat du scrutin : President, M. le G le . de Lascazes , conseiller d'fitat , DU CONGRES SCIENTIFJQUE DE FRANCE. 65 l er . vice-president , M. de Caumont 136 voix. 2 e . id. M. Bertini , de Turin , 129 voix. 3 e . id. M. Puvis, de Bourg, 117 voix. A e . id. M. Jullien,de Paris, 77 voix. Les bureaux des sections out ete composes de lamaniere suivante, le 2 septembre : l re . section, reunie a la 6 C . ( sciences physiques et naturelles) , M. Robinet, membre du conseil general de la Seine, president. 2 e . section (agriculture et commerce) , M. le G te . de Quatre- barbes, membre de Flnstitut des provinces , president. 3. section ( medecine ) , M. Roux , de Marseille , president. A e . section ( archeologie et histoire ) , M. Cauvin , directeur de I'lnstitut des provinces, president ; MM. de Beauregard, Richelet , de La Sicotiere , La Curie , vice-presidents. 5 e . section (beaux-arts), M. Le Gerf , de Caen, president ; MM. V te . de Cussy , Goguel, de Strasbourg , M 1 s . de La Porte , de Ven- dome , Taillard , de Douai , vice-presidents. Apres huit jours d'un travail soutenu , le 9 septembre , le Con- gres se transporta a Nantes. Un bateau a vapeur fut dispose a cet eifet et decore" de bannieres se rapportant aux diverses societes et aux nations representees au Congres. Pendant la matinee employee au trajet , les sections tinrent leurs stances dans les deux salons du bateau, de sorte qu'elles purent , dans la stance publique tenue ini- mediatement apres Parrive , a Pliotel-de-ville de Nantes , rendre compte de leurs seances respectives du meme jour : ainsi pas un ins- tant ne fut perdu, Le soir, les Societes de Nantes avaient prepare au Congres une ma- gnifique reception a la salle de spectacle. Tout ce que la ville de Nantes renferme de distingue etait reuni dans Tenceinte ; les dames les plus elegantes garnissaient les loges ; une vaste table oblongue etait dressee au centre de la salle , disposee en salle de bal , pour re- cevoir les bureaux du congres et ceux des quatre societes savantes de Nantes. On remarquait a cette belle soiree M. le maire de Nantes : 66 HISTOIRE M. le general commandant le departement , le president de la Cour d'assises de la Loire-Inferieure, le commissaire-g&ieral de marine et plusieurs autres fonctionnaires. M. Halgan , president de la So- ciete academique , prit la parole et prononca un discours tres- remarquable ; trois compte-rendus des travaux scientifiques et litte- raires des societes savantes de Nantes furent lus ensuite , apres quoi M. le comte de Lascazes, president du congres, dans une impro- visation vivement applaudie, felicita les societies de Nantes del'acti- vite" et de Timportance de leurs travaux. Une musique delicieuse se faisait entendre entre chaque discours. La stance se termina all heures. Le 10 , les travaux du Congres furent poursuivis avec activite. Avant la seance ge"ne>ale de 3 heures , une momie egyptienne fu ouverte et disse"quee devant Tassemblee , par M. Caillaud. Le lende- inain 11 , le Congres retourna a Angers par le bateau a vapeur , et la stance publique de cloture eut lieu , le 12 , devant une assem- blee des plus brillantes et des plus nombreuses. M. de Lascazes , re- tenu a Nantes par une indisposition , fut remplac6 au fauteuil par M. de Caumont , 4 er . vice-president , qui prononca le discours de cloture. Le Congres decida que la XII e . session aurait lieu a Montpelller et s'ouvrirait du 25 aout au 5 septembre 184^. MM. Lallemant, correspondant de Tlnstitut, doyen de la faculte de m^decine ; Marcel de Serres , et Raffineau , de Lille , furent charges des mesures prparatoires. 12 e . SESSION. Des difficult^ s'etaient elev^es relativement a la tenue de la XII e . session du Congres a Montpellier, M. Lallemand qui avait et6 nomme seeretaire-ge"ne>al , desira que la reunion a Montpellier fut ajournee et ecrivit dans ce sens 5 M. de Caumont. Ce dernier dut en referer au bureau de la XI e . session tenue a Angers et a Tlnstitut des provinces. Une reunion des membres de cette savante compagnie eut lieu le 5 mars. DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 67 Deslettresde MM. Lallemand, Delille, Marcel-de-Serres , Guil- lory , furent lues et une discussion s'etablit sur le choix de la ville qui pourraitetre designee : MM. Bonnet, du Doubs ; Richelet, duMans, secretaire de 1'Institut ; V te . de Cussy, de S l .-Mande ; de Caumont, de Caen; Du Chastellier, de Quimper ; Robinet , de Paris ; Mq'Vde Labourdonnaye, de Rennes ; de Fontette, depute du Calvados; Arth, du Bas-Rhin, prirent successivement la parole : apres quoi 1'as- sembleedecidaconformement a 1'avis de M. de Caumont et de M. Guil- )ory , que la session de 18/i/i, qui devait avoir lieu a Montpellier, s'ouvrirait a Nimes, le l er . septembre : MM. d'Hombres-Firinas, de rinstitut des provinces, et de La Bauine : de TAcademie de Nimes , furent nomm&s secretaires-ge"ne"raux. MM. de Caumont, Richelet , V te . de Cussy , de Commarmond , membres de 1'Institut des provinces, M. Guillory, secretaire de la XI e . session, Du Chastellier , secretaire-general de 1' Association Bretonne , furent charges specialement de diriger les travaux et d'aviser aux mesures que n'auraient pu prendre MM. les secretaires-gen6raux. Conformement a cet arrete de 1'Institut des provinces , la session s'ouvrita Nimes, le l er . septembre, a midi. MM. d'Hombres-Firmas , G. de Labaume, secretaires-gen^raux, Ph. Eyssette , secretaire- general-adjoiiit , et Pellet, secretaire-tresorier , prirent place au bureau provisoire. ;;.*. , Apres un discours prononce" par M. le baron d'Hombres-Firmas, le scrutin cut lieu pour la nomination du president-general et des quatre vice-presidents. Le resultat suivant fut proclame : President-general , M. le C le . de Gasparin , pair de France, an- cien ministre, membre de Tlnstitut et du Conseil general de Tagricul- ture. Vice-presidents: M. de Caumont, membre du Conseil ge- neral de Tagriculture et de 1'Institut des provinces de France ; M. le C te . Felix de Merode , ministre d'etat de Belgique , membre de 1'Ins- titut des provinces de France ; M. le chevalier Bertini , doyen de la Faculte de Turin , membre de 1'Inslitut des provinces ; et M. Guillory aine , d' Angers, secretaire-general de la XI e . session , president et deiegue de la Societe industrielle de Maine-et-Loire. Le 2 septembre, les six sections composercnt leurs bureaux parti- culiers de la maniere suivante : i re . et vi e . SECTIONS. Sciences naturelles ; Physique et. mat he- matiques. President, M. Requien, d'Avignon, membre de 1'Ins- titut des provinces. l cr . vice-president, M. Plagniol, inspecteur deTAcademie de Nimes. 2 C . vice-president, M. Dumas, proprie- taire, geologue, a Sommieres. Secretaires, MM. Teissier, Joly et Walz. ii e . SECTION. Agriculture , Industrie , commerce. President, M. Puvis, membre du Conseil general deTagriculture, de Tlnstitut de Paris et de Tlnstitut des provinces. l er . vice-president , M. Au- gustedeGasparin, membre du Conseil general de Fagriculture, maire de la ville d'Orange. 2 C . vice-president , M. Jullien , de Paris , an- cien directeur de la Revue encyclopedique. Secretaire , M. Du- mas-Gasparin. ni e . SECTION. Sciences medicates. President, M. Roux, de Marseille, membre de plusieurs Academies. l er . vice-president, M. d'Amador, de Montpellier, membre de plusieurs Academies. 2 e . vice-president, M. E. Bernard, d'Apt (Vaucluse). ivt. SECTION. Archeologie et hisloire. President , M. Ri- chelet, secretaire de 1'Institut des provinces. l cr . vice-president, M. Jules Renouvier, membre de Tlnstitut des provinces. 2 e . vice- president , M. de La Farelle, depute, membre dellnstitut des pro- vinces. Secretaire , M. Ricard , de Montpellier. v e . SECTION. Litter ature et beaux-arts. President, M. Nicot, recteur de TAcademie de Nimes. l re . vice-president, M. Reboul, poete, membre de T Academic du Gard. 2. vice-president, M. Piaget, de Marseille. Secretaire, M. Nicot fils. Le Conseil municipal de Nimes avail mis a la disposition des secre- taires-generaux une somme de 3,000 fr. ; une partie de cette somme fut mise en reserve pour Timpression du volume , Tautre moitie a servi aux frais d'une fete donnee au Congres a Alais et a la Grand'- Combe. Des cinq heures du matin , les membres du Congres , ayant DU CONGRES SCIENTIFIQUE PE FRANCF. 69 a leur tete M. le C**. de Gasparin , les membres du bureau general et M. Darcy , preTet du departement , partirent au nombre de 150 par le chemin de fer d'Alais; recus par M. le secretaire-general d'Hombres-Firmas et M. le maire , ils visiterent success! vement les divers e"tablissements de cette ville industrieuse : le Conseil de fabrique de 1'^glise, re"uni sous le portail, recut la Societe francaise et obtint divers conseils de MM. de Caumont, J. Renouvier, Ricard et Richelet. Un splendide dejeuner reunit ensuite le Congres. Deux pieces de vers , Tune de M. Reboul , 1'autre de M. Rolland , biblioth^caire du Palais-Royal , furent entendues au dessert et vivement ap- plaudies. A midi , le Congres reprenait le chemin de fer de la Grand'-Combe ou il allait examiner avec le plus vif interet les usines a fer etles vastes mines de houille; MM. Dumas, Teissier, Requien et plusieurs go- logues expliquerent les soulevements et les accidents qu'offrele terrain houiller du canton. Un goiiter avail ete prepare pres de la Grand'- Combe : le Congres revenu a Alais s'y reposa tin instant avant de reprendre le convoi qui'le ramena le soir a Nimes. Les membres de la Soci&6 francaise et la section d T arche"ologie du Congres avaient fait la veille une excursion a Saint-Gilles , ou ils avaient 6te recus avec la plus grande amabilH6 par les autorites. Enfin MM. le C te . de Merode, Puvis , de Caumont, Richelet, Lambron de Lignim et plusieurs autres membres firent, soil pen- dant , soit apres le Congres, dMnt^ressantes excursions agronomiques et arch6ologiques dans les dpartements du Gard , de 1'Herault , des Rouches-du-Rhone et de Vaucluse. Les seances generales dirig^es par le savant membre de TAca- demie des sciences quele Congres avaitchoisi pour president, M. le C te . de Gasparin , presentment de Tinteret. Dans Tune des dernieres seances , le Congres adopta 1'arrete suivant : La XII e . session du Congres scientifique de France se tiendra a Reims en 1845 , elle s'ouvrira du it r . au 10 septembre , et durera au moins dix jours comme les anneesprecedentes. 70 HIST01RE Mg r . Gousset, archeveque de Reims, president de TAcademie de cette ville, est prte de remplir les fonctions i!e secretaire-general de la XII . session. MM. Cauvin, de Caumont et Richelet, de Tlnstitut des pro- vinces, formeront avec MM. les secretaires-generaux la commission d'organisation chargee de prendre toutes les mesures necessaires pour assurer la tenue de la XIII e . session. 13 C . SESSION. La XIII . session du Congres a etc" infiniment brillante et feconde en bons r&ultats. Mg r . Gousset et MM. les secreiaires-generaux avaient admirablement prepare la session. 1,100 adhesions sont venues temoigner de la sympathie publique pour I'institution du Congres scientifique ; et , stir les 1,400 adhe- rents on en a vu 700 assister aux reunions. L'Institut des provinces de France etait represente au congres par Mg r . Gousset etMM. de Caumont, C te . de Merode, de Bruxelles , V te . de Cussy, Goguel, de Strasbourg ; Taillard de Douai ; Mq 9 . de La Porte, de Vendome ; Richelet, du Mans ; Tlnstitut de Paris par le savant conservateur des manuscrits de la bibliotheque royale, M, Paulin Paris, de I 1 Academic des inscriptions. Apres deux discours, Tun de Mg r . Gousset, 1'autre de M. Louis Paris, un des secretaires-generaux, le scrutin a 6te ouvert pour la formation du bureau general : les voix ne se sont pas partagees et le resultat suivant a eie obtenu a peu pres a runanimit6. President general , Mg r . Gousset, archeveque de Reims. SMM. C te . de Merode , ministre d'etat de Belgique. de Caumont, directeurdel'Institut des provinces, uciits gcuc- \ V te . de Brimont, de TAcademie de Reims. raux. I Bailly , ancien president de TAcad^mie royaje de medecine. Chaque jour les travaux ont et suivis avec un empressement re^ marquable qui ne s'elait jamais mieux manifest^ ailleurs. Plus de 400 dames . assistaient aux seances gne>ales qui etaient annonc^es DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 71 au son du gros bourdon de la cathedrale : et Ton peut dire que le gout qu'elles ont pris aux discussions n'a fait que s'accroitre jusqu'a la fin du Congres, et que la population entiere de Reims a regrett que la session ne durat pas plus long-temps. Le fetes ont et magnifiques , les deux concerts dans la salle du sacre , et le bal donne a la salle de spectacle ont e* te ravissants ; de- puis plus de 20 ans on n'avait pas vu de pareilles fetes a Reims. Une grande illumination, un beau feu d'artifice, des danses publi- ques sur les promenades, ont etc la part donne au peuple dans les fetes du Congres : deux quetes abondantes avaient et faites aux concerts , ainsi les pauvres n'ont pas 616 oublis. Mg r . I'eveque a officiS pontificalement le dimanche 7 septembre ; toutes les magnificences de la liturgie avaient et6 deploye"es , et cette imposante ceremonie etait d'une magnificence incomparable. Plus de 12,000 personnes remplissaient la cathedrale. Toutes les sections ont fonctionne avec zele et ont produit de tres-bons travaux. Sur les conclusions de I'lnstitut des provinces de France, le Congres a decide que sa XIV*. session s'ouvrirait a Marseille , en septembre 1846. M. Roux , secretaire perpetuel de la Societe de statistique des Bouches-du-Rhone , a et6 nomm6 secretaire-general : les autres dispositions de Tarrete pris a Nimes ont et6 maintenues , et par suite la commission de I'lnstitut des provinces nominee 1'annee derniere se trouve charg^e conjointement avec M. Roux de Torganisation des bureaux et des autres mesures preparatoires. Nous terminons ce coup-d'oeil sur la marche du Congres scien- tifique de France par le tableau statistique des sessions qui ont eu lieu depuis son etablissement en France jusqu^en 18A6. 72 HISTOIRE failles oil xe sont tenues Dates. Ics sessw7ts. l re . session, a Caen , juillet 1833 , 2 e . session , a Poitiers , septembre 1834, 3 e . session, ft Douai , septembre 1835, 4 e . session, a Blois , septembre 1836, 5 C . session, a Metz , septembre 1837, 6 e . session, a Clermont , septembre 1838, 7 e . session, au Mans , septembre 1839, Presidents grtner L'ABBE DE LA RUE \ Membi-e de i'iiistiti M. DE CAUMOKT , Corresporidant de Tli M. DE LA DE VACDORE , Correspond ant de I'inst M. DE LA PLACE Ancien premier preside! la Coiir royale d 1 Orlea M. LEM 8 . DEVlLLENE TRANS , Membre de riiistitul M. DE CAUMONT, Fondateur du Coi M. LAIR, De rinstitut des provii 8 C . session, a Besancon , septembre 18/iO, MM. TOURANGIN ET GAUMONT , 9 e . session, a Lyon , septembre 1841, M. DE SAUSSURE,: Corrcjspondaiit ile 1'liis a Geneve. 10 e . session, aStrasbourg, septembre 1842, M. DE CAUMONT , l-orulateiir du Congr6 ll e . session, a Angers , septembre 1843, M. LE C te . DE LASCAS CoiweiJlor d'etat. 12 e . session, a Nimes , septembre 1844, M. LE c te . DE CASPAR k'air de France , rae:ii|| de I'lnstitnt. 13 e . session, a Helms, septembre 1845, MG F . GOUSSET, J ArcheTeque. Le Congres se reunira a Marseil DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 73 sretaires gdneraux. Nojnbre approximatif des Impressions. Allocations jneinbref. presents municipales. . DE CAUMONT, 220, 1 vol. in-8. ,, Parif , )oadant de lliistitut. Derache, rue du Bouloy, 9. DE LA FONTENELLE 240, 1 fort vol. in-8. , DE VAUDORE, avec planches. londaiit de I'lnstitut. .GUIS DE GlVENCHY , 180, 1 vol. in-8. , avec rubie d<- riustiiut des figures. provinces. DE LA SAUSSAYE , 219, 1 vol. in-8. , avec lembre. de i Institut figures. . VICTOR SIMON , 225, 1 vol. in-8*. , avec ibre de I'lu.stittit des provinces. planches. .LE COQ ET BOUILLET, 237, 1 fort vol. in-8. bres de 1 Institut des provinces. M. CAUVIN, 400, 2 vol. in-8. Afcieii oratotien , ; M. RICHELET , M. WEISS, 300, 1 vol. in-8. enibre de Pinstitut. DE COMMARMOND , 900, 2vol. in-8. grande 12,000 fr. bre de Tlnstitut des medaille de bronze. provinces. M. HEPP , l,100membres 2 forts vol. in-8. 8,000fr. lire cle 1' Institut des provinces presents, 1,500 inscrits. . PLANCHENAULT 300 membres 2 vol. in-8. 2,000 fr. ET GuiLLOLY , presents, 500 inscrits. 1 D'HOMBRES-FIRMAS 1 vol. in-8. 3,000fr. r DE LA BAUME , 200 presents re de i'lnstitut des . 400 inscrits. provinces. PARIS, BONNEVILLE ET LANDOUZY. 500 presents, 700 inscrits. 1 fort vol. in-8. 5,000fr. 846 (l e 1". septembre. ) 74 . HISTOIKE Reglement du Congres scientifique. 1. La dure du Congrcs est de dix jours au moins. 2. Les travaux du Congrcs sont repartis en six sections , savoir : I. Sciences naturelles ; II. Agriculture, Industrie et Com- merce ; III. Sciences medicales : IV. Histoire et Arche"ologie ; V. Lit- terature , Beaux-arts , Philosophic , Philologie , Enseignement ; VI. Sciences physiques et mathematiques. Sous aucun prftexte, il ne peut etre apporte" de changement & ces divisions. 3. A Fouverture de la premiere seance, on nomme le pr- sident et les deux vice-presidents du Congres , qui , avec les se- cretaires-ge"neraux , composent le bureau central. Chaque secretaire inscrit dans sa section ceux qui desirent en faire partie. On peut se faire inscrire dans plusieurs sections & la fois. Zi. Le tresorier-archiviste est charge de la coniptabilite" et du depot des ouvrages dont il est fait hommage & I'assembl&B. 5. Le lendemain de Touverture du Congres , chaque section nomme son president et son vice-president. 6. Les sections s'assemblent tous les matins ; elles fixent & la premiere reunion la duree de leurs seances. 7. Chaque jour, trois heures precises apres midi , il y a assemblee de toutes les sections. Le secretaire-general lit le proces- verbal de la seance de la veille ; les secretaires des sections donnent lecture des proces-verbaux des stances particulieres tenues dans la matinee. L'assemblee est consullee sur les conclusions adoptees par les sections, On peut ensuite entendre des lectures d'ouvrages manuscrits et recevoir des communications verbales. 8. Nul ne peut prendre la parole & une stance , sans Tau- torisation du president. DU CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE FRANCE. 75 9. Toute discussion sur des matieres politiqucs ou religieuses est interdite. 10. Aucun travail ne pent etre entendu en seance generate, sans avoir et6 approuve par la section a laquelle il a ete soumis. 11. Les mernbres ont le droit de presenter des questions autres que celles du programme , mais elles doiverit ttre formulees par e"crit et deposees sur le bureau en seance generate. Elles sont examinees le soir meme par une commission permanente , qui juge si elles peuvent etre admises. Le resultat de la deliberation est communique le lendemain aux sections competentes. 12. La commission permanente est composee des membres du bureau central , du tresorier-archiviste , du president et du secre- taire de chaque section. 13. Des excursions scientifiques peuvent avoir lieu pendant et apres la tenue du Congres. 14. Nul n'est admis a faire partie du Congres , s'il ne verse , entre les mains du tresorier, une somme de dix francs qui lui donne droit au volume renfermant les travaux de la Session. 15. Ce volume est public , apres la session , par les soins des secretaires-ge~n6raux et des secretaires de chaque section. 16. Sont specialement invites a faire partie du Congres , les membres des societes savantes , ceux des corps universitaires , les fonctionnaires suprieurs dans les ordres eccle"siastique , civil et militaire , et toutes les personnes qui ont adhere" aux sessions precedentes. Cette invitation s'adresse aux etrangers places dans les memes conditions. 17. Avant de se separer, le Congres fixe la date et le lieu d^ la session suivnnte. 18. Toute difficulle, non pr6vue par les presentes dispositions, est soumise a la commission permanente. 76 Congres Grangers. Les congres scientifiques Strangers ne seront indiques ici que pour m&noire : le plus ancien, le congres scientifique de TAllemagne , existe depuis plus de vingt ans ; il s'est reuni dans beaucoup de villes importantes. L'association britannique pour Tavancement des sciences ( Congres scientifique d'Angleterre) est d'une date posterieure. Le congres scientifique d'ltalie a etc fonde en 1839 et a tenu 6 sessions : la l re . a Pise, la 2 e . a Turin, la 3 e . a Florence, la 4 e . a Padoue, la 5 C . a Lucques. et la 6 e . a Naples, en septembre 1845. Les congres dltalie ont ete tres-brillants et tres-remarquables par le nombre des notabilites qui s'y sont reunies. Les academies Italiennes ont nomm6 de nombreux dlegus au Congres en se chargeant de les defray er, ce que n'ont pas fait les academies de France, malgr^ Tinvitation reiteree qu'elles ont recue. Cette sympathie des academies Italiennes pour le Congres destine a mettre leurs travaux en lumiere et a leur donner un centre com- mun, lui a, des son origine, imprint une grande importance. Cette importance ne pourra que s'accroitre, surtout lorsque toutes les uni- versites se decidercnt , comme elles 1'ont fait dans la Haute-Italie , a se faire representer au Congres. Si nous portons notre examen comparatif sur Torganisation et la marche du Congres scientifique de France et du Congres Italien , nous croyons celle du Congres de France preferable : sans parler du cercle de ses travaux qui est plus complet , puisque les beaux arts et Tarcheologie n'ont pas trouv place dans le sein du Congres Italien ; la marche des travaux en France est plus rapide ; oh lit DES CONGRES ETRANGERS. 77 moins de memoires, mais on expose plus souvent de vire voix, on discute davantage , et les stances de section sont en general plus animees , plus attachantes. Ajoutons qu'il manque au Congres Italien un rouage essentiel , que M. de Gaumont , fondateur des Congres de France , a eu le bon esprit d'y introduire des 1'origine. En France , il y a des stances generales quotidiennes dans les- quelles les secretaires viennent rendre compte des travaux de leurs sections respectives. A ce moyen , tous les membres du Congres savent jour pour jour ce qui s^est fait dans les sections, ils suivent la marche du Congres , en saisissent Fensemble , peuvent se pre"parer pour le lendemain a faire dans lelle ou telle section des observations sur ce qui a ete dit la veille , en un mot , savoir ce qui s'est fait et ce qui doit se faire , car Tordre du jour du lendemain est toujours indique par chaque secretaire. En Italic, il n'y a que deux seances ge'ne'rales , Tune a u commencement de la session, Tautre pour la c!6ture, d'ou il resulte qu'on ignore absolument ce qui se passe dans *les sections aux travaux desquels on ri'a pu prendre part (car il est impossible d'assister aux stances de toutes les sections). Les seances generales quotidiennes nous paraissent done extreme- ment utiles , et nous croyons qu'on aurait bien fait de preferer en cela la marche suivie en France a celle qui est adoptee en Al- lemagne , les sections seraient moins inde'pendantes les unes des autres, elles seraient reunies par un lien qui leur manque ; d'ail- leurs il y a des questions scientifiques qui interessent plusieurs sections, et dont la discussion convient en quelque sorte a toutes; c'est en stance generale que ces discussions doivent etre deTmi- tivement 61abor6es , comme cela se pratique en France. Ce Gongres se reunira a Genes, le 18 septembre 1846, quatre a cinq jours apres la cloture du Congres scientifique de France a Marseille : cette coincidence ne pent qu'etre favorable aux deux reunions , puisqu'on pourra facilement se transporter d'une ville a Tautre et assister a Tune et a Tautre session. 78 H1STOIRE Le Congres scientifique allcmand est le plus ancien, et c'est sur Jui que se sont models tous les autres : L'absence de seances generates quolidiennes y produit les memes incom enients qu'en Italic , Tisolenient dans lequel tra- vaillent les sections , I'impossibilite de juger , d'embrasser d'un coup - d'oeil 1'ensemble des travaux et leur importance , sont autant d'imperfections dans 1'organisalion du Congres. On pu- blic, il est vrai, chaque jour un bullet : n de ce qui a 6t6 fail dans les sections, mais ce bulletin donne simplement le litre des me- inoires lus et consacre seulenienl cinq a six lignes pour chaque seclion. Quant a Timportance des memoires, aux fails quails font connaitre , aux discussions qu'ils ont soulevees dans le sein des sections , rien. Une heureuse inspiration avail porle , en 18A2 , le bureau a proposer quelquesinnovalions au reglement. Ces innovations etaient en grande parlie emprunlees aux slaluls du Gongres de France. Mais ces proposilions examinees par une commission ont ele" repoussees, sans doule parce qu'on n'en a pas senli loule la porl6e. Ainsi le Congres allemand conlinue de s'occuper exclusivemenl des sciences physiques et naturelles, 1'agricullure meme n'y trouve pasde place, ce que nous regretlons. II est vrai qu'un Congres special a lieu pour les agriculteurs , mais nous pensons que le Congres devrait neanmoins avoir une seclion d'agronomie ; Tagricullure ne se lie- t-elle pas essenliellemenl a la physiologie vegelale, a la chimie, et meme a la mineralogie dans ce qui tient a Telude des lerrains? Quant aux autres sciences que le Congres a repudiees, nous croyons que les beaux-arts , la phylologie et 1'archeologie devraient y trouver place, car ces di verses branches du savoir humain ont ele cultivees avec assez de succt j s en Allemagne pour avoir au moins droit de bourgeoisie au Congres, et nous pensons qu'il vaut mieux , au moins quant a present, embrasser comme en France toutes les sciences que d'elablir ainsi des privileges pour certaines specia- liles. DES CONGRES ETR ANGERS- 79 Apres ces reflexions, nous ne pouvons que feliciter les savants allemands tf CONGRES ARCfiEOLOGIQUE 'DE FRANCE. 83 en font mieux comprendre le sens et la portee. Sans compter les instructions et les notes diverses qu'elle a publiees , la Societe" francaise a imprim6 dans ses comptes-rendus et les onze volumes du bulletin, environ 300 notices archeologiques, 900 figures: elle a reuni en outre un nombre considerable de mate- riaux, et plus de 100 notices attendent leur tour : ajoutons que 700 gravures sur bois sont preparees et n'oiif point encore servi : chaque annee le Bulletin devient plus interessant par le choix des notices et par les illustrations, le Xll e . , dont le l er . numero est sous presse , sera plus remarquable encore que les precedents. Le cours d'antiquites de M. de Gaumont , qui avail fait de la clas- sification chronologique des monuments du moyen-age , Tobjet d'un enseignement regulier lorsque personne n'y songeait encore , ne fut pas sans influence sur les progrcsde la Societe francaise :le cours e"tait Vouvrage qui, par toute la France et aTetranger, avait initie" aux mysteres de Tarcheologie et Tauteur etait devenu un centre vers lequel ^enaient se grouper tous les amis des etudes historiques. La Societe francaise fut un lien qui unit plus intimement cette association , que les sympathies et les rapports d'etudes avaient d'abord fondee. Bientot des cours d'archeologie furent, a la demande de la Societe francaise, institues dans un grand nombre de seminaires a Timitation de Tenseignement cree par M. de Caumont. Des livres distribues, des encouragements et des medailles d'ar- gent decemees par la Societe, donnerent bientot a cet enseignement vine grande impulsion. Adminislree avec la plus sage economic, la Societe francaise, qui n'a point obtenu de secours du gouvernement, quin'a d'autres fonds que ceiix provenant de la cotisation annuelle de ses membres, a pu voter bon nombre d'allocations pour aider a restaurer des edifices nteressants: plus de 40,000 fr. ont deja 6te alloues. Outre tant de services rendus par la Societe francaise a Tart et a la propagation des connaissances archeologiques , on lui doit encore une large impulsion donnee a la redaction des statistiques monumen- tales et des statistiques routiires , et a la C3mposition des recueils HISTO1RE descriptions; eirectivement la compagnie qui, comme son noin rindique, se voue exclusivement a 1'exploration et a la conservation ties monuments francais, ne pouvait laisser dans 1'oubli ces nombreux monuments 6pigraphiques dans lesquels Thistoire du pays se trouve eerite aussi bien que dans les chroniques ; elle a voulu les recueillir avec soin, les classer, en former une grande collection : en meme temps elle a compris que si Tordre clironologique etait indispen- sable, il fallait suivre aussi J'ordre g^ographique. C'est en eiFet pour 1'liistoire locale, pour 1'liisloire de la contr^e ou on les trouve, que les inscriptions du moyen-age ont pour la plupart un grand interet : telle inscription du nord de la France perdrait une parlie de son importance , si elle etait noyee dans un recueil general ou elle pourrait se trouver aecolee a une inscription tiree de Textreme frontlcre meridionale. II fallait done combiner I'ordre geographique avec Tordre chro- nologique, c'est dans ce sens que le programme, trace par M. de Caumont aeteconcu, et deja plusieurs m^moires ont ete adresses pour obtenir les medailles d'or que la Societe francaise a mises au concours. M. E. Woillez, d' Amiens , a ete couronne en 1845, pour la Monographic des inscriptions du nord de la France; d'autres medailles seront successivement decernees. Le Xlll e . Congres archeologique de la Societe francaise aura lieu enjuin 18/i6 , dans les villes de Metz et de Treves. Mg r . Dupont- Desloges, ^veque de Metz , Mg r . Arnaldi, archeveque de Treves et Mg r . Teveque suffragant Muller ont temoigne deji la plus grande bienveillance pour les travaux de la Societe francaise. MM. Reichs- penger, de Treves, De Lassault, de Coblentz , et plusieurs autres nota- bilites allemandes seconderont les efforts de la commission francaise d 'organisation composeedeMM. de Caumont, V te . deCussy, B . de Roisin, V te . de St. -Vincent, B . d'Huart, B6gin, C tc . de Goetlosquet Goguel. M. le B . de Roisin remplira les fonctions de secretaire- general de la session conjointement avec M. Victor Simon, inspecteur de la division de Metz, et M, le secretaire-general du bureau. DU COXGRES ARCHEOLOGIQUE DE FRANCE. 85 Un programme de questions a e"te prepare par les soins de MM. de Caumont et de Roisin : M. de Caumont dirigera Tenquete et posera d'importantes questions sur les caracteres de 1'architecture militaire au moyen-age en Allemagne et en Alsace. Des sujets qui n'ont pu qu'tlre indiques cette annee seront exa- mines Tann^e prochaine avec plus de details : telles soixt les questions relatives aux instruments de musique au moyen-age. Telle est aussi 1'histoire des tissus et des diverses phases qu'ils ont subies de- puis les riches etoffes que les Croises rapporterent d'O- rientauXII e .etauXIII e .sie- cle, jusqu'acellesqui furent employees au XVI e . siecle; on sera puissamment aide dans ce travail par les or- nements sacerdotaux qu'on peut encore retrouver dans certaines eglises. Tousceux qui auraient des specimens de ce genre a signaler, sont pries d'en envoyer des dessins faits avec soin, a M. de Caumont. Diverses questions adressees par la Societe anglaise pour la conservation des monu- ments n'ont e"te en quelque sorte qu'enregistrees et se- ront de nouveau examinees Tann^e prochaine ; elles sont ainsi con cues : 8G HISTOIRE 1. Y a-t-il en France des statues couchees sur les tombes qui representent des templiers et des hospitallers ? Quels sont leurs cos- turaes, et dans quelle attitude ou posture sont-elle places? o 2. Les effigies s^pulcrales de personnes qui sont reconnues pour avoir pris parti dans les croisades , sont-elles distinguees par quel- ques particularity de decoration, de posture ou d'atlitude? 3. Y a-t-il en France des effigies du XIII e . ou XIV e . siecle, qui soient remarquables pour quelques particu! antes indiquant, selon les traditions populaires, que les personnes representees avaient servi dans les croisades ? Zi. Y a-t-il quelque representation contemporaine de la croisade de la croix qui etait adoptee par les templiers? Quelle est la forme de cette croix ? 5. Existe-il de verilables coltes de maille formees d'anneaux de fer entrelaces ou d'anneaux cousus a une jacque de cuir ou etoffe. 6. Y a-t-il des representations ou efiigies de pareilles cottes de mailles, soit en pierre, soil en bois ou en metal. 7. Existe-t-il des exemples, du XIII e . ou XIV e . siecle, d'ar- mures faites de cuir bouilli, soit pour la tete, les bras, les coudes , les genoux ou les jambes ? La Soci&e" francaise et la commission preparatoire nommee par le directeur, a Metz , s'occupent de formuler diverses questions re- latives a la geographic du style germano-roman dont les limites ont t6 indiquees pr^cedemment par MM. de Caumont et de Roisin. Le style ogival primitif du pays Messin sera aussi examinS avec soin. DU CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE FRANCE. 87 M. tie Caumont prepare des questions sur les phases de 1'architecture militaire au moyen-age : il communiquera au Congres archeologique les memoires et les dessins qui Itii seront adresses concernant 1'histoire de cette architecture qu'il a le premier esquisse dans le 5 e . volume de son Cours d'Antiquites monumenfaJes. 88 HISTOIBE II rccommande aussi les dessins de figures qui puissent fournir dcs materiaux pour Thistoire de la statuaire et des costumes aux diire- rents siecles du moyen-age. La Soci&e pour la conservation des Monuments, disait M. le comte de Montalembert , a reussi, apres maintes difficultes, a en- regimenler dans ses rangs des pr oprietaires , des ecclesiastiques , des magistrals, des artistes. Elle public un recueil plein de fails et de renseignements curieux , sous le litre de Bulletin Monumen- tat ; et ce qui vaut encore mieux, avec le produit des cotisations deses membres, elle donne des secours aux fabriques des eglises menacees, et obtient ainsi le droit d'arreter beaucoup de destruc- tions, et celui plus precieux encore dMntervenir dans les repara- tions. Voila, onTavouera, une ^ocictd qui n'a pas sa rivate en a France , ni peut-ttre en Europe. La Societe continue de juslifier par ses travaux et le devouement de ses membres , ces paroles ilatteuses du savant membrc de la chambre des Pairs. Pour faire partie'de la Societe, il faut en adresser la demande par ecrit a M. de Cauinont, a Caen , ou a M. Ga igaiii, Iresorier , au palais episcopal, a Bayeux. DU CONGRES CENTRAL D AGRICULTURE. central d'agricnltnre. La Societe d'agriculture de Compiegne avait , a 1'imitalion des reunions de I'association normande , provoque un congres de prc- ducleurs de laines qui tint sa premiere session en 1843 , sous la pre- sidence de M. le B . de Tocqueville , membre du conseil-general de i'agriculture. L'annee suivante (1844), la seconde session du Congres cut lieu a Senlis , sous la presidence de M. Lemaire , de- pute i elle reunit des agriculteurs de 10 ou 12 departements. Ce fut dans le sein de cette assemblee , que M. Fouquet d'Herouelle fit une proposition vivement appuyee par plusieurs membres , notamment par M. de Tocqueville, qui, dans une longue improvisation , fit ressortir tous les avantages qui pour- raient en re* suiter. C'etait de tenir chaque annee , a Paris , un con- gres agricole forme des delegu6s des 800 cornices et socie"tes d'agri- culture des departements. Un reglement , prepare d'avance par M. de Tocqueville, fut adopte, et il fut decide que la l re . session de ce congres aurait lieu a Paris, et s'ouvrirait le 15 fevrier 1844. Pour mettre a execution ce projet , une commission d'organisa- tion fut nommt^e etcomposee de MM. B". de Tocqueville, C te . de Turenne, de Caumont , Pommier, Fouquet d'Herouelle, M : i liis . de Torcy , Auberg, Elis^e Lefevre et Dailly. Cette commission adressa aux societes d'agricullure et aux cornices du royaume , une circulaire dans laquelle on lisait ce qui suit : L'agriculture en France occupe a elle seule les trois quarts de la population du royaume, c'est-a-dire plus de 25 millions d'habitants. Elle s'etend sur une superficie de 434,000 kilometres carres, re- presentant 53 millions d'hectares, dpnt la valeur toujours croissante ne peut etre es.timee aujourd'hui a moms de 50 milliards, sans comp- ter un capital d'exploitation de plus de d2 milliards , et qui pourrait tres-promplement s'elefer an double. L'agriculture seule paie a Tfitat, sur la contribution fonciere 90 HISTOIRE plus de 400 millions de francs. Elle supporle en outre la plus forte part de presque tous les autres impots ; Ellefournit a 1'armee le plus grand nombre et les plus vigoureux denossoldats; Elle offre a nos manufactures et a notre commerce le debouche le plus regulier et le plus sfir. L 'agriculture estdonc la plus feconde de toutes nos industries, et tout ce qui tend a developper et a accroitre sa richesse , importe a la prospe>ite et a la puissance de 1'fitat. Cependant Tagriculture, qui n'a point de ville, qui s'etendsur la surface du pays , de village en village , de metairie en metairie , sous des climats divers, dans des conditions de travail souventtres- diffe>entes, manque, par le fait, de ce contact qui donne taut de force et d'impulsion aux intends industrlels et commerciaux , la plu- part agglomeres dans nos principales cites. Depuis long-temps les cultivateurs out senti lebesoinde faire ces- ser cet elat d'isolement, et c'est dans ce but qu'ils ont form6 entre eux des socits d'agriculture et des cornices agricoles. Mais quelque puissante qu'ait puetre 1'influenceexercee parces societes sur les progres materiels et moraux de Tagriculture , cette influence est bien loin d'etre complete encore ; ces societes restent elles-memes isolees les unes des autres et ne peuvent agir, dans 1'in- teret general de 1'agriculture, avec cet ensemble qui caracterise les actes du commerce etde 1'industrie sur I'influence protectrice de leurs chambres consultatives. Quoi que fasse 1'agriculture, elle ne pourra, sans doute, parvenir a ce contact quotidien des habitants des villes ; mais elle pourra du moins remedier a T6tat d'isolement ou ses organes sont naturelle- ment places , et computer autant que possible, par de grandes r^u- nions centrales, la fusion d'interets commencee par les societes et les cornices. C 'est de cette fusion que sonlnees plusieurs grandes associations, telles que 1'Association Normande, TAssociation Bretonne, et d'aulres reunions oper^es sur differents points , pour trailer de questions DU CONGRES CENTRAL D' AGRICULTURE. 91 ri'int6rt local. A Angers et a Bordeaux, on a rassemble" en congres des producteurs de vins ; a Compiegne et a Senlis, des producteurs de laines. Mais rimportance meme de ces grands centres epars a fait sentir Ja necessity de cre"er une reunion centrale , ou toutes les soeie"teXet les cornices pourraient envoyer leurs d^legues , conferer par manda- taires de leurs interets communs et soumettre ensuite a radminis- tration et aux chambres leurs voeux et leurs esperances. Malgre le peu de temps qui s'ecoula entre ce premier avis et la convocation du Congres, cent quarante-quatre cornices ou societes d'agriculture out rgpondu a cet appel, en y envoyant des dengue's. Gependantsi le Congresagricoleaproduitplus qu'onn'enattendait, cen'est point a dire qu'il aitproduit toutcequ'onenpourraitattendre : M. de Caumont avait propose , dans une des reunions preparatoires , de former deux sections , Tune d'agriculture proprement dite , 1'autre dans laquelle les questions de tarif auraient etc etudiees. Gette divi- sion cut eu un grand avantage. celui de permettre a MM. Payen, de Gasparin, Boussingault et autres savants agriculteurs de s'entre- tenir des grandes questions de pratique agricole et de theorie, tan- dis que le Congres s'est pose des Torigine comme tine chambre de deputes , et qu'il a discute la plupart des questions que le conseil general del'agriculture avait elaborees en 1842. A la fin du Gongres un grand nombre de membres pensaient que la creation de deux ou trois sections , forictionnant separ6ment et se reunissant chaque jour en seance gnerale, serait une chose utile pour la suite, et c'est vraisemblablement a cette pense"e que M. de Gaumont a du Thonneur d'etre un des membres de la nouvelle commission qui ont reuni le plus de suffrages au scrutin secret. Cette commission de 15 membres a ete chargee d'organiser un second Gongres pour Tann6e 1845. Voici les noms des membres de cette commission : Mq s . de Torcy, Fouquet-d' Herouel , de St.Quentin; de Caumont, de Caen ; due de Cazes , grand referendaire ; B !1 . de Toc- queville , de Compiegne; C le . de Gasparin , pair de France ; C tc . de 92 HISTOIRE Tracy , dput6 ; C lc . dc Turenne , de St.-Quentin; Lernaire, depute de Senlis ; Pommier , de Paris ; Darblay , depute de Corbeil ; dcs Colombiers , de Moulins ; Lefevre , de Paris ; V te . de Romanct , du Cher ; Moot , professeur au conservatoire. Les discussions du Gongres de 18M ont porte sur les sujets sui- vants : "BESOINS ET INTERETS GEXERAUX. Representation de 1'agriculture en rapport avec son importance. Enseignement agricole. Fermes expe>imentales. Credit foncier. Reforme du systome hypothecate. Creation de banques agricoles. Biens communaux. Code rural. Police rurale. Embrigadement des gardes cham- petres. Irrigations. Systenie general d'assainissement. Vaine pature et parcours. Reboisement des montagnes et des terrains en pente. Morcellement indefini de la propriete. fichange des terrains contigus. Suppression du decime rural. Encouragements a ragriculture. Question de sels dans ses rapports avec ragriculture. BESOINS ET INTERETS SPECIAUX. Cereales. Vins et alcools. Graines oleagineuses. Laines. Chevaux. Bestiaux. Education des animaux. Amelioration des races. Matieres animales 6trangeres. Lin , chanvre , fils et toiles. Muriel's. Soie. Engrais et amendcments. DU CONGRES CENTRAL D' AGRICULTURE. 93 Propagation des Prairies aitificielles et des ratines. Destruction des insectes et animaux nuisibles. ficoles vete>inaires. Exercice de Tart veterinaire. Creation d'un march6 debestiaux grasau nord de Paris. M. le due de Gazes , en acceptant la presidence, avait mis a la dis- position du Congres la grande galerie sud du Luxembourg etle grand salon qui la termine. C'est dans ce salon que la commission a tenu ses dernieres seances, et que MM. les delegue's, presents a Paris , ont pu se reunir pendant pi usieurs jours de suite avant Touverture du Congres. Pres de 400 membres ont assiste aux reunions. Le bureau se composait de M. le due de Gazes, president, et de MM. C te . de . Gasparin, C te . de Tracy, Mq 8 . de Torcy, B OD . de Tocqueville, Fouquet-d'Herouel, de Caumont et C tc . d'Esterno. Les seances ont eu lieu chaque jour de 11 heures a 5. Les questions ont et6 dis- cutees avec talent et Ton a vu la province dignement repr^sentee par MM. le Mq s .de Torcy, de 1'Orne ; de Caumont, du Calvados; Du Chastellier, de Quimper ; de La Boire, de Bayeux ; V te . de Madrid, de Vervins ; Bonnet, de Besancon ; Le Sergent de Monne- cove, du Pas-de-Calais ; Mq 8 . de Tamisier, de la Marne ; V te . d'Assailly , des Deux-Sevres ; de Moy , de la Seine-Infe>ieure ; C tc . de Renneville, d' Amiens ; de Beaumont, de la Somme ; Havin, de la Manche ; Luneau, de la Vendee ; due de Caumont-la-Force, de TOrne ; Richelet, de la Sarthe ; Decourdemanche, de Caen ; Der- migny, de Peronne ; Dezeimeris, de la Dordogne ; Bazin, du Mes- nil-St.-Firmin : Mq 8 de. Vibraye, de Loir-et-Cher, etc. , etc. 2 mc . SESSION. La l re . seance de la 2 mc . session du Congres s'est ouverte le 12 mai : la commission d'organis.ation s'etait occupee activement des preparatifs. Cette commission decida que les d^legues des Societ^s d'agri- culture et des Cornices agricoles , 61us dans la forme indiqu^e, au- raient seuls voix deliberative dans le sein du Congres , et qu'il n'y 94 HIST01RE aurait d'excepiion a cet egard qu'en faveur de MM. les membres des deux Chambres, de I'lnstitut et du Conseil general de Tagri- culture. II importait , ce principe etabli , de fixer le nombre de d61egues que chaque Societe ou Cornice pourrait envoyer au Congres, Si ces diverses associations etaient toutes fondees sur les memes bases, la question n'aurait presente aucune difficult^ ; mais leur organisation n'etant pas uniforme, leurs moyens d'action , 1'gtendue de leur circonscription presentent de nombreuses differences ; et pour que chacunede ces associations put avoir dans le Congres une representation aussi egale que possible , il fallait necessairement tenir compte de ces differences. La Commission a consacre plusieurs seances a 1'examen de la question ; et , apres mure deliberation , elle a pris la decision suivante : Toute association agricole legalement constituee, soit Societe, soil Cornice, aura droit d'envoyer un delegue au Congres. Lorsque cette association comprendra plusieurs cantons dans sa circonscription , elle pourra nommer : Pour 3 cantons 2 delegues. Pour 5 id 3 id. Pour 7 id 4 id. Pour 10 id. et au-dessus 6 id. La Societe royale et centrale d'agriculture etant composee de huit sections , sera admise a se faire representer par huit delegues. Pourront seuls etre delegues au Congres les membres titulaires des Societes ou Cornices agricoles. Le Congres a siege dans la grande orangerie du Luxembourg , sous la presidence de M. le due de Gazes. Le compte-rendu de la session doit paraitre tres-prochainement. DES CONGRES BE VIGNERONS. 95 Congres de VigiiCB'OBas et de pB'odncteurs de Cidre. Le Congres de vignerons et de producteurs de cidre a etc* fonde" en 1842 par M. Guillory , 1'imitation des reunions du meme genre qui ont eu lieu en Allemagne depuis Tan 1838. La premiere session fut convoquee a Angers, 97 membres se firent inscrire. La commission preparatoire compose'e de MM. Leclerc-Thouin , Vibert , Frederic Gaultier , Se"bille-Auger , G. Persac , A. Vinay , A. Leroy , avail pris les dispositions suivantes : Les travaux du Congres seront repartis en trois sections; L'une relative aux travaux applicables aux vignobles ; L'autre & la fabrication , Tamelioration et la conservation des vins ; La troisieme ci Fexposition des produits divers de ces deux cul- tures et de cette double Industrie. Les membres du Congres , en se groupant en sections , devront n^cessairement choisir celles qui se rattachent le plus directement & leurs etudes speciales et a leurs travaux anterieurs. Ne"anmoins, ce choix une fois fait , chacun pourra assister aux reunions des autres sections, et prendre part a leurs travaux. Toutes les communications faites au Congres seront depouil!6es par le bureau central, et renvoy6es par lui aux sections respectives, immediatement apres leur organisation. Celles-ci se subdiviseront en commissions pour examiner, s'il y a lieu, plusieurs questions simultanement. Chaque section , apres avoir entendu les rapports des commis- sions formees dans son sein , presentera Tensemble de ses travaux. Ceux-ci seront lus et discutes en presence du plus grand nombre possible de membres du Congres , et de tous ceux qui composent les bureaux des sections, en des reunions journalieres fixees a des 96 HISTOIRE heures autres que celles des reunions generates ou ties reunions de sections. Le president du Congres reglera Tordre des matieres. Les assemblies gne>ales seront quotidiennes , et auront lieu a deux heures precises de rapres-midi. Au commencement de chaque seance , Tun des secretaires du bureau lira le proces-verbal de la reunion de la veille; les secretaires des sections donneront aussi lecture des proces-verbaux des stances particulieres tenues dans la matinee. L'assemblee entendra ensuite la lecture des memoires , rapports et les communications verbales. Les autres dispositions reglementaires etaient calquees sur celles qui regissent le Congres scienlifique de France. Le discours d'ouverture prononce" par M. Guillory , offrait , avec des considerations 61eves, les renseignements qui vont suivre sur les congres des vigneronsen Allemagne. En 1838 , lors de sa quatrit-me session, la Soci&e d'dconomie rurale de I'Allemagne e*tant reunie a Carlsruhe, un de ses membres, M. Metzger d'Heidelberg , conservateur du Jardin des plantes , lui proposa de creer une section vinicole , composee des vignerons de T Allemagne meridionale, cette section devait fonctionner a part en cas du choix d'une ville dans le nord , pour les reunions an- nuelles de la Societe d'economie ; elle devait etre regardee , dans le cas conlraire comme faisant partie integrante de cette Soci&e , si les reunions avaient lieu dans une ville de rAllemagne centrale ou dans le midi. Cette motion e"tait fondle sur Tobservation que le nord de 1'Allemagne n'offrant pas de renseignements sur les ques- tions de culture de la vigne, et cette speciality etant confine a la section vinicole , ses travaux ne devraient pas etre interrompus par le defacement inutile de ses membres et des produits soumis a Texamen de la section. La ville d'Heidelberg ayant ete" designee comme siege de la prochaine reunion , le projet de M. Metzger fut rejete" apres avoir etc longuement discut^ , et on de"cida qu'une section vinicole serait orga- nis^e a Postdam et une seconde a Heidelberg. DTI COXGRES DES VIGNEROXS. 97 Ce fut alors que M. Metzger, d'accordavecM. le vicomte Babo de Weinheim , proposa de runir les deux sections vinicoles ,et d'y ajou- ter la section des cultivateurs d'arbres fruiliers, ce qui fut adopte. L'aulorisation des autorites des differentes principautes ayant ele obtenue, Touverture des travaux de la reunion d'Heidelberg fut fixe"e au 7 octobre 4839. Les Congres de vignerons ont deja , en Allemagne, prouve , par quatre annees d'existence , tout ce que les diverses branches de Toeno- logie pouvaieht attendre de 1'elan imprim6 a cette science par la fre- quente reunion des hommes qui la cultivent avec le plus de succes. Le bureau du Congres de vignerons francais , reuni a Angers , nomm6 au scrutin , fut compose de : MM. Guillory , aine , president. Petit-Lafite, de Bordeaux, Comte de Quatrebarbes , vice-prcsicl. Sebille- Auger , s ecretaire-generai. L'abbe Picard , Boutet-Delisle, secretaires. A. Vinay, tresorier. Les bureaux des sections furent composes ainsi qu'il suit : l re . SESSION. Viticulture. M. Frederic Gaultier ; M. Edouard Boutard, de la Rochelle. 2 C . SECTION. Fabrication des vins. M. Royer ; M. Charles Hunault. 3*. SECTION. Culture des pommiers et fabrication des cidres. M. Andre Leroy ; M. Mahier , de Ghateaugontier. 4 e . SECTION. Exposition. M. Baudron ; M. Charles Giraud. Le Congres ainsi definitivement organise dans I outes ses parties , commenca ses travaux , entendit des communications interessantes , et les discussions furent bien conduites. Le compte-rendu de cette l re . session forme un vol. in-8. de pres de 200 pages , orne de plusieurs planches, imprime a Angers (1). (1) Angers, chez MM. Cosnier etLachese, imprimeurs-libraires ; Paris, Derache, rue du Bonloy , n. 7. 98 HIST01RE 2 e . SESSION. La seconde session eut lieu 5 Bordeaux ; M. Guillory fut 61u president comme Tannee prec^dente ; le nombre des adhe- rents s^leva a 160, et 50 membres environ sigerent aux stances. Grace au zele de M. Guillory et de quelques autres membres de cette session , elle offrit de bons resultats. Le compte-rendu est imprint dans le meme format que celui de la l re . session et ren- ferme des renseignements u tiles et interessants. 3 e . SESSION. Marseille avait te choisie pour siege de la troisieme session du Congres en 18/iZi. La 3 e . Session, tenue a Bordeaux , avait charge la Societe" de Statistique et le Cornice Agricole de Marseille, de nommer le Secretaire-general et le Tr^sorier du Congres, ainsi que la Commission d'organisation. Les deux Societes s'entendirent, par suite de cette delegation, et nommerent, dans la seance du 2 novem- bre 1843, M.Jules Bonnet, Secretaire-general, M. P.-M. Roux, Tr- sorier, et MM. Clapier, Planche, Negrel-Feraud , comte de Ville- neuve et Barthelemy , membres de la Commission d'organisation. M. Clapier , president provisoire, prononca un discours dans le- quel on remarquait les passages suivants : C'est une bonne et excellente chose que les Congres scien- tifiques , dont la pratique commence a se populariser. J'ai souvent entendu vanter les avantages de notre unite natio- nale, celte unite existe dans nos loiset dans notre systeme adminis- tralif ; elle n'existe pas dans nos moeurs. Chaque province a con- serve ses habitudes locales, ses prejuges, son horison retr^ci. Chez nous les idees circulent tout aussi lentemen! que les hom- mes. Chaque ville renferme un certain nombre d'hommes distingues qu'on ignore a dix lieues de distance ; il n'y a pour la province ni presse, ni tribune, ni lecteurs, ni auditeurs, tout y est isolement. Et TAllemagne, que ne doit-elle pas i ses Congres agricoles! Dans ce pays si arriere naguere en agriculture, aujourd'hui si riche en perfectionr.emenls de tous genres, un Congres agricole est une veritable solennite' nationale, tout le morde y accourt, les princes BU CONGEES DES VIGNERONS. 99 y president, les grands proprietaires y affluent, les magistrals prin- cipaux leur prodiguent les encouragements, les etrangers qui s'y rendent sont accueillis et fetes comme enfants de la grande famille agricole, chacun se fait -un honneur d'expliquer sa methode, de fournir ses renseignemcnts , de faire connailre ses resultats , de signaler meme ses revers et ses mecomptes. Esperons qu'un jour viendra ou les reu- nions agricoles rencontreront en France les memes empressements, ce n'est qu'a ce prix que Fagriculture francaise peut esperer d'obtenir quelque progres , de briser 1'esprit de routine qui retreinl encore et Tentrave, de donner au sol toute la valeur qu'il pent acquerir et d'assurer au proprietaire fancier , dans les affaires publiques, la haute influence qui appartient de droit a celui qui possude et qui cultive le sol. a Vous etes appetes, Messieurs, a continuer ToBuvre commencee par les deux sessions precedeutes. Marseille doit a la culture de la vigne devoir ses coteaux steriles se parer chaque annee de riches produits. Notre dparlement recolte six cent quarante mille hectolitres de vin par annee. Ce produit est le resullat de \ingt-quatremille cinq cents hectares planted en vignes , deduction f'aite des oulieres qui les separent. L'arrondissement de Marseille prend part a cette production pour deux cent mille hectolitres. Marseille, en outre, doit a 1'expor- tation des vins, une large part de sa prosperite commerciale et du fret de ses navires ; ellepossede soixante-cinq chays en activile, qui manipulent annuellcment quatre cent mille hectolitres de vin ordi- naire et environ dix mille hectolitres de vin de liqueur. Ces soixante- cinq chays cccupent trois cent vingt-cinq ouvriers ; leurs produits sont evalues a huit millions. En outre, une quinzaine d'entrepols recoivent et expedient les vins de Provence et du Languedoc ; Ten* semble de ces etablissements donne lieu a un mouvemerit g^n^ral de cinq cent mille hectolitres ; tro's cent mille sont exportes pour 1'e- tranger, les colonies et le cabotage ; cent soixante-dix mille sont versus dans la consommation locale; trente mille sont introduits avec passe-avant par les proprietaire?. 100 HISTOIRE L'assembl6e d^cerna le litre de president honoraire a M. Bou- chereau jeune, conseiller de prefecture a Bordeaux, qui depuis lon- gues anuses ne cesse de dormer des preuves de zele et de devoue- ment pour faire progresser Tindustrie vinicole. Trois scrutins successifs donnerent pour resultat : MM. Guillory aine, President et d&egue de la Society industrielle d' Angers, President. Reynier , membre de Tacademie de Vaucluse , et Pelissier , secr6taire-gne>al delgu6 de la Society d'agriculture de Bordeaux , Vice- Presidents. Pollety, tr^sorier bibliothecaire du Cornice agricole de Marseille. Lannes, delegue du Cornice agricole de Moissac, et Pellicot, secrelaire-delegue du Cornice agricole de Toulon , Secre- t aires- Adjoints. Lesquels avec M. Jules Bonnet, Secretaire-General, et M. P. M. Roux , Tresorier , formerent le bureau deGnitif. Le Congres ouvert le 20 aout se termina le 26. Les seances furent bien nourries , le compte-rendu forme un joli volume de XVI et 225 pages (1). Le nombre des adhesions avail &6 de illi. L'assemblee decida que la quatri^me session du Congres de vigne- rons francais , aurait lieu a Dijon (C6te-d 1 Or) en 1845 ; que le comite central d'agriculture de la Cote-d'Or serait charge de la formation de la commission d'organisation , de choisir le secretaire- general et le Tresorier du Congres. Le compte-rendu de cetle session n'est pas encore imprime. Le Congres se reunira a Lyon en 18A6, peu de jours avant I'ouverture'du Congres scientifique de France. (1) Paris , Derache , rue du Bouloy. FU CONGRES MEDICAL. 101 Coiigres medical. Un Congres medical \ient de tcrminer a Paris une premiere session a laquelle ont pris part environ 2,000 docteurs en mede- cine, pharmaciens , medecins-veterinaires , etc., etc. Des discussions tres-graves se sont e^ es dans cette assembled , et nous allons en reproduire quelques extraits tires du journal YEcho du monde savant. Auparavant nous croyons devoir faire remarquer que ce qui vient d'occuper le Congres medical de Paris, avail, il y a ill ANS occupe la section de medecine du Congres scientifique de France. M. De La Fosse pre"senta effectivement a la l re . session de Congres qui se tint a Caen , en 1833 , un memoire sur la reorganisation du corps me'dical ; Tauteur proposait d^tablir les trois grades de bachelier , licencie et docteur ; de conserver au doctoral les prerogatives ordinaires. II proposait ensuite les conclusions sui- vantes : Attribuer a la licence le droit d'exercice. Ne laisser qu'aux Facultes de Paris et de Montpellier le pouvoir de conferer le doctoral. Etablir dans les autres villes le plus favorablement disposees , des Facultes qui ne pourraient conferer que le baccalaureal et la licence ; le gouvernement se r^servant d'accorder le pouvoir de faire des docteurs a celles qui se distingueraienl par leurs succes. Conserver, pour obtenir la licence, le temps d'etudes et presque tous les actes probatoires exig^s aujourd'hui pour le doctoral, en diminuant les frais, autant que possible. Assigner une partie de ces actes pour le baccalaureat , qui ne pourrait elre obtenu qu'apres trois annees d'etudes. 102 HISTOIRE N'admettre ft la premiere inscription que des jeunes gens 'munis du litre de bachelier es-letlres et es-sciences. Fixer, par des r6glements, les cours que les eleves devraient suivre chaque annee , et exiger d'eux de l'assiduit. Pour le doctoral dans les Faculles supe"rieures , une annee d'in- scription et une these latine seraient exigees apres la licence. Deux annees description , ou dix annees d'exercice seraient obligatoires pour ceux qui auraient etc recus licencies ailleurs qu'ft Paris ou a Montpellier. Faire interveriir, dans les receptions , les medecins etrangers & la Faculte , et recevant leur mission des Societes me'dicales existantes, ou mieux , d'une corporation qu'il serait convenable d'etablir. Charger les Facult6s de la reception des pharmaciens et des sage-femmes ; les pharmociens etablis concourant aux receptions avec les professeurs des Facultes. Enfin , ranger exclusivement ces Facultes , sous le rapport financier comme sous le rapport disciplinaire , sous la direction du minislre el du budget de 1'instruction publique. Apres s'elre occupe des exigences de la science , M. Lafosse in- diquait les moyens de prevenir les ecarts qui peuvent avoir lieu dans la moralite de son application. II signalait d'abordle vide complet qui existe dans les institutions. On prend, disait-il, une garanlie conlre Tignorance du ni(decin , et Ton ne s'inquiete point du degre de d^licatesse et de probite quMl apportera dans son ministere. On place un jeune homme , revelu d'un litre qui le rend 1'egal de ses maitres , dans une des po- sitions les plus epineuses de la vie , en presence de devoirs aussi nouveaux que graves , entoure de difficultes nombreuses et va- ri^es , difficultes qui ne sont plus du domaine de la science ; difficulty's , non de pratique me"dicale , mais de pralique du monde, de ses usages , de ses prejuges, de ses exigences, de ses caprices, de ses passions ; on Texpose aux lentalions du luxe qu'il ne pent DU CONGRES MEDICAL. 103 atteindre , quelquefois a 1'urgence de -besoms plus imperieux ; il voit 1'aveugle credulite des masses se jeter au-devant de toutes les promesses , pourvu qu'elles soient incroyables et absurdes : et Ton s'ftonnerait qu'il put s'ecarter de 1'etroit et lentement productif sender de I'honneur et de la defence , lorsqu'il n'existe aucune institution speciale 'pour 1'y maintenir ou 1'y rappeler ? S'il s'etforce de se rendre digne , par ses services au-dehors et par ses meditations de cabinet, des fonctions medicates publiques , ou de ces signes de distinction qui ne devraient etre que la recompense d'une honorable carriere, au lieu de trouver la, pour appre"ciateurs de ses litres , des hommes parcourant la meme route, ce qui existe dans presque toutes les autres fonctions, il dependra, au contraire, de tout le monde , hormis des medecins. Et cependant Zimmermann et Gabanis Font dernontre : il est impossible d'appr6cier le merite scientifique et moral d'un medecin , a moins d'etre familier avec les nombreux elements qui doivent amener ses determinations et les precedes de raisonnement propres a la medecine , c'est-a-dire sans etre soi-meme praticien experimente. Mais , par une de ces contradictions aussi fre"quentes que bizarres, en m6me temps qu'on parque en quelque sorte les me'decins dans leur sp^cialite, chacun se croit en droit d'y pnetrer avec aplomb et de trancher avec assu- rance ; et la consequence d'un pareil ordre de choses , c'est que , ne pouvant etre juge"s sur leur merite medical , il faut renoncer a ces avantages , ou faire valoir, pour les obtenir, quelque autre genre de merite ou de moyens. II en serait bien autrement si les medecins ne relevaient que des medecins ; si , au lieu de ne voir dans leurs confreres que des ri- vaux a ecarter, ils savaient y rencontrer desjuges 6claire"s dont il faut meriter les suiFrages. En meme temps que la socie" t6 trouverait une garantie pour Taccomplissement de fonctions ainsi reparties, les medecins puiseraient dans ce retour au droit commun d'etre jug6 par ses pairs , dans cette election par des elecleurs intelligents , cet esprit de corps ne"cessaire a eux-memes et aux autres, et qu'il 104 HISTOIRE y a injustice a Icur reprocher de ne point avoir, puisquc toules les lois et coutumes sociales les reduisent a un individualisme force ; bien moins favorises, sous ce rapport, que loutes les professions relevant du ministere de la justice, de rinstruction publique ; que le commerce , .1'industrie , le clerge", appuy^s destitutions revetues par la loi d'un droit d'adniission , de surveillance, de repression, de protection. L'auteur appelait done la puissance de Tassociation , ou plutct de lit corporation , a 1'aide de cette foule de devoirs que Petal des medecins leur impose , que leur isolement rend difficiles et que la loi ne peut prescrire. Mais il redoutait , autant que 1'anarchie ac- tuelle , une reunion qui pourrait n'etre qu'une coterie tracassiere et tyrannique; il voulait qu'elle cut le pouvoir de distribuer avec justice et independance , ou sa censure ou son appui ; il voulait qu'elle eut quelque compensation a offrir a Tatteinte qu'elle portea la libertS (ruction individuelle. II assignait comme attributions principales de ces corporations : 1. L 'intervention necessaire dans les receptions ; 2. L 1 intervention necessaire dans 1'election aux honneurs, aux functions medicalespubliques et dans tous les rapports avec Tautorit^ ; 3. La juridict!on d'hooneur sur ses membres, et au besoin, renvoi a la juridiction p^nale. II emettait encore les propositions suivantes : li". Supprimer cet impot odieux de la patente, par lequel on fait acheter aux medecins un droit dont ils rougiraient d'user ; 5. Compter dans leur admission aux droits politiques leur contri- bution de capacity et de service ; G. Rendre facultatif, pour eux comme pour quelques autres tats, le service de la garde nationale. II est temps, disait Tauteur enfinissant, que la societe", interess^e dans cette aiFaire, intervienne pour donner sa sanction oflicieHe a ces ameliorations. Qu'elle ne craigne pas de fonder ce quVm appel- lera peut-etre des privileges, mais ce qui n'est, en r^alite, qu'une DU CONGRES MEDICAL* 105 garantie bien plus qu'une compensation de service et de devoirs. Qu'elle se 1'assure, cette garantie, par la creation d'un tribunal bien autrement severe que celui de la loi, un tribunal d'honneur. Qu'elle compte sur ce puissant mobile, 1'honneur, apres la religion le plus noble guide des actions des hommes ; 1'honneur, sorte de religion terrestre, s'il est permis de le dire, religion indefmissable , religion qui compte ses mysteres et ses martyrs ; religion loute fran- caise , qui apprend a vivre et a mourir , moins pour soi que pour les autres , moins pour le prix du service que pour raccomplissement du devoir. La section de medecine du Congres scientifique accueillit les idees de M. De La Fosse et discuta les questions qui s'y rattachent ; ainsi la province a devance de 14 ans la capitale, etles discussions qui ont motive cette annee la convocation d'un Congres special a Paris avaient occup il y a quatorze ans le Congres scientifique de France. Voici 1'extrait des seances du Congres medical : M. Gintrac, dc Bordeaux, a lu le rapport de la commission n 2. Voici les conclusions telles qu'elles ont etc adoptees par 1'assemblee : 4. La division^ de 1'enseignement des sciences medica es entre ies Facultes et les ecoles preparatoires est utile et avantageuse. 2. II conviendrait de creer une chaire d'histoire et de philo- sophic de la medecine dans toutes les Facultes de medecine. 3. II conviendrait d'etablir un cours d'anatomie pathologique la Faculty de medecine de Montpellter. 4. II serait avantageux que les hopitaux de Paris, consacre's & quelques maladies speciales, comme celui des Enfants, de Saint- Louis, etc., fussent utilises, et servissent a un enseignement officiel 5. Le nombre des facultes actuelles est suffisant. II n'est pas trop considerable. II y aurait inconvenient a n'avoir qu'une faculte. 6. L'enseignement dans les ecoles preparatoires doit etre favorise sous le rapport pratique. Ces ecoles doivent etre raises en possession d'un materiel suffisant. Avec Tenseignement clinique doivent s'harmoniser les services des hopitaux. 106 HISTOIRE Les ecoles preparatoires doivent devenir entierement universitaires. Eiles confereront , apres examen , a leurs eleves ayant pris la huitieme inscription en medecine, un certificat d'aptitude sans le- quel ceux-ci ne pourront prendre de nouvelles inscriptions. Sur la proposition de M. Marchal (de Calvi), un article addi- tionnel ainsi concu a te adopte : II sera manifeste le voeu qu'une ecole pr6paratoire de medecine soit instituee en Corse. U novembre. Sur la demande de M. Serres, le voeu de la creation d'une ecole second aire de medecine en Algerie a 6te for- mule. M. Thierry a lu sur 1'enseignement libre son rapport et ses con- clusions, qui ont 6te adoptees en ces termes : 1. Que tout membre appai tenant legalement au corps medical en France ait le droit d'enseigner les sciences medico-chirurgicales , et que ce droit soit specific dans un article de la nouvelle loi ; 2. Que la liberte de Tenseignement medical soit aussi large et aussi elendue que possible, et que le gouvernement, a Paris et dans les princ'pales villes de France, mette un local convenable et tous les moyens materiels servant a 1'enseignement pratique a la disposition de tous les membres du corps medical , et lui prete ainsi un utile concours ; 3. Que 1'enseignement libre ne puisse ni ne doive porter atteinte a 1'enseignement ofiiciel, 1'enseignement libre ne conf<6rant aucun grade universitaire , soutenant seulement des opinions et des doc- trines , et venant en aide a Tenseignement ofliciel ; li. Qu'une nouvelle loi vienne sanctionner renseigncment libre a la fois si utile a la science et a l'humanite, jusqu'a ]>resent la legislation ayant tellement vari a ce sujet , et 1'enseigneir.ent libre ayant 6te tantot confere dans sa plus large expression , tan tot en- travee de diverses manieres ; 5. Que, quant a 1'enseignement clinique fait par les medecins et les chirurgiens des hopitaux, la commission einet le vosu qu'a .i uijjiqvc! M& ^ DU CONGRES MEDICAL. 107 r occasion de la presentation du nouveau projet de loi, MM. les ministres de I'intfrieur et de Instruction publique soipnt invites a y faire inserer un article special pouvant completement satisfaire aux besoins du libre enseignement clinique , tant dans la capitale que dans les departements. 5 novembre. On a entendu dans cette seance un long rapport de M. Gauthier de Claubry sur 1'organisation des Facult^s, des ecoles sp^ciales de pharmacie et des ecoles veterinafres. En voici les conclusions : 1. La nomination des professeurs dans les Facultes de me- decine , les 6coles speciales de pharmacie et les ecoles v6terinaires , aura lieu par la voie du concours public. 2. Le jury pour les Facultes et pour les ecoles de pharmacie sera compose , a Paris, de professeurs et membres de T Academic royale de medecine ; ceux-ci y entrant dans la proportion d'un tiers ; les uns et les autres etant pris dans des series determinees a Tavance d'une maniere invariable. 3. Pour les Facultes et les ecoles speciales du reste du royaume , le jury sera compose dans la meme proportion de membres de ces corps enseignants et de juges choisis au scrutin secret par les Fa- cultes et les ecoles entieres parmi les membres des societes de medecine et de pharmacie reconnues et pr6existantes , et, a d^faut deces societes, parmi les medecins et les pharmaciens 6tablis dans la ville. 4. Pour les ecoles veterinaires, le jury se composerait de quatre professeurs de 1'ecole vet^rinaire et de Tecole de medecine , et de quatre juges tires au sort sur line liste dressee par le prefet, et de dix pour les departements. 5. Les fonctions des professeurs seront desormais temporaires , et cesseront a Tage de soixante-cinq ans. Les professeurs seront nomms professeurs honoraires et participeront auxconseils, deli- b6rations et travaux administratifs des Facultes et ecoles speciales. Us jouiront de rintegralite de leur traitement jusqu'a Page de 108 HISTOIRE soixante-dix ans, epoque fc laquelle ils feront valoir leurs droits & la retraite. II sera demands que les limites pour la retraite soient abaissees de trente a vingt ans. 6. Dans les e"coles preparatoires, la nomination des professeurs aura lieu par la voie du concours devanl un jury compose" de pro- fesseurs et d'agreges des Facultes de medecine et des ecoles de pharmacie dont les ecoles secondaires relevent. 7. L'institution des agreges doit etre maintenue telle qu'elle existe en ce moment. 8. II n'y a pas de motif pour changer la denomination qu'ils portent. 9. La nomination des agreges continuera a avoir lieu par le coucours, conformement aux dispositions en vigueur. 10. II sera demande que les agre"g6s jouissent a Tavenir d'un traitement fixe, outre leurs droits de presence aux examens. 11. S'il est arrete" qu'il y aura des examens a la fin de chaque anne'e, il sera demande que les agreges composent le jury d'examen sous la presidence d'un professeur. Sur le premier article, M. Boudet a fait admellre une modi- fication qui consiste a ne permettre le concours pour les pharmaciens qu'apres cinq ans de diplome. 6 novembre. M. Causse a pre^sente son rapport relatif aux eleves en medecine. Voici quelles en etaient les conclusions : 1. Obtention des deux diplomes de bachelier es-lettres et es- sciences physiques , par Televe en medecine, prealablement a toute premiere inscription , soit dans une Faculte" , soil dans une ecole preparatoire. 2. Pour L'ordre des etudes : 1. Anatomic et physiologic ; 2. Pathologic interne et externe ; 3. Chimie, physique, histoire naturelle, dans leur application immediate & la medecine, pharmacie et pharmacologie ; DU CONGRES MEDICAL. 109 4. Hygiene, matiure medicale , the"rapeutique, medecine legale et toxicologie ; 5. Accoiichements, medecine operatoire , spe"cialit6s ; 6. Clinique interne et externe , pathologic ge"ne>ale , histoire generate de la medecine , et these. Ce 2 e . article a e"t6 supprim6 a la discussion. 3. Diviser les eleves par ann^es, et les obliger a suivre des cours indique's. 4. L'appel nominal dans les ecoles secondaires. 5. L 'inscription du nom des eleves sur un registre ad hoc dans les Facultes une fois par semaine. 6. Exaniens probatoires et gratuits de fin d'annee pour tous les eleves. 7. L'assimilation des eleves en medecine avec les eleves de quel- ques ecoles speciales du gouvernement a paru a la commission d'une impossibility absolue dans rgtat actuel des choses. 8. A dater de la deuxieme annee, les eleves seront repartis par series entre les diflfe>entes cliniques de la Faculte ; et leur assiduit6 obligaloire sera constatee par les chefs de clinique, sous la direction desquels ils devront etre places. Les eleves pourront etre autoris^s a suivre les cliniques de Tenseignement libre, et devront justifier de leur assiduite a ces cliniques. Supprime a la demande de M. Burguieres. 9*. Enfin le dernier VOBU de la commission est que chaque e"leve soil tenu de faire un service actif dans les hopitaux pendant six mois au moins a Paris , et un an dans les Ecoles preparatoires. M. Tardieu a fait admettre la modification suivante : Pour les Facultes, bachelier es lettres avant la premiere inscrip- tion ; bachelier es sciences avant la cinquieme. On a ajoute , sur la demande de M. Bernard : Le congres exprime le voeu (Jue le gouvernement ouvre des e"ta- blissements destines a Tinternat facultatif des Sieves. Enfin, un amendement de M. Magne, ainsi concu, a etc adopts 110 HISTOIRE Les eieves feront unr service actif dont la duree sera de deux ans au moins. 7 novembre. M. Malgaigne , rapporteur de la commission , a longuement entretenu 1'assembiee de considerations relatives au mode d'examens et de receptions. Voici ses conclusions : 1. Pour I'argumentation de la these, le jury sera compose" en nombre egal : 1. d'examinateurs nomm^s par la Faculte; 2. d'exa- minateurs pris en-dehors de la Faculte. 2. Cette deuxieme partie du jury sera nominee par le college medical de la ville ou siegera la Faculte. 3. Le Congrt'3, tout en reconnaissant les ameliorations apportees dans le mode suivi pour les examens, emet le voeu qu'ils soient rendus de plus en plus pratiques. li. Le Congres exprime le yoeu qu'apres Texamen clinique et avant la these , tout candidat soil soumis a un examen special sur 1'histoire et la philosophic medicales. 8 novembre. Cette stance a ete plus solennelle que les pre"- cedentes. II s'agissait de decider si Ton creerait deux ordres de medecins. M. Piorry , rapporteur , a conclu en faveur d'un seul ordre de me- decins. Ses conclusions ont et6 adopters. Voici ces conclusions : 1; Que, dans la loi destinee a organiser la m6decine et son exercice en France , on ne receive, aussitot apres sa promulgation, qu'un seul ordre de medecins, c'est-a-dire que des docteurs en medecine ; 2. Qu'une disposition transitoire de la loi a intervenir autorise les officiers de sante recus, ayant exerc6 durant cinq annees, a se presenter devant une Faculte pour obtenir , apres des examens pra- tiques sur la me"decine et la chirurgie, le litre de docteurs. Dans la meme seance on a discute -et adopte les conclusions du rapport de M. Requin sur reiablissement des medecins cantonaux. Elles sont ainsi concues : DU CONGRES MEDICAL. Ill 1. La creation de medecins cantonaux n'est pas n6cessaire pour assurer le service de sante des campagnes. Elle porterait une atteinte grave aux interets du corps medical. 2. II sera cr6e des dispensaires ruraux : 3, Le service medical sera fait dans ces dispensaires par tous les praticiens de la circonscription , librement appeles par les malades pauvres. li. Les pauvres de la campagne qui auront des maladies impos- sibles a trailer a domicile seront adresses a un hopital du departe- ment , et la traites aux frais du budget departementaJ. Nous laisserons de cot6 les conclusions arretees dans les seances suivantes, des 9, 10, 11, 12 et 13 novembre, parce qu'elles ont uniquement rapport a 1'exercice de la profession de m^decin, et qu'elles sortent des lors du cadre d'un journal scientifique. 14 novembre. II y a eu ce jour tine reunion generate et solen- neile a laquelie M. le ministre de Instruction publique a assisted On a entendu un discours de M. de Maldaigne sur la translation des res- tes de Bichat , et un resum6 des travaux du Congres par Am6d6e Latour. M. le ministre de 1'instruction publique a pris ensuite la parole, et dans une longue improvisation a felicit^ le Congres de ses travaux, et a promis a la profession medicale tout son appui. La journee du 16 a etc consacre a la translation des restes de Bichat de 1'ancien cimetiere Sainte-Catherine a Teglise Notre- Dame, puis au cimetiere de TEst, ou la munificence du conseil municipal a accorde gratuitement la place qu'ils doivent occuper(l)^ (1) V. 1'Echo du monde savant. 112 CONGRES REGIONAUX. Congres rgftonaux. Nous appelons Congres rgionaux ceux qui se r^unissent succes- sivement dans differentes villes d'une meme region : ainsi les Congres agricoles et industriels fondes par Tassociation Normande en 1832 , pour les cinq departements qui forment la circonscription de cette compagnie , sont des Congres regionaux. II en est de mthne des reunions annuelles de Tassoclation Bretonne , de Tassociation du Nord et de Fassociation de 1'Ouest. Comnie ces Congres sont diriges par des associations,, nous ellons successivement indiquer Torigine et le but des compagnies qui les ont etablis. ASSOCIATION NORMANDE. Depuis la creation de la Societ6 Linneenne et de la Societ6 des Antiquaires de Normandie, M. de Caumont pensait a fonder, sur de larges bases, une association des- tinee a hater les progrts dela morale publique, de Tindustrie agricole , manufacturiere et commerciale ; une association qui, en recevant dans son sein tous les homines animes d'un sincere patriotisme, donnat des soins assidus au perfeclionnement de tout ce qui peut contribuer a la prosperity du pays. Des Tann^e 1829 , M. de Caumont communiqua ses ides sur ce projet d'association a plusieursmembres des soctetes savantes de Caen et de Rouen. II lia , dans son esprit, ce projet a Tidee d'une publication utile, la Revue normande , qu'il fit paraitre en 1830, afin de se crer un nouveau moyen de succes, dans Tentreprise qu'il avail a cneur de mener a bonne fin. Effectivement, les relations qui se fonnerent entre les collaborateurs de la Revue normande , demontrerent bientot a M. de Caumont , que sa pense dissociation ne tarde- rait pas a etre comprise par tous ceux qui devaient contribuer a la r6aliser. Desle mois de mai 1831, il s'etait ^tabli d'aetives et rgulieres correspondances entre M. de Caumont et les principales notabilites ASSOCIATION NORMANDE. 113 de la province de Normandie , relativement a la creation de Tassociation. Enfin , dans le troisieme numero de la Revue normande , qui parut au mois d'octobre de cette anne"e 1831 , on lisait les lignes suivantes : II vient de se former , a Caen , une nouvelle sociele , sous le nom ft Association normande , pour C encouragement des etudes et de ['Industrie provinciates. Le but de cette soci&e est, 1. de hater le perfectionnement des arts , des sciences et de 1'industrie , dans les cinq departements de la Normandie ; afm d'affranchir notre province de la dependance dans laquelle elle setrouve encore , sous bien des rapports ; 2. de combattre la centralisation, dans ce qu'elle presente de contraire a Tinteret des loealits. Le chef-lieu de TAssociation est Caen. Elle sera administree par quatre ofliciers ; savoir : un directeur remplissant les fonctions d'inspecteur-g6neral ; quatre inspecteurs divisionnaires et un tre- sorier ; enfin par un conseil compose" de cinq personnes. Les membres de I'Association paieront chaque annee une cotisation de 25 francs, qui pourrait tre portee a 50 fr., si les besoins de I'Association Texigeaient. M. de Caumont , directeur de la Revue normande , et en meme temps , directeur de I 1 'Association normande. M. Girardin , professeur de chimie industrielle a Rouen, est charg6 de Tinspection du departement de la Seine- Inferieure. Trois autres inspecteurs seront incessamment nom- mes. (Revue normande, l er . volume, page 461.) Ainsi deja Texistence et Tavenir de TAssociation etaient assures. Trente membres notables en faisaient partie. Cependant M. de Caumont, sen taut qu'il devait regarder ses premiers succes, non pas comme le r&ultat, mais comme un motif d'esperer le resultat deTi- nitif qu'il cherchait, fitparvenir aux personnes qu'il jugea les plus disposees a seconder ses vues, une circulaire concue dans les termes les plus capables de concilier un grand nombre de nouvelles adhesions a la pensee de TAssociation. 114 CONGRES REGIONAUX. Ce fut alors, en effet, que M. le comtede Beaurepaire-Louvagny, ancicn ministre plnipotentiaire, connu par ses travaux en eco- nomic politique eten agriculture, devint, dans la nouvelle societe, inspecteur de Tindustrie, pour le Calvados ; que M. Lair, secre- taire de la Societe d'agriculture et de commerce de Caen , devint inspecteur bonoraire de I'industrie, pour le meme departement ; que M. Delarue, secretaire general de Tacademie d'Evreux, fut investi du meme litre pour le departement de 1'Eure ; qu'un grand nombre enfin de personnes, d'un me>ite distingue^ s'empresserent de demander a faire partie de TAssociation naissante. Au commencement de Fannie 1832, le & e . numero de la Revue normande parlait (page 6M) des progres de 1'Association , et publiait un article elendu , dans lequel M. de Beaurepaire delermi- nait le but que TAssociation normande se proposait d'atteindre. L'Association etait alors organisee sur les principaux points de la Normandie ; aussi fut-il decid qu'une reunion generate des membres qui la composaient aurait lieu le 25 juillet 1832. La reunion annonc^e eut lieu dans une des salles de Thotel du Pavilion, a huit heures du matin ; M. de Caumont, qui la presidait en qualite de directeur provisoire, y prononca le discours suivant : Messieurs, ikj$Jrti Nous vivons, depuis cinquante ann^es, sous Tempire d'idees generales et sous le poids d'evenements qui ont amolli les esprits et les caracteres. Les convictions et les volontes manquent d'ener- gie et de confiance en elles-memes. On cede a une necessity exterieure et accidentelle ; Teiiergie intime et personnelle de 1'homme est faible et timide au milieu des progres de la Iibert6 generate. Ee cet elat de foib!esse morale resulte le besoin de former des associations, alin de stimuler les indifferents et les indecis ; de faire, si je puis parler ainsi, des volontes fortes, par le concours et la reunion de volontes faibles. Nous ne sommes plus au temps ou renthousiasme etait pour les ASSOCIATION NORMANDE. 115 hommes un puissant mobile ; les societes comme la notre n'ont plus de ces elans de coeurs qui revelent la jeunesse et la force : le sentiment qui domine chez elles, c'est Tegoisme. Ces reflexions sont tristes , Messieurs ; mais je les crois & leur place. Avant d'entreprendre une tache quelconque, il faut en voir les difficultes, et la notre ne peut etre remplie qirautantque nous aurons bien concu I'&at de la societe. Pour en venir au sujet qui nous rassemble aujourd'hui , la nouvelle association que vous allez fonder se propose deux choses principales : favoriser et seconder les progres de la morale; encourager I'agriculture , Tindustrie et toutes les connaissances u tiles. Vous eprouverez , j'ose vous le predire , de grands obstacles pour operer le bien que vous meditez : on vous tiendra peu compte de vos efforts ; on calomniera peut-etre le sentiment qui les aura produits : c'est par 1'ingratitude que la societe recompense trop souvent ceux qui travaillent , pour elle, avec le plus de , zele et de desinteressement. a Mais qu'importe ? la partie la meilleure et la plus eclairee de la population normande nous comprendra ; elle appreciera nos intentions; cela suflit. Chacun de nous d'ailleurs, j'aime a le croire, agit avec cette conviction forte et invariable r qu'il n'a pas besoin d'encouragement pour faire le bien. Cependant , Messieurs , quels que soient les obstacles que vous . ayez & vaincre, j'ai la persuasion intime que votre nouvelle institution produira les plus utiles resultats, et qu'elle accroitra la superiorite que la Normandie a depuis long-temps acquise sur les autres provinces de la France. Jusqu'ici les associations philanthropiques ont agi dans un , cercle trop vaste ou trop restreint. Les unes fondees, a Paris, pour toute la France, se sont puisees en vains efforts, sans pouvoir donner Timpulsion dans des con trees diverses et eloi- gnees : les autres , etablies , dans Tinteret de Iccalit^s bornees , 116 CONGRES REGION AUX. a n'ont obtenu que des resultats peu importanls et a peine en | rapport avec le but qifelles se proposaient. Pour vous , Messieurs, vous aurez 1'avantage de travailler au bien-etre d'une province dont toutes les parties vous sont con- a nues , dont la population est en general eclairee et laborieuse ; vous aurez une organisation sagement combinee : vous de\ez done rgussir dans vos louables projets d'amelioration. Les moyens que vous mettrez en oeuvre sont simples ; ils sont determines dans le projet de statuts que vous etes appeles a examiner ; et je m'arrete , pour ne pas perdre en vains discours un temps qui sera plus utilement employ^ a la discussion de la charte fondamentale de V Association normande. Apres ce discours, M. de Caumont annonca que les adhesions, soil verbales , soil Writes , qu'il avail recues jusqu'a ce jour , s'elevaient au nombre de 68. Ensuite il donna lecture d'un projet de reglement en 30 articles, qui fut 1'objet d'une discussion approfondie, a laquelle prirent surtout part MM. Le Provost, de Beaurepaire, 1'abbe Viel , de Tamissier, Lair, Legrand et M. de Caumont. Le projet, reduit h. 22 articles , fut adopte. II est rest^ la regie de TAssociation. En voici les tennes ' Art. I cr . L'Association normande a pour but d'encourager les progres de la morale publique , de Tenseignement elementaire , de rindustrie agricole , manufacturiere et commerciale , etc., dans les departements formes de Tancienne province de Nor- mandie ; elle revendique tous les hommes de talent appartenant a la province , et s'honore de leurs travaux. Art. II. L'Association etend ses soins a tous les points de la province sans acception de localits. Le chef-lieu de 1'adminis- tration qui la dirige est fixe dans la ville de Caen, qui est la plus centrale de la province. Art. III. Le nombre des membres est illimite\ Pour faire partie de TAssociation , il faut etre present^ par trois membres , avoir ASSOCIATION NORMANDE. 117 signe son adhesion aux statuts , et avoir et6 proclame" dans une seance du conseil. L'opposition de la moitie plus un des membres du conseil presents a la reunion, empeche la nomination. Art. IV. L'administration est confiee a des officiers et a un conseil dont ceux-ci font, de droit, partie. Art. V. Les principaux officiers sont au nombre de 9 , savoir : e un directeur , cinq inspecteurs pour les cinq departements de la Normandie , un secretaire , un archiviste et un tresorier. Leurs diverses fonctions sont gratuites. Art. VI. Les officiers ci-dessus designes sont nommes pour cinq ans, par les membres du conseil, a la majorite" absolue des suffrages ; ils peuvent etre re"lus. Art. VII. Le directeur, 1'archiviste, le tresorier et le secre- te taire, doivent resider a Caen ; les inspecteurs sont tenus d'ha- biter chacun le departement qui est soumis a leur inspection. Art. VIII. Des inspecteurs d'arrondissement peuvent etre nom- mes sur la presentation des inspecteurs de departement ; ils doivent resider dans Tarrondissement dont 1'inspection leur est confiee. Art. IX. Les inspecteurs font annuellement des tournees dans leurs departements respectifs , et rendent compte de tous les faits qu'ils ont recueillis, sur les objets dont s'occupe TAsso- ciation. Art. X. Le secretaire est charge de la redaction des proces- verbaux et d'une partie de la correspondance, sous la surveil- lance du directeur. Art. XI. La garde des objets appartenant a TAssociation est confiee a 1'archiviste. Art. XII. Le tresorier est charge" d'operer la rentre~e des cotisa- tions ; il est seconde par les inspecteurs de departement et d'ar- rondissement ; il sokle les depenses arretees par le conseil , et presente chaque annee Tetat des recettes. Art. XIII. Le conseil g6ne"ral se compose de 40 membres , dont 118 COXGRES REGION AUX. 10 sont pris dans le departement de la Seine-Inferieure, 9 dans le department de lu Manche, 7 dans cbacun des autres depar- tements. II se reunit une fois dans le courant de reloppement , eu egard a leur taille naturelle. l re . Classe. Taureaux ne"s et Sieves dans Tun des cinq de- partements sus-enonces , provenant de race normande , et ages d'un an et au-dessus. 1". Prix. Une Me"daille d'argent et 400 ft*. 2 e . Prix. Une Medaille d'argent et 300 fr. 3 e . Prix. Une Me"dai le de bronze et 250 fr. 4 e . Prix. Une medaille de bronze et 200 fr. 2 e . Classe. Taureaux de tout age et de toute race, nes dans Tun des cinq departements ,. ou y ayant et6 importes avant 1'exhi- bition , et servant a la reproduction ou y etant destines. l er . Prix. Une medaille d'argent et 400 fr. 2 e . Prix. Une medaille d'argent et 300 fr. 3 e . Prix. Une medaille de bronze et 200 fr. A e . Prix. Une medaille de bronze et 150 fr. RACE OVINE. Ces prix seront decern^s aux beliers les mieux conformes , d'un an et au-dessus , n6s , Sieves , ou importes dans Tun des cinq departements. l cr . Prix. Une medaille d'argent et 200 fr. 2 e . Prix. Une medaille d'argent et 150 fr. 3 e . Prix. Une medaille de bronze et 100 fr. & e . Prix. Une medaille de bronze et 50 fr. RACE PORCINE. Ces Prix seront decerne"s aux verrats les mieux conformes et les plus precoces. 6 122 CONGRES REOIONATJX. Les verrats pre"sent6s devront tre ne"s dans Tun des cinq dpar- tements ou y avoir ele" imported trois mois avant Inhibition ; ils devront etrc ag6s de six mois au moins et destines a la reproduction, l er . Prix. Une me"daille d'argent et 150 fr. 2 e . Prix. Une m6daille de bronze et 100 fr. 3 e . Prix. Une mifi6 par le maire de la commune ou le juge de paix du canton, attestant que les bestiaux sont bien n6s dans Tun des de"partements ci-dessus , et y ont 6te" Sieves ou im- portes , suivant le cas. Tous les males prime's devront etre consacres a la reproduction et conserves dans la circonscription des cinq departements. . Les males primes seront pris sous la protection de FAssoeiation et bautement recommandSs par elle. Les inspecteurs d'arrondisse- ment rendront compte de leurs suites au directeur de TAssociation normande. Le proprietaire du male prim6 qui ne se conformerait pas a ces prescriptions , sera signale au directeur de TAssociation normande par Tinspecteur de Tarrondissement. II sera exclu des concour? de TAssociation , et sa contravention sera rendue publique par tous les moyens de publicity dont le directeur de TAssociation pourra dis- poser. Les primes pour les betes bovines, ovines et porcines, ne seront decernees que sur la decision des jures, estimant que les animaux sont dignes de les recevoir. VACHES LAITIERES. L'Association decernera deux m^dailles et deux mentions aux plus belles et meilleures vaches laitieres de la vallee de Bray. 1". Prix. Une m^daille et 150 fr, 2 e . Prix. Une me"daille et 100 fr. ASSOCIATION NORMANDE. 123 l te . Mention. Medaille d'argent. 2 e . Mention. Medaille de bronze. Une m&laille d'argent et deux mentions honorables seront de- cern^es aux laiteries les mieux tenues , sur le rapport d'une com- mission , qui sera nominee a 1'avance, par les soins de 1'inspecteur de I'Association. Une medaille d'argent et deux mentions seront 6galement decer- ne"es, sur le rapport d'une Commission , aux proprietaires des fro- mageries les mieux administrees. Une medaille d'honneur sera decernee a Texploitation agricole, de 20 hectares au moins , qui aura 616 jugee la mieux gouvernee et qui nourrit proportionnellement le plus de bestiaux. Une Com- mission, nommee par 1'inspecteur de 1' Association normande, visi- tera les diffe>entes fermes et pr6sentera un rapport ecrit et delaille" sur les resultats de son inspection. Une medaille d'argent sera destined au proprietaire dont les fumiers sont le mieux am6nag6s dans rarrondissement de Neuf- chatel. Ces diflferents prix seront dcern6s avec solennit6, en presence de M. de Sainte -Marie , inspecteur g6ne>al de Tagriculture. Les memoires contenant des propositions, ou des instructions concernant Tagriculture , devront etre envoy^s , avant le 45 juillet , soit a Caen, a M. de Caumont, directeur ou a M. Daniel, secretaire- g6n6ral de TAssociation , soit a Rouen, a M. J. Girardin, inspecteur de la Seine-Inferieure , soit a Neufchatel , a M. Desjobert, depute, inspecteur de Tarrondissement de Neufchatel, et seront imm&liate- ment remis a une Commission sp^ciale. L'Association normande a , la premiere , donn6 Texemple des grandes reunions agricoles , appelees Congres : Depuis 1832 elle s'est reunie chaque ann^e dans une ville de la province qui forme sa circonscription , faisant pendant cinq a six jours, sur Tetat de Tagriculture , les pratiques suivies , les ameliorations desirables , 124 CONGRES REGION AT7X. etc. , etc. , des enqueues dont le requital , consign^ dans les douze gros volumes de I'Annuaire normand , est deja un monument pre- cieux. Cette annee , c'Stait comme on vient de le voir , a Neufchatel (Seine-InfeYieure) que I'Association avait convoqu6 son treizieme Congres. M. Desjobert , depute , membre du conseil general de 1'Agriculture , avait prgparg d'importants travaux. L'Association avait provoquS une exposition d'instruments aratoires. La reunion de 1' Association a Neufchatel a etc une veritable fete agricole , com- parable a celles qui ont lieu en Angleterre. Le conseil municipal avait , sur la demande de M. Denoyelle , maire de la ville et pr- sident du cornice, vot6 gene>eusement 2,000 francs pour disposer les salles de Thotel-de-ville , pr6parer le champ du concours, cons- truire des tentes et pour divers preparatifs. Le 24juillet, la session s'est ouverte par un discours de M. de Caumont, directeur, et un rapport de M. Girardin. Ce dernier a, suivant 1'usage , indique les attributions des trois sections, puis les travaux ont commence et ont etc poursuivis avec une activite que Ton ne trouvc que dans les Congres de 1'Association normande: la , pas un instant de perdu dans la journee ; ainsi , pendant que les sections disculaient et conf^raient sur 1'etat de Tagriculture et ses besoins , avaient lieu , sous la direction de commissions spe- ciales , les concours des bestiaux et les experiences sur le precede de M. Guesnon , venu tout expres de Libourne , pour apprendre a nos cultivateurs les signes au moyen desquels il reconnait la qua- lite des vaches laitieres. L'an prochain le Congres aura lieu a Argentan , non loin du haras du Pin , a peu pres au centre de la Normandie , et tres- certainement le concours provincial de bestiaux sera des plus re- marquables, car peu a peu on s'accoutumera a se deplacer ; tou- tefois on y verra peu d'animaux appartenant a des contrees eloi- gutes de plus de 60 kilometres ; on aurait tort de se faire illusion stir ce fait ; mais revenons a la reunion agricole de Neufchatel. Plus de 250 agriculteurs y ont pris part ; il etait venu des agro- ASSOCIATION NOkMANDfi. 125 nomes en grand nombre des divers points de la province. Jamais Neufchatel n'avait regu dans ses murs autant d'hommes distingues; il y avail des deputes de Caen, de Lisieux, deFalaise, de Pont- rfiveque, d 1 Argentan, de Bayeux, d'Evreux, de Paris, de Rouen, du nord de la France (1) , de toutes les parties de Tarrondissement. A voir celte affluence, on aurait pu se croire dans une grande ville, et, chose insolite de nos jours, c'etait la science et non la politique qui donnait lieu a ce rassemblement pacifique et s6rieux. I/enquete agricole a etc" dirigee avec intelligence et activite" par MM. de Caumont et Girardin, dont les questions imprim^es avaient ete adressees long-temps a Tavance et repandues a profusion par M. Desjobert. L'absence fort regrettable de cet honorable depute de rarrondissement n'a pas entrave" la marche des enquetes , grace aux preparatifs qu'il avait surveills lui-meme et au zele de MM. Girardin , Desnoyelle , Combes-Syes , sous-pr^fet , de Caumont ^ Bourlet de la Vallee , Dubreuil et des autres membres qui se sont succede au bureau. Parmi les agriculteurs qui out pris la part la plus active aux discussions nous citerons surtout MM. Mabire , Normand , Villain , Parmentier , du Lesmont , Pollet , Lesage , Brevet , Guyant , de Croutelles , Lelong ; Lebarillier , de Caen ; Duhamel , Aumont et Lemetayer des Planches , de Pont-1'fiveque ; Girardin , Dubreuil , de Moy , Fauchet, Hedouville, de Rouen; Lemarie', d'Yvetot; Beaudoin , de Pavilly ; Delalonde du Thil , de Cailly , etc. N la . Le Congres de TAssociation normande s'ouvrira le 1& juillet ISA 6 ^ Argentan (One) ; le grand concours de Bestiaux aura lieu le 18 le d9 courses de chevaux au Haras du Pin , et exhibition de l'6tablissemenL Le 20 cloture de la session & Argentan. (1) M. le Y te . de Madrid y representait 1'Association du Nord. 126 Association Bretoune et Congres regional de la Bretagne. En ouvrant le Congres agricole et industriel de TAssociation nor- mande a Mortagne, enjuillet 1843 , M. de Caumont annoncait en ces termes la creation de V Association Bretonne : Dans une grande province voisine , la Bretagne , on vient de creer a limitation de FAssociation normande , une institution dont les statuts sont les memes que les notres. Le savant agronome, M. J. Rieffel, en est le directeur, etM. du Ghastellier le secretaire- general. Ges deux hommes eminents , et ceux qui se sont reunis a leur appel pour jeter les bases de r Association bretonne , sauront imprimer au progres , dans le vaste pays qu'ils explorent , une u ffrande impulsion. Nous applaudissnns HP toute noire Sine & leurs genereux efforts, et T Association normande sera toujours heureuse de preter son concours a T Association bretonne commea unesoeur, au succes de laquelle elle porte le plus vif inte"ret. Ce fait, la creation d'une Association bretonne, est, selon nous, d'une importance immense , et c'est une des plus heureuses nou- velles que, depuis dix ans , f aie eu a vous annoncer, en ouvrant votre session generale. II est honorable, pour T Association normande, d'avoir etendu soninlluenceau-dela desfrontieres normandes, et de voir son ffiuvre appreciee et imitee dans d'autres provinces : c'est un honneur qui lui impose le devoir de continuer ses travaux et d'y apporter le meme zele et le meme d^vouement que par le passe. Le premier Congres agricole de TAssociation bretonne se tint le 20 septembre , dans la ville de Vannes ; plusieiirs Normands s'y rendirent , afin de temoigner de leur sympathie pour Pro- stitution qui a voulu suivre la meme marche et la m6me direction ASSOCIATION BRETONNE. 127 d'etudes que TAssociation normande, et pour s'inspirer eux-memes des innovations adoptees par leurs voisins de TArmorique. Effectivement , les bases de TAssociation avaient e"te" arretees dans une reunion tenue a Vannes ; deux mois auparavant le r6glement suivant avait etc adopts : Art. I. L'association bretonne est fondle pour hater le develop- pement des progres agricoles de la Bretagne , et former un centre d'etudes et de relations. Art. II. L'Association tiendra tous les ans une session , sous le nom de Congres agricole de la Bretagne, a laquelle toutes les societes et les agriculteurs sont appeles a concourir. Art. III. Cette session aura lieu successivement dans les villes principals des cinq departements de la Bretagne. Art. IV. On n'y traitera que des matieres se rattachant a 1'a- griculture. Art. V. A la suite de chaque session du Congres , il y aura , pour les cinq departements de la Bretagne , une grande exhibition d'animaux domestiques. Des prix seront attribu^s aux plus beaux animaux des races appelees a concourir. Art. VI. L'Association est administr^e par un conseil compose d'un directeur , d'un secretaire-general et d'un tr^sorier , tous nommes pour quatre ans , a la plurality des suffrages. Us pourront etre reelus. Art. VII. A chaque session du Congres un bureau particulier sera nommg par les membres presents. II se composera d'un pr6- sident , de deux vice-presidents au moins , et de deux secretaires. Les membres du conseil de direction en feront partie de droit. Le Congres se divisera en sections ; chacune nommera son pre- sident et son secretaire. Art. VIII. Dans chaque de"partement de la Bretagne, rAssociation aura des inspecteurs d'arrondissement , qui seront nommes pour un an et reeligibles ; ils correspondent directement avec le conseil de direction , et avec les Societes et les Cornices. 128 CONGRES REGIONAUX. Art. IX. Clmque Congres ne pourra durer plus'de clix jours , et on y indiquera toutes les affaires et les questions a trailer dans le Congres suivant. Ces questions , imprimees , seront ensu'.te en- voy ees, six mois a 1'avance, par la direction, a tous les membres de TAssociation. Art. X. Pour etre membre de 1' Association , il suflira d'adhe"rer aux presents statuls et de payer une somme de 5 fr. par an , ou de 15 fr. en recevant le journal de 1' Association. L'ouverture du l er . Congres de T Association fut fixee au 20 septembre, il fut d6cid6 que les travaux se subdiviseraient ainsi qiTil suit : 1. Statistique agricole de la Bretagne. Recherche des faits, documents sur la population , la production , la consommation , les richesses de la nature et de Tindustrie humaine. 2. Economic rurale. Travail , assolements , syst&mes d'exploi- tation et de culture, administration rurale, capitaux , baux, domaines , estimation des biens-fonds , comptabilite' , rapports et influences diverses de la theorie et de la pratique. 3. Culture. Climat , sol, amendements, engrais, deTriche- ments, facons de la terre, ensemencements et plantations, recoltes, cereales , racines , plantes diverses , prairies nature! les et artifi- cielles , irrigations , industrie se'ricicole , muriers , maladies des plantes, insectes nuisibles. A. Bestiaux. Economic du be"tail, chevaux, boeufs, moutons, pores, elevages , engraissements , alimentation, soins, art ve"t6rinaire. 5. Art forestier. Pepinieres, arbres , plantations des forets , culture et am^nagement, exploitation des bois, produits, estimation. 6. Economic sociale agricole. Richesse , production , con- sommation et distribution , voies de communication , impots , douanes, question des fers, des bestiaux, des sucres, des lins, des laines, des graines, legislation rurale et toutes questions d'industrie agricole. ASSOCIATION 7. Horticulture. * Arbres fruitiers , semis , taille , tc. , serres> plantes exotiques, fleurs, etc., paysages et jardins* 8. V&ux* Conform&nent a la decision prise , le Congres s'ouvrlt a Vannes le 20 sepfembre , dans la salle de la mairie de Vannes, on vit Hotter aux cote's du fauteuil du president deux drapeaux , Tun auX coulenrs des cinq departements de la Sehie-Infe'rieure , de 1'Eure , du Calvados , de POrne et de la Manche , offert par T Association uormande a TAssociation bretonne comnie gage de sa sympathie et de sa covdiale fraternit^ , en la voyant entrer comme elle dans la voie du progres et des etudes agricoles ; Tautre a la couleur noire , a la blanche hermiue , portant cette devise : Kent mervei ( jusqu'a la mort) , offert en retoiir par T Association bretonne a TAssociation uormande. Autour des membres du conseil de direction , MM. Rieflel , directeur de Tlnstitut agricole de Grand-Jouan, president; Duchas- tellier, membre de la Societ centrale d'agriculture du Finistere, secretaire ; Philippe Kerarmel , secretaire de la Soci6te d'agriculture de Lorient, tresorier , nommes dans la premiere assembled tenue a Vannes les 3 et 4 mai dernier, vinrent se r^unir, desles premieres seances , MM. de Labourdonnaye, depute de rarrondissement d& Lorient ; Lorois , conseiller d'Etat , prefet du Morbihan ; de Cau- raont , directeur de TAssociation normande ; Legall , conseiller a la Cour royale de Rennes , et president de la Societe" d'agri- oulture de cette ville ; Bizeul , de Blain , membre de Tlnstitut des provinces; Avrouin^ receveur general du Morbihan ; Derotries, inspecteur de Fagrkulture pour le departement de la Loire-Infe- rieure; Desjars, president du cornice central de I'arrondissement deGuingamp; Pradier, secretaire-general du Morbihan ; Hernio , membre de la Socie"te centrale d'agriculture du Finistere; de Fran- ciieville et de Robien , membres du conseil-general du Morbihan ; B> . ile Coetdihuel, inspecteur general des haras; Jehanno, pre* sident de la Societe d'agriculture de Loiient; Laplume, president 130 CONGRES REGION AUX. du cornice de Ploermel; Godard, president du cornice du Faouet ; Houel , directeur du haras de Langonnet ; Le Masne , ancien eleve de Tlnstitul agricole de Grand-Jouan , et un grand nombre d'agro- nomes et d'agriculteurs distingue^. Apres avoir donn6 lecture de I'autorisalion du ministre aux statuts de TAssociation , et annonce" Tarrivee de M. de Sainte-Marie , ins- pecteur de I'agriculture, M. Rieffel, president, dans un discours cVouverture, plein de fails et de vues utiles , commenca par signaler les causes diverses qui , de nos jours, ont attire" Inattention pu- blique sur Tagr'culture. II enumera ensuite toutes lesSocietes d'agri- culture et les cornices qui ont 6te fondes dans I'i-ntention de pro- voquer et de soutenir le progres agricole. Mais il pensa que, dans la France representative, ou les intercls agricoles dependent souvent des votes des divers corps constitues , ces societes loca'es sont trop faibles pour se faire entendre. II cita , a ce sujet, les questions vilales pour la Bretagne des droits d'octroi sur les bestiaux, des lins, des canaux , des irrigations, des sels, des chevaux, etc. Une vaste association, dit-il, doit n^cessairement avoir une voix bien autrement preponderante dans la discussion des intertts mate"- riels; et quant aux connaissances theoriques et pratiques que doivent amener les sessions annuelles , elles apparaissent a ses yeux d'un inleret majeur. L'Allemagne , dont nous sommes chaque annee tributaires , a precede par de grandes associations. Celle du grand duche de Bade, dont le siege est a Carlsruhe , compte plus de six mille membres. II est facile de comprendre quelles lumieres et quelle puissance portent avec elles de semblables associations. Comme organe pr6- ponderant dans notre societe fruncaise , une grande association bretonne fortement constitute, parait devoir etre une 6nergique representation des inte>ets de Tagri culture. M. Rieffel a dit en terminant son discours : Le directeur de TAssociation normande est venu au milieu de nous nous apporter les sympathies de sa province , pour les travaux auxquels nous ASSOCIATION BRETONtfE. 131 aliens nous livrer. Permettez-moi , Messieurs, de remercier en votre nom , au nom de r Association bretonne , M. de Caumont , des sympathies qu'il nous apporte , ainsi que de sa bienveillante colla- boration. Permettez-moi aussi de remercier vos rnagistrats de Tem- pressement avec lequel ils nous ont deux fois accueillis , et de Pactive sollic : tude qu'ils n'ont cesse" de te"moigner en faveur de notre association. M. de Caumont prit a sou tour la parole et annonca la mission tlont il etait charge par 1' Association normande , d'exprimer toutes ses sympathies poUr Poeuvrfc de I'Associatron bretonne , puis , apres avoir trace" dans un expose me"thodique , les objets divers qui ont occupe" TAssociation normande , il termina en ces termes : Le succes de TAssociation bretonne ne saurait etre douteux ; vous allez travailler au bien-etre d'une province dont tous les besoins vous sont connus, dont la population est laborieuse. Les hommes honorables qui ont adhere aux statists de TAssociation bretonne j le talent bien connu de votre secretaire general , M. Du- chastellier, deMM. Houel, Kerarmelet des membres qui ont pris part a votre premiere reunion , donnent les plus grandes esperances et garantissent la bonne direction de vos travaux. Vous avez pour president un des agriculteurs les plus instruits du royaume , un homme qui sail allies la pratique a la theorie et qui a de"ja fait pour la France occidentale ce que Mathieu de Dombasle a fait pour nos provinces de TEst. Avec votre concours , Messieurs , M. J. Rieffel, dont le savant recueil est si instructif et si plein de fails, repandra dans toute la Bretagne les connaissances et les bonnes pratiques agri coles. Pour se repandre , pour s'infiltrer dans la vie du peuple , ces pratiques ont besoin du concours d^une association comme la votre qui , en recommandant ce qui est bon , sache aussi sur- monter les entraves qui pourront parfois se presenter. Les heureux r6sultats de TAssociation seront surtout compris en Bretagne , cette grande province qui a , plus qu'aucune autre , 132 CONGRES REGIONAUX. consent son esprit public et son individual! t. Gardez-le, Messieurs, cet esprit de province; gardez-la cette 6nergie de pense"e et d'action qui distingue le noble caractere breton ; gardez vos croyances, votre fidelite a la loi jure; repoussez cet esprit de doute et d'egoi'sme, cette lepre des ames, qui enerve etramollitles caracttres, qui substitue au denouement et aux pense"es gnereuses la faiblesse et la timid id' 1 . II vous appartient, Messieurs, de fortifier et de fi&conder tous les germes que le pays renferme et qui n'attendent qu'une bonne impulsion pourse developper et produire ; entirant les agriculteurs de 1'isoleinent ou beaucoup d'entre eux vivent encore , en les mettant en rapport par des reunions generates telles que vos Congres , vous aurez fait un pas immense vers le progres ; et ne craignez pas surtout de demeurer en-deca du but que vous vous proposez, car vous irez plus loin que vous ne 1'aviez espere. Vues de loin, les meilleures choses apparaissent sous une forme abstraite, toujours un peu vague et inanimee; ce n'est que de pres, lorsqu'elles se transformed en oBuvre speciale , en resultats positifs, qu'on en comprend toute la portee ; or , en appelant au sein de 1'Association bretonne tous les hommes de science et de devouement, en donnant une grandeet large impulsion aux progres de tout genre, en cherchant a entretenir et a fortifier la vie locale , vos esperances seront largement depassees , votre O2uvre grand'.ra chaque jour , et vous aurez a vous feliciter d'avoir dote votre belle province d'une institution qui aura puissamment contri- bu6 aux ameliorations que le pays reclame et que vous saurez realiser. Les quatre jours de seances furent bien remplis ; le compte- rendu de cette l re . session foi-me un volume in-8. de 127 pages. M. Duchastellier , secretaire-general, ayant rendu compte des travaux de la direction jusqu'au jour de la reunion de FAssociation, on proceda immediatement a la formation du bureau du Congres, ASSOCIATION BRETONNE, 133 cjui fut ainsi constitue : MM. Lacrosse, depute du Finistere, pr6- sident ; de Labourdonnaye, depute" du Morbihan , et de Caumont, directeur del 1 Association normande, vice-presidents ; Houel , directeur du haras de Langonnet , etDesjars, de"legu6 du cornice de Guin- gamp , secretaires-gene>aux. l re . Section. Statistique , economic rurale , economic sociale , vceux. MM. Hernio, membre de la Societe centrale d'agriculture du Finistere, president; Le Masne, ancien eleve de I'lnstitut agri- cole de Grand-Jouan , secretaire. 2 C . Section. Culture, bestiaux , art forestier } horticulture. MM. Jehanno , president de la Societe d'agriculture de Lorient , president ; Dahirel , secretaire. tV. Section Archeohgie et beaux-arts. MM. Lorois, conseiller d'Etat, preTet du Morbihan , president; Tasle , maire de Vannes , secretaire. 2 e . SESSION. La seconde session du Congrts breton s'ouvrit a Rennes le 29 septembre 18/i/i. M. Rieffel, direcleur, prononca un discours dans lequel il s'61evait a de hautes considerations d'eco- nomie agricole et d'economie politique. Savez-vous, disait-il, quels out ete les efforts de Tagriculture francaise depuis la fondation de la prem : ere association agricole ? En 1762, le recensement du royaume donnait 21 millions 769,163 habi- tants, et, en 1841, nous avons eu unchiffre de 34 millionsl6/i,875. Ainsi , malgre les convulsions politiques de toute espece , et les guerres desastreuses qui ont d^sole notre patrie durant cette p6- riode , la population sera doublee prochainement. Ainsi la meme surface de terre qui nourrissait un homme en 1762 , pourra en nourrir deux un siecle apres ; et ces deux hommes seront incon- testablement mieux nourris et mieux vetus. Si de la population nous passons aux produits, nous trouvons que Tagriculture , a elle seule, cree annuellement plus de valeurs que toutes les industries manufacturieres prises ensemble. La sta- 134 CONGRES REGIONATJX. tistique les porte a plus de sept milliards. D'ou il suit evidemment que la France est , avant tout , une nation essentiellement agri- cole , et que c'est dans 1'agriculture qu'elle trouve ses plus grandes ressources. o Nous ne saurions trop insister sur 1'ensemble de ces faits , pour porter notre conviction au coeur des hommes qui dirigent la soci&e" ; car 1'agriculture , de nos jours , tend a prendre un r61e social de plus en plus important Deja les esprits les plus eminents cherchent en elle le remede le plus efficace aux miseres de notre age , et les prestiges de 1'industrie manufacturiere commencent a palir. De toutes parts on comprend que 1'avenir a besoin de s'ap- puyer sur 1'agriculture. Avec les progres inimaginables de la chi- mie et de la m6canique , appliques aux seuls arts industriels , savez-vous le tableau que nous pourrions avoir bientot sous les yeux ? Nous pourrions voir un jour I'ouvrier futur assis a une table d'acajou , recouverte de linge damasse" ; ses pieds fouleront un moelleux tapis, et il portera sur son corps des chemises de batiste ornees de dentelles. Rien ne manquera a son bonheur , rien que le pain. Oui , Messieurs , c'est le pain et la viande qu'il nous faut preparer pour le diner du travailleur futur ; car, dans notre siecle de travail, le peuple , qui nous suit de proche en proche, va demander avec une nergie croissante sa place au banquet de la vie. M. Duchastellier, secretaire-g6ne"ral , succ&Ia a M. Rieffel , et prononca un discours egalement remarquable : Deux faces nouvelles , dit M. Duchastellier, sont aujourd'hui a considerer dans la science agricole proprement dite, n Long-temps on crut ne devoir s'arreter qu'a la pratique ou a la tlieorie , conside>ee sous le rapport de la production et de la plus grande f6condit du sol. Ces termes de la science des champs e"taient deja vastes ; mais ils ne devaient plus sufiire , ou , pour tout dire , ils ne compre- naient plus , suivant nous du moins , toute la question telle que les ev6nements Tout posee. ASSOCIATION BRETONNE. 135 Etudier le sol et produire seront toujours les premieres et les plus larges bases de la science agricole, que nous entendons aborder sans doute; mais, pour que Tagriculture elle-m6me, en rapport, en concurrence inevitable avec les autres branches de la richesse publique , lie"e dans ses interets et dans ses mouvements aux in- terets et aux mouvements de TEtat lui-meme, prenne le juste essor qu'elle doit acquerir , il faut qu'elle s'efforce de lutter partout et a tout moment , dans toutes les directions, e"loignees ou rappro- che"es, avec les mte>ts nation aux ou Strangers , qui forment en quelque sorte le milieu ou elle doit s'avancer , pour grandir et se mettre au rang qui lui a ete devolu , de premiere et principale industrie du pays. M. Duchastellier annonca en ces termes les progres croissants de 1'association : Des adhesions nous sont venues de tons les points de la Bre- tagne. Les premieres autorit6s, dans tous les departements, nous ont apporte" leur concours. Lessociete's d'agriculture et les cornices nos aines dans le bien que nous avons tous a co3ur, nous ont prete 1'appui de leurs noms et de leur experience; partout les agro- nomes et les agriculteurs les plus distingues se sont meles a nous , nous formons une sainte ligue dont la banniere, en portant la vieille devise du pays, le Kent mervel de nos peres, dit a tous ceux qui voudront nous comprendre , qu'aussi re"solus dans la voie du progres et de l'e"tude que nos ain6s le furent dans celle de 1'emancipation et dela liberte, nous resterons Bretons comme eux, tout en travaillant pour le mieux-etre de nos semblables, pour Temancipation des faibles et Tinitiation des plus arrieres aux incontestables bienfaits de la science et du progres, autres con- queles qui devront aussi Clever notre fierte. Les bureaux du Congres furent ensuite composes ainsi quMl suit: M. de Berthois, d6put6 d'llle-et-Vilaine , President-genera/. 136 COX&&ES M. de la Haye-Jousselin , depute de la Loire- Infe>ieure , M q is . d'Argentr6 , propri&aire , Vice-President s M. Baron du Taya, president de la Socie^ generaux. de"partementale d' Agriculture des Cutes- du-Nord , M. Ducrest de Villeneuve, N M. Neveu-Derotrie, f ,, , f Secretaires. M. de Courte [ M. Le Masne , ; l re . SECTION. Statistique et Economic ruralc. M. Aiiiaury Dreo, president; M. Olive, secretaire. 2 C . SECTION. Cultures et Bestiaux. M. Herttio, president j M. le Court de la Villethassetz , secretaire* 3 e . SECTION. Archdologie. M. A. de Blois , president ; M. de Kerdrel, secretaire. Les seances furent trts-anim^es et remplies de discussions d'lirt haul inte>et. Une grande exhibition de bestiaux avail et preparee. Conformement a Tarret6 de M. le ministre de 1'agriculture el du commerce, en date du 8 mai 18A/i, qui confiait a TAssociation Bretonne le soin de distribuer de grands prix provinciaux , et invites par les organes de la Direction , un grand notnbre de pro- prietaires et d'agriculteurs des cinq departements de la Bretagne taient accourus des points les plus eloignes. Des le l er * octobre , on voyait avec interet passer sur les routes les beaux ^talons qui ^taient amends. Les fermiers arretaient les conducteurs , pour s'in- former des races de ces animaUx, de leur regime t de leitr va)eur ; ils demandaient leur histoire. G'etait quelqu6 chose d'inusite, et cjui invitait au progrts. Ces animaux, exposes deux jours de suite, ont constamment attir une foule nombreuse d'amateurs , curieux d'admirer les formes et les proportions des animaux admis au concours. La diversity que pr^sen- ASSOCIATION BRETONNE. 137 talent plusieurs animaux de races differentes, etait surtout un point d 'etude et de comparaison pour un grand nombre de personnes que la rarete du spectacle avail attirees. De tres -beaux tau- reaux de race suisse, pure ou croise"e ; des Durham fort dis- tingues ; plusieurs taureaux de race normande ou poitevine ; et , dans leur petite taille, quelques etalons de race bretonne, avec des extremites sveltes et nerveuses, se partageaient 1'attention des amateurs. Quelques beaux verrats de race bretonne , croannaise et anglo-saxonne , ainsi que plusieurs betters, completaient I'exlii- bition dont un premier essai se faisait ainsi sur le Champ-de-Mars de la ville de Rennes. M. Pontallie, homme de"vou6 et plein de zele, que tous les agri- culteurs de rille-et-Vilaine ont appris depuis long-temps a apprecier , par les nombreux services qu'il rend chaque jour a la science, avait bien voulu presider aux details de cette fete. Les primes et les recompenses furent distributes dans la stance publique et solennelle du 3 octobre. Des vffiux d'une haute portee furent e"mis par I 1 Association et parmi les travaux les plus remarquables de la session , il faut citer le beau memoire de M. Rieffel , sur Torganisation de I'agriculture. Le compte-rendu de la session forme une brochure in-8. de 220 pages. 3 e . SESSION. En 1845 le Congres breton s'est ouvertle 2 aout, a Nantes, par deux discoursremarqnables, Tun deM. Rieffel, direcleur, 1'autre de M. Duchastellier , de Quimper , secretaire-general. Le bureau gne"ral a ete ainsi constitu^ : M. de la Haye-Jousselin , pre- sident ; vice-presidents : MM. Cliaper, prefet de la Loire-Inferieure ; de Caumont, directeur de 1'Association Normande; de S tc . -Marie , Inspecteur-General de Tagricullure ; C te . Olivier de Sesmaisons , Ferdinand Fabre, maire de Nantes. M. Ditmer, conseiller d'Etat, directeur general Me Tagriculture et des haras , a passe plusieurs jours a Nantes pendant la session. 138 CONGRES REGIONAUX. Parmi ceux qui onl pris la parole nous citerons : Quatre membres du Conseil general de 1'agriculture , MM. de Caumont, de S lc . -Marie, Rieflel et Pommier ; la plupart des ins- pecteurs de TAssociation Brelonne , M. le Mq 8 . d'Argentre , de Vitre ; M. Bourel-Ronciere , des C6tes-du-Nord ; M. Houel , du Morbihan ; M. Tasle, maire de Vannes ; M. Galles, conseiller de prefecture a Vannes; M. le B . Du Taya, de St.-Brieux, qui a traite la question des lins ; M. Querret, de Morlaix ; M. Bizeul , de Blain ; M. de Keridec et un grand nombre d'autres membres. Une exposition de fleurs , un concours de charrues et une exhi- bition d'instruments aratoires perfection's a eu lieu pendant la session. Le concours provincial de bestiaux s'est tenu sur la prairie de Mauves, ou avaient eu lieu les courses de chevaux. La distribution des primes a et faite avec solennite en pre- sence des autorit& civiles et militaires du departement. M. de La Haye-Jousselin a ouvert la stance par une allocution et a succes- sivement appele les rapporteurs : le prix propose par M. de Caumont pour Texcution de cartes agronomiques en Bretagne , a produit le resultat qu'on en esperait j une carte du Finistere , dressee sur unfe grande echelle, a et6 pr^sent^e f et la Commission en a ete assez satisfaite pour donner imm^diatement a Tauteur la moiti^ du prix , en lui indiquant les additions et modifications qui doivent rendre , pour Tan prochain , son travail complet Cette stance dans laquelle M. Duchastellier , secretaire-general t a resume les travaux de la session , avail attire un grand nombre de spectateurs et de dames Le Cornice de Nantes y a distribu ses prix sous le patronage de TAssociation Bretonne. La classe d'histoire de TAssociation a tenu ses reunions a la pr^- fecture , sous la presidence de M. de Blois ; M. de Kerdrel rem- plissait les fonctions de secretaire. La l\. session du Congres de TAssociation Bretonne s'ouvrira a St.-Brieux dans les premiers jours d'aout 1846. ASSOCIATION DU NORD. 139 Congres agricole du uorcl de la France. l re . SESSION. En 18A2, M. de Tocqueville, president de la So- ciete d'agriculture de Compiegne, convoqua dans cette ville une reunion d'agricukeurs. On s'y occupa specialement des moyens de procurer aux laincs un ecoulement plus avantageux ; un proces-verbal tres-int- ressant resuma les discussions de celte premiere session et fut imprime par les soins de la Societe d'agriculture de Compie- gne. 2 e . SESSION. La 2 e . session s'ouvritle 27novembrel8/i3, aSenlis : on y remarquait M. le baron de Tocqueville, qui avail provoque la premiere session ; M. Lemaire , depute ; M. Ivart ; M. de Gaumont , M. Rover etM. Pommier,membresdu Conseil general del'agriculture; M. Barillon, depute; M. d'Ermigny , de P6ronne ; M. Bazin, di- recteur de Tlnstitut agricole du Mesnil-St.-Firmin ; M. le comte de Turenne, de St.-Quentin ; M. Fouquet-d'Herouelle, president du conseil-general de TAisne ; M. Girard, president du cornice agricole de Clermont ; M. Elisee Lefebvre , de Paris ; M. Gordier , de Melun, et un grand nombre d'autres notabilit^s agricoles. 12 de"partements s'y trouvaient representes. Les discussions sur la question des laines furent anim6es et tres-inte>essantes. Un droit de 22 p. 100 ad valorem, et une preemption illusoire, etablis comme mesure protectrice de Tindustrie des moutons en France, ont aneanti chez nous la production des laines fines ; TAlle- magne nous en fournit annuellement pour plus de 23 millions, et les frais de production sont tels, chez nous, que malgr6 le prix superieur accord^ a ces laines dans les manufactures francaises, malgr6 les droits de douane, qui sont toujours d'au moins 11 p. 100 , quelque audacieuse et habile que Ton suppose la fraude, malgre" le prix du transport qui excede presque toujours 60 centimes par 140 CONGRES REGION AtTX. kilogramme, nos producteurs de laine fine renoncent de plus en plus a leur Industrie, la remplacent par la production des laines me- tisses, beaucoup plus grosses, et multiplient tellement cette qualite, eJle-mme, sur le marche francais, que son placement ne peut plus avoir lieu qu'a des conditions beaucoup moins favorables qu'autre- fois. Telle est la situation dont le Congres de Compiegne , en 1842 , et celui de Senlis, en 1843, ont e"ludie les causes et cherche le remede. M. Cordier , de Melun , et la commission speciale ont propose de fixer ainsi la valeur categorique des laines. Les grosses, au droit actuel de 22 p. 100 Les moyennes , au droit de 27 1/2 p. 100 Et les fines au droit de 33 p. 100 Mais une tres-grande majority s'est prononce"e pour la demande, au gouvernement , de l'e"levation a 33 p. 100, sur toutes especes de laines , du droit actuel de 22 p. 100. M. Fouquel - d'He"rouel fit une proposition qui fut vivement appuyee par plusieurs membres , notamment par M. de Tocqueville, qui, dans une longue improvisation, fit ressortir tous les avan- tages qui pourraient en r6sulter. C'e'tait de tenir chaque anne"e, a Paris, un congres agricole forme des de"legue"s de 800 cornices et societ6s d'agriculture des departements. Un r^glement pr6par6 d'avance par M. de Tocqueville , fut adopte" , et il fut decide que la l re . session de ce congres auraitlieu, en 18/i/i , a Paris, et s'ouvrirait le 26 fevrier. 3 mc . SESSION. Le Congres des producteurs delaine re*uni, en 1843, a Senlis, et qui a, comme on vient dele dire, fonde, sous le litre de Congres central d' agriculture , une reunion annuelle a Paris, crut, apres avoir pris cette importante d^lermination, qu'il n'aurait plus d'objet, etquesa mission eHait remplie. M. de Caumont prit la parole pour s'opposer a cette idee ; il demanda que non-seulement la r6u- nion continual chaque annee, mais encore qu'elle agrandit le cercle ASSOCIATION DU NORD. 141 de ses discussions ; qu'au lieu .de s'occuper exclusivement des laines, comme elle 1'avait fait depuis deux annees , elle embrassat tout ce qui interesse I'agriculture du nord de la France , et qu'au lieu de rester parquee dans le dpartement de FOise, elle allat successivement tenir ses seances dans les cinq ou six de"partements qui ont une agri- culture analogue. Enfm, M. de Caumont ajoutait que, plus tard, s'il y avail lieu, comme il le pensait, on aviserait a adopter une organisation plus ou moins ressemblante a celle de 1' Association normande et de 1'association bretonne. Cette proposition fut d'abord recue tres-froidement ; mais elle fut appuyee par deux homines de m6rite , M. Bazin , du Mesnil St. -Firmin , et M. d'Hermigny , de Peronne ; le lendemain M. de Caumont , qui a\ait eu 1'occasion de convaincre plusieurs membres influents de son importance, reussit a la faire adopter a une assez grande majorite. La ville de St.-Quentin fut designed pour sie"ge de la reu- nion , qui a pris le nom de Congres agricole du nord de la France, et s'est constitute le 21 Octobre 48M. On y a remarqu6 pres de quatre cents agriculteurs ou proprietaires. Le Congres a aborde les questions les plus graves , et Ton pent dire que ces discussions ont 6te interessantes et bien con- duites. Peut-etre trouvera-t-on seulement que le programme a etc trop fidelement caique sur celui du Congres central , tenu a Paris en fevrier 1844. Sans doute il y a des questions, celles des graines ole"agineuses , par exemple, qui devaient etre reportees a St.-Quentin , pays tres-fortement interesse dans la question ; mais il faudra par la suite composer le programme de maniere a ne pas y faire entrer toutes les questions qui auront 6te discutees au Con- gres central , de peur que les Congres agricoles provinciaux ne pa- faissent caiques sur celui de Paris. II faut, nous le croyons , que ces Congres aient chacun leurs points de vue et leurs specialites. Voici les principales questions qui ont occup6 Tassemblee : Organisation des chambres consultatives d'agriculture; j42 CONGRES REGIONAUX. Embrigadement des gardes-champetres ; Encouragements a donner a 1'agriculture; Droit sur les laines ; Impot sur la graine de se'same ; Droits a 1'entr^e des Jins , chanvre, fils et toiles de I'&ranger ; Regime des haras ; Droit d'octroi au poids sur les bestiaux a TentreVdes villes et particulierement a Paris ; Dessechement des marais ; Abaissement du niveau des rivieres ; Achevement des communications rurales. Vaine pature. L'assemblee a decide qu'en attendant Torganisation de Ten- seignement agricole complet, des cours d'agriculture doivent tre etablis dans les 6coles norm ales primaires; Que des 6talons carrossiers , fortement membre"s , ayant beaucoup d^nergie et de sang, propres a faire des chevaux de poste, de dili- gences, d'artillerie ou de carrosse, sont plus particulierement en rapport avec les juments, les terres, les melhodes de culture des departements du Nord, et doivent etre prefres; Qu'on devrait augmenter le nombre des primes de monte des etalons approuv6s, en prenant les meilleurs de chaque race de trait; Que , jusqu'a ce que le nombre des 6talons approuves suflise aux besoins , il doit etre pris des mesures pour que les etalons rouleurs soient assujettis a la visite d'une Commission qui constate leur bon etat de sante ; Que le Gouvernement devrait faire entrer un plus grand nombre d'agriculteurs dans le Conseil superieur du commerce, afm que Tagriculture y cut une part d'influence 6gale a celle de 1'industrie et du commerce. M. de Madrid a donne" lecture d'une proposition relative a la fondation d'une Association des departements du Nord, a Tinstar des Associations normande et bretonne. ASSOCIATION DU NORD. 143 A e . SESSION. Congres de i Association du Nord , a Cambray. Le Congres agricole du Nord de la France, r6uni a Cambrai le 5 novembre 1845 , vient de clore la session. 250 membres y ont siege. Le bureau des seances generates a ete compose de M. B". de Con- tencin , president ; MM. de Caumont, Fouquer-d'Herouel, Wilbert, vice-presidents; MM. Bochart, de Tillancourt et Evrard , secre- taires. L'annee derniere le Congres du JVord, reuni a SU-Quentin, avait adopte en principe qu'il serait forme une association per- manente , fondee sur des bases analogues a celles de 1'association Normande et de 1'association Bretonne ; tine commission avail et6 nommee pour rediger les statuts : celte commission a present^ son travail a 1'ouverture de la session. Mais il etait facile de reconnaitre que le projet n'etait applicable qu'a la tenue d'un congres annuel, et nullement a une association permanente ayant une vie continue et exercant son action sur plusieurs departements. M. de Caumont a d'abord attaque plusieurs dispositions de ce projet , et apres une discussion assez longue , dans laquelle ont ete entendus MM. Corne, depute ; marquis d'Havrincourt ; Royer, inspecteur-g^neral de Tagriculture ; Bauchard, de Sl.-Quentin ; V te . de Madrid , de Vervins; de Tillancourt, de Chateau-Thierry ; ce projet, adopte en partie, a et6 renvoye a la l re . section du Congres pour etre complete. M. de Caumont a soumis a ce bureau quelques dispositions concernant Torganisation du conseil-general administratif , et la nomination des officiers de 1' Association : ces dispositions longuement examinees ont et6 adoptees. M. Bauchard a ete charge de les presenter a T adoption de Tassembiee generale. Apres les developpements de M. Bauchard , M. d'Hermigny a vivement combattu le principe de Fassociation , mais Timmense majorite du Congres a adopte le projet apres une discussion tres- animee, dans laquelle MM. Corne, Mq 8 . d'Havrincourt , Pelleau, Mouton y de Douai , de Tillancourt , de Caumont , Fouquer-d'He- 144 CONGRES REGION A UX. rouel, B 011 . de Tocqueville, ont e"te" entendus. Ce reglement constitue 1'association du Nord sur des bases excellentes , son adoption est un e"venement considerable sur raccomplissement duquel la presence de M. de Caumont n'a pas etc" sans influence. II est probable meme que, sans ses reclamations et les renseignements qu'il a donnes, on aurait adopts le projet de la commission qui ne credit point dissociation , et r^gularisait seulement les mesures tendant a assurer la tenue d'un Congres provincial annuel. Apres Fadoption du reglement , le Congres a procd6 a Flection des membres du conseil-general administratif. Le 7 , une discussion s'est ouverte sur Forganisation de Fagri- culture : MM. Corne et Royer ont expose , avec un talent remar- quable, un projet d'organisation qui a e"te" approuve apres une discussion tres-int^ressante dans laquelle MM. d'Hermigny, d'Ha- vrincourt, R". de Tocqueville, de Caumont, Pelleau , de Tillan- court, V tc . de Turenne, Mouton, etc., ont 6te entendus. Le 8, des rapports pleins d'interet ont e'te' discutes. Les habitants de Gambrai , qui ont recu les etrangers avec un empres- sement tout cordial , ont offert un bal au Congres le 8 , et le 9 ; ils les ont invites a un banquet. Precedemment , M. de Contencin , sous-prefet et president du Congres , avait reuni , chez lui , les mem- bres de Fassemblee. Ainsi celte session qui a consacre definitivement et assure* son avenir, a etc , pour F Association du Nord de la France, feconde et interessante. L 1 Association tiendra Fan prochain son Congres a Amiens ; cette ville a etc d&ignee sur la demande de MM. de Turenne et de Cau- mont. 145 Association die FOnest. i re . SESSION DU CONGRES AGRICOLE DE I/OUEST. - L'eXCmple par les agriculteurs de la Normandie, du Nord et de la Bretagne, devait etre bientot suivi dans les departements de I'Ouest ; en 1844 un projet dissociation fut concu par plusieurs agriculteurs et pro- prietaires des Deux-Sevres, notamment par M. Sauzeau qui avait pris part aux travaux du Congres central d'agriculture. L'exe"cution de ce projet eprouva d'abord quelques difficulty's qui furent heu- reusement applanies etla l re . session du Congres agricole de TOuest eut lieu a Niort et s'ouvrit le 24 novembre 1844. M. Larry, qui la presida prononga un discours d'ouverture dans lequel on remarquait les passages suivants : Vous connaissez tout ce que promettent les succes des associations normande et bretonne, qui, placees sous la protection de noms chers a la science agricole et soutenues de 1'intelligent appui du mi- nistre de Tagriculture, out rapidement atteint cette maturity, cette plenitude de forces que le temps seul semblerait devoir produire. Emue par ces fails remarquables , encouraged contre les chances d'un echec par d'aussi heureux antecedents , la Societe d 1 Agriculture des Deux-Sevres accueillit avec interet la proposition quiluifut faite de resserrer par des liens plus nombreux encore les relations de bon voisinage deja existantes entre les cinq departements de TOuest que limkent, au nord et au midi, la Loire, la Vienne et la Gironde ; cette riche contre"e, formant le fragment le plus important de Tancienne Aquitaine , devait se plier , sans effort , sous les lois d'une association semblable , parce que la semblent vivre encore 1'unite de langage, la conformite des habitudes, et surtout une communaute re"elle dans les usages et les interets agricoles ; un projet de si haute porlee devait etre et fut mdrement etudie ; des statuts furent arretes et soumis a Tapprobation des societes agricoles places dans cette circonscription ; bientot des adhesions nom- 7 146 CONGRES REGIONAUX. breuses, honorables, vinrent donner a ces statuts une respectable sanction. Les discussions porterent sur les sujets suivants : 1. Y a-t-il ne"cessite" de donner un grand de"veloppement a Tinslruction thorique et pratique de r Agriculture , et de la propager dans toutes les classes de la socie"t ? Et quels seraient les meilleurs moyens a employer pour atteindre ce but ? 2. Quelle est Tinfluence des capitaux en Agriculture, et quels moyens seraient praticables et les plus efficaces pour les y attirer, et fonder le credit agricole ? 3. Est-il utile ou non d'apporter des entraves au morcellement de la propriety ? 4. Quelle influence exercent, sur 1'Agriculture, le parcours et la vaine pature ? 5. L'embrigadement des gardes-champtres produirait-il de bons effets sur la police rurale ? 6. Quels moyens employer pour de" truire la mendicite" dans les campagnes ? Ne pourrait-on pas utiliser les mendiants valides , ainsi que les orphelins, a des travaux agricoles? 7. Quels seraient les moyens d'ame"liorer les conditions mate'rielle et morale des classes agricoles ? 8. Est-il necessaire qu'il soit cre un ministere special de 1'Agri- culture? 9. Les encouragements accordes a TAgriculture sont-ils suffi- sants ? Recoivent-ils une destination rationnelle ? 10. Sur le mode d'elevage etd'education des betes a comes, surles avantages et les inconv6nients du croisement. 11. Sur les moyens d' utiliser les biens communaux? Et sur plusieurs autres questions d'un haut interet. En se sgparani le Congres d^cida que la seconde session se tiendrait a La Rochelle, en 1845. 2 e . SESSION. La seconde session du Congres agricole de TOuest s'est ouverte a La Rochelle , le 29 juillet, et a dure plusieurs jourg ASSOCIATION DE L'OUEST. 147 La reunion a discute" des questions inle"ressanles, ins6re"es au programme tres-bien fait, qui avail etc distribue d'avance ; elle s'est recrutee d'un grand nombre de nouveaux membres et a nomm6 une commission pour preparer le programme du Congres de 1846 , qui sera la 3 e . de F Association. Le Ministre de I'Agricullure avail envoye pres du Congres de 1'Ouesl, M. Rendu, inspecleur-general de Tagricullure. Void quelques-uns des voeux mis par le Congres : ENSEIGNEMENT AGRIGOLE. Qu'il soil cre"e un inslilut agricole dans chaque deparlemenl, el que dans le cas ou 1'execulion de celle mesure enlrainerail Irop de lenleur, il soil immedialemenl altache une chaire speciale d'agricullure a loutes les coles normales. EMBRIGADEMEKT DES GARDES-CHAMPETRES. Que dans Tinlerel de la police rurale il y ail un embrigademenl general des gardes- champelres. PARCOURS ET VAINE PATURE. Que le gouvernemenl soil ap- pele a provoquer les mesures legislalives necessaires pour empecher la vaine palure dans les pres, el gene>aliser Tusage qui exisle dans le Poilou el une parlie de la Saintonge, de pouvoir se preserver de ce droil dans les plaines , en Iracanl aulour des champs un sillon ou loul autre signe. ORGANISATION DE i/ AGRICULTURE. Que les services publics ci-designes soienl allribue's au minislere de Tagricullure el du com- merce, savoir; Le dessechemenl des marais , le reboisemenl des monlagnes , la plantation des dunes, la construclion des digues , les irrigations , le deTrichemenl des lerres incultes , le curage des pelils cours d'eau , ,es forels, la conservation des dunes , les ecoles foreslieres. , C'esl a Poiliers que se liendra , en 18A6, la 3 e . session du Congres de 1'Ouest. 148 Societs savantes cles dcpartemente , AUTORISEES A CORRESPONDRE AVEC I/INSTITUT DBS PROVINCES , ET INVITEES A SE FAIRE REPRESENTER PAR DBS DELEGUES AUX CONGRES SCIENTIFIQUES DE FRANCE. L'Institut des provinces ayant en vue de regularise!" et d'orga- niser le mouvement litteraire et scientifique dans les departements , publiera prochainement une statistique des institutions litte>aires de France , un tableau des forces academiques du royaume. Nous donnons provisoirement 1'indication des principales Societ6s que 1'Institut a autorisees a correspondre avec lui , auxquelles il envoie gratuitement son annuaire, et qui sont appelees a se faire representer par des de"16gues aux Congres scienlifiques de France. SOClfiTfiS LITTfiRAlRES PAR PROVINCES ET PAR DfiPARTEMENTS (1). ARTOIS. ARRAS. Academic roy ale des Belles-lettres. D6- truite en 1793, par decret de la Convention qui supprima toutes les Academies et Societes litte>aires patentees et dotees par la na- tion, elle fut retablie en J817 , sous le nom de Societe royale pour Tencouragement des sciences , des lettres et des arts. Elle public chaque annee un volume de Memoires. SAINT-OMER (PAS-DE-CALAIS). Societe des Antiquaires de la Morinie , fondee en 1833. (1) On a adopte pour ce catalogue Tordre suivi par M. J. Des- noyers , dans un article tres-interessant sur les societ^s litt^raires et savantes du royaume , insere dans TAnnuaire de la Societ^ de 1'histoire de France pour 18AO. Les renseignements consignes dans ce catalogne sur les publi- cations des Academies indiqu^es , sont pour la plupart tirees de 1'excellent travail de M. J. Desnoyers. SOCIETES AUTORISEES A. CORRESPONDRfE A.VEC I/INSTITUT. 149 , Elle publie a peu pres chaque anne"e un volume in-8. de Me- inoires historiques et archeologiques. BOULOGNE-SUR-MER. Societe d' Agriculture , de commerce , des sciences et des arts , fondle. en 1797. Elle publie chaque anne"e, avec plus de regular! te depu is 1826, un volume contenant le Proces-verbal de sa stance publique annuelle. FLANDRE. LILLE. (NoRn). Societe royaledes Sciences , Agricul- ture et arts de Lille , fondee en 1817 sur de nouvelles bases, etexistant des avant 1810 sous le nom de Societe d' Amateurs des Sciences ^etc. Depuis 1*819, cette Societe publie presque chaque anne un volume in- 8. contenant des Memoires sur toutes les branches des sciences. Association Lilloise pour l y encouragement des Lettres et des Arts dans le depart ement du Nord , fondee en 1836. DOUAI (NORD). Societe royale et centrale d' agriculture , sciences et arts du departement du Nord , fondee le 19 avril 1799, autorisee par ordonnance royale du 14 juillet 1829. Tous les deux ans cette Societe publie un volume in -8. GAMBRAY (NORD). - Societe d'Emulation , fondee en 180A. Cette Societe , qui a mis au concours plusieurs questions , publie tous les deux ans un volume in-8. VALENCIENNES ( NORD ). Societe d 1 Agriculture , Sciences et Arts de I' arrondissement de Valenciennes , fonde"e en 1831. ; BRETAGNE. RENNES (ILLE-ET-VILAINE). Societe d' Agri- culture , de Commerce et des Arts , tablie en 1757 par les etats de Bretagne. Elle a publie jusqu'a 1760, sous le litre de Corps d' Observations, deux volumes de Memoires. Retablie sous TEmpire , elle porta le nom de Societe d 1 Agriculture et d'Industrie,; elle exerca une grande in- fluence sur la culture departementale par son concourset par son e" cole. Societe des Sciences et des Arts , fonde"e en 1796 ; a cesse" d'exister vers 1814 ; elle a e"t6 retablie en 1832. NANTES (LOIRE-INFERIEURE), Societe Academiquede la Loire- Inferieure, fond6e en 1798. 150 SOCIETES SAVANTES AUTORISEES Elle a publi6 un assez grand nombre de volumes sous le litre VAnnales el de Lice"e armoricain. DINAN (COTES-DU-NORD). Societe d' Agriculture , fondee en 1803 sous le litre de Societe Libre d' Agriculture , Artset Commerce. BREST (FINISTERE). Societe d' Emulation , fondee en 1833. Elle public tous les ans un Annuaire el un Bulletin de ses travaux. QUIMPER (FINISTERE). Societe d' Emulation , fondee en 1823. Elle publie un Bullelin de ses travaux. VANNES(MoRBiHAN). Societ e Polymat hique , fondle vers 1826. MAINE. LE MANS (SARTHE). Societe d' Agriculture, fondee en 1777 , dissoule en 1793, retablie en 1794 sous le litre de So- ciete Libre des Arts ; en 1825 elle a pris celui de Societe royale d' Agriculture , Sciences et Arts du Mans. Elle publie un Bullelin a peu pres annuel ; en 1820, elleafait imprimer un premier volume conlenant Tanalyse de ses travaux, depuis son origine jusqu'a la fin de 1829. NORM ANBIE. ROUEN (SEINE-!NFERIEURE). AcadeVme royale des Sciences 3 Belles- Lettres et Arts de Rouen , fondee en 1744 , par lellres-palenles du Roi. Dissoute en 1793 ; celte Societe, r6la- blie en 1803 , a repris le cours de ses anciens travaux. L'ancienne Academic de Rouen mellait souvenl au concours des sujelshistoriques. La nouvelle Academic a fait imprimer, depuis 1814 jusqu'en 1821, en cinq volumes in-8. , un Precis analytique des travaux de Tancienne Academic , depuis 1744 jusqu'en 1793. Elle publie chaque anne , depuis 1804 , un Precis analylique de ses travaux. Societe Libre d' Emulation f fond6e en 1792. Elle publie chaque annee un comple-rendu de sa stance publique et le resume" de ses travaux. Societe centrale d' Agriculture du departement de la Seine-Infc- rieure , fondle en 1761 , re"tablie en 1819. Elle publie un recueil agricole Irimeslriel, dontla reunion forme un assez grand nombre de volumes. A CORRESPONDRE AYEC L'lNSTITUT DBS PROVINCES. 151 CAEN (CALVADOS). Academic royale des Belles- Lettres , fondle par lettrep-salenles de 1705. R6tablie a la fin de 1800 sous le nom de Lycee de Caen , puis de Societe Acade'mique , elle reprit plus tard son ancien . litre d'Acadeniie royale des Sciences , Arts et Belles-lettres. L'ancienne Academic a public, de 1754 a 1758, cinq volumes in 8. de Memoires. La nouvelle a deja public six volumes in-8., savoir : de 1800 a 1815 deux volumes , de 1829 a 1845 quatre volumes, Societe royale d' Agriculture et de Commerce , fondee par le gouvernement en 1761 , sous le litre de Societe a' Agriculture de la generalite de Caen , detruile en 1792 , retablie en 1801. Elle a public un grand nombre de Rapports sur les concours et les expositions publiques d'induslrie qui out eu lieu sous ses auspices depuis 1803, et quatre volumes de Memoires , depuis 1827 jusqu'en 1836. Societe Linne'enne de Normandie f fondee par MM. de Caumont et Lamouroux , en 1823. Elle a publi6 une premiere serie de Memoires , de 1824 & 1828, qui forme li volumes in-8. , avec atlas in-/i et un volume in-4. , coiisacre aux Iravaux des membres associes elrangers. La deuxitme serie commencee en 1835 , in-4 . , forme Irois vo- lumes. Celle sociel6 public en oulre des Rapports des seances publiques annuelles tenues depuis 1834 dans diiferentes villes. Societe des Antiquaires de Normandie, fondle en 1824 par M. de Caumont. Elle a publi^ treize volumes de ses memoires. Les dix premiers formal in-8. ; le onzieme, commencant une nouvelle se>ie in-4. a paru en 1840. Les deux derniers en 1843 et 1845. Societe francaise pour la Conservation et la Description des Monuments historiques de France 3 fondee par M. de Caumont, en 1834 , avec des succursales dans les departements. Elle public chaque annee un volume in-8. intitule Bulletin mo~ 152 SOCIETES SAVANTES AUTORISEES numental , et se r6unit une fois par an dans une des principales villes de France, pour y tenir un Congres archeologique. Association Normande , fondle en 1832 , par M. de Caumont, pour 1 'encouragement de I'agriculture , de I'lndustrie, et en vue d'obtenir une statistique complete de la Normandie. Public un Annuaire in-8. , et tient chaque anne"e une assemblee generate dans Tune des villes principales de la province. 12 An- nuaires out paru. BAYEUX (CALVADOS). Societe veterinaire des depart ements du Calvados et de la Mane he , autorisSe en 1830, a publie plusieurs volumes de M6moires. Societe d' Agriculture , Sciences et Arts 3 autorisee par lettres- patentes en 1789, sous le nom de Societe royale litter aire, supprimee a Pepoque de la revolution ; elle a e"te" relablie sous le nom qu'elle porte en 18Zil : elle a public" deux beaux volumes in-8. FALAISE (CALVADOS). Societe academique , agricole ,. indus- trielle et d'instruction de I' arrondissement de Falaise. Elle est divisee en quatre sections dont les travaux paraissent dans le meme recueil, publie annuellement en deux parties, sous le titre de Memoires. Le premier volume a paru en 1838 ; elle a continue de publier un Annuaire in-18. LISIEUX (CALVADOS). Societe d' Emulation , fondee en 1836. Elle s'occupe de Tagriculture et de Thistoire de Parrondissement. Le premier volume de cette Societe est sous presse. Elle dirige le concours d" Agriculture qui a lieu alternativement dans un des cantons de Tarrondissement ; elle a publie" plusieurs comptes-rendus de ces concours. EVREUX (EURE). Societe d' Agriculture et de Commerce, fondee en 1807 , reorganised en 1814 , puis en 1822 ; elle prit alors le nom de Societe centrale d' Agriculture , Sciences , Arts et Belles-Lettres du departement de I'Eure. Elle inse"ra le compte- rendu de ses seances dans le meme recueil p6riodique que la So- ciet6 de M6decine ; ses travaux , depuis 1829 , e"taient a peu pres interrompus. lorsqu'en 1832 elle fut r6organise"e par M. Passy, A CORRESPONDRE AVEC L'lNSTITUT DBS PROVINCES. 153 preTet du departement, et recut le nom de Societe libre d' Agricul- ture , Sciences , Arts et Belles- Lettres du departement de I'Eure. CHERBOURG (MANCHE). Societe academique , fondle en 1755 , autorisSe en 1773 ; dissoute en 1793 , retablie en 1807 , autorisee en 1818. Depuis 1833 elle a public plusieurs volumes de Memoires. SAINT-LO (MANCHE). Societe d' Agriculture , d'Arche'ologie et d'Histoire naturelle du departement de la Mane he , fondee en 1834. AVRANGHES (MANCHE). Societe d'Arche'ologie de I'arron- dissement d'Avranches , fondle en 183/i. Societe d' Agriculture , fondle en 1836. ILE DE FRANCE. - N ta . Nous NE MENTIONNONS POINT LES SOCIETES SAVANTES DE PARIS QUI SONT TRES-NOMBREUSES ET BIEN CONNUES. VERSAILLES (SEINE-ET-OISE). Societe royale d' agriculture et des Arts de Seine-et-Oise , fondee en 1798. Elle public chaque annee ses Memoires. MEAUX (SEINE-ET-MARNE). Societe d' Agriculture , Sciences et Arts de I' arrondissement , fonde"e en 1798. Elle public un Journal. PICAIIDIE. AMIENS (SOMME). Acade'mie des Sciences , Belles-lettres et Arts , fondle en 1746, reconnue en 1750 par lettres-patentes ; supprimee en 1793, retablie en 1799 sous le litre de Societe libre d' Agriculture , puis reunie en 1802 a la Societe d'Emulation , formee en 1808 ; elle reprit alors son ancien nom. Elle fait paraitre de temps a autre un volume de Memoires. Societe des Antiquaires de Picardie , fonde"e en 1836 sous le litre de Societe Archeologique du departement de la Somme, Elle public des Memoires in-8. ABBEVILLE (SOMME). Societe d' Emulation , fondee en 1797; ses travaux ont pour objel 1'etude et l'encouragement des letlres , des sciences et des arts. Elle a fonde un Musee arch^ologique. Elle public des comptes-rendus et des Memoires. VERMAXDOIS. SAINT - QUEN TIN (AISNE). Societe des 154 SOCIETES SAVANTES AUTORISEES Sciences, Arts, Belles-Lettres et Agriculture, fond6e sous le nom de Societe Academique en 1825. Elle a publi^, il y a quelques annes , plusieurs M6moires his- 1 toriques et archeologiques. CHAMPAGNE. REIMS. Academie royale des Sciences et Belles-Lettres , fondle par Mg r . Gousset , archeveque. A publie 2 volumes de M6moires in-8. , et fait imprimer des documents his- toriques in-Zi . , publie un bulletin de ses stances. CHALONS. Societe d' Agriculture , Commerce , Sciences et Arts du departement de La Marne , fondee en 1798. Elle publie tous les ans un volume de MSmoires. TROYES (AUBE). Societe d' Agriculture , Sciences , Arts et Belles-Lettres du departement de I'Aube , fondle en 1801. Elle s'occupe surtQut d'agriculture ; cependant quelques questions d'his- toire , d'archeologie ou de litterature ont ete trait^es par elle. Elle publie tous les ans un volume de Me"moires, par livraisons trimestrieiles. LORRAINE. NANCY (MEURTHE). Academie des Lettres , Sciences et Arts , fondle en 1750parleroiStanislas,retablieenl803. Elle publie le Compte-rendu de ses travaux. METZ (MOSELLE). Academie royale des Lettres, Sciences , Arts et Agriculture , fonde'e en 1760 ; retablie en 1817. Elle publie chaque annee un volume de Memoires. fiPINAL (VOSGES). Societe d' Emulation des Vosgcs , fondle en 1825. Elle publie tous les ans ses Annales. ALSACE. STRASBOURG (RAs-Rmiv). Societe des Sciences, Agriculture et Arts , fondee en 1803 , et formed de la reunion de la Societe libre des Sciences et Arts avec la Society d' Agriculture et la Societe de Medecine. Elle publie des Memoires. TOURAINE. TOURS (INDRE-ET-LOIRE). Societe d' Agri- culture , Sciences , arts et Belles- Lettres du departement d'lndre- et-Loire, fonde'e en 1806. A CORRESPONDRE AVEC L^INSTITUT 'DES PROVINCES. 15S felle publie un Recueil agricole. CHATEAUROUX (!NDRE). Socie'te d' Agriculture ctu de-par- tement de I'Indre , fondle en 1801. BLOIS (LOIR-ET-CHER). Societe' des Sciences et des Lettres , fondee en 1832. Elle publie des M6moires. Societe d' Agriculture du departement , fondle vers 1800. Publie un Recueil periodique. ANJOU. ANGERS (MAINE-ET-LOIRE). Societe'd' Agriculture* Sciences et Arts, fohde'e en 1828. Elle publie un Bulletin. Socie'te industrielle , fondee en 1830. Elle publie un Bulletin bi-mensuel. AUNIS. LA ROCHELLE (CHARENTE-!NFERIEURE). ~~ Acade- mic royale des Belles-Letlres ,, Sciences et Arts , fondle en 1732 ; retablie en 1803. ROCHEFORT (CHARENTE-!NFERIEURE). Socie'te d' Agriculture , Sciences et Belles-Lettres , fondle vers 1'annge 1838. POITOU. POITIERS (VIEMVE). ~ Socie'te d' Agriculture , Sciences , Arts et Belles-Lettres , fondee en 1818. Cette Sdciete publie un Bulletin. Socie'te des Antiquaires de I'Ouest , fondee en 1834* Publie chaque annee un volume de Memoires in-8* NIORT (DEUX-SEVRES)* Societede Statistique des Deuoc-Sevres , fondee en 1836. ORLEANAIS. ORLEANS (LOIRET). Socie'te des Sciences, Belles-Lettres et Arts , fondee en 1809, sous le litre de Socie'te des Sciences physiques , de Me'decine et d } Agriculture. Recueil intitule d'abord Journal , puis Annales de la Socie'te , etc. BERRY. BOURGES (CHER). Socie'te d' Antiquite's , d'His- toire et de Statistique du departement du Cher , fondee en 1834. BO1JRGOGNE. t)IJON (COTE-D'OR). Academic des Sciences, Arts et Belles-Lettres dv Dijon > fondle en 1725 ; approuvee par 156 SOCIETES SAVANTES AUTOR1SEES lettres-patentes de 1740 ; retablie en 1798, sous le litre de Societe libre des Sciences, Arts et Agriculture; en 1802 elle reprit son ancien litre. L'ancienne Academic a publi6, depuis 1769, plusieurs volumes de Memoires ; la nouvelle public des Comptes-rendus de ses travaux. Commission d' Antiquites de la Cote-d'Or. Cette Societ^ public des Me"moires et fait faire des fouilles. Societe d* Agriculture et d? Industrie agricote de la Cote-d'Or , fondle en 1834. Elle public un Journal. MAGON (SAONE-ET-LOIRE). Societe a' Agriculture, Sciences et Belles-Lettres. , AUTUN (SAONE-ET-LOIRE). Societe eduenne des Lettres , Sciences et Arts. Gette Societe s'occupe surtout de la recherche des antiquit6s. A public deux volumes. BOURG ( Am). Societe d' Emulation de Bourg-en-Bresse , eta- blie en 1783 , avec Tapprobation de Louis XVI ; dissoute en mars 1792 ; retablie le 2 messidor an IX (1801). Gette Societe s'occupe surtout des questions d'agriculture , de commerce , d'industrie et de statistique. Depuis 1810, elle public un Bulletin mensuel sous le titre de Journal d' Agriculture , Sciences , Lettres et Arts , in-8. LE PU Y ( HAUTE-LOIRE ). Societe d' Agriculture 3 Arts , Sciences et Commerce , fondee en 1817. Elle public des Annales et un Bulletin agronomique et indus- triel ; elle a fonde un Musee d'Antiquites. FRAXCHE-COMTE. BESANGON (Douss). Academic des Sciences , Relies- Lettres et Arts , fondee en 1752 ; retablie en 1802. Elle public des Comptes-rendus de ses travaux, et s'occupe de la recherche des monuments inedits de 1'histoire de la Franche-Comte. Societe d* Agriculture , Sciences naturellcs et Arts du depar- tcment du Doubs , fondee en 1819. Public des memoires. A CORRESPONDRE AVEC I/INSTITUT DES PROVINCES. 157 LONS-LE-SAULNIER (JURA). Societe d' Emulation du Jura , fondle en 1818. Elle publie le Compte-rendu de ses travaux annuels. VESOUL (HAUTE-SAONE). Societe d' Agriculture 3 Commerce , Sciences et Arts. Existait avant 1809. Recueil agronomique , industriel et scientifique. MARCHE.- GUERET (GREUSE). Societe des Sciences natu- relles et d' Antiquites de La Creuse , fondee en 1832. Elle publie un Compte-rendu de ses travaux. LIMOUSIN. (HAUTE- VIENNE). Societe & Agriculture s fondee en 1759 , dissoute en 1792 ; r&ablie en 1800, sous le litre de So- ciete d' Agriculture , Sciences et Arts du departement de la Haute- Vienne. Elle publie un Bulletin de ses travaux. AUVERGNE. CLERMONT-FERRAND (PUY-DE-DOME). ~ Academie des Sciences, Belles-Lettres et Arts , fondee en 1747, retablie en 1818 , sous le nom de Societe d 1 encouragement des Sciences , Lettres et Arts ; elle a repris en 1824 son litre d' Aca- demie. Publie, depuis l'anne 1828, un Journal sous le tilre & Annales scientifiques , litteraires et industrielles de I' Auvergne. AURILLA.C (CANTAL). Societe centrale d 1 Agriculture , Arts et Commerce , fondee avanl 1810 , retablie en 1819. Elle a public" en 1820 un premier volume de Memoires ; elle s'occupe peu de travaux scientifiques. BOURBONNAIS. MOULIN S (ALLIER).- Societe d' Agricul- ture de I' Alder , fondle vers 1820. Publie des Annales, dont il a paru plusieurs volumes. Societe centrale des Amis des arts , fondee en 1836. Fail chaque ann6e une exposition d'objels d'arls. S'occupe de Tetude des arts au moyen-age. Publie un journal mensuel , I* 4rt en province. LYONNAIS. LYON (RHONE). Academie royale des Sciences, 158 SOCIKTES SAV ANTES AUTORISEES Belles-Lettres et Arts, fondle en 172A, confirmee en 1752, re- constitute en 1757 ou 1760. , Societv royale d' Agriculture, fondle en 1761. Societe d' Agriculture , d'Histoire naturelte et Arts utiles. Elle a fait , en 1838 , dans son organisation et dans le mode de ses pu- blications des changements importants. Societe Linneenne , fondle en 1822.. Elle a public diffe"rents M6moires sur Thistoire naturelle et un premier volume d'Annales en 1836. SAINT-ETIENNE (LOIRE). Societe industrielle ou d' Agricul- ture , Arts et Commerce de I' arrondissement , fonde"e en 1822. Elle a public", depuis 1823, un Bulletin trimestriel. MONTBRISON (LOIRE). Societe d' Agriculture et de Com* tnerce , fondee vers 1801 , retablie en 1820. Publie la feuille du Cultivateur forezien. DAUPHJNE. GRENOBLE ( ISERE). Societe des Sciences et Arts de Grenoble , fondee en 1780, retablie en 1796 sous le nom de Lycee ; absorba deux ans apres VAcademie Delphinale. Societe de Statistique et du Progres industriel , fondee en 1833. Bulletins de Statistique et des arts industriels. VIENNE (ISERE). Societe des Beaux-arts de Vienne. Cette Societe" s'occupe de la recherche et de la conservation des monu- ments historiques. VALENCE (ISERE). Societe de Statistique , des Arts utiles et des Sciences naturelles de la Drome, fonde"e vers 1826. Publie irregulierement , depuis 1827, un Bulletin pe"riodique de ses travaux. Societe d* Agriculture departementale de la Drome , fondeeen 1800. Publie un Bulletin. PROVEXCE. MARSEILLE (BOUCHES-DU-RHONE). Academic royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts , fondle en 1720, or- ganise"e en 1726 et autorisee par lettres-patentes de cette meme ann6e sous le litre d' Academie des Belles-lettres , bientot apres A. CORRESPONDRE AVEC I/INSTITUT DES PROVINCES. 159 affiliee a 1' Academic Franchise ; aulorise"e en 1766 a prendre le litre qu'elle porte encore aujourd'hui ; dissoute en 1793, remplacee momenlanemenl , en 1795, par la Commission des Arts ; r6tablie en 1799, d'abord sous le litre de Lycee , puis en 1803 sous celui d' Academic de Marseille* Nombreuse se>ie de Memoires publie"e avant 1799. Depuis sa reorganisation jusqu'en 1815 , douze volumes ; depuis lors ses travaux se sont ralentis. Cependant elle distribue toujours des prix , comme rancienne Academic , qui avail mis au concours un grand nombre de sujets scientifiques (1). Societe de Statistique ,/ondee en 1830. Elle public un Recueil inlilu!6 : Repertoire des travaux de la So- ciete de Statistique , el des Comples-rendus de ses seances publiques. Societe royale de Medecine t fondee en 1800 par des membres de Tancien College de Medecine. A public", des 1806, les Gomptes-rendus de ses travaux ; possede depuis 1813 un cabinet d'analomie pathologique. AIX ( Bo LCHES-DU- RHONE). Academic des Sciences , Arts et Belies- Lettres , fondee en 1808 sous le lilre de Societe acade'mique des Amis des Sciences , des Lettres , de t' Agriculture et des Arts. Elle succe"da a une association plus ancienne. L'Academie a public des Comptes-rendus de ses seances publiques ; elle a fail parailre , depuis 1819 jusqu'en 1840 , qualre volumes de Memoires qui conliennenl des Iravaux hisloriques importants. DRAGUIGN4N (VAR). Societe d' Agriculture ct de Commerce, fondee en 1819. Public un journal. TOULON (VAR). Societe des Sciences , Arts et Belles-lettres du departement du Var , fondee en 1817. Elle public un Bulletin trimestriel de ses travaux, qui comprend quelques Notices historiques. (1) Voyez nolice de M. Desnoyers. > 160 SOCIETES SAVANTES AUTORISEES GAP (HAUTES-ALPES). Societe d' Emulation de Gap, fondle en 181A, a 6te" re"tablie sous le nom de Societe de Belles-lettres , Scien- ces et Arts , apres une assez longue suspension de ses travaux. A public un volume de Melanges litteraires, et un Journal mensuel d'agriculture. AVIGNON (VAUCLUSE). Academic de Vaucluse , fondle en 1658. GUIENNE. BORDEAUX (GIRONDE). Academic royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts, fondee en 1712 par lettres-patentes confirmees en 1781; dissoute en 1793; re"tablie en 1795, sous le nom de Societe des Sciences , Belles-Lettres et Arts; elle reprit son ancien litre en 1817. De 1715 a 1735, elle publia cinq volumes in-12 d'un Recueil des dissertations qui avaient remporte les prix proposes par elle. Depuis, elle publie annuellement un Recueil intitule : Actes de I' Academic, contenant le Compte-rendu des seances publiques. Societe Linne'enne , fondle en 1818. Depuis 1826, elle a publie re"gulierement , d'abord sous le titre de Bulletin , puis sous celui d 1 Actes dix volumes d'histoire naturelle fort estim6s , divis6s chacun en six livraisons. Elle publie aussi un Annuaire. Societe philomatique , fondee avant 1800, reconstitute en 1808. Son but est de propager le gout des sciences et des arts ; elle a aussi e"tabli une exposition des produits de rindustrie. Societe d' Agriculture. Elle publie un Bulletin. MONT-DE-MARSAN (LANDES). Societe economique d' Agri- culture , Commerce, Arts et Manufactures du de'partement des Landes. AGEN (LOT-ET-GARONNE). Societe d' Agriculture , Sciences et Arts d'Agen , fondee en 1776, dissoute en 1791, rStablie en 1799. Elle s'occupe surtout d'agriculture et d'industrie. Recueil de ses travaux. MONTAUBAN ( TARN-ET-GARONNE ). Acade'mie des Belles- Lettres , fondle en 1730 , lettres-patentes de 17M ; dissoute en 1792 ; A CORRESPONDRE AVEC I/INSTITUT DBS PROVINCES. 161 relablie en 1796, sous le litre de Societe des Sciences et des Arts de Montauban; organist en 1809 sous celui de Societe des Sciences , Agriculture et Belles-Lettres du de'partement de Tar n-et- Garonne ; reconstitute en 1839 sous son ancien litre d'Academie royale, Elle a public" plusieurs volumes de Memoires historiques et Iill6- raires. Elle public mensuellement un Recueil agricole el induslriel, qui forme un volume chaque annee. RHODEZ (AVEYRON). Societe des Lettres , Sciences et Arts de I'Aveyron , fondee en 1836. Ses Iravaux onl pour bulThisloire et l'archologie , les sciences nalurelles, les arls, le commerce el J'induslrie. Elle a deja public deux volumes in-9. Societe d' Agriculture, fondle en 1836, Public un Bulletin, LANGUEDOC. TOULOUSE (HAUTE-GARONNE). Academic des Jeux floraux. Celle Academic est, en France, la seule des Asso- ciations litte'raires du moyen age qui ail survecu a la revolution. Fondee en 1323 sous le nom de Gaie Societe des sept Trobadors ou College du gai Savoir , elle elablil des celte poque des concours annuels de poesie , et distribuait des grades de bacheliers , mailres el docteurs de lagaie science. Elle re*pandil ses slaluls modifies en 1355, et ajouta momentanemenl a son lilre celui de College de Rhetorique. Vers la fin du xiv c siecle ou au commencemenl du xv e . , Glemence Isaure lui redonna un nouveau luslre , fil les frais des prix et des jeux annuels , el parail lui avoir donne" le nom de Societe des Jeux floraux. En 1694 , elle ful e"lablie par lellres-palentes de Louis XIV, sous la forme et sous le nom KAcademie; ses r^glements, alors revises , sont encore aujourd'hui en vigueur. Dissoule en 1793 , elle s'esl reorganised en 1806. Depuis elle n'a pas cesse de publier chaque ann^e , comme dans le sitcle pr^cedenl, un Recueil contenant les discours de receplion des nouveaux membres , un Eloge de Cle'mence Isaure , el les morceaux de poesie el d'eloquence auxquels elle dislribue loujours annuellement , le 3 mai , cinq fleurs d'or ou d'argenl, qui sont 1G2 . SOCIETES SAVANTES AUTORISEES benites dans uneeglise de la ville avant d'etre distributes. Ces prix sont ainsi designes : \\imarante d'or (valant 400 fr. ) pour les odes; la violet te d'argent (250 fr. ) pour un poe'me de deux ou trois cents vers, une epitre, un discours en vers ; le souci d'argent (200 fr. ) pour prix d'une eglogue, d'une idylle ou d'une elegie au choix des auteurs; le Us d'argent (60 fr.) destine a un sonnet ou a une hymne en Thonneur de la Vierge; Veglantihe d'or (450 fr. ) pour le prix du discours dont F Academie fixe tous les ans le sujet. Academic des Sciences f Inscriptions et Belles-lettres, fondeeen 1729; approuvee par lettres-patentes de 1746; dissoute en 1793, Elle fut remplacee vers 1800 par une autre Society qui recut d'abord, comme beaucoup d'autres, a la ineme poque, le nom de Lycee, puis celui tfAthene'e. Elle fut retablie en 1807 sur ses anciennes bases. L ancienne academic avail public^ depuis 1782 seulement , quatre volumes de Memoires in-4 ; la nouvelle , depuis 1822 , en a deja public six in-8 , divis6s chacun en deux tomes distincts, Belles- Lettres et Sciences. Societe archeologique du midi de la France , fondle en 1831. Publie par livraisons des Memoires arch6ologiques , format in-4, recherche les antiquites et forme un Mus6e. Societe royale de Medecine , Chirurgie et Pharmacie. Publie annuellement le Compte-rendu* de ses seances publiques. Distribue des prix. Societe d' Agriculture , fondle en 1798. Publie, depuis 1805, un recueil intitule : Journal des Proprie- taries ruraux pour Le midi de la France , et qui forme 40 volumes. NIMES (CARD). Academie du Gard, fondeeen 1682, par lettres-patentes, qui lui accordaient en grande particles monies pri- vileges qu'aux membres de TAcademie Francaise. Retablie en 1806. Publie des Memoires, qui contiennent, comme ceux de Tancienne Academie, des Notices historiques. Societe Libre d : Agriculture , fondee vers 1804 , retablie en 1833. A CORRESPONDRE AVEC I/INSTITUT DES PROVINCES. 163 Public un Bulletin. MONTPELLIER (HERAULT). N'existe plus depuis 1830. Societe d' Agriculture du de'partement , fondee en 1800. Public depuis 1814 un Bulletin mensuel. Societe arckeologique , fondee en 1833. Public , par livraisons in-4 , des Memoires et des Documents his- toriques in&lits, dontil aparu deux volumes. Societe de Me'decine pratique. Kile public un Journal. BEZIERS (HERAULT). Societe arckeologique , fondee en 1834. Elle public, sous le litre de Bulletin, des Memoires in-A . MENDE (LOZERE). Societe d' Agriculture , Commerce, Sciences et Arts, fondee en 1800, r&ablie en 1819. Bulletin des travaux de la Society. Societe d' Agriculture de I' arrondissement , fondee en 1820. A public depuis son origine un Bulletin periodique. CARCASSONNE (AUDE). Societe d' Agriculture, fondee enlSOO, retablie en 1821. Elle public un Journal periodique d'agriculture. NARBONNE (AUDE). Commission arche'ologique de Nar bonne , fondle en 1833. Elle a form6 un Musee. ALBY (TARN). Societe d' Agriculture, Sciences et Arts. ROUSSILLON. PERPIGNAN ( PYRENEES-ORIENTALES. ) Societe des Sciences , Belles- Lett res , Arts industriels et agricolcs des Pyrene'es-Orientales. Public depuis 1834 un Bulletin periodique. COMTE DE FOIX. FOIX (ARRIEGE). Societe d' Agriculture et des Arts de I'Arriege , fondee vers 1803 , reconstitute en 1817. Elle s'occupe specialement de 1'agriculture et des sciences qui s'y rapportent. Elle public un Journal trimestriel intitule : Anriales agricoles , lit- teraires et industrielles. 164 Prix proposes par rinsiitut des provinces de France et les Coiigres. L'INSTITUT DES PROVINCES prepare un programme de sujets de prix se rapportant aux Sciences , aux Arts et aux Lettres , en prenant ce dernier mot dans toute I'&endue de son acception. Nous ne doutons pas que le clioix des sujets ne soil fait de telle sorte que Tint^ret le plus rel ne s'attache a la solution des questions mises au concours ; nous pourrions en citer deja plusieurs dont le choix nous a paru heureux et plein d'a-propos, mais nous atten- drons que le programme soil terming et officiel pour le publier dans Tannuaire. SOCIETE FRANCAISE. Des mMailles d'argent de la valeur de 100 francs chacune seront d6cernees par la Societe francaise reunie en Gongres aux auteurs des meilleures Statistiques routieres des routes de Paris d Strasbourg par Chalons-sur-Marne et de Pa- ris a Lyon , par Auxerre et Chalons-sur-Saone. Us devront indiquer les noms anciens des (Mgrentes localites, leur etat sous la domination romaine, leurs agrandissements successifs, ainsi que les fails les plus saillants de leur histoire ; decrire plus ou moins en detail , seloa leur importance , les differents monuments religieux, civils et militaires situes sur les deux routes ou dans leur voisinage, a la distance d'une lieue environ , en mentionnant leurs dates de fondation , de reconstruction , les v6nements m^morables qui s'y rattachent , les objets d'art qu'ils peuvent renfermer , et, autant que possible, Thistoire des abbayes et des chateaux. Ces Statistiques routieres seront completees par une courte notice sur les collections publiques et particulieres dignes de fixer rattention de Tartiste et de rarche"ologue. PRIX PROPOSES PAR L'INSTITUT ET LES CONGRES. 165 Des me"dailles de 200 francs seront decerne'es aux auteurs qui auront present^ des monographies completes , des inscriptions d'une province ou d'un d^partement en s'arretant au XIX e . siecle, et a ceux qui sans se restreindre absolument aux limites d'un d- partement offriraient 100 inscriptions inedites (Voir le programme tel qu'il a ete trac6 par M. de Caumont et insure dans un des volumes du Bulletin monumental) ; toute statistique monumentale d'un departement , d'un arrondissement ou meme d'un canton , si elle obtient 1'approbation d'une commission chargee de 1'exami- ner peut meriter a son auteur une medaille d'argent decernee par la Soci&e" francaise. ASSOCIATION NORMANDE. L'association Normande a mis au concours un certain nombre de sujets de prix. On peut recourir aux de>eloppements donnes a ce sujet a la fin de plusieurs des annuaires publics par la compagnie. Elle a propose dernierement , sur la proposition de M. de Cau- mont, une medaille et un prix a 1'auteur du meilleur travail sur les qualites fertilisantes comparees des eaux, suivant la nature geologique des terrains d'ou elles sortent ou qu'elles ont par- courus. Le travail qui devra etre accompagne d'analyses chimiques et de nombreuses observations de fails, sera examine par 1'Institut des provinces de France et par une commission de TAssociation Normande. ( Voir pour plus de details la notice de M. de Caumont dans 1'annuaire de 1'association pour 1846 , page 236 etsuivantes.) PRIX PROPOSE PAR LES CONGRES AGRICOLES DU NORD ET DE I/OUEST DE LA FRANCE, AU NOM DE M. DE CAUMONT. Une medaille de 300 fr. offerte par M. de Caumont, sera decernee par 1'association du nord de la France reuni en congres, a 1'auteur de la carte agronomique de Tun des departements du Nord , qui aura ete termine la premiere , et qui aura et6 jugee digne de cette recom- pense par 1'Institut des provinces de France. 166 PRIX PROPOSES PAR L'lNSTITUT ET LES COXGRKS. Une medaillede 200 francs, egalement ofTertepar M. de Caumont, sera decernee en prix par Tassociation de I'Ouest, & Tauteur de la carte agronomique de Tun des departements de TOuest, compris dans la circonscription de Tassociation (Poitou et Saintonge). L'lns- titut des provinces de France sera egalement appelg a donner son avis sur le merite des cartes qui seront presentees. N la . Un prix de 300 fr. a et6 dcern6 cette annee par I 'Asso- ciation Bretonne, a Tauteur de la carte agronomique du Finistere. M. de Caumont a indiqu^ quelques corrections et additions faire & ce beau travail qui , nous Tesperons , sera public d'ici 5 2 ans. 167 Bibliographic provinciate (1). L'Annuaire de 1'Institut des provinces et des Congres renfermera par la suite un bulletin bibliographique etendu des publications faites en province, et sous ce rapport il offrira un nouveau moyen de publicity pour les ouvrages de quelque valeur imprimes dans les dcpartements. Nous n'avons pu cette anne"e obtenir les renseignements qui auraient e"te ne"cessaires pour rediger ce tableau , mais nous esp- rons que tous les elements en seront reunis pour Tannee pro- chaine (1). Nous placons ici provisoirement et pour tenir la place du cha- pitre qui porte le titre de Bibliographie provinciate , quelques indications d'ouvrages , la plupart imprimes dans TOuest de la France. CONGRES SCIENTIFIQUB DE FRANCE. l re . session a Caen , 2*. a Poitiers, 3 e . session a Douai , A e . session a BLois , 5 e . session a Metz , 6 e . session a Clermont , 7 e . session au Mans (deux volumes), 8 e . session bBesangon, 9 e . session a Lyon (deux volumes), 10 e . session a Strasbourg (deux volumes), ll e . session a Angers (deux volumes) , 12 e . session a Nimes , en tout 16 volumes in-8. LES STALLES DE LA CATHEDRALS D' AMIENS , par MM. Jourduill et Duval , membres de Flnstitut des provinces. 1 vol. in-8. orn6 de figures. Amiens, 48A3. BIBLIOTHEQUE hlstorique, monumentale, ecclesiastique et litte- raire de la Picardie et del'Artois, par P. Roger. Amiens , Zi5. Un fort vol. grand in-8. br. illustre de 14 planches. (1) Nous invitons nos collaborators a nous adresser des notes pour ce chapitre de TAnnuaire. Les ouvrages indiques dans ce catalogue se trouvent a Paris, chez M. A. DERACHE, libraire, rue duBouloy, n. 7, etchez M. Dumoulin, quai des Augustins. 168 BIBL10GRAPHIE PROVINCIALE. ARCHIVES HISTORIQUES ET ECCLESIASTIQUES de la Picardie et dc TArtois , publics par P. Roger. Amiens , 1842. 2 beaux vol. grand in-8. br., orn6s d'un gr. norabre de grav. sur bois representant les monuments les plus remarquables des deux provinces. 12 fr. ARCHEOLOGIE DES MONUMENTS RELIGIEUX UE L'ANCIEN BEALVOISIS , depuis le V e . siecle jusques vers la fin du XII C . , par le docteur Eug. J. Woillez. Petit in-fol. avec planches et texle publte en 20 livraisons, Prix de la livraison composee d'une ou deux feuilies de texte et de cinq planches gravees a Teau forte par Tauteur. 3 fr. ETUDES ARCHEOLOGIQUES sur les monuments religieux de la Pi- cardie , et particulierement sur les caracteres architectoniques qui doivent servir a faire distinguer ces monuments , du V c . siecle au milieu du XVl e . , par E. Woillez , auteur de la Description de la cathedrale de Beauvais. 1 vol. in-8. br. , avec atlas. 7 fr. Tire a 100 exemplaires seulement. COURS D'ANTIQUITES MONUMENTALES , professe a Caen en 1830 , par M. de Caumont, membre correspondant de I'lnstitut, etc. 6 vol. in-8. et 6 atlas in-/i. br. Le premier volume traile des monuments attribues aux Celtes et anterieurs a la conquete de la Gaule par les Remains. Le second et le troisieme volumes traitent des antiquites gallo- romaines. Dans le quatrieme volume on trouve Thistoire de 1'architecture religieuse, depuis la chute ^de 1'empire Remain, jusqu'au XVII C . siecle.. Le cinquieme volume offre Thistoire de Tarchitecture militaire aux memes e"poques , sujet neuf que personne n'avait encore aborde en France , en Angleterre ni en Allemagne. Le sixieme volume, orn6 d'un grand nombrede vignettes sur bois, comprend des notions gene>ales sur les sepultures , les fonts bap- tismaux, les autels, sur Fetal de la peinture surverre, de Torf6- vrerie et de plusieurs autres arts aux differents siecles du moyen-age. Chaque partie, ou volume, se vend s^parement au prix de 12 BIBLIOGRAPHIE PROVINCIALS. 169 francs. Get important ouvrage a le premier, et lorsque Ton n'y songeait point encore , eiiseign par quels principes on pent classer chronologiquement les monuments nationaux. HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE RELIGIEUSE au moyen-age , ouvrage destine a Tenseignement de Tarcheologie dans les seminaires et les e'coles ecdesiastiques,par M. de Caumont. Caen, 1841. 1vol. in-8., avec des bois grave's dans le texte , et un atlas in*A. br. 12 BULLETIN MONUMENTAL ou collection de memoires et de renseigne- ments pour servir a la confection d'une statistique des monuments de la France, classes chronologiquement. Onze volumes in-8. avec planches. Prix de chaque volume , franc de port : 15 fr. ANNUAIRE des cinq departements de Tancienne Normandie, pu- hlie par r Association Normande , 12 volumes in-8. , br. de plus de 600 pages, orns de nombreuses gravures sur bois. Prix de chaque volume. 5 fr. HISTOIRE de la ville de Laigle et de ses environs ; notions sur 1'origine de Verneuil et sur les antiquity's romaines de Conde"- sur-Iton, par J.-F.Vaugeois. Laigle , 1841. 1 vol. in-8. br. 8 fr. HISTOIRE DE ROUEN pendant T6poque communale (1150-1382) , par A. Cheruel. Rouen, 1844 , 2 vol. in-8., fig. 15 fr. HISTOIRE du Parlement de Normandie, par Floquet. 7 vol. in- 8. br. HISTOIRE du privilege de St.-Romain, en vertu duquel le cha- pitre de la cathedrale de Rouen delivrait anciennement un meurtrier tous les ans, le jour de T Ascension, par le meme. 2 vol. in- 8.br. HISTOIRE de la ville et de Tabbaye de Fe"camp , par L. Fallue. Rouen, 1841. 1 fort vol. in-8. br. avec plan, etc. C fr. HISTOIRE du Chateau-Gaillard et du siege qu'il soutint contre Philippe- A uguste, par Deville. 1 beau vol. in-4. br. HISTOIRE du chateau d'Arques , par le meme. Rouen t 1839 , br. 1 beau vol. in-8. br. orn6 de dessins , cartes, plans de bataille, etc. lOfr. 170 BIBLIOGRAPHIC PROVINCIALS. STALLES de la cathedrale de Rouen , avec 13 planches gravies , par H. Langlois. Rouen , 1838. 1 vol. in-8. br. 6 fr. TOMBEAUX de la cath6drale de Rouen, par Deville. 1 vol. in-8. avec planches. 7 fr. 50. ESSAI sur 1'abbaye de Saint-Georges-de-Boscherville, pres Rouen, par le meme. Gr. in -4. pU 15 fir* LEMONS DE CHUtiiE ELEMENTAIRE appliquee aux arts industriels , faites le dimanche a Fecole municipale de Rouen. 3 e . edition , 2 vol. in-8. , revue, corrigee dt augmented , avec 200 figures et echantillons d'indiennes intereals dans le texte, 1846. Prix 14 fr. Paris , Fortin-Masson , place de TEcole-de-M^decine. MEMOIRES DE CHIMIE appliquee a Tindustrie, a la medecine et a reconomie domestique, 1839, 1 vol. in-8. avec figures. Prix : 8 fr. Paris, Mathias, quai Malaquais. MEMOIRES D' AGRICULTURE : des variete's, dusol arabe et des moyens d'en apprcier la qualite , 3 e . edition. Memoire sur les pommes de terre ; determination des meilleures varietes a cultiver dans chaque espece de sol, sur la maladie oleifice, 18/i3. Prix: 3 fr. Rouen, Nic. Periaux, rue de la Vicomte, 55. DES FUMIERS, consid^res comrae engrais, ouvrage adopts par le conseil general de la Seine-Infe'rieure. A e edition, revue, corrigee et augmented, 1844, 1 vol. in-24. Prix: 1 fr. 25 c. Paris, Fortin- Masson. TECHNOLOGIE DE LA GARENCE, 4844, broch. in-8. Prix: 1 fr. 50. Paris, Mathias, quai Malaquais. REVUE DE ROUEN ET DE LA NORMANDIE, publi^e sous la direction de MM. Cheruel, J. Girardin, A. Pothier, Ch. Richard, G. Rouland et Nicetas Pe>iaux, propri&aire-gerant. Un nume*ro de 5 feuilles d'impression par mois. Prix: pour Rouen 12 fr. , et pour les departements : 15 fr. 13 ann^es ont deja paru , en tout 26 volumes, avec gravures et lithographies. Rouen, Periaux, me de la Vicomt6, 55. ESSAI sur Thistoire naturelle de la Normandie ( Quadrupedcs et BIBLIOGRAPHIE PROViNCIALE 171 Oiseaux ) , par Chesnon. 1 vol. in-8". , br. 6 fr. ESSAI SUR LA NUMISMATIQUE GAULoiSE du nord-oucst de la France, par Ed. Lambert. Paris , 1844. Un vol. in-4. br. , orn6 de treize planches. Prix. 15 fr. L'auteur n'a voulu rien decrire, rlen signaler, sans avoir les ori- ginaux sous les yeux ou au moins de bonnes empreintes , afin de ne donnerque des figures rigoureusement exactes. ESSAI sur la calligraphic des manuscrits du moyen age et sur les ornements des premiers livres d'Heures imprimis, par H. Langlois. Rouen, 1841. 1vol. in-8. br. , avec 17 grav. 8 fr. RECHERCHES sur le Domesday-Book , ou Liber ccnsualis d'Angle- terre , ainsi que sur le Liber de Winton et le Boldon-Book, par Le<- chaude" d'Anisy et Sainte-Marie. Caen, 1842. Tome l e %, l rc partie, in-4. br. 15 fr. PALEOGRAPHIE des chartes et des manuscrits du onzieme au dix- septieme siecle , par Chassant. 1838.1vol. in-8, br. , avec 8 pi. 6fr. Lettre sur les cartes agronomiques, adressee a MM. Girardin et Debreuil, professeur a Rouen, par M. de Caumont , membre du conseil-general de Tagriculture. l re . Edition , Rouen , 1844. 2 e . edition, Caen, 1845, avec une petite carte agronomique du Calvados, grave"e sur pierre. ' '. '"' 3 fr. REVUE NUMISMATIQUE , dirige par MM. Cartier d'Amboise et de la Saussaye, membre de 1'Institut. Parait tous les deux mois, avec planches, etc. Prix de la souscription : 15 fr. pour toute la France. CHRONIQUES Fonlenaisiennes, publiees et annote"es par M, de la Fontenelle, 1841. 1 vol. in-8. , br. 6 fr. STATISTIQUE DE LA VENDEE , 1 fort volume in-8. broche , orne d'une carte gravee. 1844. 10 fr. HISTOIRE POLITIQUE, civile et rcligieusc de la Saintonge et de TAunis , depuis les guerres du calvinisme jusqu'a la revocation de Tedit de Nantes (1548-1685), par Massiou. 2 vol. in-8. br., 15 fr. 172 BIBLIOGRAPHIE PROVINCIALE. Publications faites a Poitiers THEORIE DB LA PROCEDURE CIVILE , par M. Boncenne in-8. , 2 e . edition. TRAITE DBS FAILLITES ET BANQUEROUTES, par M. de Saint-Mexent, 3 vol. in-8. DU CREDIT FONCIER ET DBS MOYENS DE LB FONDER , OU CREATION D'UN SYSTEMS HYPOTHECAiRE, par M. Loreau, directeur des do- maines, in-8. ADOLPHE et MELANIE, par M. 1'abbe Auber, in-18 , 2 e edition. DE LA COMPETENCE DES TRIBUNAUX DE COMMERCE, par M. Brillard, avocat a la cour royale de Poitiers. NOMENCLATURE de tous les villages , hameaux et maisons isolees du departement de la Vienne, in-8. 1842. ORAISON FUNEBRE de M. G. de Beauregard, ancien eveque d'Or- leans, par M. Cousseau, in-8. ORAISON FUNEBRE de M. G. de Bouille, eveque de Poitiers, par M. Jeanne, chanoine, in-8. FLORE ANALYTIQUE et description du d^partement de la Vienne, par M. Delatre, in-8. HISTOIRE des rois et des dues d'Angleterre et des comtes de Poitou, par M. de la Fontenelle. Tome l er . , in-8. TABLEAU METHODIQUE DES OISEAUX, tant sedentaires que de pas- sage periodique etaccidentel dans le dpartement de la Vienne, par M. Mauduyt, conservateur du cabinet d'histoire naturelle de Poitiers, in-8. NOTICE SUR TABBAYE DE VEZELAY , par M. Flandin , avocat- gene>al a la cour royale de Poitiers, in-8. MEMOIRES de M. G. de Beauregard, ancien e>que d'Orleans, 2 vol. in-18. TRAITE DBS ACTIONS ou THEORIE DE LA PROCEDURE PRIVEE chez BIBLIOGRAPHIE PROVINCIALS. 173 les Remains , par M. Etienne , professeur suppleant a la faculte de droit de Poitiers , in-8. ESSAI DE CRITIQUE LiTTERAiRE , par M. 1'abbe Auber. 1843. ANNUAIRE du departement de la Vienne pour 1843 , in-18. THEORIE du code pe"nal , par MM. Ghauveau et H61ie , 8 vol in-8. ELEMENTS du droit public et administratif, par M. Foucart, doyen de la faculte de droit de Poitiers , 3 e edition. 3 vol. in-B. REVUE anglo-francaise, publiee par M. de la Fontenelle, 8 e . et derniere livraison de la 2 e serie. (Ge recueil a cesse de paraitre.) LA FAMILLE, considered comme base de reTormes possibles, par M. David deThiais, in-8. HISTOIRE de la contrainte par corps, par M. J. Lerieil de la Marsonniere, avocat, in-8. HISTOIRE de S te .- Radegonde, par M. Ed. de Fleury, in-8. EXPOSITION ET ENCHAINEMENT du dogme catholique , par M. Tabbe Pauvert, superieur du petit seminaire de Montmorillon , 2 vol. in-8. ANNUAIRE du departement de la Vienne, pour 1844, in-8. THEORIE DE LA PROCEDURE CIVILE, par M. Boncenne , tome V , continuation par M. Bourbeau , professeur a la faculte de Droit de Poitiers. PROSODIE latine 61ementaire , par M. Audinet , professeur au col- lege royal de Poitiers. TRAITE du lessivage du linge a la vapeur d'eau, par M. .Bour- gnon de Layre. 1845. TRAITE sur les obligations divisrbles et indivisibles , par M. Antonin Bourgnon de Layre. QUESTIONS sur les faillites et banqueroutes , par M. Bcane, pro- fesseur a la faculty de Droit de Poitiers, in-4. JEHAN le brave ou la bataille de Poitiers, episode national , par M. Boulmier (en vers) , in-8. 174 BIBLIOGRAPHIE PROVINCIALS. TABLEAU des emigres du Poilou aux armees ties princes de Conde, par M. Beauchet-Filleau, in-8. CONSIDERATIONS sur l^pidemie de la suette miliaire qui a regne a Poitiers, par M. L. Gaillard, docteur-medecin, in-8. MEMOIRE on essai sur la suette 6pide"mique observee dans le de- partement de la Vienne, par M. Arlin, docteur-medecin, in-8. JEANNE D'ARC ET NAPOLEON , par M. David de Thiais ( dialogue en vers) , in-8V LE SIEGE DE POITIERS, suivi de la bataille de Moncontour et du siege de SWean-d'Ange'ly ; avec notes de M. Beauchet-Filleau , in-8. OUVRAGES PARAISSANT ANNUELLEMENT OU PAR LIVRAISON. MEMOIRES de la Societe" des Antiquaires de I'Ouest, avec planches, annees 1840, 1841, 1842, 1843 et 1844. BULLETIN trimestriel de la meme societe. BULLETIN de la Societe d'Agriculture , Belles-lettres, Sciences et Arts de Poitiers, in-8. (paraissant irregulierement). BULLETINS de la Societe de medecine de Poitiers, in-8. (pa- raissant irregulierement ) . DICTIONNAIRE liistoriquc et ge"nealogique des families de Tancien Poitou, par M. Beauchet-Filleau (Touvrage est a sa 20 e . livraison, page 604 du tome l er . PUBLICATIONS MENSUELLES. LE MONITEUR des ^coles. RECUEIL des arrets de la Cour royale de Poitiers. Publications faites dans le Bordelais et le Perigord. ETUDES PHILOSOPHIQUES SUR LE CHRISTIANISME, par Auguste N-colas , juge de paix, ancien avocat a la cour royale de Bordeaux. 4 vol. in-8., imprim6 chez Henri Faye, a Bordeaux. Get ouvrage, completement termine en 1845, est, on peut ledire, iin des plus beaux qui aient etc ecrits depuis le commencement de ce siecle, et, il etait plus connu, ce serait certainement un des plus uliles. BIBLIOGRA.PHIE PROVINCIALE. 175 Non seulement le fond, et I'ordonnance sont irre"prochables , mais le style est d'une rare beaute. HISTOIRE DE L'ABBAYB ET CONGREGATION DE NOTRE-DAME DE LA GRANDE-SAUVE, par M. Tabbe Cirrot de la Ville, membre de la So- ciete francaise pour la conservation des monuments. 2 vol. in-8, imprimes a Bordeaux , chez Theodore Lafargue. Le l r . volume seul a paru en 1844. CHOIX DES TYPES LES PLUS REMARQUABLES DE L^ARCHITECTURE RELl- GIEUSE, MILITAIRE ET CIVILE du Card , de Henries , de Toulouse et bien d'autres n'etaient rien ; partant on admit seulement comme devant former une calegorie d'eligibles a la pairie les membres des dhTerenles classes de rinstilut. VALEUR DBS TITRES SCIENTIFIQUES EN FRANCE. 177 On croira peut-etre que dans la discussion ala chambre des deputes cette singuliere exclusion fut relevee et que Ton rclama.0n va voir, au contraire, comment un depute defendit le principe de I'exclusion, et Tetendit de telle sorte que pour jouir du benefice de 1'article il faut etre de Paris. Mais pour faire comprendre mieux ce qu'a fait dans cette circonstance M. le conseiller Taillandier , nous aliens reproduce textuellement la discussion lelle que la rapporle le Moniteur (15 oc- tobre 1831). Le rapporteur proposait de former une categoric des membres des diflerentes classes de 1'Institut, et comme 1'article etait concu en termes generaux, on n'y faisait aucune distinction entre lesinembres titulaires et les membres non residents on correspondants. M. Taillandier proposa par amendement de restreindre le sens de 1'article aux titulaires, c'est-a-dire d'exclure du benefice de la loi les correspondants et les membres libres. Voici la courte discussion qui s'engagea sur cet amendement : M. de Tracy. J'ai Thonneur de faire observer que les membres qui ne sont pas residents sOnt pourtant des notabilites dans les sciences. M. Taillandier. Peu de mots justifieront mon amendement : il y a dans Tlnstitut trois especes de membres : les titulaires , les associes libres et les membres correspondants. Je crois qu'il doit entrer dans la pensee de tout le monde de n'admettre conlme o aptes a la pairie que les academiciens titulaires, et les places d'associes libres dont vient de parler M. de Tracy n 1 ont et6 souvent donnees qu'd des gens de Cour. M. de Tracy Je ne parle pas des associes libres, mais des membres correspondants. M. Bugas-Montbet. Je demande "qli'on ajoute aux academi- ciens titulaires les associes libres qui out droit de presence et jouissent de toutes les prerogatives des academiciens titulaires. II n'y a pas (Tautre difference entre eux que celle de la retri- bution que ne recoivent pas les membres libres des academies* ,178 VALRUR DBS TITHES SC1ENTIFIQUES Du reste , les avantages lilteraires sont identiquement les monies. Une voix. C'est une erreur. A/. Dugas-Montbel. Si c'est une erreur, qu'on la releve! M. Ch. Dupin est acad&nicien , et il sail que la classe des aca- demiciens libres jouit des jetons de presence. M. Dupin aine. Un jeton de presence n'est pas un droit a la candidature. L' amendement de M. Taillandier est adopte 111 Honneur a M. de Tracy ! lui seul a bien compris combien il etait injuste d'exclure d'une categoric deja si restreinte une partie des membres d'une meme academic. Ainsi adoptee, nous ne crai- gnons pas de le dire, cette partie de loi est absurde , et le mot ne rend pas toute notre pensee. En effet, pour tout homme de bonne foi et qui connait le regime de rinstitut , il est Evident qu'il faut souvent avoir rendu BEAU- COUP PLUS DE SERVICES pour devenir membre correspondant que pour etre nomm6 titulaire. Un professeur de Paris qui n'a fait que ce que de bons appoin- temenls Tobligeaient a faire est presque toujours nomme titulaire d'une des academies de rinstitut , car il faut etre domicilie a Paris pour pretendre a ce titre , et comme 1'Institut se compose de cinq academies ayant chacune en moyenne ZiO titulaires (1), on voit que 200 places sont donnees en pdture aux Parisiens exclu- sivement. Voyons maintenant comment on obtient le titre de correspon- dant. Un homme qui s'est voue avec courage aux etudes les p ] us serieuses et les plus ingrates, qui a par fois depense des sommes considerables pour obtenir des resultats , sans recevoir de ses compatriotes le moindre encouragement moral , et sans espoir d'en (1) L'Acacemie des Sciences se compose de 66 membres; mais comme TAcad^mie des Sciences morales n'en a que 30, nous meltons 40 pour terme moyen. EN 1 FRANCE. 17& retirer aucun profit, peut etre e"lu membre correspondant de I'lns- titut , sMl a le bonheur que ses ouvrages soient femarques de ce corps savant ; mais combien de places peuvent-elles etre la re"com- pense honorifique de travaux si meriloires ? 100 places environ. En efFet , les correspondants sonl en nombre egal a celui des litulaires, mais, comme on en prend moilie a T^tranger, il ne peut y avoir que 100 correspondants nationaux : La conclusion a tirer est facile ; c*esl que la ville de Paris dis- pose de 200 places rtribue*es au sein de 1'Inslilul de France, et que les habitants des 86 dpartements du royaume n'en ont que 100 non retribuees. Le mode d'eleclion est d'allleurs le meme, el nous laissons a decider a tous les hommes de bon sens s'il est pills facile d'etre nomm6 correspondant que d'etre nomine titulaire, si le litre de correspondant qui n'est pas relribue, ne devail pas elfe, apres toules les aulres consideralions , mainlenu dans le droil que 1'in- jusle amendement de M. Taillandier est venu lui enlever^ Disons- le, les lois ainsi fates nous paraissent plus qu'injusles, elks sont immorales !! Dans la discussion de la loi elecloralfe de fevrier 1831 , il est cu- rieux de voir le cas que MM. les deputes firent des capacil^s; il y avail des d6puls qui ne voulaient point admettre les membresde I'lnstilul comme elecleurs, elpourjouir de ce benefice, ils furent assujeltis au demi'Cens , sur la proposition de M. de La Rochefoucaull. M. de Daunanl, aujourd'hui pair de France ^ premier pr- sidenl de la Cour de Nimes el beau-frere de M. le comle de Gasparin, membre de I'Acad&nie des Sciences prononca des paroles prouvanl le pen de confiance qu'il avail dans 1'adjonclion des capacil^s meme reslreinles au petil nombre des membres de I'lnstilul ; il ne vola pour celle admission des membres de I'Inslilul qu'^i la condition qu'ils seraient assujeltis au demi-censk M. Ch. Dupin ayant vu que> meme pour les lilulaires, la chambre avail h6sit, prononca les paroles suivanles ; 180 REGLEMENT CONSTITUTIF Les correspondants de rinstitut sont en nombre determine par la loi ; ils sont nomm6s a vie, le choix porte toujours sur les homnies les plus distingue's des departements. On doit savoir gr6 a M. Dupin , d'avoir presente cette obser- vation ; sans lui les membres correspondants de rinstitut auraient peut-etre etc mis de cot6 comme nous avons vu qu'ils le furent lors de la discussion de la loi sur la pairie. De tout ce qui precede, il faudrait, dira-t-on, tirer des con- clusions: Oui, sans doute, il le faudra, et 1'Institut des pro- vinces de France ne reculera pas devant ce devoir : il dira comment I' organisation de la France Academique doit etre comprise et COMMENT, DIEU AIDANT, CETTE ORGANISATION AURA LIEU. Ce SCra le sujet d'un autre article ; ce que nous pouvons annoncer aujour- d'hui , c'est que 1'Institut des provinces y songe, qu'il y travaille, et que cette oeuvre , s'il parvient a la conduire a bien , sera Tune de ses gloires, un de ses plus beaux titres & la reconnaissance de la France. Reglement constitntif de rinstitnt des Provinces. I. line societe academique est etablie sous le nom D'LISTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. II. Le nombre des membres titulaires est fix6 a 200 : tous out les memes droits , sans distinction de residence. III. 100 membres Grangers sont choisis parmi les acadfrniciens eminents qui habitent hors de la France. IV. Les presidents et secretaires des academies des departments francais que rinstitut aura designees, pourrout etie autorise's a assister aux seances ge'nerales de rinstitut, avec voix consultative. V. Les nominations des membres titulaires et Grangers ont lieu de la maniere suivanle : chaque candidat fait parvenir sa demandeau siege de rinstitut en rappelant ses litres. Un rapport ecrit et sign DE L'INSTITUT DES PROVINCES. 181 est fait par un membre et 1'admission ne peut etre prononcee qu'en reunion generale annuelle , a la majorite des 5/6 des membres presents. VI. Le bureau de 1'Institut se compose de 8 membres : un directeur-general, deux secretaires generaux, un tresorier, quatre administrateurs. VII. Le directeur-general preside de droit toutes les stances de 1'Institut, dans les differentes villes de France ; la haute direction des travaux lui appartient exclusivement. VIII. Pour rendre plus facile A'administration de Tlnstitut, des sous-directeurs pourront etre nommes et charges de la conduite des travaux dans les circonscriptions qui leur seront indiquees. IX. Les divers fonctionnaires de 1'Institut sont nomme"s en assem- blee generale et suivant le meme mode que les membres. X. Le siege de Tlnslitut est 6tabli pour 3 ou 6 ans, dans une ville qui a etc choisie en assemblee generale annuelle : le choix doit etre fait a la majorite relative des suffrages. Les membres absents peuvent envoy er leur vote e"crit XI. Une assemblee generate a lieu chaque anne'e au siege de Tlnstitut, 1'epoque en est fixee par le conseil administratif charge de convoquer les membres un mois d'avance. XII. Cette reunion a pour objet : 1. L'examen et le classement des ouvrages envoyes pendant Tannee ou le choix de ceux qui devront etre imprimes ; 2. L'election des nouveaux membres, suivant les formes indiquees a Tart. 5. XIII. Independamment de cette assemblee annuelle, 1'Institut peut tenir des sessions plus ou moins longues dans toutes les villes de France qu'il aura choisies, et entendre, dans ces reunions, des memoires ou communications dont les auteurs seront etrangers a la compagnie : un reglement particulier peut ttre fait pour ces seances qui sont presidees par le directeur-general ou par un membre qu'il a choisi pour le remplacer. XIV. Chaque sous-directeur est nomme pour S ans et peut tre re"elu indefiniment. II peut reunir les membres de sa circon- 182 REGLEMENT CONSTITCTIF DE I/INSTITUT. scription dans une ville qu'il aura indiqu^e : la convocation est faite 15 jours a 1'avance. XV. Les sous-directeurs correspondent avec le bureau central et lui soumettent leurs rapports , leurs propositions et les memoires qui leur sont adresses. XVI. Chaque membre de rinslilut des Provinces de France recoil, s'il la reclame , lors de sa nominal ion, une medaille d'argent du module de vingt lignes, sur laquelle son nom etses pre"noms sont graves, avec Tindication de son domicile etla date de son election. XVII. Les publications de riNSTiTUT DES PROVINCES DE FRANCE , sont faites dans le format in-A. el divisees en deux series, savoir: i 1. Sciences Agricoles, Industrielles el Commerciales. i re . Serie. < 2. Sciences Nalu relies, Physiques et Mathematiques. f 3. Sciences Medicates. i 1. Sciences Historiques et Philosophiques. 2 e . Serie. ? 2. Sciences Archeologiques. ' 3. L literature et Beaux- Arts. XVIII. Aucun travail ne peut C-tre imprimei avanl d f a\oir el^ soumis a Texamen d'un membre choisi dans la specialile , el charge de faire un rapport ecrit et sign. Le travail et le rapport sont presented au Conseil adminislratir, qui juge en dernier ressort. Les ouvrages des auteurs etrangers a Tlnstitut ne sont pas soumis a d'autres formalit^s. XIX. L'Institut , esperant trouver dans le concours des Societ&i savantes des provinces, un puissant auxiliaire, reclame aupres d'elles les renseignements dont il a besoin. II pourra reimprimer chaque annee , avec l'agrment de ces Soci^tes, quelques-uns des travaux les plus remarquables qu'elles auront publics. 183 Statuts de la Societe francaise ponr la conservation des monuments. Dans les differents etats de TAllemagne et en Italie on a cre des societes pour la conservation des monuments, calquees pour ainsi dire sur la societe francaise , la plus ancienne de toutes , puis- qu'elle a ete organised de 1830 a 1833 et que son reglement a etc approuv6 en 183A par M. le ministre de Instruction publique. II est honorable pour la Societe francaise d'avoir ainsi tendu son influence au-dela des frontieres et de voir son reuvre appreciee et mitee dans toute 1'Europe. Voici le reglement constitutif de la societe : I. Une Soci6t6 est 6tablie pour la conservation et la description des monuments du royaume, sous le titre de Societe francaise pour la conservation et la description des monuments historiques. II. La Societe se propose de faire le denombrement complet des monuments francais , de les de"crire , de les classer dans un ordre chronologique, de publier des statistiques monumentales de chaque departement dans un bulletin periodique. Elle fait tous ses efforts : 1. pour empecher la destruction des anciens edifices et les degradations qui resultent de restaurations mal entendues; 2. pour obtenirle denombrement et la conservation des objets d'antiquites , et des pieces manuscrites d^pos^es dans les archives. III. La Socit6 fait pres du Gouvernement les demarches qu'elle 184 STATUTS DE LA SOCJETE FRANCAISE juge convenables pour arriver a ce but, et provoque la creation de musses d'antiquits dans les chefs-lieux des d6partements. IV. La Societ^ e"tend ses soins a toutes les parties de la France , sans acception de localite" ; Tadministration qui )a dirige est fix6e presentement dans la ville de Caen. V. Chaquemembre paieune cotisation annuelle., dontle minimum est de 10 fr. , et le maximum de 100 fr. Le nombre des membres est illimite. Pour faire partie de la Societe" , il faut avoir donne son adhesion aux statuts , avoir declare quel chiffre on adopte pour la cotisation annuelle, et avoir e"te nomme dans une seance du Conseil. VI. Aucune nomination ne peut etre faite dans les stances que tient la Soci6te" hors du chef-lieu, qu'autant que le conseil permanent 1'a permis par une deliberation formelle. Aucune nomination , meme dans ce cas , ne peut avoir lieu si la seance n'est presidee par le directeur de la Societe. Pour qu'il y ait Election , les candidats doivenl reunir Cunanimite des suffrages des membres du conseil presents a la reunion. Get article est applicable a 1'^lection des inspecteurs et des mem' bres du conseil. VII. Les ministres d'etat , Tinspecteur general des monuments nomme" par le Gouvernement, les membres du conseil supe"rieur des bailments, ceux de la 2 e . classe de 1'lnstitut, les pr^fets, les eveques et les recteurs d'academies sont de droit membres de la Socit. VIII. L'administration est confiee h. des ofiiciers et a un Conseil administratif. IX. Les principaux fonctionnaires sont, 1. un directeur general, inspecteur pour toute la France ; 2. 20 inspecteurs divisionnaires ; 3. 86 inspecteurs de departement ; /i. un tre"sorier en chef. X. Les officiers ci-dessus d&ignes sont nommes pour cinq ans par POUR LA CONSERVATION PES MONUMENTS. 185 Je conseil , a la majorite absolue des suffrages. Us peuvent etre reel us. XI. Le directeur remplit les fonctions dMnspecteur general de la Societe et dirige les travaux sur tous les points de la France ; \\ s'entend avec Tautorite supeYieure pour obtenir Tassistance dont la Societe peut avoir besoin. II a droit a une indeiimite pour ses frais de bureau et d'inspection (1). XII. Les inspecteurs divisionnaires font annuellement des tour- nees dans leurs ressorts respectifs. Us adressent au directeur, qui en donne communication au Gonseil , un rapport sur 1'etat des monuments par eux vis r tes. Us sont charges de diriger les travaux des inspecteurs de departement, et de veillcr a Texecution des mesures qui ont ele" prescrites. Us ne peuvent obtenir d'indemnite qu'autant que le Conseil 1'a juge" indispensable. XIII. Les inspecteurs de departement remplissent dans leurs arron- dissements les memes fonctions que Tinspecteur divisionnaire. Us sont specialement charges de donner des conseils aux architectes auxquels la restauration de quelque ancien edifice a te confiee , et de dresser le catalogue de ceux qui existent dans leurs d^partements. XIV. Le tresorier en chef est charg6 de recevoir les cotisations ; il est seconde par les inspecteurs ; il solde les depenses arrete"es par le Conseil, et presente chaque annee Tetat des recettes. XV. Le Conseil general se compose du directeur, des 20 inspec- teurs divisionnaires, des inspecteurs de departement , et de 30 membres ordinaires , dont 10 au mqins devront etre pris parmi les membres residant dans le departement ou siege la Societe" ; les 30 membres ordinaires sont renouveles tous les deux ans , et immediate- ment reeligibles. (1) Bien loin que la derniere disposition de Tart. XI ait etc exe- cutee, tout le monde sait que M. de Caumonta depense chaque annee des sommes assez considerables pour sestournees, et quejamais il n'a accepte" d'indemnit^. 186 POUR LA CONSERVATION DBS MONUMENTS. XVI. Le Conseil general tient chaque annee une session, dans laquelle tout ce qui inlgresse la Societ6 est mis en discussion. Celte session a lieu pendant le Congrcs archeologique , que tient chaque ann6u la coaipagnie sur un des points du royaume, et auquel elle convoque tous les amis de 1'archeologie. On s'occupe principalement, dans cette reun'on, des mesures & prendre pour la conservation des edifices , des publications a faire dans Tanne> et de 1'emploi des funds. XVII. Le directeuret les 10 membres du Gonseil general resident dans le departement du chef-lieu , forment , avec le tr^sorier en chef dela vSociete, le Conseil permanent charge dd'expedition des affaires courantes. II se runit une fois par mois. Les membres du Conseil general qui, vu leur eloignement , ne peuvent prendre part a ces deliberations , sont invites a exprimer leur opinion par 6crit. XVIII. Le resultat de toutes les reunions du Conseil general et du Conse 1 permanent est consigne dans des proces-verbaux qui sont transcrits sur un registre particulier. XIX. Chaque annee , deux membres du Conseil , d6sign6s par le directeur, sont charges de tenir la plume dans les reunions, et de remplir les fonctions de secret aires-generaux ; ils sont indefmiment reeligibles. XX. Le Conseil nomme aussi chaque annee une Commission de trois membres qui fait un rapport sur les travaux de la Societe, 187 M. le C te . de Salvandy , ministre de rinstruction publique , va demander aux chambres un nOuveau credit (assez considerable, dit-on), dont une partie sera employee a subventionner les Societes savantes des departements. Nous ne doutons pas des bonnes i men- tions de M. de Salvandy, mais nous croyons que si cette distribution a lieu sans qu'une discussion prealable,' ait eu lieu , nous ne dirons pas & Paris, mais en province, elle ne sera pas justement take: ce n'est point a Paris, que Ton pent bien connaitre le merite relatif des Societes savantes, ni les elements de bonnes productions scientifiques ou litteraires qu'elles renferment. Nous ne craignons pas de le dire a M. le ministre lui-meme : Tant que vous n'aurez pas consulte sur ce point I'lnstitut des provinces et le Congres scientifique de France , vous pourrez etre trompc gravement dans la distribution que vous ferez du fond commun aux Societes savanles, et des lors il faut bien prendm garde de dcourager au lieu d'encourager. Les secours appliques injustement pourraient meme corrompre au lieu de donner cette direction meilleure qu'il est dans votre pensee et votre volonte d'iinprimer aux Societes aca- demiques. Nous soinmes persuades que M. de Salvandy prendra des me- sures pour 6viter cet ecueil ; nous croyons que le Oioyen , c'est d'appeler les Societes elles-memes a discuter leurs litres dans le sein du Congres scientifique de France, ou mieux encore dans le sein du Congres central de I'lnstitut des provinces. La ville de Metz a promis de voter 3,000 fr. pour le Congres archeologique de la Societe francaise. On se prepare a Treves a recevoir dignement en societe. M. le baron de Roisin, secretaire-gene- ral de la session, a fait de nombreuses convocations en Allemagne. La ville de Marseille vient de voter 10,000 fr. pour les frais que doit entrainer la XlV e . session du Congres scientifique de France. 188 Observations finales. APPEL AUX SOCIETES SAVANTES UE FRANCE. Get aunuaire, ENVOYE GRATLITEMENT AUX SOCIETES SAVANTES DE FRANCE, sera beaucoup plus considerable par la suite. Nous n'avons , pour la premiere annee, fait qu'indiquer le plan que nous nous proposons de suivre. Pour dormer a cette publication tout son de- veloppement, nous comptons sur le concours des Societes savantes. Toutes, nous 1'esperons, nous tiendront annuellement au courant de leurs travaux, toutes voudront profiler du nouveau moyen de pu- blicite que nous leur offrons; elles comprendront qu'il leur importe . d'etablir des rapports avec 1'Institut des Provinces , si elles veulent accroitre leur reputation et leur importance , ACQUERIR UNE VIE NOU- VELLE ET PLUS ENERGiQUE. Au moment ou Paris aspire a lui tant d'intelligences , ou les moyens de communication qui vont etre cre6s par I'etablissement des cheminsde fer, accelereront encore la gravita- tion qui entraine vers ce grand centre , au detriment al de la Manche, a Avranches. Guerrier DE DUMAS, $, membre de TAcademie, ^ Nancy. Marquis DE LA PORTE, membre de plusieurs academies, a Vendome. RIGOLOT $6, president de TAcade'mie, a Amiens. LESSON ijjs, naturaliste, Rcchefort. LISTE DES MEMBRES DE L'lNSTITUT DBS PROVINCES. 5 MM. DE GIVKNCHY, secretaire-general de la 3 e . session du Cong res, a St.-0mer. BONNET, professeur d'agriculture, a Besancon. BUYIGNIER, membre de plusieurs academies, a Verdun. COMMARMOND, bibliothecaire du Palais des Arts, a Lyon. D'HoMBRE-FiRMAS & , a Alais (Card), correspondant de 1'Academie des sciences. Jules RENOUVIER, president de la Societe des Arts, a Mont- pellier. DE JUMELLES *$, ancien maire de Honfleur. SOYER-VILLEMET , secretaire perpetuel de I 1 Academic, a Nancy. CROIZET &, cur6 de Neschers, pres Issoire. Marcel DE SERRES &, professeur a la Faculte" des sciences, a Montpellier. WEIS ^, biblioth^caire , a Besancon. GERAULT, cured'Evron, a Evron (Mayenne). MILLET , naturaliste , president de la Socie^e" d'Agriculture , a Angers. PDVIS ^, president de la Socie"te" d' Agriculture , a Bourg. GREPPO (Tabb6), vicaire-gen^ral de Bellay, correspondant de TAcademie des Inscriptions. GREGORY &, president de chambre, a la Courd'appeldeLyon. BONNET, D.-M. , 3^, chirurgien en chef de THotel-Dieu, a Lyon. BOULLEE , membre de TAcad^mie de Lyon. VERICEL ^, ancien medecin en chef des hospices de Lyon. MONIN , professeur d'histoire a la Faculte des lettres de Be- sancon. FOURNET $$, professeur de geologic a la Faculte des sciences de Lyon. SERINGE , professeur de botanique a la meme Faculte. Victor SIMON , ancien secretaire-general du Congres , a Metz. MOUCEOT, ^t, naturaliste, a Bruyeres (Vosges). 6 LISTE DES MEMBRES MM. HEPP ^<, professeur 5 la Faculty de dro!t, a Strasbourg. COUTURAT >$< , ingenieur en chef du cours du Rhin , a Strasbourg. Monseigneur DONNET O 3fc, archeveque de Bordeaux. DBS MOULINS , inspecteur divisionnaire des monuments , di- recteur de la division du Sud-Otiest , & Bordeaux. Monseigneur GOUSSET, ^js, archeveque de Reims. BARREAD (Tabbe), hisloriographe et chanoine de Beauvais. FERET , conservateur de la bibliotheque , a Dieppe. Jules RIEFFEL ej , fondateur de Tlnstitut agricole de Grand- jouan. COCSSEAG (TabbS), professeur d'archeologie, a Poitiers. FOUCART 3, doyen de Tecole de droit, a Poitiers. DE BLOSSEVILLE , ancien conseiller de prefecture , a Am- freville (Eure). DE LA FARELLE ^<, d^put6 du Gard, a Nimes. DESROCHES (Tabbe), cure d'Isigny (Manche). DE CAYROL ^, ancien depute, a Compiegne. BISEUL, it Blain (Loire-Inferieure). DROUET , inspecteur divisionnaire de la Societ6 franchise , au Mans. Comte de QUATRE-BARBES, a Angers. Marquis de VIRRAYE, g^ologue, a Cheverny, pres Blois. Artur MARTIN (Tabbe), auteurdes vitraux deBourges, a Paris. CAHIER ( Tabb6 ) , membre de plusieurs academies , a Paris. Du CHATELLIER, secretaire-g6n6ral de T Association Bretonne, a Quimper. DE LA BAUME $ , conseiller la Cour d'appel de Nimes. Comte DEMONTALEMBERT ^5, ancien pair de France, inspecteur divisionnaire de la Society francaise pour la conservation des monuments, a Paris et Vesoul (Haute-Saonc). Comte DE MERODE, C ej(s, ministre d'Etat de Belgique, ins- pecteur divisionnaire de la Socit6 francaise, au chateau de Trelon, pres d'Avesnes (Nord). DB L'INSTITUT DBS PROVINCES. 7 MM. REIDET , conservateur des archives de la Vienne , a Poitiers. GODARD , graveur, membre de plusieurs academies, a Alencon (Orne). V. HUCHER, membre de plusieurs Societ6s savantes, an Mans (Sarthe). Comte de TOCQUEVILLE >g< , dput6, membre de P Academic francaise, a Tocqueville (Manche). MOLL >^, professeur d'agriculture au conservatoire, proprie- taire a Chatellerault. TEISSIER, membre de plusieurs academies, a Anduze (Gard). Emilien DOMAS, ge"ologue, membre de plusieurs Societe"s sa- vantes, a Sommieres (Gard). REQUIEN, directeur des musees, a Avignon (Vaucluse). Le Comte A. DE GOURGUES, membre de plusieurs Societes savantes, a Lanquais (Dordogne). WALZ^, directeur de 1'Observatoire , a Marseille. BRANCHE, inspecteur des monuments historiques, a Paulhaguet (Haute-Loire). GOGUEL ^< , membre de plusieurs academies , a Strasbourg (Bas-Rhin). L'abbe VOISIN, membre de plusieurs academies, au Mans (Sarlhe). LE GLAY ^ , conservateur des archives , membre correspon- dant de T Academic des inscriptions, a Lille (Nord). KUHLMAN >g<, professeur de chimie, membre du Conseil ge- ne"ral du Commerce, a Lille (Nord). HEBMAND, membre de plusieurs academies, de la Societe des Antiquaires, etc., a St.-0mer ( Pas-de-Calais}. JOURDAIN, chanoine de la cathe"drale, a Amiens. DUVAL, rnembre de la Societe francaise pour la conservation des monuments, a Amiens. E. WOILLEZ, membre de plusieurs academies, a Amiens. B UI . D'HALSSEZ >g< , membre de plusieurs Societe's sa- vantes, a St.-Saens (Seine-Inferieure). 8 LISTE DES MEMBRES MM. C le . DEBLOIS )^., membre de plusieurs Socials savantes, & Morlaix (C6tes-du-Nord). B. DU TAYA i, president de la Socie"te d'agriculture des C6tes-du-Nord, a St.-Brieux. DESNOYERS, vicaire-ge"nei al d'Orl&ms, inspecteur des monu- ments du Loiret. E. DOLFIJS %. , president de la Society industrielle de Mulhouse. L'abb BANDEVILLE, membre de plusieurs academies, a Reims. DIGOT , membre de plusieurs academies, inspecteur des monu- ments, a Nancy. Le comte DU COETLOSQUET ^<, depute, membre de TAcad^mie de Metz. MALHERBE, juge, president de la Society d'histoire naturelle deMetz. Le comte DE CHASTELLUX G %. , membre de plusieurs acad6- mies, a Paris. BARILLON, depute de 1'Oise, a Compiegne. BALLIN ^., archiviste de TAcademie des sciences, arts et belles- lettres de Rouen. DCBREUIL, professeur d'agriculture, a Rouen. DBSJOBERTS , membre du Conseil gn6ral de Tagriculture > de*- pute de Neufchatel. BALLY ^< , ancien president de 1'Academie royale de mede- cine, a Paris. BERTHELOT O ^< , secretaire-g6n6ral de la Societ6 de geogra- phic, a Marseille. VILMORIN ^< , correspondant de Tlnstitut, a Paris. TOURET )gc, membre du Conseil g^n^ral de Tagriculture , an- cien minislre, a Cosne. BELLA O ^ , directeur de 1'Institut agronomique de Grignon. PETIT , proviseur du lyce'e de Rennes. Le comte DE TRISTAN >^, membre de plusieurs academies, a Organs. DE L'INSTITUT DES PROVINCES. 9 MM. LOCKHART >g<, directeur du musee d'histoire naturelle, a Or- leans. BAYLE-MOUILLARD O >^<, membre de F Academic de Cler- mont, secretaire-general du ministere de la justice. BEAUDET LA FARCED, depute, ancien sous-preTet, membre de F Academic de Clermont. BERTRAND, docteur-medecin, membre de 1'Academie de Cler- mont. PETIT-LAFITTE, membre de F Academic de Bordeaux, profes- seur d'agriculture. L'abbe BLATAIROU, chanoine , professeur a la faculte de theo- logie de Bordeaux. P. M. Roux ^<, membre de 1'Academie, secretaire-general du Congres scientifique de France, a Marseille. BARTHELEMY, conservateur du musee d'histoire naturelle, se- cretaire de rAcad&nie de Marseille. DIEUSE ^<, president de la Societe de statistique de Marseille. BERTHULUS >^., m^decin du Lazaret de Marseille, membre de plusieurs academies. COQUAND, ingenieur des Mines, vice-president de T Academic d'Aix. CASTEL, secretaire de la Societe d'agriculture de Bayeux. L'abbe DEVOHCOOX, secretaire perpetuel de la Societe acade- mique et vicaire-general d'Autun. NIEPCE , president de la Societe d'histoire et d'archeologie de Ghalons-sur-Saone. Le baron DE CONTENCIN O >^c, prefet de 1'Yonne, a Auxerre. LE ROY DE BETHUNE, membre du Conseil general de Fagri- culture, ^ Douai. RENAULT , inspecteur divisionnaire de FAssociation normande, juge destruction, 5 Goutances. C te . OLIVIER DE SESMAISONS, depute, iuspecteur de FAssocia- tion bretonne, a Nantes. 10 LISTE DE$ MEMBRES MM. C ARTIER, directeur de la Revue numismatique, a Amboise. LAMBRON HE LIGNIM, capitaine de cavalerie, secretaire-general de la XV e . session du Congres scientifique, ft Tours. CHAMPOISEAUJ, secretaire-general de la meine session, ft Tours. DE SOURDEVAL ^<, id., juge destruction, a Tours. t G. DE FoNifcNAT, membrc de plusieurs academies, a Autun. Mg T . PARISIS ^jt, eveque deLangres, depute dela Haute-Marne. DE GLAJNVILLE , inspecteur des monuments de la Seine-Infe- rieure, ft Rouen. L'abbe LE PETIT, chanoine de Bayeux, secretaire-general de la Societe francaise pour la conservation des monuments , ft Tilly (Calvados). E. PATY, inspecteur des monuments de Seine-et-Marne. L'abbe GODABD-ST.-JEAN, professeur de theologie, & Langres. E. DE BLOIS, depute du Finistere, president de la classe d'his- toire de 1'Association bretonne. L'abbe LA CURIE, chanoine de la Rochelle, inspecteur divi- sionnaire des monuments historiques, a Saintes. MATHERON, ingenieur, membre de plusieuis Societes savantes, a Marseille. Du HALDAT ^<, membre de T Academic , secretaire-general de la XVII e . session du Congres scientifique de France , & Nancy. CRESPET, architecte, a Lyon. DE Bois LE COMTE , membre de plusieurs academies, ft Tours. DE LA TERRADE, directeur de la Societe linneenne , ft Bor- deaux. DE BUZONNIERE , president du Congres scientifique de France (XV e . session), membre de plusieurs academies, a Orleans. LA CROSSE C :j, ancien ministre des travaux publics, ft Brest (Finistere). THIERRY, doyen honoraire de la Faculte des sciences, ft Caen. DE ST. -GERMAIN, inspecteur des monuments historiques, a Evreux. DE L'lNSflTtfT DES PROVINCES. 11 MM. DUFAUR DE MONTFORT ^fc, president de la Societe de statistique des BoucheS'du-Rhone , a Marseille. General RAYMOND G &, ancien depute, membre de plusieurs academies, a Dom front (Orne). GODELLE, membre de plusieurs academies, depute de la Somme. MORIERE, secretaire-general de 1' Association normande, direc- teur des cours speciaux du Lycee, a Caen. LEFEBVRE DU RUFFLE $ , inspecteur-divisionnaire de TAsso- ciation normande, depute de 1'Eure, ci Pont-Authou. LE NORMAND, ancien sous-prefet, membre de plusieurs acade- mies, a Vire. V te . DE FALLOUX & , ancien ministre de Instruction pu- blique, depute de Maine-et-Loire. DE KERDREL , depute" d'llle-et-Vilaine , ancien eleve de Fficole des chartes. Alph. LE FLAGUAIS, membre des academies de Caen et de Rouen , a Caen. L'abbe CROSNIER, \icaire-g6neral de Nevers, inspecteur des monuments de la Nievre , a Donzy. HERPIN DE METZ , docteur-me"decin , membre de plusieurs academies, a (Indre). Mg r . DUPONT G rfc , cardinal-archeveque de Bourges , a Bourges. AUSSANT, membre de plusieurs academies, professeur en me- decine, a Rennes. TAROT >^<, president de chambre a la Cour d'appel de Rennes, secretaire-general de la XVP. session du Congres. C te . Louis DE KERGORLAY , ancien directeur de la Revue pro- vinciale, a Foisseux (Seine-et-Oise). A. TASLE ^&, conseiller ^ la Cour d'appel de Rennes. BARRE, sculpteur, laureat de 1'exposition r^gionale de TOuest, ci Rennes. B ". DE GIRAHDOT, secretaire-general de la prefecture, membre de plusieurs academies, a Bourges (Cher). 12 L1STE DBS MEMBRES MM. GUERANGER, president de la Sociele" academique de la Sarthe, au Mans. Succ, sculpteur, laure"at de I'lnstkut (exposition regionale de TOuest), a Nantes. L. DE LA MOTTE, membre de TAcad^mie, inspecteur des e"ta- blissements de bienfaisance, & Bordeaux. DELALONDE DUTHIL fils, membre de plusieurs academies, a Rouen. DE BENGY DE PUYVALLEE -Jjs, president de la Societe d'agricul- ture du Cher, a Bourges. MARECHAL, inge"nieur des ponts-et-chausse"es, a Bourges. MACHARD $, ingenieur en chef, id. BERTRAND $ , maire de Caen , doyen de la Faculte des lettres , a Caen. VALLAT , membre de 1'Academie , a Bordeaux. BOUCHER DE PERTHES (* ), president de la Societ6 d'emulation a Abbeville. DE LA MONNERAYE, president du Conseil general du Mor- bihan , a Rennes. llssr.br c: Strangers. MM. LOPEZ , conservateur en chefdu mus^e , & Parme. GAZZERA , secretaire de T Academic, a Turin. AVELLINO, conservateur du mus^e Bourbon, a Naples. Le chanoine IORIO, a Naples. Mg r . RENDU , e"veque d'Anecy. Mi uis . PARETTO , a Genes. Ma ui % DE RIDOLFI , ancien Ministre , a Florence. Pasteur DURY , a Geneve. BO". DE REIFFENBERG , conservateur de la bibliolheque du Roi, a Bruxelles. B 011 . DU SELIS-LONGCHAMP , a Lie"ge. DE L'INSTITUT DES PROVINCES. 13 MM. WHEWHEL, a Cambridge. James IATES, a Londres. Le prince de CANINO, a Rome. SAN QUIMINO, conservateur honoraire du Muse"e, a Turin. HECKER (Justus Fiederick Carl), professeur de Medecine a rUniversite de Berlin. DESPIKES , directeur-ge'ne'ral des mines du Piemont , a Turin. VARNKOENIG, professeur a TUniversite de Fribourg enBrisgavv. BAEHR , professeur a l'Universit6 de Heidelberg. SCHADOW , directeur de l^cole des Beaux-Arts , a Dusseldorf. Leopold DE BUCK, naturaliste, a Berlin. KCPFER , professeur de ph) 7 sique , a Saint-Petersbourg. KRIEG DE HOCHFELDEN , charge des fortifications du Grand- Duche de Baden, a Baden. DE HAMMER-PURSGAD , professeur d'Histoire , a Vienne. DE BRINCKEU, conseiller d'Etat, a Brunswic. BOISSEREE , architecle , a Munich. D'HOMALIUS D'HALLOY , correspondant de 1'Institut de France, a Namur. MARAVIGNA , professeur d'histoire naturelle , a Catane (Sicile). Due SERRA DI FALCO, prince de S l .-Pietro, a Palerme (Sicile). B >". DE ROISIN au chateau de Kurens , pres Treves (Prusse Rhenane }. BUCKLAISD, professeur a TUniversit^ d'Oxford. Mq is . DE S to . AAGELO, ministre de S. M. le roi des Deux- Siciles , a Naples. C te . DE FURSTEMRERG , chambellan de S. M. le roi de Prusse, a Apollinarisberg , pres Cologne. B". DE QUASI, inspecteur-ge"neral des monuments historiques de Prusse, a Berlin. ROULEZ, professeur d'archeologie , a TUniversit^ de Gand. RAMBOU, conservateur du Mus^e d'antiquit^s, a Cologne. B". DE STASSART, membre du Senat, president de I'Acadftnie, a Bruxelles. 14 LISTE DBS MEMBRES MM. Mq is . DE NORTHAMPTON , president de la Societe royale de Londres. W. BROMETT, membrede la Societe" des antiquaires de Londres, a Londres. BONAFOUS, membre de r Academic royale de Turin, corres- pondant de 1'Institut de France , a Turin. SISMONDA , professeur de geologic a la Faculte de Turin, uaembre de I'Acad^mie de la meme ville. G tc . HE SELMOUR, gentilhomme de la Chambre du Roi de Sardaigne, president de 1' Association agricole du Pie"mont. JACQUEMONT, membre du Snat et president de la Soci&e aca- demique de Chambry. Mg r . MULLER, Sveque de Munster. REICHENSPERGER, juge, membre de la Chambre des Repr6- sentants de Berlin et de plusieurs academies , a Treves. Mg r . GEISSEL, archeveque de Cologne. BOTOWSKI , secretaire de Pambassade russe, a Paris. C te . DE LA MARMORA , directeur de Tecole de marine , a Genes. DONALSTON, secretaire de Tlnstitut des architectes , a Londres. LE MAISTRE-D'ANSTAING, president de la SocietS archeologique, h Tournay. QUETTELET , secretaire perpetuel de TAcad^mie royale de Belgique, a Bruxelles. JOBARD , membre de TAcad^mie royale , a Bruxelles. DE WILMOSKY, chanoine de la cathedrale de Treves, a Treves. THURMAN, membre de plusieurs academies, a Porentruy. DE L'INSTITUT DBS PROVINCES. 15 SyZexnbres titulaires DECIDES DEPUIS LA PUBLICATION DU PRECEDENT ANNUAIRE. C tc . DE MAGNEVILLE , nomme le 23 septembre 1839, de'ce'de" } d Caen le 22 juillet 1847. Le general LEJEUNE, a Toulouse, nomine" le 9 juin 1843, mort en 1848. TAILHAND, president a la Cour de Riom, nomme" le 23 septembre 1839, decede" le . . . 1849. C te . DE KERGARIOU, ancien pair de France, nomme le 30 septembre 1845, de'ce'de le . . . . 1849. Mg r . FA YET, e"veque d'0rle"ans, nomme le 30 septembre 1845, de- cide le . . . . 1849. Mq' 8 . DE CHAMBHAY, ge"n6ral de brigade, nomme le 13 de"cembre 1842, de'ce'de le . . . . 1849. DUPASQUIER, professeur de chimie a Lyon, nomme le l cr . juin 1842, decede en 1849. lleinbres strangers. D r . MAYOR, membre de plusieurs academies, a Lausanne, nomme le 7 juin 1841, decide le .... 1847. DE LASSAULT, architecte du gouvernement prussien, a Cobleniz , nomme le 7 juin 1841, de'ce'de le . . . . 1848. D r . CLAZEN, president de la Socie"te academique du Grand-Duch6 de Luxembourg, nomme' le 15 mai 1848, decede le . . . . d849. HISTOIRE DE L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Depuis la publication du l er . Annuaire de I'lnstitut des pro- vinces en 1846 , I'lnstitut et les Congrs ont continue leurs utiles travaux ; nous n'avons pas la pretention de les r&umer ici , mais seulement d'indiquer 1'epoque a laquelle ont eu lieu les principals reunions, de continuer ainsi 1'histoire sommaire que nous avions presentee dans 1'Annuaire de 1846. L'art. XIII du rgglemeut de I'lnstitut des Provinces est ainsi conc,u : Independammentdela session administrative annuelle, I'lnstitut peut tenir des sessions plus ou moins longues dans toutes les villes de France qu'il aura choisies, et entendre, dans ces reunions , des mSinoires ou des communications dont les auteurs seront elran- gers a la compagnie : un reglement particulier peut etre fait pour ces stances qui sont presides par le directeur-general ou par un membre qu'il aura choisi pour le remplacer. 1 I'apres cet article , I'lnstitut des provinces a decide' qu'il tiendra chaque ann^e, dans une ville qu'il aura designed a Tavance, une session academique dont la duree sera de huit jours. Pour faciliter a tous 1'acces de ces reunions, on a choisi en 1846 la ville d'0rlans. On y arrive par la Loire , de Touest , de Test et du sud-est; des chemins de fer la mettent en communication avec une partie considerable de la France : elle est a peu pres a une distance gale des extr6mites du territoire fran^ais. L'Institut s'est done assemble a Orleans, le lundi 13 avril 1846, dans la salle de la Maine , sous la pr6sidence de M. de Caumont. M. Girardin , de Rouen , remplissait les fonctions de secretaire- HISTOIRE DE L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 17 general. Parmi les membres qui ont pris le plus de part aux. travaux , on peut citer M. le V te . de Cussy , de St.-Mande ; M. Boullee , membre du bureau de 1' Academic royale de Lyon ; le savant docteur Mayor, de Lausanne; M. Drouet, membre du Conseil general de la Sarthe, inspecteur divisionnaire des monu- ments historiques ; M. le marquis de La Porte , de Vendome ; M, Boutowski, conseiller au service de la Russie, attache a 1'am- bassade de France; M. Bizeul, de la Loire-Inferieure ; M. le G te . de Chastellux, d'Avallon; M. Ch. Des Moulins , delegue" de Bor- deaux ; M. Petit-Laffite, d61e"gu6 de la Society linne"enne et de la Societ6 d'agriculture de la Gironde ; M. Mauge du Bois-des-Entes , conseiller a la Cour d'appel , et delegue" de la Soci6t6 academique d' Abbeville ; M. Petit , proviseur du college d'Orteans ; M. Por- cher , conseiller a la Cour, president de la Societe d'horticul- ture; M. Lepage, docteur enmedecine; M. Pelletier, professeur a 1'Ecole de me"decine d'Orleans ; M. Gaugain , membre de 1'In- stitut , a Bayeux ; M. le C te . de Tristan, d'Orleans ; M. de Lockhart, id. ; M. Wasse , de St.-Ouen , de"legu6 de 1' Academic royale de Marseille; M. 1'abbe Devoucoux, de!6gue" de 1' Academic d'Autun. M. de Caumont a prononce" , comme directeur , un discours dans lequel il a fait connaitre les travaux que doit entreprendre 1'Institut et ceux qu'il devra recommander aux Societe"s acade- miques du centre de la France. II importe peu , a dit M. de Caumont , que 1'Institut public beaucoup : ce qui importe , c'est qu'il public des ouvrages remar- quables , c'est surtout qu'il dirige et organise le travail partout ; qu'il etablisse entre les hommes laborieux, entre les Academies, des rapports profitables ; c'est encore qu'il fasse connaitre leurs publications les plus importantes , et qu'il hate 1'ecoulement de leurs productions au moyen d'une publicite qui leur manque et que nous pourrons, j'espere, leur donner bientot. L'lnstitul des Provinces , en etablissant de nouveaux rapports 18 HISTOIRE entre les Societe's savantes, espere surtout les amener a travailler sur un plan uniforme, a entreprendre des travaux d'ensemble : 1'In- stitut est effectivement une socie"t6 re"gulatrice ou Ton doit surtout s'occuper de I 1 'organisation academique. Vous aurez done a dis- cuter , durant celte session , plusieurs questions qui se rattachent a cette partie importante de vos attributions. Les Congres spe"ciaux se multiplient; c'est un puissant moyen d'aclion que vous ne pouviez ne"gliger de mettre en oauvre pour la direction que vous voulez donner aux Etudes et aux travaux utiles : vos ides ont e"t6 accueillies par toutes ces reunions, et vous vous mettez chaque anne"e en rapports plus intimes avec elles y persuades que Tavenir des Congres est immense , et qu'ils sont appeles a exercer une grande influence sur les travaux scientifiques et litte"- raires. Votre bureau a pens6, qu'il etait urgent de rattacher tous les Congres a Plnstitut des provinces , veritable rgulateur de ces reunions, qu'il fallait une publication annuelle pour les lier entre elles et pour en bien faire connaitre la marche et les progres. M. Ch. Des Moulins, president de 1' Academic de Bordeaux , pre"- sidait la classe des sciences physiques et naturclles ; la classe des arts et des lettres e"tait pr&idee par M. de Cussy , assiste" de M. Drouet, du Mans, et de M. Boulle"e , delgue de T Academic royale des sciences de Lyon : M. 1'abbe" Devoucoux, del^gue de TAca- dmie d'Autun , et M. Petit-Lafitte remplissaient les fonctions de secretaires. Les quatre stances gen^rales ont 6te pr^sid^es alterna- tivement par M. de Caumont et par M. Fayet, eveque d'0rl6ans, ancien inspecteur-g^n^ral de rUniversite' : on a entendu dans une de ces seances une notice de M. Richelet, sur la vie et les ouvrages de M. Thomas Cauvin, ancien directeur de Tlnstitut des Provinces , decide le 7 Janvier 1846. Mais ce qui distingue cette session , c'est la discussion commencee sur le programme des travaux les plus utiles d recommander aux Societes savantes des departemcnts du centre, suiuant teur specialite' f DE L'INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE, 19 c'est Vindication precise du plan , de la methode d suivre dans la redaction de ces me'moires: les discussions qui se sont eievees , les enquetes qui ont et6 commencees sur les ressources des differentes Societes savantes de France , ont offert un interet puissant ; con- tinuees comine elles le seront avec intelligence et perseverance, elles produiront indubitablement des rSsultats importants. Le resume des proces-verbaux a ete imprime a Orleans , dans le format in-8. Un grand nombre d'adh&ions nouvelles ont ete adress^es a 1'In- stitut par les Academies des departements : il y en avait meme qui avaienl alloue une indemnite" aux membres de leurs bureaux , qui etaient venus les representer au Conseil general de 1'Institut. Quelques mois apres , 1'Institut a term une stance a Metz pen- dant la XIV e , session du Congres archeologique de France : apres avoir appele au bureau les presidents et secretaires des Academies et Societes savantes de la Moselle et de la Meurthe , M. de Caumont a esquisse" le programme des travaux que 1'Institut a recommande aux diverses Societes savantes de Test de la France ; ces travaux ont etc* reconnus comme fort u tiles au point de vue de la contre"e oft Tlnstitut tenait sa stance. M. de Caumont a principalement re- commande , comme pouvant tre immedialement exe"cutees , la sta- tistique agricole et la carte agronomique du d6partement de la Moselle. Ce departement qui est parfaitement explore , qui renferme des geologues, des botanistes et des agronomes, pourra d'ici a quelque temps posseder une carte agronomique que MM. Simon , Fournel et quelques autres savants ont deja esquisse"e. Apres de nombreux renseignements donne"s sur la maniere dont on doit dresser les cartes agronomiques , et une discussion dans la- quelle MM. de Caumont, Fournel, Blanc, MM. les presidents du Cornice agricole , de I'Academie et de la Societe d'histoire naturelle ont ete entendus ; MM. Fournel et Simon ont annonce qu'ils recla- maient la collaboration de leurs confreres pour la redaction definitive de la carte agronomique de la Moselle. M. Fournel qui tenait la plume HISTOIRE comme secretaire et qui a redige un proces-verbal de cette stance, a donne les details les plus interessants sur la distribution geogra- phique des plantes de prairies dans le dpartement de la Moselle et sur 1'influence exerce"e sur celte distribution par la nature golo- gique du sol. L'Institut a tenu aussi une stance publique a Marseille pendant la XI V e . session du Congres scientifique de France. On s'y est occupe de tracer le programme des travaux les plus utiles a entreprendre pour les Societes savantes des departements meridionaux. La meme annee , 1'Institut des Provinces a tenu a Caen , sous la presidence de M. de Caumont , la session administrative prescrite paries art. 11 et 12 de son reglement. Le 19 octobre, apres la communication d'une longue correspondance , M. de Caumont a fait un rapport detailie sur les litres de plus de 50 candidats, la plupart presentes par les Congres et les diverses academies du royaume et tous connus par des ouvrages utiles. Les elections ont ensuite occupe presque toute la seance qui n'a pas dure moins de li heures. 21 membres titulaires et 10 membres Strangers ont ete successi vement admis. Un grand nombre de memoires ont ete deposes , la plupart re- latifs a la geologic, la physiologic vegetale, 1'anatomie comparee. M. le baron de La Fresnaye et M. le comte de Beaurepaire ont lu deux m6moires d'un haut interet. Le 20 octobre, 1'Institut a entendu des rapports de MM. le marquis d'Argentre , de Caumont , Eudes-Deslongchamps ; il a classe plusieurs memoires et vote diverses impressions. M. Le Sau- vage a lu un savant Essai sur les generations doubles. Diverses questions ont ete raises a retude ou confiees a 1'examen de plusieurs rapporteurs. Le meme jour, a 2 heures, 1'Institut a tenu une seance pu- blique au palais de 1'Uniiersite : pres du directeur siegeait .M. Daniel, recteur de 1'Academie, grand dignitaire de 1'Universite. On voyait dans la salle des tableaux portant les noms des villes dont les Academies se sont associees a 1'Institut. DE L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 21 Apres un discours dans lequel M. de Caumont a rendu compte des travaux de Tlnstitut et de son but, M. 16 comte de Beaure- paire a lu un eloquent discours dans lequel il s'est eleve" aux plus hautes considerations sur 1'avenir de 1'Institut des Provinces. M. Richelet a rendu compte des travaux du Congres de Marseille, M. de Caumont a compare le Congres de Genes a celui de Mar- seille et indiqu6 la marche suivie en Italic par cette institution qui y a ete importee il y a huit ans. M. de La Fresnaye a lu un memoire sur les mo3urs de certains oiseaux ; 1'heure avancee n'a pas permis d'entendre un travail de M. Le Sauvage sur les generations doubles. M. Elie de Beaumont, membre de 1' Academic deS sciences, assistait a la seance du \ 9. ANNEE 1847. Le 4 mars, le bureau de Tlnstitut a tenu, a tours, sous la presidence de M. de Caumont, une seance pour discuter et adopter le programme du Congres scientifique de France : MM les Secretaires des sections du Congres, MM. de Cussy et Richelet, membres del'Institut, et les principales notabilites scientifiques et litteraires de Tours assistaient a la reunion. La session generate administrative s'est ouverte a Caen, le 14 octobre. M. de Caumont a present^ un rapport detaille sur les litres academiques de 17 candidats proposes par diverses aca- demies pour faire partie de Tlnstitut des Provinces. Ces 17 can- didats out ete admis successivement. M. Lambert a pre"sente dans cette session plusieurs ouvrages considerables qui seront publics. L'Institut a recu d'autre part un assez grand nombre de notices sur les sciences et les arts. La seance de cloture a ete presidee par M. le marquis de La Porte, de Vendome ; MM. de Cussy, Ri- chelet, Le Petit, Lambert, Moriere, de Glanville , P.-A. Lair, Le Sauvage, ont ete entendus dans plusieurs discussions. ANNEE 1848. LelSmai, rinstitut s'est reuni, sous la presidence de 22 HISTOIRE M. de Caumont , en vertu (Tune convocation faite a Tavance : MM. Renault de Coutances, Bizeul de Blain (Loire-Inferieure), Richelet du Mans , Gaugain et Castel de Bayeux, 1'abbe Le Petit, doyen de Tilly ; Moriere de Caen , Eudes-Deslongchamps , secretaire-general , ont siege a cette stance, ainsi que plusieurs presidents et secretaires (MM. De La Chouquais, Pellerin, Villers) autoris6s, aux termes des statuts, a prendre place aux stances generates. 20 membres de Tlnstitut ont exprime leurs regrets de ne pouvoir assister a la reunion. La mort de M. le marquis de Chambray, membre de 1'Institut, a te annoncee par M. de Caumont, qui a rappele en peu de mots les titres nombreux et les ouvrages importants de cet honorable academicien. Divers memoires ont e te classes et renvoyes a 1'examen de plusieurs rapporteurs. L'Institut a ensuite ete appele" a donner son avis sur 1'affaire sui- vante : le Congres scientifique de France devait se tenir, le l er . septembre, a Nancy ; mais les e"v6nements politiques ont determine le bureau nomme a Marseille a demander 1'ajournement de la session. En vain M. de Caumont a fait ses efforts pour s'opposer a cette de- plorable determination , rien n'a pu la faire changer. L'Institut a formule" en ces termes son opinion : L'Institut ne peut que protester contrela decision des secretaires- generaux du Congres , qui auraient du faire les convocations et prendre toutesles mesures necessairespour que le Congres cut lieu, quelles que fussent d'ailleurs les preoccupations politiques. L'Institut s'est forme en comite secret pour entendre un rapport sur les titres des candidats aux places vacantes. 8 membres titulaires, tous presentes par des Academies ou So- cietes savantes, ont ete admis. Trois membres etrangers ont egalement ete proclames. En octobre, Tlnstitut, a tenu, a Caen, sa session annuelle, qui DE L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRA.NCE. ' 23 a dur6 cinq jours. Diverses Academies s^taient fait repre"senler par des membres de leurs bureaux ou par des dengue's spe"ciaux , con- formement au droit qui a e"te" consacre par un des articles du regle- ment constitutif de 1'Institut. L' Academic des sciences , arts et belles-lettres de Caen , 6tait re- presentee a la reunion par son secretaire perpetuel , M. Travers , professeur a la faculte des lettres, et par M. Bertrand, doyen, maire de la ville de Caen. M. de La Sicotiere repre"sentait les diverses Societes savantes du departement de 1'Orne ; M. le marquis de La Porte, celles de Loir- et-Cher ; M. de Glanville , celles de Rouen. M. Renault, inspecteur divisionnaire de 1'Association normande, representait celles du departement de la Manche. M. Richelet , du Mans , representait les Academies des departe- ments de la Sarthe et de la Mayenne. M. Feuillet, deLyon, membre de Tun des bureaux du Congres scienlifique de France a Tours et a Marseille, representait les Societes savantes de Lyon et du departement du Rhone. M. L. Cordier, membre du Conseil general du Calvados, repre- sentait la Societe" de Pont-1'Eveque ; M. Paul Target, auditeur au Conseil d'Etat , repre"sentait la Soci6t6 acad6mique de Lisieux ; M. de La Fresnaye si^geait au double litre de membre de Tlnstitut et de president de la 5ociet6 de Falaise ; M. Louis de Fontette repr6- sentait une section de T Association normande (la section de Tilly) ; M. de Mecflet, une autre section de la meme Compagnie. La Societ6 de m^decine de Caen avail de"le"gue" M. le docteur Leclerc ; la Society acade"mique de Bayeux etait repr^senl^e par M. de Bonnechose , un de ses vice-presidents ; la Socie"t6 des anti- quaires de Normandie, par M. de Formeville, son secretaire, et par M. Bourdon , auteur de la monographic du Monl-Sl. -Michel ; la Societe linne"enne de Normandie retail par M. le docleur Har- douin ; M. le vicomle de Cussy repr^sentait les Soci6t6s du de"par- tement de la Seine. 24 HISTOIRE Plusieurs membres litulaires de Tlnstitut avaient exprim< leurs regrets de ne pouvoir se rendre a la reunion : parmi eux , Pillustre comte de Merode, toujours a la tele des grandes enlreprises Iitt6- raires et scientifiques ; M. Le Gall , de Rennes ; M. de Blois , de Quimper ; M. Des Moulins , directeur provincial de 1'Institut pour le sud-ouest ; M. Fabb Auber , directeur provincial du centre ; M. Pelit-Lafitte, de Bordeaux ; M. Duchatellier, du Finistere ; M. Auguste Digot, de Nancy. La premiere stance s'est ouverte, le 9, par un resume verbal de M. de Caumont, directeur de 1'Inslitut, qui a rendu compte de sa gestion et des travaux de Tlnstitut depuis Tannee derniere. Apres ce resume , on a class6 un certain nombre de Mgmoires manuscrits , puis Ton a commence la discussion des questions du programme. Le soir , une seance administrative a eu lieu , dans laquelle quatre membres titulaires ont et6 proclames : MM. de Falloux, d6put6 de Maine-et-Loire ; Le Normand , sous-preTet de Vire ; Le- febvre-Durufle , de 1'Eure ; de Kerdrel, depute d'llle-et-Vilaine. Les travaux et les discussions ont et6 poursuivis avec activity le mardi 10 et le mercredi 11. La seance publique du mercredi 11 a ete magnifique ; plus de 480 auditeurs se pressaient dans la grande salle de PUniversite pour entendre le celebre astronome Le Verrier. Ce savant a , pendant deux lieures , captive son auditoire en lui exposant Thistoire de Laplace et de ses decouvertes. Une exposition de fruits et de legumes avait et organis^e par PInstitut dans la salle de la Bourse, d'accord avec la Socie"t6 d'hor- ticulture. MM. Hardouin et de Bonnechose en avaient dirige tous les preparatifs avec leur zele accoutum^. Une exposition de tableaux avait lieu en meme temps ; M. Bouet y avait donne tous ses soins. Les artistes de Caen avaient rivalis6 d'ernpressement pour repondre a Tappel de 1'Institut ; M. de La Sicotiere a fait, sur cette inteYessante collection , un Rapport qui a ete public^ DE L'INSTITUT DBS PROVINCES DE FRA.NCE. 25 ANNBE 1849. D'apres une deliberation prise en octobre 1848, rinslilut s'est reuni en seance generate le 7 avril 1849. Qualre membres titulaires et deux membres Strangers ont et elus. M. de Caumont a rendu compte de ce qu'il avail fait pour mettre a execution le projet d'etablir des expositions regionales. Des cor- respondances ont ete entamees par lui, et, en novembre 1848, il a prsid6, a Paris , une commission de membres de Tlnstitut dont faisaient partie le Directeur et le Secretaire de 1'Association bretonne, A Rennes, une seance tres-importante a eu lieu le 25 mars pour Tinstallation des bureaux du Congres ; M. de Caumont s'y etait rendu pour la presider et pour examiner, avecMM. Le Gall , Tarot et de Blois , secretaires-generaux , et avec les autres membres de rinstilut, les questions qui (Jevaient entrer dans le programme de la XVI e . session du Congres scientifique de France. M. de Caumont obtint de Tadministration municipale de Rennes une allocation de 3,000 francs pour aider aux depenses qu'enlraine- raient la tenue du Congres et Texposition regionale de Pouest; il s'engagea lui-meme a donner les medailles qui seraient decernee aux exposants. Le 6 juin 4849, I'lnstitut s'est re*uni a Paris , au Palais du Lu- xembourg , pendant la session du Congres central d'agriculture. Le cholera , en empechant beaucoup de membres de se rendre a Paris, a fait que la compagnie n'a tenu qu'une seance administrative. Si les circonstances 1'avaient permis , elle aurait eu une grande seance publique dont elle aurait offert la presidence a M. de Falloux , un de ses membres. MM. de Caumont et de Glanville ont juge que, dans des circonstances si defavorables , il fallait se bonier a une conference administrative. Cette conference a eu lieu le mercredi 6 juin. M. de Caumont, apres avoir resume en quel- ques mots les derniers travaux de I'lnstitut , a parle de son action sur les Congres scientifiques, sur les expositions regionales quMl a creees et des projets qu'il se propose d'executer ; il a presente la carte agronomique du Finistere et le memoire explicatif de M. Le 26 HISTOIRE Jean , de Morlaix , travail qui sera plus tard imprhne'. M. de La Londe du Thil , de la Seine-Infe>ieure , a e"te* admis candidat pour une des places auxquelles 1'Institut a nomine dans sa reunion de 18A9. Une discussion importante s'est engaged sur la direction a donner aux Congres scientiGques en ge"ne>al et aux Congres re"gio- naux en particulier. Exposition regionale de I'Ouest a Rennes en septembre 1849. La premiere exposition r6gionale de I'Ouest fut prgparee a Rennes par Tlnstitut des Provinces , et 1'epoque en fut fix6e au l er . sep- tembre, afin qu'elle comcidat avec Touverture du Congres scien- tiGque de France. Cette exposition a e"te* tres-belle, les tableaux onl&6 nombreux, plusieurs salles y eiaienl consacres; une vaste salle 6tail exclusivemenl re"serv6e aux sculptures et aux vilraux peints. C'est dans la halle aux toiles, batiment tres-bien dispose pour une exhibition semblable, que Texposition des produits des arts a eu lieu ; on avail d'abord choisi le palais de la Cour d'appel , puis on y avail renoncS pour plusieurs raisons dont la principale tenait a la difficult^ d'clairer convenablement les tableaux sans faire des frais considerables pour voiler certaines fenetres. L'exposition de Tinoustrie et des produits agricoles el horticoles a 6te improvisee en quelque sorte, car a Tarriv^e de M. de Cau- mont, le 30 aout , la commission charged de cette partie s'eiait dissoule, de^ouragte par quelques refus d'exposer, recus par des personnes sur lesquelle* on avail compt6 , mais que leurs affaires avaienl Torches de quiller Rennes a l^poque indiquee. M. de Caumonl pensa que 1'absence des produils esp^s, quelque regreltable qu'elle fftt , ne devail pas empficher Texposilion d'avoir lieu. II fil ouvrir immediatemenl les deux salles qu'on y avail deslinees, au rez-de-chauss6e de Fholel-de-ville, et pendant la session du Congres , on vit chaque jour ces deux salles se remplir DE L'INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. 27 de nouveaux objets d'un grand inlret pour 1'industrie du depar- tement d'llle-et-Vilaine, de quelques magnifiques legumes, d'in- struments aratoires perfectionne's, de meubles fabriques dans le de- partement d'llle-et-Vilaine , d'echantillons de divers bles, cultiv6s en Bretagne , etc. , etc. , et le jour de la cloture du Congres cette exposition piquait au moins aussi vivement la curiosite publique que Texposition des arts, Voici quelques extraits du proces-verbal de la stance dans laquelle les recompenses furent solennellement distributes par Tlnslitut. Apres un discours de M. Richelet , que Passembl6e applaudit vivement , M. Marteville, rapporteur du jury charge de 1'examen et du classement des objets qui formaient Imposition des produits de Tindustrie pr6sent6s par les 14 departements de 1'Ouest, a fait ressor- tir , dans un 6nonc6 succinct , mais circonstancie , le me>ite des objets pre"sente"s par les exposants. De nombreux articles d'6b^nisterie, plusieurs produits chimiques , des reliures de luxe et du plus beau travail , des armes d'un fini exquis, des objets de bimbelotterie, des cires, descuirs, des toiles et des tissus de plusieurs genres ont ete successivement recommandes a Tattention du public et proclaims comme ay ant merite" les suffrages du jury , et les distinctions ac- cordees par Flnstitut des Provinces. M. de Monthuchon , rapporteur du jury charge ti'apprcier le merite des objets d'art , a pris la parole et a lu un rapport sur rex- position de peinture et de sculpture. M. Aussant, charg6 de la proclamation des laure"ats, a rappele que Dieu , en cr6ant Tunivers , y mil non seulement ce qui devait servir a satisfaire les besoins mat^riels de riiomme, mais encore ce qui de- vait etre un spectacle agr&ible a ses yeux , une source de jouissances pour son ame. En meme temps qu'il placait au co2ur de sa creature outre le sentiment de ce qui est bon , une noble aspiration pour ce qui est beau, ila recherch6 si nous faisonsbien tout cequi conviendrait pour reconnaitre lous ces bienfaits de Dieu , en developpant par Teducation toules les aptitudes qu'il a mises en nous. 28 HISTOIRE Les m&lailles et les mentions honorables accordes aux laure'ats par rinstitut des Provinces ayant et d6cern6es aux artistes eux- memes, M. de Caumont , directeur del'Institut, a pris la parole et fait ressortir , dans un expos6 rapide et plein de fails , Tobjet que Tlnstitut s'est propose" en errant des expositions regionales, qui , en divisant la France en cinq grandes zones composers chacune d'un nombre a peu pres 6gal de de"partements , lui permettront chaque ann6e de s'essayer a ces grandes luttes dont le travail sait tirer un si grand fruit par la double voie de la comparaison et du succes. Cinq a six villes principales, designers par region pour recevoir suc- cessivement les expositions precit6es , d^rouleront ainsi sur tous les points a la fois Thistoire des travaux entrepris pour la plus grande gloire artistique et industrielle du pays. Voici le tableau des diffe"- rentes circonscriptions proposees par M. de Caumont pour les expo- sitions regionales. REGION DU NORD. Nord. Marne. Aube. Pas-de-Calais. Meuse. Vosges. Ardennes. Moselle. Haut-Rhin. Somme. Meurthe. Bas-Rhin. Aisne. flaute-Marne. VilUs dans lesquelles pourront avoir lieu les expositions ; Lille. Nancy. Troyes. Amiens. Metz. Reims ou Ch&lons. Strasbourg. REGION DU NORD-OUEST. Seine-Inferieure. Ille-et-Vilaine. Mayenne. Eure. C6tes-du-Nord. Sarthe. Calvados. Morbihan. Maine-et-Loirer Orne. Finistere. Manche. Loire-Inf6rieure. DE L'INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. 29 Villes dans lesquelles auront lieu les expositions : Rouen. Rennes. Angers. Caen. Nantes. Le Mans. Alencon. REGION DU CENTRE. Loiret. Nievre. Doubs. Cher. Vienne. Jura. Yonne. Haute- Vienne. Haute-Loire. Indre. Deux-Sevres. Cantal. Allier. Saone-et-Loire. Creuse. Indre-et-Loire. C6te-d'0r. Puy-de-D6me. Villes oil auront lieu les expositions : Orleans. Dijon. Poitiers. Bourges. Clermont. Niort. Moulins. Limoges. Tours. REGION DD SUD-OUEST. Charente. Tarn. Gers. Dordogne. Aveyron. Landes. Gironde. Aude. Hautes-Pyre"ne"es. Lot-et-Garonne. Pyrene"es-0rientales. Arriege. Tarn-et-Garonne. Haute-Garonne. Villes oil auront lieu les expositions : Bordeaux. Cahors. Pan. Toulouse. Carcassonne. Bayonne. REGION DU SUD-EST. Ain. Drome. Bouches-du-Rhone. Rhone. Vaucluse. Card. Ardeche. Basses-Alpes. He>ault. Loire. Hautes-Alpes. Isere. Var. 30 HISTOIRE Villes dans lesquelles auraient lieu les expositions : Lyon. Avignon. Montpellier. St.-Etienne. Marseille. Grenoble. Nismes. Exposition re'gionale du Centre et session de I'Institut des pro- vinces a Bourges , octobre 1849. Bravant les alarmes rpan- dues par le cholera qui ravageait une grande partie de nos de- partements , M. de Caumont est alle" a Bourges au mois d'aout, pour y pr6parer la reunion de I'Institut des provinces et le Congres arche"ologique de la Soci6te franeaise. En trois jours M. de Caumont cut tout prepaid , se fut assur6 du concours de S. E. le Cardinal ArehevSque de Bourges , du PreTet , du Maire. M. Mater , premier president de la Cour d'appel , fondatcur du musee , e" tail un patron tout naturellement acquis ; et , en effet, il s'empressa de metlreala disposition de I'Institut la grand e salle des assises , et M. de Caumont parlit , laissant a M. de Girar- dot les pleins pouvoirs ncessaires pour pre"parer la session , et organiser une double exposition des beaux-arts et de 1'industrie agri- cole et manufacluriere. II 1'autorisa , en meme temps , a s'ad- joindre M. Marshal , inge'nieur des ponts-et-cbauss6es , dont le zele a toute 6preuve et le savoir ont contribu6 pour beaucoup au succes de 1'entreprise. L'Institut des Provinces a ouvert sa session le l er . octobre. Jamais la compagnie ne s'etait reunie dans un local mieux appropri6 , par ses souvenirs, aux travaux de Teconomiste et la fois a ceux de Tarch^ologue. C'^tait dans un des plus somp- tueux palais du XV e . siecle , chef-d'oeuvre d'archi lecture civile, cisele jusqu'aux faites des toits sur la facade interieure ; chateau- fort, hertsse" de haules tours sur la facade ext^rieure, bati sur les anciennes murailles de la cit^; une des tours est romainejusqu'au second etage : c'est Fancien donjon , la tour de 1'ancien fief de la Chaussee, celle ou Jacques-Caw avail fail placer son Iresor sous la DE L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 31 sauvegarde (Tune porte en fer, encore aujourd'hui existante avec sa belle serrure. C'est la , dans le sanctuaire de sa prodigieuse fortune , qu'ila fait sculpter un bas-relief si curieux, e"ternel probleme pose aux arche'ologues, preuve d'une audace bien t6meraire dans un sujet heureux , si les interpret ateurs ont raison d 1 y voir autre chose qu'une fantaisie d'artiste. L'Institut des Provinces avait provoque" une double exposition re- gionale pour les d6partements du centre. Exposition de beaux-arts , exposition des produits de Tindustrie agricole et manufacturiere. Get essai a reussi au-dela de toute esp6rance, surtout si Ton songe dans quel temps il a e"te" tent, et que Ton n'a eu que six semaines pour s'y prparer. 38 medailles donn6es g6n6reusement par M. de Caumont ont e"te" distributes aux exposants. Les six jours de session ont te" trop bien nourris de lectures et de discussions pour que nous ayons la pense"e d'en faire ici Tanalyse. Le Compte-rendu est d'ailleurs destin6 a paraitre dans les M^moires ieurement fixee, MM. Aussant, a Rennes; Succ, a Nantes ; de La Sicotiere, a Alencon; Drouet et Hucher, au Mans; Godard-Faultrier, a Angers; R. Bordeaux, aEvreux, et de Glanville, a Rouen , sont charge's d'examiner les differents objets qui pourront etre admis a Imposition. Le jury central sera nommS ul- terieurement. Le direct eur de I'Institut , A. DE CAUMONT. Conside"rant qu'une exposition de tableaux s'ouvrira a Toulouse le 15 juin 1850, I'Institut des provinces s'associant a cette pens6e , arrfite que 1'exposition de Toulouse sera pour le Sud-Ouest de la France Texposition regionale de 1850 : I'Institut des provinces offrira deux me"dailles spe"ciales aux exposants et se fera repr6senter a cet effet par un de ses membres a la distribution des recompenses , qui aura lieu a la fin de Imposition. Le directeur de I'Institut , A, DE CAUMONT. Ouvrages approuves par I'Institut des Provinces. Considerant que beaucoup d'auteurs ont prie* Tlnstitut de faire examiner leurs ouvrages imprimis ou manuscrits , afm d'obtenir des rapports , une ou plusieurs commissions seront nomme'es pour proceder a cet examen. La commission de ragriculture a deja approiiv6 deux ouvrages que rinstUut recommande comme pouvant etre repandus partout avec avantage, ce sont : 1. Veill^es villageoises ou entretiens sur Tagriculture moderne, a Tusage des ecoles primaires rurales. 1 voL in-12 , par M. NEVEU DK ROTRIE, de Nantes. 2. Traite" etementaire d'agriculture pratique. 1 vol. n>12 , par M. P. DCDEZERT (du Calvados). Les ouvrages recommandes par Tlnstitut des provinces seront annonces dans TAnnuaire de I'Institut. Arrete" a Paris le l cr . Janvier 1850. Le directeur de I'Institut > A* DE CAUMONT. 34 HISTOIRE Arrete concernant les cartes agronomiques, Conside"rant que Tlnstilut des provinces a pris sous son patronage 1'execution des carles agronomiques ; qu'il a envoye" a tous ceux qui 1'ont reclam6 le plan qui a e"te propos6 et adopts pour Fexe"cution de ces cartes dans chaque d^partement ; ConsidSrant d'ailleurs que 10 cartes agronomiques se terminent sous sa direction et qu'il est urgent d'aviser aux moyens de les pu- blier ; Conside"rant enfm que 1'administration centrale ne porte a ce genre de travail aucun intent et qu'elle ne comprend pas ce qu'il pourra avoir d'utile pour le pays, 1'Institut des provinces de France arrete ce qui suit : ART. l er . Des demarches seront faites aupres des conseils-g^ne"- raux des departements pour obtenir les fonds ne'cessaires pour la pu- blication de ces cartes. ART. 2. Une commission avisera aux moyens de les publier 6co- nomiquement, et autant que possible sur la meme 6chelle. Arrete" a Bourges le 6 octobre 1849. Le directeur-ge'neral , DE CAUMONT. Arrete concernant I' etude de la Geographic ancienne de la France. L'Institut des Provinces, voulant regularise!* le travail qui pent etre imm^diatement entrepris pour Texploration de plusieurs voies romaines, dans le but de rectifier les erreurs qui ont e"te commises, nous avons arrte" ce qui suit : ART. l er . M.Bordeaux, docteur en droit , inspecteur division- naire de TAssociation normande, est chargS de presenter, d'ici a urie prochaine session , le trac6 d^finitif et rectify de la voie ro- raaine conduisant de Paris (Lutetia) a Evreux ( Mediolanum ) , d'Evreux par Brionne a Lisieux ( Noviomagus ) , de cette ville a DE L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 35 1'ancien Bayeux , el de Bayeux a Cherbourg par Crociatonum et Alauna. Un trac6 de cette route sera present^ sur une carte a tres- grand point. Tous les vestiges reconnus a proximity de cette voie , tels que ruines de villcc ou maisons de carapagne , marbres , po- teries , medailles, objets en bronze , seront indiqu^s sur ce plan par des signes conventionnels. ART. 2. M. 1'abbe Desnoyers, membre de Tlnstitut des Pro- vinces, a Orleans, inspecteur de la Soci6te francaise pour la con- servation des monuments, est charge" d'un travail analogue sur la voie romaine qui mettait Paris en communication avec Orleans et sur celle qui continuait d'Orleans a Bourges. ART. 3. M. le B" 1 . de Girardot et M. Marechal, membres de Tlnstitut des Provinces, a Bourges, sont charges de continuer le travail de Bourges a Neris. ART. A. M. Bouillet , sous-directeur de Tlnstitut pour le centre de la France , reliera aux travaux precedents ceux qu'il a fails sur les voies et les antiquites romaines de cette contree. ART. 5. M. Tabb6 Auber, historiographe du diocese de Poitiers, est charg^ de presenter le tableau deflnitif et rectifiS des voies ro- maines du Poitou et de celles de TAngoumois. ART. 6. M. Tabbe Texier est charg6 du meme travail pour le Limousin, il devra rattacher ses recherches a celles de MM. de Gi- rardot et Marechal sur les voies du Berry. ART. 7. M. Des Moulins de Bordeaux entreprendra tememe tra- vail de rectification pour le Bordelais et le Perigord. ART. 8. M. TabbS Lacurie , membre de 1'Institut , a Saintes , s'occupera du meme travail pour la Saintonge et TAunis. ART. 9. MM. Victor Simon, deMetz, etDigot, de Nancy, membres de I'lnstitut, sont charges du meme travail dans les departements de la Moselle, de la Meuse, de la Meurthe et dela Haute-Marne. ART. 10. MM. Niepce de Chalons-sur-Saone , Victor Petit de Sens et deFontenay d'Autun, sont charges d'un travail analogue pour les departements de Sa6ne-et-Loire, de TYonne et de la Cote-d'Or. 36 HISTOIRE D'autres commissaires seront ulte>ieurement nommes pour les autres centimes de la France. Bourges, le 7 octobre 1849. Le directeur-gc'neral de I'Institut f DE CAUMONT. Arrtte relatif a V elude des ecoles provinciates d' architecture. Considrant que les recherches relatives a la geographic des styles architectoniques n'ont pas e"te" completees depuis le travail prsente au Congres scientifique de France reuni au Mans en 1 839 ; que ce sujet est un des plus interessanls a etudier ; ConsidSrant que le style roman presente de notables differences dans le systeme des moulures etdes ornements sculptes employes a la meme poque dans diverses provinces de France ; que les ornements romans de la Bourgogne ressemblent peu ceux du nord-ouest et que chaque region presente avec la region voisine des analogies et des dissemblances qu'il importe de preciser et d'expliquer : I'Institut, d'accord avec la Societ francaise pour la conservation des monu- ments, charge sp6cialement d'etndier ces fails dans chacune des circonscriptions suivantes, les commissaires dont les noms vont etre indiques. ART. l er .^M. Ch. Des Moulins , L^o Drouyn et de Verneilh, sent charges de determiner, par une etude approfondie des monu- ments d'architecture romane, de leur style, de leurs moulures, quelles limites on peut tracer dans le sud-ouest de la France aux ecoles d'architecture pendant le moyen-age; ils devront s'attacher a indiquer les caracleres qui differencient ces diverses e"coles de celles du Poitou , du Limousin et des autres regions voisines , et presenter des dessins & 1'appui de leurs observations. ART. 2. Un travail analogue sera fait par M. 1'abbe Crosnier, membre de I'Institut, sur les monuments de la Bourgogne com- pares a ceux des provinces avec lesquelles elle se trouve en contact. DE L'INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 37 ART. 3. Un travail analogue * sera fait par MM. Bouillet et Mallet pour les departements du centre. D'autres commissaires seront charges de continuer le travail dans d'autres circonscriptions. Arrete^a Paris le l er . Janvier 1850. Le directeur de I'Institut , DE CAUMONT. Arrete concernant la continuation du Gallia Christiana. L'Institut des provinces de France , considerant que si le Gallia Christiana doit etre continu6 par les be"n6dictins de Solesme, il im- porte de faciliter la reunion des documents qui devront etre con- suites pour ce grand travail, arrete qu'une commission sera nommee a cet effet. Cette commission se composera de MM. L'abbe AUBER , de Poitiers. L'abbe LACURIE, deSaintes. L'abb6 LOTTIN , du Mans. L'abbe Voism , du Mans. BIZEUL, de Blain (Loire-Inferieure). BARTHELEMY, inspecteur divisionnaire de la Socieite" francaise, an- cien eleve del'ecole des chartes, a St.-Brieux. DE BLOIS, depute, membre de I'Institut. Du CHATELLIER, de Quimper. GUIMARD , inspecteur des monuments des C6tes-du-Nord. REIDET , archiviste du Poitou. Arrete a Paris le l er . Janvier 1850. Le directeur de I'Institut , A. DE CAUMONT. Arrete concernant les elections. Considerant que le nombre des membres titulaires de I'Institut des provinces est fixe a 200 par le rglement et qu'il n'y a plus que 30 places vacantes; 38 HISTOIRE Conside>ant qu'il importe de computer le nombre present , mais qu'il est ne"cessaire d'examiner avec la plus scrupuleuse attention les titres des 430 candidats qui se sont pre"sente"s, afin de proc&ler avec toute la maturity possible aux choix qui doivent etre faits, le bureau de 1'Institut arrete ce qui suit : ART. l er . Une commission composed de MM. Des Moulins, de Bordeaux, Bouillet, de Glermont, Digot, de Nancy, sera adjointe au comite des Elections, et terminera avec lui le travail commence sur les titres des candidats. ART. 2. 20 membres titulaires seront e"lus dans le courant de Tanne"e 1850. ART. 3. Les 10 autres nominations n'auront lieu qu'en 1851. Le directeur~general de I'Institut, A. DE CAUMONT. Administration des immeubles et des capitaux, Considerant que des donations testamentaires et d'autres dona- tions pouiTont tre faites a I'lnstilut des provinces; qu'il importe de prendre a 1'avance des mesures pour garanlir la bonne admi- nistration des capitaux et des immeubles, une commission composee de MM. le te . Felix de Merode, de Trelon, Des Moulins, de Bor- deaux, Lambron, de Tours, Dudezert, de Caen, et Digot, de Nancy, sera conjointement avec le bureau charged d'administrer les pro- priete"s ou les capitaux de Tlnstitut. Cette commission corresponds avec le tre"sorier en chef de TJns- titut et se re"un ? ra sous sa presidence si les affaires de Tlnstitut Texigent. Le directeur de I'lnstitut , A. DE CAUMONT. DU CONGRES SCIENTIFIQUE DE FRANCE. 39' U1STOIRE DU CONGRES SCIENTIVIQIJE. Le precedent Annuaire contenait Thistoire des Congres scienti- fiques jusqu'a 1'annee 18A5 inclusivement. Nous aliens faire connaitre les resultats des sessions qui ont eu lieu de 1846 a 1850. Une grande transformation s'opere de nos jours dans le monde academique : aujourd'hui que les connaissances sont le domaine de tous, les grandes reunions acade"miques fondles par M. de Caumont, sous le nom de Congres, sont devenues indispensables , elles ont pour but : D'abord, d'activer et d'encourager les travaux de chacun, en reunissant les homines qui peurent s'6clairer mutuellement de leurs conseils. En second lieu , de rechercher les moyens de donner aux tra- vaux des savants re"unis en corps, une direction meilleure, un plan mieux defmi, Tensemble et runite" qui leur manquent. Troisiemement , d'examiner l'6tat actuel des sciences et des lettres , et de discuter les questions ge"ne"rales qui en inte>essent Tavancement et la prosperity. Ce but a e"te" atteint dans toutes les contrees ou des sessions ont eu lieu, et les 18 volumes de comptes-rendus publics, depuis 1833 (1), par le Congres, sont un ouvrage des plus curieux a lire : on y voit Thistoire des eludes et de leurs progres dans les de"partements durant les 15 annees qui se sont ecoulees depuis que M. de Caumont a import^ en France ces grandes reunions que 1'Allemagne avait inau- gurees plusieurs anne"es auparavant, sous les auspices du savant C |e . Alexandre de HumbcldU (i) Pari, Derache, rue al , Tautre par M. Aussant , president de la commission de Texposition regionale orga- nis6e par Tlnstitut des Provinces. Le Congres s'est transports a la salle d'eXposilion de sculpture et de pelnture , pour en faire 1'inauguration , ayant a sa tete M. le 44 HISTOIRE general Duvivier , M. TEvSque et M. le Maire de Rennes , le Prefet d'llle-et-Vilaine et M. de Caumont, directeur-general de 1'Institut des Provinces. De retour a THotel-de-Ville , le Congres a precede , par la voie du scrutin , a la nomination du president [general , et de quatre vice- presidents. Ont ete eius a la majority relative des suffrages : President, M. Richelet , membre de 1'Institut des Provinces. Vice-presidents : MM. Roux, dele"gue des Societes savantes de Marseille ; de Caumont , directeur de 1'Institut des Provinces ; de La Porte , membre de 1'Institut des Provinces ; de La Chouquais , president de chambre la Cour d'appel de Caen. Le lendemain les sections se sont constitutes. La premiere section a elu pour president M. 1'abbe Noget , supe" - rieur du seminaire de Sommervieux , membre de 1'Institut des Pro- vinces ; pour vice-presidents , MM. Duval , directeur de 1'ecole de medecine de Rennes ; Feuillet , juge de paix a Lyon ; Moriere , de 1'Institut des Provinces , directeur des cours spetiaux a Caen. La seconde section a &e" pre"side par M. Duchatellier , de 1'Institut des Provinces. La troisieme section avait choisi pour president le docteur Bally, de 1'Institut des provinces. La quatrieme avait pour president M. Lambron de Lignim , de Tours ; pour vice-presidents : MM. Bourdon , de Caen ; le C te . de Mellet, de la Marne ; d'Isarn, de Nantes , et Bizeul, de Blain. Enfin la cinquieme section , pr6side par M. Aussant , de Rennes, membre de 1'Institut des provinces, avait pour vice-presidents : MM. Turquety , de Rennes , Le Peltier Des Landes , d6iegu du Mans , de Leon , de Rennes. La &VH e . session dn Congres s'onvrira a Nancy le f er . septembre 1$5O. DU CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE FRANCE. 45 Congres archeologique de France. CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE 1846 , A METZ ET A TREVES. Le Congres archeologique de France n'a pas et6 moins important a Metz et a Treves, en 1846, quMl ne 1'avait 6t6 a Lille, en 1845. De brillantes fetes ont eu lieu dans ces deux villes. La reception de la Socite francaise a Treves a 6te magnifique et des plus impo- santes ; elle s'est faite au bruit re"pet6 des d^charges d'artillerie. Le compte-rendu du Congres peut seul donner une id6e de 1'interet des seances et des excursions. Les membres de la commission d'organisation avaient rivalis6 de zele. M. le comte du Coetlosquet, qui avait &e particulierement , depuis six mois, chargS de la correspond ance , s^tait acquitte de cette mission avec denouement, MM. les secretaires ont apport, pendant la session , beaucoup de soin dans la redaction des proces- verbaux : citer MM. Victor Simon, Le Petit, baron de Roisin , baron d'Huard , deGlanville, Tabb6 Rollin, Arth, Girard, Prost, Digot, c'est rappeler aux lecteurs du Bulletin des hommes qui ont fait leurs preuves , et dont le denouement egale le m6rite ; c'est en meme temps leur annoncer que le compte-rendu est curieux et bien nourri. La ville de Metz a pris a ses frais Timpression du vo- lume et des planches qui y sont annexees. Graces lui en soient rendues ! Que ce bon exemple soit imit6 par les villes ou se tien- dront les sessions prochaines, et la Soci6t6 francaise saura repon- dre , par ses travaux , a des encouragements si honorables. CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE 1847, A SENS. 100 membres ont assidument suivi les seances ; et Tintret qu'elles ont oflfert 6tait tel que les dames de la ville s'y rendaient en grand nombre et n'ont pas cess6 d'6couter avec plaisir les discussions. Mg r . 1'archeveque de Sens a preside les premieres seances. M. de 46 HISTOIRE Magnitot, sous-pr6fet, M. Le Mairect les principaux dignitaires de la Societe sie"gaient au bureau. On a remarque" parmi les derniers M. de Glanville, inspecteur de la Seine-Infe"rieure ; M. Tabbe" Cros- nier , inspecteur du dpartement de la Nievre; M. Tabbe" Tridon , inspecteur de TAube ; M. de Lambron , secretaire-general du Con- gres scientifique de France; M. G. de Soultrait , inspecteur de TAllier ; M. de Fontenay , membre du conseil-g6n6ral administratif a Autun ; M. Pabbe Devoucoux , d'Autun ; M. le marquis de La Porte , de Vendome ; M. Gaugain , tre'sorier en chef de la Societe ; M. Prow, president de la Societe arche'ologique de Sens ; M. V\gnon, secretaire, et M. Latlier , vice-president de la meme Societe. M. Thiollet , professeur a l^cole d'artillerie de Paris , et M. Pernot , peintre , membre de plusieurs Soci6t6s archologiques, ont rivalis6 de zele, pour dessiner les monuments et les debris antiques de Sens. M. de Caumont a dmontr6 que les ruines dites Camp- du-Sciar , n'etaient autre chose que les restes d'un monument dont le plan se rapporte a celui des thermes de Diocl6tien , a Rome, et qui avait probablement eu une destination pareille. M. Tabb6 Crosnier a donne" les interpretations les plus judicieuses des sculp- tures qui dcorent les eglises de Sens et des environs. M. Lallier a decrit, avec un incontestable talent, les pierres antiques trouv6es dans les murailles et interpret^ leurs inscriptions. M. Prou a present^ un memoire sur les fouilles r6cemment faites dans plusieurs tombelles. M. Vincent Larcher, peintre-verrier de Troyes, avait fait une exposition de plusieurs verrieres qui ont e"te" examinees par une commission. Apres avoir entendu le rapport de M. Delligant , organe de cette commission , le Congres a decern6 une medaille d'argent a M . Vin- cent Larcher. Des m6dailles d'argent ont aussi 6te" decern^es a M. Le H^richer d'Avranches, pour son ouvrage intitule : YAvranchin historique et monumental; a M. Thiollet et a M. Pernot, DU CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE FRANCE. 47 Le 5 juin, le Congres a 616 clos apres une brillante stance qui a dure pres de k heures> Le seconde partie de la session a eu lieu a Angouleine les 15, 16 et 17 septembre, et b Limoges les 20, 21, 22 et 23. M. Des Moulins, inspecteur divisionnaire , s 1 e"tait charge" des pr6pa- ratifs de cette seconde partie de la session du Congres arche"ologique , qui a pr6sente un grand inte"ret. 1S48. En 18A8, il n'y a pas eu de Congres, MM. de St.- Mesmin , et Baudot , secre'taires-g^ne'raux , n'ayant pas cru devoir faire les convocations, malgre Tinvitation pressante qu'ils en avaient rec.ue de M. de Caumont. SESSION DE ISA 9. La derniere session a eu lieu ci Bourges, les 1, 2, 3, A, 5 et 6 octobre 18A9. M. Auber, inspecteur divisionnaire du Poitou ; M. Bouillet, inspec- teur divisionnaire de TAuvergne ; M. le baron de Girardot, membre du conseil administratif ; MM. Margchal, Tabb6 Crosnier, marquis de Vogu6 , G. de Soultrait , L. Gaugain , Lambron de Lignim , de Bengy de Puy valle"e, Le Maistre d'Anstaing, Th6venot, comte L. de Kergorlay, Boucher de Perthes, Tabb6 Augustin , de Bu- zonniere, de La Tremblaye, comte de Mausabre", E. Bussiereg, Peters , Berry , Charon , Thiollet , de Bengy de Puyvallee ills , Melchior de Vogu6 , 1'abb6 Le Noir , Blin , le commandant Steingel, Herpin de Metz , Boudent , Migue, ont, pendant la duree de la session, communique des renseignements du plus haul inte"ret. En 1850, le Congres archeologique s'ouvrira a Auxerre le 15 juin pour la l re . partie de sa session , et a Clermont-Ferrand le 25 pour la 2 C . partie. L'Institut des Provinces se trouvera , ft Clermont, rguni a la Soci^te francaise. 48 HISTOIRB DO" CONGRES CENTRAL D' AGRICULTURE . Congres central clAgrf *nHwBe. Le Congres central d'agriculture a tenu regulierement une session chaque annee h Paris. La Revolution de fevrier se faisait, en 4848, le jour meme ou il devait ouvrir sa session ( 24 fevrier); les barri- cades n'avaient pas empeche plusieursde ses niembres de se rendre a la Sorbonne: toutefois la session fut retarded jusqu'au 28. Le bu- reau fut compost de M. de Gasparin, president, et de MM. Dupin aine, Fouquet d'Herouel, de Tracy, de Caumont, vice-presidents. En 1849 , M. DUPIN a 6te nomme president ; MM. de Vogue , Darblay , de Kergorlay , vice-presidents. En 1850, le Congres se r^unira le 18 mars , au palais du Luxembourg. Congres regionaux. Les Congres regionaux des Associations Normande, Bretonne, du Nord et de TOuest, ont eu lieu chaque anne dans une des villes de leurs circonscriptions respectives. Les Congres r6gionaux de TAssociation Normande ont t tres- nombreux et les concours provinciaux pour le betail magnifiques. Le Congres regional de TAssociation normande a eu lieu a Argentan (Orne) en 1846. a Carentan (Manche) en 1847. a Bernay (Eure) en 1848. a Pont- l'vque (Calvados) en 1849. II aura lieu a Fecamp ( Seine-Inferieure ) en 1850, et s'ouvrira le 18 juillet. m