ANNUAIKE DE L'lNSTITUT DES PROVIDES. ANNUAIRE DE L'INSTITUT DBS PROVINCES BIS 1838. Farait tcus les ans, du S cl '. au 15 fsTrier. 1 (DERACHE , RUE DU BOULOY , 7 ; (DENTU, PALAIS-ROYAL; CAEN, A. HARDEL, RUE FROIDE , 2. PERSONNEL BE L'INSTITUT DBS PROVINCES en 195V; PAR M. DE CAUMONT. Les membres de Tlnstitut des provinces morts en 1857 sont au nombre da six : MM. le comte DE MERODE , le baron D'HOMBRES-FIRMAS , le prince Ch. BONAPARTE , le baron CHAILLOU DES BARRES, COMMARMOND, de Lyon, BERTINI , de Turin. M. le comte Felix DE MERODE, inspecteur divisionnaire de la Societe" francaise d'arch^ologie, est mort & Bruxelles, an commencement de Tanne'e 1857; jamais perte n'a e'te plus douloureuse pour PInstitut des provinces et pour la Socie'te' francaise d'arche*ologie dont il etaU un des membres les plus d^voues. Toutle monde connait le r61e Eminent qu'avait joue* , en Belgique, le comte Felix de Mrode dans les e"ve'nemenls politiques de 1830. Get illustre rejeton d'une des plus an- ciennes families de ce pays , montra un denouement, une e"nergie et un desinte*ressement qu'on ne rencontre plus dans les toes de notre si&cle. On sait qu'il ne voulut pas de la royaute* que lui offraient ses compatriotes. Mais ce que tout le monde ne connaissait pas, c'etait sa honte" , sa simplicity , sa franchise , son gout decide pour I^tude. Il vint, il y a 15 ou 16 ans , dans le Calvados, pour y visiter les principaux Edifices de nos villes et de nos campagnes. Depuis celte epoque , il a souvent VI PERSONNEL DE L'lNSTITUT DES PROVINCES assist^ aux reunions ge"ne"rales de la Societe" franchise d'arche'ologie et a plusieurs sessions du Congres scien- tifique de France. A Nlmes, en 184/4, il fut elu vice- president general dn Congres scientifique. II fut encore appele a cette fonction , Panned suivante , a Reims ; la inline anne"e , a Lille , il avait preside" plusieurs stances du Congres arche"ologique. En septembra 1846, il faisait partie de notre bureau, a Autun et a Chalons, ou se lenaient des stances generates de la Society francaise. Enfin il pre"sidait , a Laon , le Congres archeologique en 1851. M. le comte de Me"rode correspondait fre"quemment avec Tlnstitut des provinces et la Socie"te franchise d'ar- chtologie; avant sa mort, il enlretenait encore celle- ci des observations qu'il avait faites dans ses dernieres excursions en France et en Allemagne. M. le baron d'HoMBREs-FiRMAs estmort a Alais (Card). Les travaux m^tdorologiques, paleontologiques et agri- coles de M. le baron d'Hombres-Firmas sont connus dans tons les pays , et TAcade'mie des sciences Tavait , il y a long-temps , elu membre correspondant dans la section d'^conomie rurale. M. le baron d'Hombres-Firmas avait, pendant plusieurs anne"es, fre'quente' les Congres scientifiques de la France, de Tltalie et de TAllemagne. Nous avions, en 18AO, etabli des rapports intimes avec lui dans unedeces reunions et, depuis lors, nous avons pu le compter au nombre de nos amis les plus de"voues. Sans parler des diverses reunions auxquelles il prit part avec nous , il rendit , en 18M , un grand service a Prostitution des Gongres scientifiques. M. Lallemand , correspondant de Plnstitut de France & Montpellier, avait effectivement demande et obtenu pour EN 1857. Til cette ville la XIP. session du Congres scientifique de France ; mais , quelques mois avant Fouverture de cette session, il rn'envoya sa demission, declarant que tout son temps allait etre absorbe par les soins qifil voulait donner a Famelioration de Fetablissement thermal du Vernay, dans les Pyre'ne'es, devenu sa proprie"le. M. Lallemand ajoutait qu'il ne connaissait personne , a Monlpellier , qui put accepter la mission de le remplacer dans les pr^pa- ratifs du Congres. L'embarras etait grand, je pensai immediatement a M. le baron d'Hombres-Firmas et a transfe"rer la session a INimes : la proposition que je lui fis fut acceptee, et, quelques jours apres , M. d'Hombres-Firmas venait a Paris , recevoir de Flnstitut des provinces , convoque extraordinairement, chez moi, rue Richelieu, 63, sa no- mination de secretaire-general de la XII C . session. Cette session , convoquee par MM. d'Hombres-Firmas et de La Baume, fut tres-satisfaisante , malgre" le pen de temps qui restait pour la preparer; elle fut presidee par M. le comte de Gasparin, ancien ministre, membre de Tlnstitut. Deux ans apres ( 1846 ), M. d'Hombres-Firmas siegeait au Congres scientifique de France, a Marseille, et au Con- gres scientifique italien , a Genes. Qifand M. Dumas , ministre de 1'agriculture , du commerce et des travaux publics, reconstitua le Conseil general de 1'agriculture en 1849, il y appela, pour repre'- senter le departement du Gard , son vieil ami , le baron d'Hombres-Firmas, et nous partagearnes avec lui, pendant un mois, les travaux de cette session qui s'ouvrit sous la presidence de Sa Majeste Napoleon III, alors president de ia Republique. A partir de 1850, M. d'Hombres-Firmas parut rarement b VIII PERSONNEL DE L'lNSTITUT DES PROVINCES] aux grandes reunions scientifiques , au sein desquelles if aimait tant a se trouver, parce qne la surdite dont il 6tait pre'ce'demment affecte* fit des progres qui ne lui per- mettaient plus d'entendre les discussions; maisil n'enfut que plus laborieux dans son cabinet ; il continua de cor- respondre activement avec ses amis et avec les Societes savantes dont il faisait partie ; malgre" son age avance" , il a pu 6tudier et travailler jusqu'au dernier moment. M. d'Hombres avait e'te' maire d'Alais et membre du Conseil-gene"ral du Card ; il e"tait , depuis plus de trente ans, chevalier de la Legion-d'Honneur.! M. le prince CH. LUCIEN BONAPARTE ( prince de Ca- flino ) , qui avait long-temps habite" Rome et qui avait e'pouse' sa cousine , la fille du roi d'Espagne Joseph , ^tait correspondant de 1'Academie des sciences de Tln- stitut ; le prince avait conquis ce litre par des travaux considerables sur Panatomie comparee , notamment sur 1'ornithologie. Nous avons , comme on le sait , fonde , en 1833 , le Congres scientifique de France ; le prince de Canino voulut, six ans apres (1839) , etablir un Congres sem- blable pour Tltalie , et il le convoqua a Pise. Nous avons dit , dans le Bulletin monumental , en quoi le Congres italien differait du notre , quant au mecanisme et a la division des sections. Le prince assista, en 18A1 , au Congres scientifique de France , a Lyon. On sait quel role le prince a joue dans la revolution romaine ; nous ne Tavons relrouv^ qu'apres son entree en France. Alors, il se mit tout entier a 1'etude et futun des membres les plus assidus des seances hebdoma- EN 1857. ix daires de PAcadcniie des sciences ; il vint au Congres scientifique de France , a Nancy , en 1850 , et y pre- sida la section des sciences physiques ; il assisla regu- lierement aussi aux seances du Gongres des delegues des Societes savantes, a Paris. DernierementM. le Prince de Canino avail visile les collections de la Faculte de Caen , celles de M, Le Pretre et celle de M. de La Fres- naye , a Falaise; a cette epoque , sasanteetait deplo- rable et sa mort , arrivee en juillet 1857 , n'a elonne personne. M. le baron CHAILLOU-DES-BARRES , officier de la Le"gion-d'Honneur et grand-croix de Tordre du Merite de Baviere, etait ne en Nivernais, dans 1'annee 178/t, et avait long-temps occupe de hauts emplois dans radminis- tration. Il avait et6, des Tannee 1805, auditeur au Conseil d'tftat ; puis , en 1807, intendant de la SiMsie; en 1809, prefet de TArdeche,et, en 1815, prefet de la Creuse. Hendu plus tard a la vie privee , il put se livrer a Taise a son gout pour les sciences et les lettres. 11 publia , en 1821 , un Essai sur la legislation des grains , oeuvre dans laquelle sont retracees toutes les vicissitudes de la reglemenlalion de cette matiere , en meme temps que sont mises en lumiere les doctrines les plus irrepro- chables d'une saine economie politique. Un peu plus tard, il fit representer , a 1'Academie royale de Musique, Topera de Lasthenic , dont Herold avait fait la musique , et qui eut vingt-cinq representations. Il fut, en 1828, Tun des fondateurs d'un journal politique pour le departement de TYonne, sous le titre de Memorial, qui eut, pendant quatre ou cinq ans , un Ires-grand succes. Apres cette epoque, ses eludes se tournerent exclusivement vers X PERSONNEL DE I/INSTITUT DES PROVINCES rhisloire et 1'archeologie. Un recueil annuel, VAnnuaire de I'Yonne, qu'il contribua a creer, publia, a partir de 1837, plusieurs notices de lui sur Tabbaye de Pontigny et sur quelques residences seigneuriales de cette contree. II les a depuis reunies et publie'es a part. Membre du Conseil general de TYonne, depuis 1831, il a ete" long- temps le secretaire de cette Assembled. Ll fut nomme membre de 1'Institut des provinces, en 1851, etassista, en cette qualite, a plusieurs congres scientifiques, notam- ment a celui de Dijon, aux congres archeologiques de Sens, Nevers et Auxerre; et, Paris, a plusieurs des congres des de'legues des Societes savantes. Plein de devouement pour les interns de la science et de Fart , il etait, depuis plusieurs ann^es, president de la Societe* des sciences de TYonne , et venait d^tre nomme' president de la Societe* centrale d'agriculture de ce departement. Il est mor-t a Palis, le 22 aout dernier, a Tage de 73 ans (1). M. A. GOMMARMOND , conservateur du mus^e lapidaire de Lyon, chevalier de TAigle-Rouge de Prusse (4 e . classe} et de Tordre de St. -Maurice , vient de mourir (decembre 1857). On n'oubliera jamais le devouement avec lequel cet honorable membre de Tlnstitut des provinces avait rempli les fonctions, importantesetdifficiles, de secretaire-general du Congres scientifique de France en ISZil. Cette session du Congres a ete la plus nombreuse et la plus belle de ioutes celles qui ont eu lieu depuis Torigine de Finsti - tution , si Ton excepte celle de Strasbourg qui a snrpasse toutes les autres. M. Commarmond , qui portait un grand (1) Renseignemenls fournis par M. Challe, d'Auxerre, SOUST ^lireeteur de 1'Institut des provinces. EN 1857. xi interet a ces reunions , auxquelles ses fonctions ne lui ont pas permis d'assister chaque anne"e , a preside la section d'arche'ologie a Strasbourg , en 18&2 ; inspecteur divisionnaire de la Socie'te francaise d'archeologie, il or- ganisa les reunions gene"rales de cette Compagnie qui se tinrent, pendant deux jours, a Lyon, en 1846. M, Commarmond etait possesseur d'un cabinet d'anti- quites d'une grande valeur , que la ville de Lyon avait achete" , il y a quelques annees. La collection lapidaire de Lyon s'est enrichie , sous M. Commarmond , d'un nombre considerable de monu- ments epigraphiques , qui appartenaient a divers parti- culiers et qui se trouvaient e'pars dans plusieurs quartiers de la ville ; ces conquetes importantes sont dues , pour la plupart , aux actives demarches du conservateur dont le gouvernement fera ^poque dans Thistoire'de rimpor- tante collection deLyon, la plus considerable de France. M% Commarmond avait commence la description de toutes ces richesses et avait public" , il y a quelque temps, un magnifique volume d'e'pigraphie, qui a fait sensation a l^tranger, puisque c'est a cette publication que Pauteur a du la decoration de St. -Maurice etcelle deTAigle-Rouge : il n'e"tait pas encore membre de la Le"gion-d'I!onneur, quoique cette distinction lui cut etc" promise il y a 17 ans ; et ce n'est pas le seul exemple que nous ayons du peu d'empressement que Ton met chez nous a recompenser les travaux scientifiques^de la province, et de Tindifference qu'on temoigne pour les publications qui ne sortent pas de Paris , lesquelles meme sont appreciees a Tetranger. Nous ne dirons rien des autres publications de M. Commarmond , qui sont nombreuses et qui , presque toutes , ont rapport & Tarch^ologie et a la numismatique. XII PERSONNEL DE L INSTITUT DES PROVINCES. M. BERTINI , commandeur de Tordre de St.-Maurice , officier de la Legion-d'Honneur, membre de la Charnbre des de'pute's de Sardaigne et ancien doyen de la Faculte de Me"decine de Turin, est Tauleur d'un grand nombre d'ouvrages estime"s. II avail , depuis vingt annees , assiste constamment aux sessions du Congres scientifique de France ; il en avait e" te e"Iu vice-president general quatorze fois , et avait preside une fois la section de Me"decine. Chaque annee , on dtait sur de trouver le savant Italien arrive , un des premiers , dans la ville oil se tenait le Congres. L'annee derniere encore , il quittait La Rochelle pour se rendre a Bruxelles , ou , trois jours apres, il etait elu vice-president general du Congres de bienfaisance. Quoique M. Bertini tut d'un age avance (79 ans) , son excellente sant6 et son activity , qui ne s'etait pas ralentie depuis vingt ans, faisaient espe"rer pour lui une carriere encore longue. Il est mort , le 23 avril , a Borge , sa ville natale, dans la province de Saluces, ou il etait alte passer quelques jours. Douze membres nouveanx ont e"te" elus , en 1857, par Tlnstitut des provinces. XIII COMPOSITION DU BUREAU. Directeur-general: M. DE CAUMONT $ jfr C $< , fondateur des Congas scientifiques de France. / Pour la classe des sciences, M. EUDES-DESLONG- CHAMPS 3, doyen de la Facult6 des sciences, Caen, correspond*, de I'lnstitut de France. Secretaires- p our | a c i asse ^es lettres, MM. BORDEAUX, generaux. docteur en Droit, a Evreux ; RENAULT , inspecteur divisionnaire de P Association normande , conseiller a la Gour imperiale , \ a Caen. Tresorier : M. GAUGAIN ^< , inspecteur de T Association nor- mande , rue de la Marine , a Caen. Sous-directeurs regi-onaux : MM. LE GALL ^ , conseiller a la Cour imperiale, sous-directeur pour le Nord-Ouest, a Rennes. DBS MOULINS, inspecteur-divisionnaire des monuments, sous-directeur pour la region du Sud-Ouest, a Bor- deaux. P.-M. Rocx ej^ C ^<, membre de 1' Academic, sous- ' directeur pour la region du Sud-Est, a Marseille. Victor SIMON 3, conseiller a la Cour imperiale, sous- direcleur pour la region du Nord-Est, a Metz. ^HALLE ^, sous-directeur pour la region du Centre, a Auxerre. LISTE DES MEMBRES DE LTOITUT DES PROVINCES (1), S. M. NAPOLEON III , Empereur des Francis. Le comte ALEXANDRE DE HUMBOLDT, a Berlin. MM. Le prince Lucien BONAPARTE $, se"nateur, membre de plusieurs Academies. J, GIRARDIN 3 , correspondant de flnstitut de France , a Lille. Le vicomte DE CDSSY >^< C ^<, membre de plusieurs Academies, a Paris, et a Vouilly (Calvados). LE GRAND $, D.-M. , ancien maire de St.-Pierre-sur- Dives. LAMBERT , conservateur de la Bibliotheque publique de Bayeux. Baron DE LA FRESNAYE $ , membre de plusieurs Acade- mies, a Falaise. ETOC-DEMAZI, ancien secretaire-general de 1'Institut, au Mans. L'abbe LOTTIN , ancien tr^sorier de Tlnstitut , id. L'abbe BOUVET, ancien membre du Conseil, id. DE MARSEUL, chef d'institution , a Laval. AUBER, chanoine titulaire de Poitiers, BOLILLET ^, raembre de plusieurs Soc'uHes savantes, a Clermont-Ferrand. LECOQ^S, secr6taire-perp6tuel de TAcademie, a Cler- mont-Ferrand. Leon DE LA SICOTIERE, avocat, a Alengon. TAILLIAR ^, conseillcr a la Cour imperiale de Douah (1) On a suivi pour cetteliste I'ordre chronologique des nominations. LISTE DES MEMBRES DE L'lNSTITUT DBS PROVINCES. XV MM. Guerrier DE DUMAST >g<, membre de 1'Academie, a Nancy. BONNET &, professeur d'agriculture, a Besancon. BUVIGNIER & , membre de plusieurs Academies , a Verdun. SOIET-WILLEMET $S trsorier-archiviste de i'Acade"mie, a Pfancy. CROIZET $ , cure" de Neschers , pres d'Issoire. WEISS O efc , bibliolhcaire , correspondamt de I'lnstitut de France, a Besancon. MILLET, naturaliste, president de la Socie"le d'agriculture, a Angers. BONNET^, D.-M. , professeur a Tficole de Medecine, correspondant de Plnslitul de France, a Lyon. FOURNET ^, professeur dMiistoire naturelle & la Faculte des sciences , correspondant de Tlnstitut de France , a Lyon. SERINGE ^, professeur de botanique a la meme Faculte. Victor SIMON $$, ancien secretaire-general du Congres, conseiller & la Cour imperiale, a Metz. MOUGEOT O ^, correspondant de I'lnstitut de France, a Bruyeres ( Vosges). HEPP 3, professeur & la Faculte de Droit, a Strasbourg. Mg r . DONNKT O ^, cardinal-arcbevfique de Bordeaux. Mg r . GOLSSET O ^-, cardinal-archeveque de Reims. FERET, conservateur de la Bibliolh&que , a Dieppe. Mg r . COUSSEAU -^, ^veque d'Angoul^me. DE LA FARELLE e^5, ancien representant du Card, a Nimes. L'abbe DESROCHES, cure d'Isigny (Mancbe). ,DE CAYROL ^, ancien depute, a Gompiegne. BIZEUL, membre du Gonseil general, & Biain (Loire- Inferieure). DROUET, inspecteur divisionnaire de la Soei&e francaise d'archeologie, au Mans. XVI MM. Marquis DE VIBRAYE, geologue, a Cheverny, pres Blois. DUCHATELLIER , ancien secretaire-general tie TAssociation brctonne, a Pont-l'Abb6 (Finistere). DB LA BAUME &, conseiller a la Cour imperiale, a Nimes. Comte DE MONTALEMBERT 3 , ancien pair de France, inspecteur divisionnaire de la Societe francaise d'ar- cheologie pour la conservation des monuments, a Paris. REIDET , conservateur des Archives de la Vienne , a Poitiers. V. HUCHER, membre de plusieurs Societ^s savantes, au Mans (Sarlhe). Comle DE TOCQUEVILLE O ^<, ancien ministrc, membre de TAcad6mie fraucaise, a Tocqueville (Manche). TESSIER, membre de plusieurs Academies, 5 Anduse. Comte A. DR GOURGUES, membre de plusieurs Societ6s savanles, a Lanquais (Dordogne). VALSS^S direcleur de I'Observatoire, correspondant de rinstilut de France, a Marseille. , GOGUEL ^<, membre de plusieurs Academies, qua! Schoepflin, 3, a Strasbourg. L'abbe VOISIN, membre de plusieurs Academies, au Mans. LE GLAY ^^<, conservateur des Archives, correspondant de T Academic des inscriptions , b Lille (Nord ). KUHLMAN >^., directour de la Monnaie, membre du Conseil general du commerce, & Lille (Nord). HERMAN D, membre de plusieurs Academies, de la Sociele des Anliquaires, etc., a St.-0mer (Pas-de-Calais). JOHRDAIN, chanoine de la cathedrale, & Amiens. L'abbe DUVAL, membre de la Societ^ francaise d'arch^o- logie pour la conservation des monuments, a Amiens. F. WOILLBZ, membre de plusieurs Academies, a St.- Quentin. DES MEMBRES DE L'lNSTITUT DES PROVINCES. XVII MM, Baron DU TAYA >$< , president de la Societe d'agricullure des C6tes-du-Nord, a St.-Brieuc. DESNOYERS, vicaire-general d'Orl&ms, inspecteur des mo- numents du Loiret, MALHERBE, president de la Soci6te d'histoire naturelle, a Metz, conseilier a la Cour impe"riale. BALLIN ^, archiviste de r Academic des sciences, arts et belles-lettres de Rouen. BALLY &, ancien president de FAcad^mie de Medecine a Villeneuve-le-Roy (Yonne). PETIT -j, proviseur du Lyce"e de Rennes. Comte DB TRISTAN ^je, membre de plusieurs Academies, a Orleans, Comte DE LOCHART ^js, directeurdu muse> d'histoire na- turelle , a Orleans, BAYE-MOUILLARD ^< , membre de TAcad^mie de Cler- mont, conseilier a la Cour de cassation. BEAUDET LA FARCED, ancien sous-pr^fet, membre de TAcademie de Clermont. PETIT-LAFITTE, membre de TAcad^miede Bordeaux. L'abb6 BLATAIROU, chanoine, professeur a la Facult6 de Th^ologie de Bordeaux. BARTHELEMY ^9, conservateur du musee d'histoire natu- relle, a Marseille. BERTULUS ^,m^decin de la Marine, a Marseille, membre de plusieurs Academies. COQUAND ^, ing^nieur des mines, professeur de geologic, a Besan^on. CASTEL, agent-voyer chef, a St.-Lo. L'abbe DEVOUCOUX, secretaire perpe"tuel de la Societe aca- d^mique, et vicaire-general d'Autun. NIEPCE, procureur imperial, a Brignolles ( Var). Daron DE CONTENCIN ^, directeur g^n<^ral de i'adini- nistration des Cultes, a Paris. XVIII LISTE MM. Comte OLIVIER DE SESMAISONS, ancien direcicur de I'Asso- elation bretonnc , a Nantes. CHAMPOISEAU ^, secretaire general de la XV*. session dii Congres scientifique, h Tours. DE SOLRDEVAL 3 , id., juge destruction, a Tours. J. DE FONTENAY, niembre de plusieurs Academies, a Autun. Mg r . PARISIS ^c, evfique d' Arras, ancien repr6sentant du Morbihan. DE GLANVILLE, inspecteur des monuments de la Selne- Inferieure, president de TAcademie, & Rouen. L'abbe" LE PETIT, chanoine bonoraire de Bayeux, secre- taire-g6ne>al de la Societe franchise d'archeologie pour la conservation des monuments, a Tilly ( Calvados). E. DE BLOIS, ancien repiesenlant du Finislere, president de la classe d'histoire de PAssociatiori bretonne, aQuimper, L'abb6 LACURIE, chanoine bonoraire de La Roekelle , inspecteur divisionnaire des monuments bistoriques, a Saintes. MATHERON, Ph. $$ t ing^nieur, membre de plusieurs SocitHes savantes , a Marseille. DE La TERRADE, directeur de la Soci^lc Linnecnne, a Bordeaux. DE BUZONMERE, secret a ire-general de ia XVIII*. session du Congres scicnlifiqiiede France^ membre de plusieurs Academies, ^ Orleans. LA CROSSE C ^^c, senaleur, ancien ministre des travaux publics, a Paris. DUFAIR DE Mo^iiroRT ^ , ex-president de la Societe de stalistique des Bouches-clu-nhone, a Marseille. General REMOND G $, ancien d^put^, membre de plu- sieurs Academies , pres Gisors. GODELLE >JK, membre de plusieurs Academies, conseiller d'lilat. MORIERE, secretaire-general de PAssociaUon nortnande, direcicur des Cours sp^ciaux du Lj'cee, a Caen. DES MEMBRES DE I/INSTITUT DES PROVINCES. XIX MM, LEFEBYRE-DURUFLE C $, senaleur, inspecteur-division- naire de rAssociation normande , ancien ministre , a Pont-Authou. LR NORMAND , ancien sous-preTet , membre de plusieurs Societes savantes, a Vire. Vicpmte DE FALLODX ^ , ancien ministre de Tlnstruction publique, a Segre" (Maine-et-Loire). DE KERDREL, ancien represenlant d'llle-et-Vilaine, ancien e"leve de rficole des Charles , a Rennes. Alp. LE FLAGUAIS, membre des Academies de Caen et de Rouen, a Caen. L'abbe CROSNIER , prolonotaire apostolique du Saint- Si^ge, \icaire-gen6ral de Nevers, inspecteur des monu- ments de la Nievre , a Nevers. AUSSANT, membre de plusieurs Academies, professeur en M6decinc, i\ Rennes. TAROT ^ , president de chambre a la Cour d'appel de Rennes, secret, gene'rul de laXVI e . session du Congres. Comte Louis DE KERGORLAY, ancien secretaire-general de TAssociation bretonne, a Fossieux (Seine-et-Oise). A. TASLE^, conseiller a la Cour d'appel de Rennes. BARRE, sculpteur, laureal de Texposition regionale de rOuest, a Rennes. Baron DE GIRARDOT -3^, $fc, membre de plusieurs Aca- d^mies, sous-pr6fet, a Nantes. GbERANGER, ancien president de la Socie"te" acad^mique de ia Sarthe, au Mans. L. DE LA MOTTE, membre de I 1 Academic, inspecteur des etablissements de bienfaisance, a Bordeaux. MARECHAL ^, ing^nieur des ponts-et-chaussees, a Bourges. MACHARD ^, ingenieur en chef, id. BERTRAND ^, maire de Caen , doyen de la Faculte" des leUres, a Caen. XX LISTE MM. VALLAT , ancien recleur de rAcadinie du Lot, meinbre de 1' Academic, a Bordeaux. BOUCUER-DE-PERTIIES ?$ , president de la Soci6l6 d'mula- tion , a Abbeville. RAYNAL $, avocat ge"ne"ral pres la Cour de cassation. DE LA MONNERAYE, president du Conseil ge"nral du Morbihan, a Rennes. POTTIER ^fc, conservateur de la Bibliotheque publique de Rouen. THEVENOT, chef d'escadron, secretaire de section a la VI e . session du Congres scientifique de France, a Clermont-Ferrand. Marquis DE CHENNEVIERES-POINTEL 3, membre de plu- sieurs Academies, inspecteur-gene"ral des muse"es de province, a Paris. GCJLLORY aine" $*, secretaire-general de la X e . session du Congres scientifique de France, president de la Socie"t6 industrielle, a Angers. DE VERNEILH-PUIRAZEAU, inspecteur divisionnaire de la Societ6 fran^aise d'archdologie pour la conservation des monuments, a Nontron ( Dordogne). DE SuRiGNYj membre de TAcad^mie de Macon, & Macon ( Saone-et-Loire ). M. CANAT , president de la Societe" acade"mique de Chalons-sur-Saone. BOULANGE, ing^nieur desponts-et-chaussees, rue Olivier, 27 , & Paris. Comle DE MELLET , inspecteur divisionnaire des monu- ments, membre de plusieurs Academies, 5 Chaltrait ( Marne ). Victor PETIT , membre de plusieurs Soci6te"s archeo- logiques , a Sens (Yonne). TRAVERS , professeur honoraire de Iitt6rature latine a la Faculte des lettres de Caen, secretaire perpetuel de DBS MEMBRES DE L INSTITUT DBS PROVINCES. XXI MM. TAcademic des sciences, arts et belles-lettres , a Caen. DUPRE LA MAHERIE, docteur en 4)roit , secretaire de section a la XVI. session du Congres scientifique de France, substitut, a Caen. ROSTAN, inspecteur des monuments historiques , maire de St.-Maximin (Var). HABDEL, imprimeur de 1'Instilut, membre du Conseil de la Socie"te* franchise d'archeologie pour la conservation des monuments, a Caen. DE QUATREFAGES ^ , aiicien professeur d'histoire na- turelle a la Faculty de Toulouse, membre de Tlnstitut, a Paris. PAUFFIN, ancien magistral, membre de plusieurs Aca- d6mies, a Paris, boulevard Beaumarchais, 6. MAHUL ^9, ancien prefet, membre de plusieurs Socie'tes savantes, a Carcassone. Marquis Eugene DE MONTLAUR >$:, membre de plusieurs Academies, a Moulins (AllierJ. L'abbe BOUDANT, cure de Cbantelle (Allier). LE PRLLETIER-SAUTELET ^ docteur-me"decin, 5 Orleans. Comte DE VIGKERAL, president du Cornice agricole, t Ry (Orne). DE BEHAGUE $ , membre du Conseil ggngral de 1'agri- culture, a Dampierre (Loiret) ; rue des Saussayes, & Paris. LE VOT 2f, bibliothecaire de la Marine, a Brest. L'abbe CIROT DE LAVILLF. , membre de I'Acade'mie de Bordeaux. Comte AceuEf D'HEHIGOURT 4, membre dc 1'Acad^mie d'Arras. Baron DE MONTREUIL ^$, ancien depute^ a Gisors. Comte DE NIEWERKERKE $ C ^< , directeur-gnral des musees , & Paris. XXII LISTE MM. QIANTIN, archiviste du departement de FYonne, raembre de plusieurs Societes savantes , a Auxerre. D'EspAtLART, president de la Sociele" acad6mique du Mans , adjoint au maire de la meme ville. GOMART, nicmbre de plusieurs Academies , secretaire du Cornice agricole de St.-Quentin (Aisne). DE VERNBUIL ^:, C >k, membrede FInstitut de France, & Paris. Baron Jamos DE ROTHSCHILD G $fc , membre de plusieurs Academies, 6 Paris. RICARD, secretaire de la Society arche"ologique de Mont- pellier. ARUONDEAU, inspecteur de FAcadgmie de Rennes,en residence a Vannes. Du Bois :$:, de la Loire-Infe"rieure , inspecteur-general de rCJniversite. Comte DEVAUBLANC ^, raembre de plusieurs Academies, a Paris et a Munich (Baviere). GAIOT, ancien depute", secretaire de la Sociele" d'agri- culture, sciences et arts de TAube, ^ Troyes. L^be TRIDON , inspecteur des monuments de 1'Aube, chanoine honoraire, a Troyes. ALLUAUD aine ^, membre du Conseil general de Fagri- culture, president des Societ^s savantes de Limoges. MOSSELMAN , membre de plusieurs Sociele"s savantes, a Paris, passage Sendrie". A. RAMB, inspecteur divisionnaire des monuments, a Rennes. Vicomle Du MOXCEL ^, membre de plusieurs Academies, a Caen. PJFIEAU, membre de plusieurs Societs savanles, a Toulouse. BOUET, membre de plusieurs Academies, a Caen. Mg r . *RIVET $ , e>eque de Dijon , president de la XXI e . session du Congres scientifique de France. DBS MEMBRES DE I/lNSTlTUT DES PROVINCES. MM. HenriBKAUDOT, secretaire-general g< , pharmacien en chef de la Marine, a Cher- bourg. Le vicomte DE JUILLAC , inspecteur divisionnaire de la Socie"te francaise d'archeologie pour la conservation des monuments , a Toulouse. Comte DE PONTUIBAULT, membre de plusieurs Academies, & Fontenay (Manche). DENIS aine" , membre de la Soci&e' francaise d'arche"ologie pour la conservation des monuments, a Fontaine- Daniel ( Mayenne ). Gustave DE LORIERE ^, docteur en Droit , chevalier de FOrdre d'Isabelle-la-Catholique, au Mans eta Paris, rue de TEst , 7. CALEMARD DE LAFAYETTE, membre de plusieurs Acade- mies, au Puy (Haute-Loire). Le tomte Georges DE SOULTRAIT ^>^<^, inspecteur des monuments de TAllier, membre du Conseil general de la Nievre, a Lyon. MABIRE -^, maire de NeuTchatel, inspecteur de TAsso- ciation normande, a Neufchatel. SELLIER $fr, membre du Conseil general de la Marne , president de la Societe d'ugriculture, sciences et arts, de Chalons. Le vicomte DE GENOLILHAC, membre de plusieurs Sociles savantes, a Rennes. Albert DE DRIVES ^ , secretaire-general de la XXII*. ses- XXIV LISTE MM. sion du Congres scientifique de France, president de la Societe d'agriculture , sciences et arts, au Puy. DIMON, C j, ancien ministre, rue de la Ferme-des- Mathurins , a Paris. DE Bouis, D.-M. P. , membre de plusieurs Academies, a Paris. Baron DOYEN ^fc, membre de plusieurs Academies, re- ceveur general de TAube , a Troyes. Comte VAN DER STRATEN PONTHOZ, membre de plu- sieurs Academies, a Metz. D'ALBIGNY DE VILLENEUVE, secretaire-general de la Societe academique de St.-fitienne et inspecteur des monu- ments de la Loire , a St.-tienne. E. DE BEAUREPAIRE, ancien e"leve de Tficole des Charles, a Avranches. Mg r . LANDRIOT, evequedeLa Rochelle, president general de la XXIII 6 . session du Congres scientifique de France. L'abbe PERSON, secretaire-g6ne"ral adjoint de la XXIII 6 . x session du Congres. JOLVIN 3, professeur de la Marine, a Rochefort. " NAU, architecte, inspecteur des monuments de Ja Loire- Infrieure, b Nantes. VALERE MARTIN, D.-M., membre de plusieurs Academies, & Cavaillon (Vaucluse). CAILLAUD $<, conservateur du musee d'histoire naturelle, a Nantes. DE LA BORDERIE, membre de plusieurs Societes savantes, ancien 61eve de Tficole des Chartes, a Nantes. SEMICHON, membre de plusieurs Academies et du Conseil general de la Seine-Inf6rieure, a Neufchatel. DE LONGUEMAR ^s, membre de plusieurs Academies, an- cien capitaine d'^tat-mojor, a Poitiers. OLIVIER 2jfc, ingenieur en chef des ponts-et-chaussees, a Caen. DBS MEMBRES DE I/INSTITUT DES PFxOVlNCES. XXV MM. BLAVIER $S ingenieur en chef des mines, a Paris. CAMPION, chef de division a la prefecture de Caen, membre de plusieurs Academies. L'abb6 JOUVE, chanoine, inspecteur des monuments, a Valence (Drome). J. LA BARTE $:, membre de plusieurs Academies, a Paris. Albert Du BOYS, secretaire general de la XXI V e . session du Congres scientifique de France, a Grenoble. Le comte DE MAILLY O ^^c, ancien pair de France, inspecteur divisionnaire des monuments. L'abbe BARBIER DE MONTAULT, membre de plusieurs So- ciet6s savautes, a Poitiers. MALTHERE &, me"decin en chef de la Marine, a Rochefort. AURIOL O ^^<, inge"nieur en chef des constructions na vales, a Rochefort. Le baron DE CHAPELAIN DE SAINT-SAUVEUR , membre de plusieurs Academies , a Mende. PICHON-PREMELE ^fc, maire de S6ez, membre du Conseil general de TOrne. GAIMARD -^-, ing^nieur en chef, directeur des mines en, retraiie, doyen honoraire de la Faculte" des sciences de Grenoble. LECADRE ^, m^decin en chef des Hospices, au Havre. LE HARIVEL-DU-ROCHER , sculpteur, a Paris. DUPUIS. ancien president de la Societe archeologique de TOrleanais, conseiller a la Cour imperiale, a Orleans. PILLOT, archivisle du departement de TJsere, a Gre- noble. XXVI LISTE SAerabros Stranger:. S. M. le ROI DE SAXE, president honoraire des Societes acad^miques de Dresde et du Congres archeologique allemand. MM. LOPEZ, C >$<, conservateur en chef du muse, a Parme. GAZZERA j^c, secretaire de P Academic , a Turin. Mg r . RRNDU yfc, eveque d'Anuecy. Marquis PARETTO , C ^, a Genes. Marquis DE RIDOLFI , G ^<, ancien ministre, a Florence. Pasteur DUBY $, a Geneve. Baron DE SELIS-LONGCHAMP ^, a Liege. WHEWUEL , professeur , a Gambridge. JAMES IATES, a Londres. SAN-QCINTINO ^<, conservateur honoraire du musee, a Turin. DESPINES, C ^<, dirccteur-gtfneral des mines du Pi^raont, a Turin. WARNKOENIG ^, professeur a TUniversite* de Tubinge. BAEHR ^js, professeur a TUniversit^ de Heidelberg. Sen A DOW O >^<, directeur de Tficole des beaux-arts, a Dusseldorf. KIPFER O ^< , professeur de physique, a St.-Peters- bourg. KRIEG DE HOCUFELDEN O ^<, ancien directeur des forti- fications du grand-duch6 de Baden, a Baden. DE BRINCKEU, conseiller d'tat, a Brunswick. D'HoMA LI us-D'H ALLOY C >g< , correspondant de I'lnstitut de France, a Namur et a Paris, rue Mondovi , 6. MARAVIGNA, professear d'histoire naturelle, a Catane (Sicile). DES MEMBRES DE L INSTITUT DES PROVINCES. XXVII MM. Due SERB A DI FALCO :$:, prince de Santo-Pietro , a Flo- rence ( Toscane ) et & Palerme. Baron DE ROISIN &:$<, au chateau de Kurens, pres Treves ( Prusse Rhenane). Marquis DE SANTO-ANGELO G ^<, ministre de S. M. le Roi des Deux-Siciles , a Naples. Comte DE FURSTEMBERG O ^<, chambellan de S. M. le Roi de Prusse, a Stanheim, pres Cologne. Baron DE QUASI ^<, inspecteur-g6n6ral des monuments historiques de Prusse, chevalier de 1'Ordre deSWean de Jerusalem , a Berlin. ROULEZ ^c, professeur d'archeologie a rUniversite" de Gand. SISMONDA ^<, professeur de geologic a 1'Universite de Turin, membre de F Academic de la mme ville. Comte DE SELMOUR :$:, gentilhomme de la Chambre du roi de Sardaigne, president de TAssociation agricole de Pie"mont. JACQUEMONT ^ ^<, membre du Se"nat et president de la Socie"t6 acad^mique de Chambe*ry. Mg r . MULLEK, 6veque de Munster. REICHEI^SPERGER, consciller a la Cour royale et membre de plusieurs Academies, a Cologne, vice-pre"sident de la Chambre legislative de Berlin. Mg r . GEISSEL $fe , cardinal-archevfique de Cologne. BOTOWSKI , ancien secretaire de Tambassade russe , a Paris. Comte DB LA MARMORA G >g<, directeur de Tficolede Ma- rine, a Genes. DONALSTON, secretaire de Tlnstitut des architects, a Londres. LE MAISTRE-D'ANSTAING^C, pr^sidentde la Societe archeo- logique, a Tournay. QUETELET O 3, secretaire perpetuel de TAcademie royale de Belgique, a Bruxclles. XXVIII LISTE MM. JOBARD^J, raembre de plusieurs Academies, 6 Bruxelles. DB WILMOSKI, chanoine dc la cathedrale de Trevcs , a Troves. THCRMAN, membrede plusieurs Academies, a Porentruy. Baron DE PLANCKET, docteur en Droit , membre de pin- sieurs Academies, a Bruxelles. MLRCHISON, membre de la Societ6 royale de Londres, correspondant de 1'Institut de France, a Londres. PARKER, membre de la Societe" des Antiquaires de Londres, a Oxford. Comte Ernest DE BEUST C ^<, directeur-ge"neral des mines a Berlin. BARCFFI $c ^<, professeur de geometric 5 TUniversite de Turin. Comte AVOYARDO DE QUAREGNY G >k, professeur de phy- sique a rUniversite" de Turin. Comte CESAR BALRO C >g< , deput6 , ex-president du conseil des ministres, a Turin. CJBRARIO C $fc , senateur de Piemont , professeur de chimie a TUniversit6 de Turin. RAGOZINI ROCH, secretaire perpetuel de TAcademie royale d'agriculture de Turin. Baron Joseph MANNO C >^< , president du S6nat du royaume de Sardaigne et de la Cour d'appel de Turin, membre de TAcademie. J. MORBIS >^<, s^nateur du royaume dc Sardaigne, pro- fesseur de botanique a rUniversite de Turin. Professeur CANTU >^<, senateur du royaume de Sardaigne, a Turin. Le comte Joseph TELEKI C ^<, membre de TAcad6mic iraperiale d'Autriche, a Szerach. Joseph ARNETH, directeur du cabinet imperial des Anti- ques, a Vienne. DAVIDSON, membre de la SociOt^ ge"ologique, a Londres. DES MEMBRES DE L'lNSTITUT DES PROVINCES. XXIX MM. D'OLFERS C ^<, directeur-ge"ne"ral cles musses, comman- deur de plusieurs ordres, a Berlin. Le Rev. PETIT, membre de plusieurs Academies, a Londres. THOMSEN G ^<, directeur du cabinet des M6dail!es, com- mandeur de 1'ordre de Danebroc, a Copenhague. Baron STILFRID, grand-maitre des ceremonies du Palais, commandeur de 1'Aigle-Rouge, a Berlin. NAMUR, secretaire-ge"ne>al de laSocieiS archeologique du grand-duche" de Luxembourg. KERWINDE LETTENHOWE , membre de plusieurs Academies a Bruges. FORSTER :$$, professeur a 1'Acadgmie des beaux-arts de Vienne, president de la 26 e . classe du Jury inter- national & 1'Exposition universelle de Paris. Le baron DE MAYENFISCH ^ $fc ^< , chambellan de S. M. le Roi dePrusse et de S. A. R. le Prince de Holinzoltein- Sigmaringen , & Sigmaringen. LE ROY, professeur 5 l'Universit6 de Liege. Le docteur DE VIGANDT, & Wesllard ( Prusse ). FAYDER G ^ ^< ^<, procureur g6n6ral, ^ Bruxelles. ^ MITTER-MAYER ^< ^:, professeur 5 TUniversite de Hei- delberg. DICPETIAUX O ^, inspecteur-g^n^ral des prisons, secre"- taire-general du Congres de bienfaisance, ti Bruxelles. D'OTREPPE DP. BOUVETTE, membre de plusieurs Acade- mies, & Liege. STEINGEL ^<, officier supe"rieur en relraite , i Westlard (Prusse). Csar CANTU , membre de plusieurs Academies, a Milan. CONGRES DES DELEGUES DES SOCIETES SAYANTE& DES DEPARTEMENTS, SOUS LA DIRECTION DE LWITUT DES PROVINCES DE FRANCE. SESSION DE 1856. SEANCE GNRALE D'OUVERTURE. ( Pr6sidence de M. DR CAUMONT , directeur de 1'Institut des provinces.) La seance est ouverte a 2 heures 1/2 , dans la grande salle de la Societe d'encouragement pour Tindustrie na- tionale. Sont appetes an bureau : MM. le vicomte DE CUSSY, de- le"gue de la Societe d'agriculture de Bayeux ; Albert DE BRIVES , president de la Societe du Puy ; DE MONDESIR , colonel du Genie, en retraite, delegue" de TAcademie de Cherbourg ; DIDRON , ancien secretaire du Comite" des monuments historiques ; DE SOLEIROL , delegue de la Societe d'histoire naturelle de la Moselle ; le due DE MAILLE , delegue de la Societe d'agriculture du Cher ; le marquis DE BALAINCOURT , delegu6 de la Societe de Vaucluse. Secretaires-generaux : MM. Raymond BORDEAUX , cTfivreux; Charles GOMART, de S(.-Quentin; RAME, de INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Rennes ; DE Bouis , de Paris ; SELLIER , de Chalons-sur- Marne ; GAUGAIN , tre'sorier. On remarque dans la salle un grand nombre de dele"- gues des Societe^ savantes des debasements, savoir : MM. Le comte DE COURCELLES , de Lille. Le comte Francois VAN DER STRATEN , de"le"gu6 de 1'Aca- demie de Metz. MARCHAL , inge"nieur des ponts-et-chaussees , de'le'gue de Rouen et d'Avranches. DE MOKDESIR, colonel de genie en retraite , de'le'gu^ de la Sociele academique de Cherbourg. Le comte DE TOCQUEVILLE , delegu6 de la Societe acade"- mique de Cherbourg. Le marquis DE TANLAY, delegue de la Sociele d'agri- culture de Tonnerre. CHALLES, delegue de la Societe d'agriculture , sciences et arts d'Auxerre. MORTIMER TERNAUX , clelegu^ de la Societe d'agriculture de Relhel. Auguste BERNARD, delegud de la Societe d'agriculture, Industrie, sciences , arts et belles-lettres de la Loire. Le marquis DE JESSE GHARLEVAL , d^legue" des Bouches- du-Rhone. Robert BEAUCHAMP , depute de la Vienne , delegue" de Poitiers. ISicias GAILLARD, president a la Cour de cassation , dele"- gue de la Societe des Antiquaires de TOuest et d la Societe academique de Poitiers. DE SAINT-VENANT, ing^nieur des ponts-et-chaussees en retraite, delegue dela Socie"t d'agriculture de Vendome. CONGRES DBS ACADEMIES. 3 RAME , delegue de la Societe d'archeologie de Rennes et de TAssociation bretonne. VARIN DE RUSSY, dengue de ['Association normande. Leonce DE MARGUERIT DE ROCHEFORT, delegue de TAsso- ciation normande. Le docteur BALLY, de'le'gue de 1'Academie imperiale de me'decine. DE BODIS, D r .-M., delegue" de la Society d'horticullure de la Seine. PRILLIEUX , delegu du Cornice agricole de Vendome. DE FERRE DBS FERRIS , de'le'gue de la Socie'te d'agricu t- ture de Mortain. DE COUSSEMAKER , d^l^gu6 du Comit6 flamand et de la Societe dunkerquoise. Le vicomte DE CUSSY, dd^gu^ de la Societe des arts , scien- ces et belles-lettres de Bayeux. LE GRAND, membre du Corps legislatif, delegue de la Socie'te' des sciences, agriculture et arts de Lille. Le baron TRAVOT , de'le'gue de la Socie'te d'agnculture d'Avranches. Le vicomte DE GENOUILLAC, delegu6 de la Societe d'agri- culture et d'industrie et de la Socie'te arche"ologique de Rennes. MAHUL, ancieu pr^fet, d^ldgu^ de la Seciete des sciences et arts de Carcassonne. Le marquis LE SENS DE MORSAN , dele"gu6 de TAsso- ciation normande , a Bernay. PILLON , docteur-medecin , de!6gu6 de FAssociation nor- mande, a Forges (Seine-Inferieure). Le vicomte DE BORELLI, general de division. BRUAND D'UZELLES, de"16gu^ de la Societe d'agriculture , sciences naturelles et arts du Doubs, k INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. PICHON PREMELE, maire de Se"ez, inspecteur de r Asso- ciation normande. LE ROYER , dengue" de la Soctete industrielle d'Angers. Le marquis DE BRIAS , ancien maire de Bordeaux. GADEBLED , ancien chef de bureau au ministere de Pln- te"rieur. Le comte DU MANOIR DE JUAYE , de"legue" de la 8001616 franchise d'archeologie. Le marquis DE BALAINCOURT, delegue" de la Socie" te" d'agri- culture et d'horticulture de Vaucluse. Le comte D'ESTERNO, membre du Conseil general de Pagri- culture , a Autun. DEBACQ , deUegue de la Societe d'agriculture, sciences et arts de la Marne. Le comte DE BARREY , membre du Conseil general de PEure, de'legue' du Cornice de Verneuil. Le vicomte Du MONCEL , delegu^ de la Societe des sciences naturelles de Cherbourg. SEMICHON , membre du Conseil general de la Seine-In- ferieure , a Neufchatel. LOUART , delegu^ du Cornice agricole de St.-Quentin. MOSSELMAN , membre de Plnstitut des provinces , a Paris , passage Cendrie. Colonel HENNOQUE , membre du Corps legislatif, d^l^gue de la Socie'te' d'histoire naturelle de Metz. Albert DE BURE , secretaire-general et delegue de la Socie'te d'emulation de PAllier. Le comte DE MELLET, delegue de P Academic de Reims et de la Societe d'agriculture , siences et arts de Chalons. Armand GUIBAL, delegu^ de la Society litte"raire et scien- tifique de Castres. CONGRES DES ACADEMIES. 5 Maurice DE BARREAU , vice-president et delegue de la meme Societe. LANgoN , conseiller general de Vaucluse , dengue de la Societe d'agriculture de Vaucluse. Le baron CHAUBRY DE TRONCENOR , membre du Conseil general et delegue de la Societe d'agriculture de la Marne. Louis PARIS, delegue de TAcademie de Reims. THIAC , membre du Conseil general et delegue de la So- ciete d'agriculture de la Charente. DE BRIVE , membre du Conseil general et de"legue de la Societe d'agriculture du Puy. A. DE KOMAROFF, colonel du corps des ingenieurs des voies de communication de 1'empire de Russie. Le due DE MAILLE , delegue de la Socie'te d'agriculture du Cher. DE VENDEUVRE, delegue de la Societe d'agriculture, des sciences , arts et belles-lettres de 1' Aube. DE LA ROQUETTE , delegue de la Societe de geographic. MANTELLIER , delegue de la Societe archeologique de I'Orleanais. DESVAUX , delegue du Cornice agricole de Vendome. PERROT , delegue du Cornice d'Orleans. Ernest BERTRAND , juge au tribunal de ia Seine , delegue de la Societe academique de 1'Aube. Gustave HUOT , delegue de la meme Societe. Le vicomte DE BONNEUIL , delegue de la Societe francaise d'archeologie (Seine-et-Marne). SOLEIROL, delegue de la Societe d'histoire naturelle de la Moselle. LAFOND DE LURCY, delegue de la Societe d'etudes diverses du Havre. 6 IHSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. OSWALD- VAN-DEN-BERGHE , dengue de I'Acadgmie d'ar- cheologie de Belgique. i;douard DJDRON , delegu6 de la Societe francaise d'ar- cheologie. Le vicomte DE KERIDEC , dele"gu6 de la Societe archeo- logique du Morbihan. KmileGREGoiRE, ingenieur des ponts-et-chaussees , de- legue de la m6me Societe. Le comte D'ERCEVILLE , delegue de la Societe francaise d'archeologie (Seine-et-Marne). DUPUIS , delegue de la Societe archeologique de TOr- l^anais. CHAZAUD , ancien represenlanl , delegu6 de la Societe d'agriculture, belles-lettres, sciences et arts de Poitiers. PORIQUET , delegue de TAssociation normande (Ornej. THIOLLET , offioier d'artillerie , a Paris. CARLIER, delegue de la Societe de sphragistique de Paris, de la Societe dunkerquoise et du Comite flamand de France. ANISSON DUPERRON, delegue de la Societe d'agriculturc de 1'Eure. HOLL, delegue de la Societe d'agriculture de Poitiers. GOSSE , delegue de la Societe d'histoire et d'archeologie de Geneve. Le comte D'HERICOURT, delegue de TAcademie d'Arras. SELLIER, membre du Gonseil general de la Marne, d^- legue de la Societe d'agriculture , commerce , sciences et arts de la Marne. Jules LABARTHE, membre de Tlnstitut des provinces. Alfred de ROISSY, delegue de Societe de I'histoire de France. Le comte DE BOISRENAUD , delegue de TAllier. CONGRES DBS ACADEMIES. 7 DUVAL DE FRAVILLE , ancien sous-prefet , delegue de Chaumont , a Coudes, par Chaumont ( Haute-Marne). Le comte D'ERNEMONT, membre du Conseil general el inspecleur de TAssociation normande , a Ernemont (Seine-Inferieure ). TAILLIAR, delegue de la Societe d'agriculture , sciences et arts de Douai. ANCELON , docteur-medecin , membre de r Academic de Nancy. Ferdinand DAVID, depute au Corps legislatif, dengue" de la Societe de statistique des Deux-Sevres. CHAUVIN DE LENARDIERE , depute , delegu6 de la Societe de statistique des Deux-Sevres. BIZEUL, membre du Conseil general et delegue de Nantes, a Blain. JULLIOT , delegue de la Societe" archeologique de Sens. D'ILLIERS , proprietaire , delegue du Loiret , a Orleans. Paul DURAND , delegue" de Ghartres. Le vicomte de POMEREU , delegu6 de la Societe francaise d^arch^ologie (Seine-Inferieure). CHANDON DE ROMONT , president du Cornice agricole d'Epernay. Marius GARCIN, secretaire de la redaction de //ami d? la religion, delegu6 des Basses-Alpes. Le comte DE GOURCY , de la Societe" impe>iale d'agricul- ture de la Seine. Le comte DE MAILLY , ancien pair de France , inspecteur divisionnaire de la Societe francaise d'archeologie. Le marquis DE GODEFROY DE MESNILGLAISE, delegue de la Societe des Antiquaires de la Morinie. FOURNEYRON , del^gu^ de la Societe" d'agriculture , in- dustrie, sciences, arts et belles-lettres de St.-tienne. 8 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Le comte DE CHALON, au chateau de la Daviere (Sarthe). Le vicomle BOURBON LIGNIERES, au chateau de Lignieres (Cher). Le cointe DE CHABRILLAN , de'legue du Cornice agricole de bethel. Le marquis DE VOGUE , delegue" de la Societe d'agriculture du Cher. ROSSEY , delegu6 de I'Association normande ( division de FEure). DE SAINT-GERMAIN , de'pnte' , de'legue' de la Societe d'agriculture d'Avranches. Le marquis DE VIBRATE , membre de 1'Institut des pro- vinces , de'legue de Blois , a Court-Cheverny. Le prince Albert DE BROGLIE , de'le'gue de FAssociation normande ( division de TEure ). Clement MULLET , dele'gue' de la Society acade"mique de TAube. Raymond BORDEAUX, secretaire-general du Congres. Anatole DE VENDEUVRE , dele'gue' de la Societe acade- mique de Falaise. HERON DE VILLEFOSSE , inspecleur des monuments his- toriques. PERNOT, dele'gue de la Societe historique et archeologique de Langres ( Haute-Marne ). Le comte DE BONDY , ancien pair de France , dele'gue de la 8001616 d'agriculture de Chateauroux. MAURENQ , de'legue' de la meme Societe. Le comte DE VIGNERAL , membre de 1'Institut des pro- vinces, delegue' d' Amiens. D'ALVIMARE , inspecteur des monuments d'Eure-et- Loir. MALLET, dele'gue de la Socie'te' d'agriculture de Bayeux. CONGRES DES ACADEMIES. 9 VINCENT, delegue de la Societe des Antiquaires de la Morinie. Le comte DE LA FERRIERE , de"legu6 de 1'Academie de Caen. DE BEAUCOURT , del^gu6 de la Societe* francaise d'ar- che"ologie ( division de FEure). Charles ROLAND , ancien representant , delegue de FAca- demie des sciences, arts et belles-lettres et d'agricul- tnre de Macon. Le marquis DE VERCLOS , depute au Corps legislatif , de- Iegu6 de la Societe d'agriculture et d'horticulture du Vaucluse. Henry DE BONNAND, delegue de la Nievre. OLIVIER , delegue de la Societe" d'agriculture et d'histoire du Vaucluse. GIROU DE BUZARINGUES , depute au Corps iegislatif, de- legue de la Societe des lettres, sciences et arts de TAveyron. BIGANT, president a la Cour imperiale de Douai. Le comte DE SERAINCOURT, inspecteur de TAssociation norm an de. PEZERIL, capitaine au corps du genie. Le comte D'ESTAINTOT , inspecteur de 1'Association nor- mande, delegu d'Yvetot ( Seine-Inferieure). LETOT , delegue de la Soci6te des sciences et arts de Bayeux. Le general BARON PETIET, depute au Corps legislatif, de- legue de la JNievre. AVRIL DE LA VERGNEE , delegue de la Societe de statistique de Niort, Le marquis DE MONTLAUR , membre du Conseil general et dlegu de la Societe d'Agricuture de Moulins, 10 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. PARKER , de'legud de la Society des Antiquaires de Londres, & Oxford. Olivier DE ROISSY , inspccteur de 1'Associalion normande. IVOzouviLLE, delegue de la Societe de Tinduslrie de Laval, l /abbe" BRULLEE, delegue de la Societe archeologique de Sens. PAQUEREE , dele'gue de la Societe Linne'enne de Bordeaux. Le comte Armand DE HERCE , delegue de la Mayenne , au chateau de Mongue're ( Mayenne ). KOURJOT DE SAINT-HYLAIRE , professeur d'histoire natu- relle au lycee Charlemagne. MARIONNEAU , delegue de la Societe arche'ologique de ISantes et des Societe's savantcs de Bordeaux. DREOLLE , delegue de Libourne. Le marquis D'ANDELARE , depute et delegue de la So- ciete d'agriculture de la llaute-Saone. M. de Gaumont ouvre la seance par un discours, dans lequel il jette un coup-d'oeil rapide sur le mouvement acade'mique en 1856. llindique, en terminant, les modifications qui ont etc adoptees, pour la pr6sente session, dans Pordre des tra- vaux. Ghaque jour les rapports des dengue's seront en- tendus par une section speciale, dont M. Sellier sera le president, et qui se re'unira a 1 heure. Mais il n'y aura pas d'autres seances de section, comme les anne'es prece'- dentes ; les discussions seront portees immediatement en seance generale. Celle-ci , qui s'ouvrira a 2 heures chaque jeur, sera divis^e en deux parties : Tune consacre"e aux sciences physiques et a Tagriculture ; Fautre consacr^e a rarche*ologie et aux beaux-arts. CONGRES DES ACADEMIES. 11 M. de Gaumont indique quels sont les avantages de cette nouvelle combinaison. Ce discours, 6coute avec le plus vif inte'ret, est accueilli par d'unanimes applaudissements. M. le President donne ensuite a I 1 Assembled communica- tion de la correspon dance et des delegations faites par les Society s savantes qui ont envoy e des membres au Congres. Le secretaire de S. A. I. Monseigneur le Prince Napoleon adresse a M t le President du Congres la lettre suivante : Palais-Royal, le 13 avril 1857. MONSIEUR LE PRESIDENT, S. A. I. Monseigneur le Prince Napoleon me charge de vous remercier , en son nom , de Fenvoi que vous avez bien voulu lui faire de YAnnuairc de 1'Institut des provinces et des autres publications qui accompagnaient votre lettre du 9 de ce mois. Le Prince apprecie loute 1'importance et Tutilite de la Societe que vous pre"sidez , et il en lira le comple- rendu avec beaucoup d'inter6t. Son Altesse Imperiale regrette vivement que ses occupations ne lui permettenl pas d'assister a Tune de vos seances. Le Secretaire p ar tic idler , HUBAINE. La Societe d'agriculture et d'horticulture de Vaucluse a delegue au Gongres M. le marquis de Balaincourt, mem- bredu Gonseil g^n^ral de Vaucluse, et MM. Olivier et de Vecelas. La Societe industrieile d'Angers et du departemenl de Maine-et-Loire delegue au Gongres MM. G.-A. Leroyer et de la Ghauviniere. d'agriculture et des sciences naturelles du 12 1NSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. Doubs delegue, pour la repre"senter, M. Bruand, d'Uzelle. LaSociete d'agricullure, commerce, sciences et arls du departement de la Marne, delegue an Congres MM. de Bacq, son secretaire; le comte de Mellet ; Sellier , son ancien president, et le baron Chaubry de Troncenord. Le Cornice de St. -Quen tin delegue , pour le represen- ter, MM. Charles Gomart, de St.-Quentin, son secretaire- geneial ; Malezieux du Petit-Fresnoy ; Monnot, de Pontru, et Thery , de Grugier. La Socie'te' de"partementale d'agriculture et d'industrie de Rennes delegue M. le vicomte de Genouillac et M. Alfred Rame'. La Socie'te' imperiale des sciences , de Tagriculture et des arts de Lille delegue M. Legrand , membre du Corps l^gislatif. La Society imperiale et academique de Cherbourg de- legue, pour la representer au Congres , MM. le comte de Tocqueville et de Monde"sir. La Socie'te' litter aire et scientifique de Castres (Tarn) , delegue au Congres : MM. Maurice de Barreau et Arnaud Guibal. La Societe* arche'ologique du Morbihan , ci Vannes, de- legue : MM. de Keridec, inspecteur, pour le Morbihan, de la Societ6 frangaise pour la conservation des monuments historiques , etGre"goire (Emile ) ingenieur des ponts-et- chaussees dans le Morbihan. La Societe Havraise d'etudes diverses delegue M. La- fond de Lnrcq. La Societe" d'agriculture des sciences , arts et belles- lettres del'Aube , delegue M. Gabriel de Vendo3uvre. Le Cornice agricole de rarrondissement d'Orleans delegue M. Alex. Perrot , president de cette association. CONGRES DES ACADEMIES. 13 La Societe d'agriculture , sciences etarts du Puy (Haute- Loire) a dengue au Congres M. Albert de Brives, son ancien president. La Societe d'agriculture, arts et commerce du de"par- tement de la Charente delegue MM. de La Trenchade , docteur en me"dcine a Paris , et Mathieu Bodet, avocat a la Cour de cassation. Le Cornice agricole de Rethel ( Ardennes ) , delegue au Congres: MM. Pauffin, son president; Reberotte-Labesse, vice-president ; Tisserant, tre*sorier ; Carre-Collet ; Sorlet- Sorlet ; Thierion (Jules), membres du Bureau. La Societe departementale d'agriculture du departement de 1'Yonne, a Auxerre, delegue M. Challe. Le Cornice de Vendome delegue au Congres MM. de Saint-Venant, ancien professeur de Tlnstitut agronomique de Versailles, fidouard Prilleux et Gustave Desvaux. M. Ch. Denis , de'legue' du departement de la Mayenne ; M. Georges de Soultrait, delegue de la Nievre; M. le docteur de Gisseville, delegue de FAssociation normande; M. Repecaud, president de TAcademie d' Arras et de'legue de" cette association; M. le baron Chaillou-des-Barres, delegue de la Socie'te des sciences historiques naturelles de TYonne ; M. Millet , delegue du Cornice horlicole de Maine-et-Loire , a Angers ; M. d'Albigny de Villeneuve , delegue de St.-Etienne ; M. Le Carbonnier, delegue de r Association normande , s'excusent de ne pouvoir prendre part aux travaux du Congres. M me . la baronne de Montaran adresse au Congres une piece de vers , intitulee : A mes amis de Paris. M. de La Chauviniere, delegue de la Societe industrielle d'Angers, en priant le Congres d'agreer ses excuses de ne pouvoir assister a la reunion a cause de la maladie l/l INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. grave qui Ten empeche adrcssc un tableau contenant le r^snnie comparalif du recensement de la population depuis 1816; il demande s'il ne serait pas a d^sirer qu'on fit du defacement de la population Tobjet d'une question & trailer dans le Congrfcs des Socitftes savantes. M. le President passe ensuite au depouillement de nom- breux ouvrages, oflerts au Gongres, sur lesquels M. Sellier est charge de faire un rapport. Ces ouvrages sont : Police sur Charles-Louis-Auguste Foucquet, due de Belle-Isle, avec un precis historique des travaux et des embellissements executes dans la ville de Metz , de 1727 a 1761 ; par M. F.-M. Chabert; 1 volume grand in-8. Metz, 1856. i\olcs pour servir a I'histoire dc Ch 'pital St.-NicoUu de la ville de Metz; par M. Chabert (Extrait des Annales de la Charite ), brochure in-8. Paris, 1856, DECODVERTE DE CONSTRUCTIONS ET SEPULTURES GALLO- ROMAiNES,dans la commune de Menneval pr^s Bernay < Eure ), le 28novembre 1856 ; par MM. Leon Metayer et Gardin fils (deuxieme rapport) ; brochure in-/r. Cartulaire et archives des communes de Cancien dloctse de I'arrondissement admlnistratif de Carcas- sonne; parM. Mahul. Un vol in-/i. Paris. Bulletin de la Societe d^emulalion du departcmenl de I'Allier (sciences, arts et belles-lettres), tome V (octobre, novembre et d^cembre 1856). Bulletin dc la Societe des sciences nature tics ct des arts dc St.-Etienne ( Loire ). 1856. 6tat actuel de C agriculture dans fe> department de Mainc-ct-Loire et de quelques moyens de lui venir u aide; par M. P. -A. Millet. Angers, 1856. CONGRES DBS ACADEMIES. 15 Lcs Chroniques de la noble ville et cite de Metz ; par Jean Le Chatelain ; r&mprimees par M. Chabert. Metz , 1856. Congres archeologique de France, seances generates tenues, en 1855, a Chalons-sur-Marne , a Aix et & Avi- gnon, par la Societe fran^aise d'archeologie ; 1vol. 1856. Memoires et documents publics par la Socie'te d'his- toire ct d'archeologie de Geneve; tome 3 mc . Paris, 18/iA. Bulletin de la Socie'te industrielle d' Angers et du departementdeMaine-et-Loire.XXVir. annee. Angers, 1856. Le prince deLigne ou un ecrivain, grand seigneur a la fin du XVIIP. siecle ; par M. Peetermans. Lie"ge, 1856. Journal du siege de Mctz, en 1552, recueilli et pu- blieparM. F.-M. Ghabert ; un vol. in-4. Melz , 1856. Fables; par C. Brisson , ancien secretaire de la mairie de La Piochelle , un vol. in-8. La Rochelle , 1856. Memoires de la Societe Linneennc de Normandlc ( annees 185/1-55 ); X c . vol., in-4. Paris, 1856. Publication de la Socie'te pour la recherche et la conservation dcs monuments liisloriquesfans le grand- duche de Luxembourg; un vol. in-A. Luxembourg, 1856. Les Chants du soir ; par Cheri Pauffin ; un vol. in-8*. Paris, 1856. Catalogue dc la Ubiwtheque de I'Athmce royat^ ( grand-duche dc Luxembourg), precede" d'une notice historique sur cet etablissement ; par M. le professeur A. Namur. 1 vol. in-8. Luxembourg, 1855. Memoires de C Academic d' Arras, lomes XXVIL e .- XXVIII e . r XXIX e ., 3 vol. in-8. Arras, 185/1, 1855, 1857. 16 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Bulletin agricole, public" par la Societe" d'agricul- ture du departement du Pas-de-Calais. Arras, 1857. Clironique d'Artliois; par Francois Bauduin, no" a Arras en 1520, public par 1' Academic d'Arras; un vol. in- 8. Arras, 1856. Journal dc dom Gerard Robert, religieux de Tab- baye de St.-Vast d'Arras , public" par 1' Academic d'Arras ; un vol. in-8. 1852. Discours d'ouverture , prononce par M. le colonel Repe"caud, a 1'Acade'mie d'Arras, le 27 aout 1855; brochure in-8. Arras , avril 1857. Origines chreticnnes de la Gaulc; supplement aux Lettrcs du R. P. dom PaulPiolin, religieux, en reponse aux objections contre 1'introduction du christianisme dans les Gaules; par M. Dozouville; brochure in-8. Paris. Explication, faisant suite aux precedentes notices, sur {'attribution a Charlemagne dc quelques types monetaires ; par L.-D. Costet ; brochure in-8. Bruxel- les,1857. Marc he fait avec des macons, pour la construction de certaines parties du chateau de Ghambord, annote et public par Andre Salmon ; brochure in-8. Paris, 1856. Statuts de la Societe imperiale a' agriculture , mdustrie, sciences, arts et belles-lettres du departe- ment de la Loire; brochure in-8. St.-Etienne. Societe des monuments historiques d'Orleans ; bro- chure in-8. Discours prononce le 5 novcmbre 1855, a 1'audience solennelle de rentree de la Cour imperiale de Poitiers; par M. Jules de La Marsonniere ; brochure in-8. Poi- tiers, 1855. Rapport sur les monuments historiques t presente CONGRES DES ACADEMIES. 17 au Conseil general du departement de la Marne, dans sa session de 1856; par M. le baron Chaubry de Troncenord. Rechcrches sur les peintres-verriers Champenois ; par M. Chaubry , baron de Troncenord ; brochure in-8. Chalons, 1857. Travaux du Cornice horlicolc de Maine-et-Loire , 3 e . volume, n. A3 , in-8. Angers, 1857. Pomologie de Maine-e (-Loire , A e . livraison. Angers, 1857. Reflexions sur Les ide'es pfiilosop/iiques de Lamar- tine; par Ferd. Loise, de Tongres. Liege, 1857. Impressions d'un louriste dans le monde moral; par Alb. d'Otreppe de Bouvette (Janvier 1857 , 19 e . livrai- son ). Liege , 1857. Evocation, promesse d'avenir a la Socie'te Libre d 'emulation de Liege; par Alb. d'Otreppe de Bouvette, (20 e . livraison, fevrier 1857). Liege, 1857. Abnegation ct devouement 9 hommage au Conseil d'administration de la Societe libre d'emulation de Lie"ge, par M. Alb. d'Otreppe de Bouvette ( novembre 1856), Liege, 1856. Statuts et reglement de La Societd alimentaire de St.-Quentin (Aisne), in-8. 1856. Proces-verbal de la seance annuellc de La Societe alimentaire de St.-Quentin. St.-Quentin , 18 mars 1857. Bulletin du Cornice agricole de St.-Quentin , tome V e . 1856 , in-8. Note sur Le camp romain de Vermand (Aisne), (extraite du Bulletin monumental) ; par M. Ch. Gomart, membre de 1'Institut des provinces, in-8. Caen, 1856. Expose d'une institution financiered par J.-A. Pichot, in-8. Mars 1857. 18 1NSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. Rapport sur la situation dc la Socicte ^horticulture ae la Moselle; par M. Chabert, in-8. Metz, 1856. Culture du lupin a fleurs jaunes; par M. le comte Conrad de Gourcy. in-8. De la statistique des subsistanccs et des Cornices agricoles > tomes I et II ; par M. A. Berlin. Re" forme agricolc, moyens de faire cesser rinfe"riorite de la France en agriculture ; par M. Berlin. M. le President donne successivement leclure des dif- frentes questions portees au programme du Congres de 1857 , en invitant les membres a se faire inscrire pour parler sur les sujets quails desirent trailer. Les membres se font inscrire et des jours sont designes pour la discus- sion des differentes questions : AGRICULTURE,SGIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES. PROGRES DES SCIENCES PHYSIQUES EN 1856. M. Du Moncel n'ayant pu achever le travail qu'il avail projele sur les progres des sciences physiques en 1856 , donne en echange quelques details sur les moyens de reproduction des ceuvres graphiques. Voici le resume" de cette communication fait par Tauleur lui-meme : Gravure paniconographique de if. Gillot. Les ressources immenses que presenlenl les gravures sur bois, pour Tinlelligence des Iravaux scientiflques , et mme Tagrement qu'elles procurent au lecleur quand elles accompagnenl une oeuvre lilteraire , une relation de voyage, une description quelconque , les ont fait re- CONGRES DES ACADEMIES. 19 chercher des Torigine de la typographic, alors meme qu'elles 6taient dans un etat d'im perfection notoire. II n'y a pas long-temps encore, cetart, ou plut6t Tart de les imprimer, etait dans un tel etat d'enfance , que c'etait tout au plus si on pouvait distinguer les sujets qui se trouvaient ainsi represented. G'est ce dont on peut se convaincre , quand on se reporte aux premiers volumes du Uusee des families , la premiere publication perio- dique qui les ait introduites , ci titre d'agrement ou d'or- nemenlation typograpliique. Depuis cette epoque, les progres des moyens typographiques , I'am&ioration des encres depression , et surtout la decouverte de la mise en train des gravures sur bois , au moyen de hausses et de decoupures , disposees de maniere a emp6cher les em- patements des parties legeres et fines de ces gravures, ont perinis de donner a leurs impressions tout le brillant et la nettete des gravures en taille-douce. Des-lors, cette branche de Tart, jusque-la peu exploitee, pritune telle extension que, dans un moment, il n'y avait pas un ouvrage litteraire ou scientifique qui ne voulut 6tre illustre : tel etait le nom qui fut donne alors aux ouvrages ainsi erne's de gravures sur bois, nom qui devint le titre d'un recueil important que nous connais- sons tons. Les avantages immenses que presentent les gravures en relief, lesquelles peuvent etre faites de plusieurs ma- nieres , comme nous le verrons plus tard , sont principa- lement Teconornie immense qu'elles realisent dans le tirage et la possibilite qu'elles donnent de les intercaler dans le texte d'un ouvrage ; ce dernier avantage, tout en donnant au livre plus de coup-d'oeil, evite au lecteur le soin d'une recherche qui peut lui faire perdre le sens 20 INST1TUT DES PROVINCES DE FRANCE. de sa lecture. Malheureusement les gravures sur bois sont tres-dispendieuses. 11 faut d'abord qu'on en fasse le dessin directement sur le bois et qu'on le confie ensuite aux soins du graveur , ce qui ne'cessite Intervention de deux artistes de talent. Les gravures de cette espece sont d'ailleurs longues a executer et exigent des soins tres- minutieux, quand il s'agit de dessins de precision, puis- qu'on ne peut employer ni la regie ni le compas. 11 en resulte que certains genres de dessin, tels que les figures geometriques de machines, d'engrenages , de travaux d'art, etc. , ne peuvent jamais etre parfaitement rendus. Ce n'est guere que dans les dessins pittoresques , des vues perspectives , des dessins on figures a Teffet , que la gravure sur bois presente intrinsequement des avan- tages incontestables. II 6tait done a desirer qu'on put trouver un precede qui permit de vaincre ces inconve- nients , et c'est precise'ment ce precede" qu'a decouvert M. Gillot , dans son systeme de gravure paniconogra- phique. Avec ce systeme, toute espece de dessin quelconque, pourvu qu'il puisse fournir une e'preuve faite avec de 1'encre grasse, peut donner lieu a un cliche* en relief susceptible d'etre imprime' typographiquement. Ainsi les lithographies au crayon ou a la plume , les gravures sur pierre , sur cuivre et sur acier , et me" me la gravure litho- graphique peuvent, sans aucune retouche de graveur, 6tre reproduites par le moyen des presses typographiques. Or , si Ton considere que le dessin sur pierre n'exige pas un soin plus grand que celui qu'on est oblige de prendre pour dessiner sur le bois ; que, dans certains cas , ce soin est peut-etre encore moins grand ; que, par ce procede, la depense des bois , qui est si considerable pour les gra- CONGRES DES ACADEMIES. 21 vures un pen grandes, devient nulle avec le precede dont nous parlons ; que Ton peut extraire d'une planche gra- ved lelle ou telle figure qu'il convient et avoir par ce moyen, des cliches de machines parfaitement rendus avec toute la purete" de la gravure en .taille-douce , on com., prendra immediatement les avantages immenses que le precede de M. Gillot met entre les mains de tous ceux qui ont des ouvrages a publier. Le principe du precede de M. Gillot est d\me sim- plicite extreme ; mais Pexecution en est assez delicate et exigeait bien des recherches avant de pouvoir parvenir aux resultats dont nous venons de parler. Quelques mots suffiront pour faire comprendre ce principe : Qu'on suppose encre , avec une encre suffisamment grasse , le dessin lithographic , ou grave , qu'il s'agit de reproduire en relief. Rien ne sera plus facile que d'en prendre une epreuve sur du papier a report ; et cette epreuve , ainsi preparee , etant appliquee avant d'etre bien seche'e sur une planche de zinc , bien poncee , bien polie , pourra fournir, sur ce me'tal , une contre-e"preuve aussi pure que le dessin sur pierre. Pour obtenir ce dessin en relief, il s'agira done de faire mordre toutes les parties du zinc qui n'auront pas etc* recouvertes par Tencre de la centre -epreuve. Or , c'est precise'ment dans cette ope'ration que git toute la difficulte ; car Tencre d'imprimerie , par elle-meme n'offre que bien peu de resistance a Faction des acides, et surtout d'acides assez ^nergiques pour fournir les reliefs necessaires pour Tim- pression typographique. On pourrait croire qu'en m^na- geant les morsures et en les faisant successivement, on pourrait, jusqu'a un certain point, resoudre cette difficulte ; 22 INST1TUT DES PROVINCES DE FRANCE. mais le probleme est infmiment plus complexe, car le degre de ces morsures devant e"tre different, suivant les teintes du dessin il faut ncessairement mettre a Tabri les parties suflisamment pre'pare'es apres chaque operation. Void comment s'y prend M. Gillot, pour obtenir ce refill tat : D'abord , pour donner plus de resistance a 1'encre du report , il saupoudre sa planche de fleur de resine qu'il etend delicatement sur le dessin avec un blaireau ; apres quoi , il place la planche dans la cuve de gutta-percha ou doit se faire le mordanc,age. Cette cuve doit avoir une disposition particuliere en raison du mouvement continuel qu'on est oblige* de don- ner au liquide acidule , pour empecher la stagnation des sels formes par Tacide et le zinc,et pour qu'il puisse reagir d'une maniere nette et unifonne sur la planche. Cette cuve est disposee en bascule et pivote sur deux coussinets fixes sur le batis qui la supporte. Le liquide acidule qu'emploie M. Gillot n'est autre chose que de Teau acidulee avec de Facide nitrique. Ge liquide doit etre essaye* , & chaque operation , au Hioyen d'une pierre lithographique sur laquelle on en jette quelques gouttes. Par le d6gagement , plus ou moins rapide, des bulles de gaz acide carbonique qui se trouvent alors forme"es, il est facile de juger du degre de force du liquide. On commence d'abord par une morsure tres-legere , ct cette morsure est destinee ^ atlaquer seulemenl les pc- tites parties blanches qui existent dans les teintes les plus fonce"es. Pour la faire , on fait basculer succegsive- mentlacuve pendant un temps plus ou moins long,et on acheve Textraction des sels forme's par Faction de CONGRiS DES ACADEMIES. 23 Facide au moyen d'un blaireau. Ordinairement celte pre- miere morsure exige un quart d'heure environ. Quand on a juge la morsure de ces parties claires des teintes fon- ce'es suffisantes , on retire la planche de la cuve , on Fes- suie, puis on la seche et on la place au-dessus d'un gril echauffe en-dessous, au moyen de poussierde charbon en- fiamme' , qu'on a soin de repartir e*galement sous de la cendre chaude. Sous Finfluence de cet echauffement , la legere couche de resine repandue sur le dessin se fond doucement, ainsi que Fencre, et se divise dans toutes les petites cavite"s fonnees par cette premiere morsure. Toute- fois, comme cette couche n'est un peu epaisse que sur les noirs vifs et les teintes tres-foncees , ce premier echauife- ment ne bouche que les petites fentes claires qui se trou- vent au milieu de ces teintes. Aussitot que cet effet est produit , la planche est retiree de dessus le gril et re- froidie a Fair libre; apres quoi, on Fencre forlement avec le rouleau lithographique , comme si on devait en tirer une e"preuve. On recommence ensuite a la saupoudrer de fleur de soufre pour la mettre en etat de subir une nou- velle preparation. Cette nouvelle preparation doit attaquer les teintes un peu moins foncees du dessin , et en consequence elle doit etre un peu plus energique. L'operation d'ailleurs se conduit exactement comme la premiere fois ; seulement le degre" d'echauffement de la plaque, quand elle est placee sur le gril, doit 6tre un pen plus eleve; et, comme le des- sin lui-meme est plus charge d'encre et de resine , la fusion de la couche s'etend davantage , ce qui bouche des cavites menage'es dans la premiere operation. Apres avoir de nouveau encre le dessin et Favoir sau- poudr6 pour la troisieme fois de fleur de resine , on 2& INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. commence la troisieme morsure qui provoque un nouvel e'chauffement de la plaque , puis une nouvelle fusion de la couche protectrice , et on recommence de la meme maniere quatre , cinq , six , sept morsures , jusqu'a ce que le dessin ne presente plus qu'une masse noire uniforme sans distinction de demi-teintes (1). Alors on prepare la planche avec de Teau acidule'e tres-forte- ment (1 partie d'acide sur 12 d'eau) qui creuse defmi- tivement les parties complement blanches. Cette der- niere preparation se fait toute seule et dure trois quarts d'heure. Quand les btancs occupent sur le dessin une surface un peu large, on les recouvre de gomme-laque liquide , avant la premiere operation , afin de maintenir davan- tage la force de 1'acide et de donner du soutien au rouleau lithographique, lorsqu'on encre la planche apres chaque morsure. On decoupe ensuite ces parties a la scie, avant que d'appliquer sur bois la plaque de zinc qui est devenue un cliche. Maintenant on comprendra quel soin il faut apporter a Faction du mordant pour quetoutesleslignes dedicates, les teintes faibles et les parties fines d'un dessin soient suffi- sarnment menagees , et c'esten cela surtout que M. Gillot a fait preuve d'une habilete rare qui eloignera de lui d'ici a long-temps les contrefacteurs. Aujourd'hui , le systeme de gravure paniconographi- que n'est plus a Tetat de simple innovation , il constitue une veritable branche d'industrie a laquelle ont recours (1) Cet^tatde la planche est le re"sullat des fusions successi- ves de la couche d'encre et de resine qui a rempli successivement touteslescavit^s laisse"es par les parties blanches du dessin. CONGRES DES ACADEMIES. 25 plusieurs publications franchises et anglaises, entre aulres le Diogtmc, le Journal amusant , la Revue anglo- francaise , etc. , etc. Mais line chose curieuse a consla- ter , c'est que c'est en Angleterre que ce procede est le plus connu et le plus recherche. Dans Torigine , 3VJ. Gillot n'a rec.u aucun encouragement , et Ton peut reconnaitre en cela, line fois de plus , la triste prevention qui existe en France contre les inventeurs et qui fait que la plupart des inventions franchises sont obligees d'aller demander a Tetranger leur brevet de vitalite. Les avantages de la paniconographie que nous avons e*numeres ne sont pas les seuls. On peut , par son moyen, obtenir des planches avec des corrections ou des additions que Ton ne voudrait pas faire intervenir dans la planche- niere. Bien plus , on a pu faire revivre des gravures dont les planches etaient use'es en refoulant celles-ci et en en- graissant convenablement Fepreuve de report, D'un autre c6te* , on a pu reproduce les types de la chromo-litho- graphie , de maniere a reproduire typographiquement des dessins colories. M. Desjardins, qui est parvenu a reproduire, a s'y meprendre , les aquarelles et les dessins des artistes en renom , compte bien tirer parti de la paniconographie pour rendre son procede moins dispen- dieux , et en faire profiler le public. Enfin , il n'est pas jusqu'a la reproduction des aulb- graphes, des modeles d'ecriture et des cartes ge'ogra- phiques qui ne puissent profiler avantageusement de cet art nouveau. de gpravui*c dleefrlqtie de SI Le proce'de' de M. Salmon, de Char Ires, s'applique prin- cipalement a la reproduction des dessins, des gravures ei 2 26 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. des photographies ; il est assez simple pour que toute personne, complement etrangere a Tart du dessin et de la gravure , puisse le mettre a execution. Pour la reproduction des dessins, il faut,autant que pos- sible, que ces dessins soient faits sur du papier prepare a la gelatine et au blanc de zinc avec un crayon de zinc.Cette maniere de dessiner, d'ailleurs, ne presente pas plus de difficult^ que le dessin a la mine de plomb ordinaire. Ces precautions ayant 6te une fois prises, on expose la feuille dessinee a la vapeur d'iode , absolument comme quand on iodure une plaque daguerrienne , et, afin d'ega- liser le d^gagement des vapeurs d'iode, on mele a cette substance de la magnesie. Sous Finfluence de cette vaporisation, les particules de zinc, qui sont laisse"es par le crayon sur le papier prepare , forment un iodure de zinc, de sorte que le dessin, denoir qu'il e'tait, passe au rouge. Immediatement apres cette preparation , on applique la feuille sur une planche de cuivre jaune,et on la soumet, au moyen d'une presse lithographique , a une pression tres-rapide qui fixe Piodure de zinc sur le cuivre. Toutefois, le dessin n'est pas dans cet etat visible sur la planche du cuivre, et , pour le faire apparaitre, il est ntfcessaire de frotter celte planche avec un tampon de coton le'gerement impregne de mercure ; il faut meme que cette operation snive immediatement et le plus rapidemcnt possible Timpression du dessin sur la planche, afm que 1'iodure de zinc ne s'evapore pas. Apres celte operation , le dessin apparait en blanc sur un fond jaune. Alors , avec un rouleau depression li- thographique impregne' d'cncre typographiqne , on re- couvre de noir toute la planche de cuivre, et il n'y a que les parties qui ont etc* recouvertes de mercure qui ne CONGRES DES ACADEMIES, 27 prennent pas Fencre. Apres que cette couche d'encre a 6 te se"chee, el que le mercure recouvrant le cuivre a (He" enleve, au moyen d'une simple Evaporation ou d'un lavage an nitrate d'argent ou a Facide nitrique, la planche est soumise a Faction electrique , en servant d'electrode so- luble a un bain de sulfate de cuivre traverse par un courant. Pour cela, il suffit que cette planche sort attached au pole positif de la pile qui doit agir sur le bain de sulfale de cuivre. II arrive alors que les portions denudees da la planche se trouvent attaque~es et se creusent sous Finfluence du courant, tandis que les autres parties se trouvent menagees par Fenveloppe isolante dont elles sont recouvertes. On pourrait , avec ce precede , se passer de Faction e"lectrique en faisant mordre la planche avec de Feau- forte, comme pour les gravures ordinaires. Le meme precede peut etre employe pour la repro- duction des gravures ; seulement , on est oblige de g- latiniser le papier sur lequel elles sont imprim^es, ce que Ton fait iacilement en Timpr^gnant par derriere de gelatine tres-claire. Comme Tencre grasse est facilement attaquee par Fiode , les traits de la gravu re se trouvent exactement dans le meme cas que les traits laisse's par le crayon de zinc, et le reste de Foperation se conduit comme nous Favons explique precedemment. Aulieu de faire creuser le dessin par Faction de la pile, on pourrait, par le meme moyen, mais en intervertissant la disposition des poles de la pile et en prenant un bain convenable, faire deposer sur les parties denudes de la planche de cuivre une legere couche de fer. Alors, apres avoir enleve Fencre grasse dont celte planche est recou- verte et avoir impre"gn6 de mercure toutes les parties 28 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. non recouvertes defer, ce qui est facile puisqucle mer- cure n'attaque pas ce dernier me'lal , on peut imprimer le dessin a la maniere des lithographies, puisque alors Tencre ne s'attache qu'aux parties ferries de la planche. Pour la reproduction des photographies, le precede' est un pen plus complique. 11 faut d'abord prendre tin positif de ces photographies sur vcrre, et polir la plaque de cuivre destinee a recevoir la gravure comme une v6- ritable plaque daguerrienne . On iodure cette plaque comme s'il s'agissait de faire une epreuve au daguerreo- type, puis on place au-dessus le positif, et on expose le lout a une lumiere assez vive. Au bout du temps qu'on a juge necessaire pour F operation , et qui est, en general , assez long , on frotte de mercure la plaque de cuivre . Alors,, les parties attaqu^es par la lumiere sont les seules qui ne prennent pas le mercure ; par consequent , ce sont celles qui se trouvent recouvertes d'encre et qui ne sont pas attaquees par la morsure de la planche. Tout le reste de Toperation s'effectue exactement comme pour la reproduction des dessins. Les autres precedes que nous allons eHudier sont dus a MM. Devincenzi , Poitevin , E. Rousseau , E. Bastien. Autres proeedes. Avec le precede de M. Devincenzi , le dessin doit tre prealablement lithographic sur une planche de zinc pre- paree en consequence, et c'est par Faction du courant electrique que la planche de zinc se trouve creusee de maniere a fournir le dessin en relief. II parai trait que cette tranformation n'exige pas , pour se faire , plus do six minutes. Le proce'de Poitevin s'applique principalement a la CONGRES DES ACADEMIES. 29 gravure des photographies. II consiste a couler une couchc uniforme de gelatine sur la planche a graver , a trem- per celle-ci dans une dissolution de bi-chromate de po- tasse, quand lacouche de gelatine a pris une consistance, suffisante , et a 1'exposer a Faction de la lumiere, soit a 1'interieur de la chambre obscure , si on veut operer directement d'apres nature, soit derriere le negatif trans- parent qu'il s'agit de reproduire. Apres cette exposition, la plaque est plongee dans 1'eau , et toutes les parties qui n'ont pas subi Faction de la lumiere s'impregnent d'eau , se gonflent et produisent des reliefs sensibles a la surface de la plaque ; tandis que les parties frappees par la lumiere s'humectent a peine, ne se soulevent pas , et constituent relativement des creux. Les reliefs , par ela meme , correspondent aux noirs du dessin , et les creux aux blancs , de sorte qu'il suffit de mouler cette planche comme on le fait pour les cliches des gravures surbois, pour obtenir la gravure en relief du dessin ou de la vue que Ton veut reproduire. En prenant pour epreuve type un positif, au lieu d'un negatif, on aurait la gravure reproduce en creux et susceptible d'etre imprimee comme les gravures en taille-douce. Par un autre precede aussi simple, M. Poitevin est parvenu a se passer de moulage et a fixer directement, sur la planche , le dessin qu'il s'agit de reproduire ; dans des conditions telles qu'il peut etre imprime comme une planche lilhographique. Ce deuxieme proce"de consiste a appliquer sur une pierre lithographique , une on plu- sieurs couches, a volumes egaux , d'une dissolution con- centree d'un chromate ou de bi-chromate a base alcaline terreuse ou metallique. Apres dessiccation de cette couche, on soumet la planche a la lumiere , et, quand elle est 30 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. sufllsamment imprcssionnee , on passe au-dessus le rou- Jeau & encre liihographique qui la recouvre d'encre, puis on lave a grande eau. II arrive alors que 1'encre se detache de loules les parties qui n'ont pas regn 1'action de la lumiere , et le dessin reste parfailement trace sur la pierre. 11 ne s'agit plus alors que de 1'encrer , comme on le fait d'un dessin lithographique ordinaire , pour en lirer tel nombre d'exemplaires qu'il convient. Le precede de MM. mile Rousseau et Masson a une grande analogie avec celui de M. Poitevin. II consiste e'tendre sur la planche d'acier une couche de gelatine , et puis, lorsqu'elle est seche , a la recouvrir d'une so- lution de bi-chromale d'ammoniaque et de gelatine. Apres Texposition a la lumiere, on enleve le bi-chromate non at- taque, on passe rapidement une solution d'acide gallique, et on lave encore rapidement ; on laisse secher, on borde la plaque avec de la cire molle pour qu'elle puisse re- tenir une couche de liquide ; on verse a la surface une solution assez faible de nitrate de cuivre legerement acide cette fois ; au bout de quelques instants , le dessin se recouvre d'une couche de cuivre tres-uniforme , le reste de la plaque se maintenant a nu ; des que cette couche de cuivre a acquis assez d'epaisseur, et qu'elle tend a de- venir moins nette, on enleve la solution de cuivre; on lave el on depouille la plaque ; le dessin est alors repro- duit en creux sur Tacier. iNous ne parlerons pas du proce'de de transport litho- graphique de MM. E. Rousseau et Masson, car ii ne differe de celui de M. Poitevin que par Taddition d'une prepa- ration au savon qui ne conslitue certainement pas un per- fectionnement. Le but que s'est propose M. E. Bastien, esl depermettre CONGRES DES ACADEMIES. 31 aun artiste (Tobtenir, autant de fois qu'il le desire, la re- production d'un dessin. Pour cela , M. Bastien 6tend sur une plaque de verre une mince couche de blanc de plomb sur laquelle il trace avec une pointe , ou au burin, le dessin qu'il veut reproduire. La pointe enlevant le blanc de plomb et mettant ainsi le verre a nu partout ou elle passe, chaque trait ressort en noir, si on a eu soin de placer un morceau d'etoffe de cette couleur sous la plaque de verre. Le dessin acheve', on pose la plaque de verre a plat dans un tamis qu'on plonge dans un bain de sulfure de potassium dissous dans Feau. Ge reactif noircit le blanc de plomb, en quelques secondes et on obtient ainsi un veritable cliche" dont on peut tirer des epreuves par les precedes ordinaires de la photographic. Pour fixer le cliche et lui permettre de resister an tirage d'un grand nombre d'epreuves , M. Bastien le recouvre d'un vernis dur et transparent. Parmi les nouveaux precedes de reproduction des oeuvres graphiques ,". nous ne devons pas oublier le sys- teme de M. Lachane, an moyen duquel.on peut transporter et decalquer les tortures nouvelles et anciennes, ce qui permet la multiplication des authographes precieux , que Ton peut ainsi reproduire sans les endommager en aucune inaniere. Cette improvisation est accueillie par d'unanimes ap- plaudissements. M. Ch. de Bacq lit un rapport sur une nouvelle th^orie de la physique , par M. Grove. MESSIEURS, II n'esi peut-elre pas tr&s-facile d'assigner lesprogres 32 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. qu'une science a fails dans une annee , parce que rien ne reste detache" dans le faisceau immense des connais- sances humaincs, auquel chaque e"poque apporte son contingent. Cependant, pour apportcr mon mot a la re- ponse d'une des questions de votre programme , je vous parlerai des vues profondes que les temps ont prepares, qu'un physicien anglais, M. Grove, emettait dans une legon faite a 1'Instilution de Londres, en Janvier 1842 ; qu'il a developpees plus completement dans une serie de lectures sur le meme sujet , en 18/i3 , et qu'il a fait im- primer depuis, Une deuxieme Edition suivit promptement la premiere. Unetroisieme edition, considerablement aug- mentee, a paru dans ces derniers temps. Enfin, en 1856 , line traduction franchise a repandu dans notre pays cette conception nouvelle. Les savants francais paraissent adop- ter cette llieorie , d'une grande simplicite". Nous pouvons done prendre la date de la traduction , des Correlations des forces physiques, par M. Grove, comme celle d'un grand progres dans les sciences physiques. C'est en considerant la question a ce point de vue que je rap- pellerai, le plus sommairement possible, le principe pose par le savant membre de la Societe royale de Lon- dres. Malgre la reserve de 1'auteur, ses vues ne tendent a rien moins qu'a changer toute la th^orie de la physique. Si quelques personnes trouvent bien hardi de tenter une subversion dans une science aussi e'tendue et aussi avan- cee que la physique, je leur repondrai tout d'abord que c'est precisement Tetat avance de la science qui a amene ces vues nouvelles et presentees d'ailleurs en leur temps, et trouvant dans cette derniere consideration Tune des causes d'un succes bien prochain , sinon dejci accompli. CONGRES DES ACADEMIES. 33 On sail que Fhomme, quand il commence a etudier une science, y voit une foule de phenomenes divers, qui , ordinairement, par leur multiplicite, jettent la confusion dans Fesprit. A mesure que Fesprit repand la lumiere , les phenomenes se simplifient , se ram&nent les uns aux autres, jusqu'a ce qu'enfm la lumiere s'etant comple- tementfaite, 1'esprit s'etonne de trouver Funite la oil il avail cru voir d'abord une effrayante multiplicite. Ceqni se passe dans la conception d'un liomme, se passe aussi clans Fensemble des travaux des genera- lions. La physique, la science d'observation de beaucoup la plus avancee, est composee de plusieurs branches : la mecanique, la chaleur, Facoustique, Foptique, Felec- tricite, le rnagnetisme. Ces differentes parties ne se sont enrichies considerablement, on m^me n'ont ele connues que dans ces derniers temps. Ainsi Foptique se divise en optiqne ancienne et optique moderne. Ainsi le magne- tisme est nouveau ; car il ne faut pas arguer, de ce que la boussole dtait connue en 1200 que le magnetisme etait alors une branche de la physique ; pas plus que Felec- tricite , qui doit tant a Ampere , aura et connue des an- ciens, parcequ'ils savaient que Fambre frotte attirait les corps legers. On comprend d6s-lors que, meme dans ces derniers temps, les savants ont du reunir un grand nom- bre de faits. Le faisceau de tant de materiaux n'a pas plut6t ete compose, que des explications heureuses ont conslilue une theorie dans chaque branche. Mais chaque ordre de phenomenes etait encore compl&tement delache des au- tres. Cependant on a bientot enlrevu que les phenomenes de la chaleur se rapprochaient de ceux de la lumiere. On disait que Fclectriciitf et la lumifcre avaietit une certaine 34 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. connexion. Le magnetisme , d'abord completement dis- tinct de relectricite, a bientot etc considere comme pro- venant de celle-ci , soumise a des mouvements reguliers. Si le mou vement restait encore completement separe des autres branches de la physique ; si la production du son coutant 120 fr. . . 48,500 k. 166 k. mtra-phosphate k 466 k. sel de salaison / M. de Gourcy indique ensuite un rcmcdc centre les altises'ou pucerons des cruci feres. V Oleum spica des pharmaciens, verse par gouttes sur la graine et remu6 de maniere a bien Tenduire , empechera Tinsecte de devaster les jeunes plantes. II annonce que , d'apres M. Stockhaerdt, celebre professeur de chimie agricole de Dresde, les betteraves repiquees donnent plus de M INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. sucre et de parties nutritives que celles semees en place. Les premieres donnent 10,33 ; et 17,57 de parties nutritives ; les secondes donnnent 9,20 / et 16,6/i. D\ipr6s le meme savant , les betteraves venues sur terres bien fume'es donnent an moins autant de sucre que celles peu ou pas fumees , pourvu qu'on les tienne serrees dans les lignes , afin de les empecher de devenir grasses. Lc Secretaire , G. DESVAUX. SEAXCE DU 15 AVRIL. (Presideuce de M. le marquis DE VIBRAIE, membre de rinstitut des provinces. ) La seance s'ouvre a 2 heures. Sont appele's a sieger au bureau : MM. le comte DE BONDY , MARCHAL , MAURENQ , DE BRIVES et GHALLES. M. SELLIER remplit les fonctions de secretaire. M. de Caumont donne communication au Congres des diverses lettres qu'il a regues depuis la seance d'hier. M. Kervyn , de Lettenhowe , regrette que des obstacles impre'vus ne lui permettent pas d'assister aux seances du Congres ; les me"mes regrets sont exprimes par M. de Fontenay, de la Societe" Eduenne; par M. G. de Baulny, qui vient d'eprouver une perte de famille ; par M. Tabbe Jouve, qu'une maladie tres-se'rieuse de Mg r . TEveque de Valence retient dans cette ville. M. Tabbe" Jouve envoie un sommaire des travaux de ses compatriotes de la Drome. Cette analyse trouvera CONGRES DES ACADEMIES. 45 sa place dans le rapport general qui sera inse're' dans VAnnuaire. II a e^c fait hommage au Congres des publications sui- vantes , savoir : Publications de la Societe pour la recherche et la con- servation des monuments historiques dans le grand- duche de Luxembourg. Essai sur Le systeme defensif des Remains dans le pays tiduen; par M. J.-G. Bulliot. Poesies de Charles-Auguste Gre*rot, de Chateauneuf- sur-Loire. Odorane, de Sens, ecrivain et artiste du XI*. siccle; par M. Challe , membre de 1'Institut des provinces. Notice historique sur la Compagnie des archers ou arbaletriers , et ensuite des arquebusiers de la ville de Chdlons-sur-Marne , et sur la fte donnee par elle en 175/1 ; par M. Sellier , de 1'Institut des provinces , Tun des secre" taires-generaux du Congres. De rcnscignemenl primaire dans les campayncs , I'armee; par M. le comte de Vigneral, de I'lnstitut des provinces. Jean-le-Victorieux , due de Brabant; e^ude his- torique par M. Oswald Van-der-Berghe ,, membre de TAcademie archeologique de Belgique. Histoire des congregations religieuscs , d' origins poitevine ; par M. Ch. de Cnerge", membre de la Commis- sion archeologique diocesaine de Poitiers. Les Vies des saints du Poitou; par le Meine. Histoire de saintc Radegonde, reine de France et patronne de Poitiers ; par le Meme. Etudes sur fart de desscclwr ; par M. le marquis de Bryas, 46 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Instruction simplifide pour I'cssai ct le choix des eaux d'irrigation ; par le Professeur d'agriculture charg6 de Inspection agricole du departement de la Gironde. Collection du Journal d'agriculture pratique, public* par la Socie'te' d'agriculture et d'industrie du departement d'llle-et-Vilaine. Gompte-rcndu dcs travaux ct concours agricoles du Cornice dc Carrondissemcnt de Dinan. Modifications a la legislation sur le chcptel } pro- posees par le Conseil general de Saone-et-Loire , sur le rapport de M. d'Esterno, membre du Conseil general d'agriculture. Ordonnance de Philippe-le-Long contre les le'preux; par M. II. Duples-Ogier (Extrait de la bibliolheque de T^cole des chartes). Le castellurn gallo-romain de Larcay, pres de Tours; par M. de Caumont. Note sur les murs gallo-romains de Dax ; par le Mme. Projet d'une mcsure morale et fmanciere demnt produire annuellcment au Trdsor au moms AO mil- lions; par Auguste Pichat, de Poitiers. Du veritable impH applicable aux valeurs mobi- lieres ; par le Me me. Circulaire des membres de la Commission permanente d'organisation du Congres scientifique de France, qui doit s'ouvrir, ti Grenoble, le 3 septembrsS 1857. M. Marchal a la parole sur les 6 e . et 7 e . questions du programme ; il s'exprime ainsi : CONGRES DES ACADEMIES. kl MESSIEURS , Quoiqu'inscrit pour parler sur le systeme Kennedy, je vous dernande la permission de dire d'abord quelques niotsde la 6 e . question, ainsi conc.ue : Quels sont les moyens les plus efficaces pour aug- menter le capital intellectuel en agriculture? A-t-on employ^ jusqu'ici tous les moyens qui peuvent pro- duire cet accroissement , si desirable ? Non certes , on n'a pas employ^ jusqu'ici tous les moyens qui peuvent produire Paccroissement desirable du capital intellectuel en agriculture, car nos cultivateurs sont en general d'une ignorance extreme,, et leur art, si noble et si utile, se rduit le plus souvent a nne pratique qui,mal eclairee, doit s'appeler routine, landis que, gui- d6e par Intelligence , elle serait de Pexp^rience. Les statistiques du recrutement nous fournissent quel- ques donnees sur 1'etat de Tinstruction des classes ouvrieres et sp^cialement des ouvriers ruraux , qui forment plus particulierement le contingent annuel de 1'armee. Ce document prouve que pr^s de moitie des cultivateurs n'ont pas encore les premieres notions d'instruction primaire. La premiere chose a desirer, c'est que Tinstruction ^lementaire se repande plus vite et plus comptetement dans les campagnes , car 1'instruction ^lementaire est la premifere base du progr^s. Maisle cultivateur, sut-il lire, 6crire etcompter, ce serait encore peu de chose pour le dveloppement pro- gressif de la culture. Pour realiser des progr^s , il faut pouvoir comparer ce qui se fait dans unecontr^e avec ce A8 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. qui se pratique dans une aulre, et appliquer les ddcoti- vertes ct les bonnes me* thodes , en leur faisant subir les modifications que le sol, le climat , les habitudes et sur- tout les ressources rendent necessaires. Or, le cultivateur ne peut pas entreprendre des voyages d'etude, c'est pour- quoi les progres restent trop souvent confines dans un petit cercle. Combien y a-t-il de departements encore en France et dans chaquedepartcmcnt,meme les plus eclaires, combien y a-t-il de cantons et de communes oil le drai- nage , malgre' les encouragements officiels et officieux , est encore un mot vague, parceque les habitants n'ont pasvula chose? Eh bien ! Messieurs, pour accroltre le capital intellec- tuel de ragriculture, je ne vois qu'un moyen reellement efficace, moyen deja pratique" , quoique timidement, dans quelques departements eclaires, c'est de porter aux cultivateurs la science qu'ils ne peuvent aller chercher et que des lectures ne suffiraient pas a leur donner, et , pour cela, il faut et il suffit de cre"er des cours nomades d'agriculture sur une vaste echelle. Loin de moi la pensee d'etablir un antagonisme entre Tindustrie manufacturiere et Tagriculture , ces deux branches de la production sont aussi indispensables Tune que Tautre : si Tune des deux cherchait a nuire a Tautre, il faudrait lui re'pe'ter Tapologue de Menenius Agrippa, Mais on ne peut disconvenir cependant que rindnstrie manufacturiere a re^ujusqu'a present des faveurs que n'oblient pas ragriculture. Aussi, pour resterstrictement renferme dans la question, je ferai observer que, dans toutes les villes industrielles, ilexiste de nombrenx cours publics ct gratuits d'application de la science aux arts. Ces cours sont a la ported des ouvriers et des manufac- CONGRES DES ACADEMIES. &9 turiers qui peuvent chaque jour faire ou tenter TappJica- tion, dans leurs usines ou leurs laboratories, des lemons du professeur. II n'y a rien de semblable pour Pagriculture. Dans quelques departements cependant , dans la Seine- Inferieure, le Calvados, leDoubs, la Manche, des profes- seurs nomades soil be'ne'voles , soit institues par les con- seils gene"raux , vont, pendant un mois ou deux, faire des lemons publiques pour les cultivateurs. Ces essais , trop rares encore , montrent que le besoin de ces cours s'est fait sentir et prouvent que la these que je soutiens n'est pas une the'orie vague. Aujourd'hui les cultivateurs ignorants nient Tutilite de la science , comme un aveugle nierait la lumiere ; or, il est d'observation que, plus on sait, plus oneprouve le besoin de savoir ; moins on sait , moms on croit utile d'apprendre. Les cultivateurs rechercheraient done la science avec d'autant plus d'avidite qu'ils en auraient d'abord rec, u les premiers elements. Je ne m'etendrai pas davantage sur cette question, je passe a Tapplication du systeme Kennedy. 11 y a deux manieres de concevoir Tapplication du systeme Kennedy, c'est-a-dire de Tengraissement des terres au moyen d'un liquide fertilisant, circulant dans des conduits souterrains et repandus en arrosage. L'une de ces applications est celle qui est realise'e deja sur un assez grand nombre de fermes en Angleterre. Elle consiste a transformer en liquide tous , ou presque tous les engrais de la ferme, a reunir ces liquides dans des citernes, puis a fouler, au moyen d'une machine a vapeur, ces engrais dans des tuyaux et a les re*pandre a la lance sur les terres en culture, a differentes pe"riodes de la vege'tation. 3 50 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. . L'autre application, qui n'est autre chose que le systeme tubulaire d'ecoulement des engrais des villes, est inde- pendant des fermes et ne peut se faire que par des ad- ministrations municipales ou des compagnies conces- sionnaires. Le premier mode a e'te' jusqu'ici fort peu unite* en France, et je ne le croispas susceptible d'ici a long-temps de nombreuses applications , malgre" les avantages qu'il parait presenter. Les obstacles sont les suivants : Le morcellement du sol , la cherte de la force motrice , les frais considerables de premier etablissement et Tin- certitude des resultats. Le morcellement. En signalant cet obstacle , ne croyez pas que je conclue contre la division de la propriety , et que je regrette les substitutions et le droit d'alnesse , seules bases de la conservation des grands heritages. Le morcellement est entre profondement dans nos moeurs et dans nos besoins sociaux. S'il fait obstacle & Fapplication de certains systemes de culture dispendieux, il a, d'un autre cote, de si grands avantages que leur somme Temporte de beaucoup sur les inconve"nients. Ainsi, en multipliant les proprietaries , il multiplie le nombre de gens inte"resse"s Fordre et la stabilite. II fait obstacle a Taccroissement trop rapide des villes au detriment des campagnes. Ainsi, malgre la propension . constatee par les derniers recensements , des populations ouvrieres affluer dans les grandes cites , la population rurale forme , en France, les deux tiers de la population totale ; c'est le contraire en Angleterrc. Les petites et moyennes exploitations , si elles ne donnent pas la plus grande somme de produit net, donnent certajneraent la CONGRES DES ACADEMIES. 51 plus grande somme de produit brut. Le proprtetaire d'un domaine qu'il exploite lui-meme, y donne certainement plus de soins et plus de travail que le simple fermier , et a plus forte raison le metayer. Mais comme toute chose humaine a ses inconve"nients a cote" de ses avantages, nous devons a la verite de dire que le morcellement est et sera long-temps encore un obstacle a Tapplication , dans les fermes , du syteme Ken- nedy, et cet obstacle subsistera tant que Tassociation n'aura pas rec.u , dans la culture , des applications sem- blables a celle que nous lui voyons dans rindustrie, et qui font enfanter & cette derniere de si etonnantes mer- veilles. Le second obstacle est la cherte" de la force motrice. La France n'a pas le bonheur de posse"der d'in car cela froisserait inutile- ment bon n ombre de ceux qui ont fait de la me'camque agricole , sans savoir ni la mecanique ni les besoins de Fagriculture. Us avaient d'ailleurs sans aucun doute de bonnes intentions, et on doit leur en tenir compte. Afin de ne pas sortir du programme que vous avez pose, je vais vous demander a citer successivement les parties du materiel agricole qui , a mon avis , peuvent etre con- siderees comme un progres ou un commencement notable de progres, qu'il s'agisse de machine frangaise pure ou importee. Je remonterai peut-etre quelquefois au-dela de 1856 ; mais ce sera dans le cas ou il m'aura semble' que ce n'est guere que cette anne"e-la (1856) qu'une chose d'existence anterieure aura ete adoptee definitivement, ou comprise ou goutee par le public agricole. Gharrue a vapeur de Prowler. C'est la un grand probleme que je crois tres-pres d'etre resolu. Chacun peut voir cette charrue a Tceuvre aujourd'hui sur les terres de la ferme de Villeroy , pres Meaux. On y travaille a tache a raison de 20 et quelques francs 1'hectare. La charrue est la m6me que celle qui a fonctionne Tannee derniere a Villers. Elle a seulement e^e" perfectiori- n6e. Pour I'Alge'rie et la Russie , cette charrue peut et doit etre extremement precieuse. Elle est en France, c'est deja quelque chose. - Dix-sept de ces charrues marchent regulierement en Angleterre. Piocheuse Barrat. Vous, 1 avez appris qu'il y avait aussi quelque chose a esperer de la piocheuse Barrat, beaucoup meme, Une nouvelle va etre mise en construe- 70 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. lion , sur la commande de TEmpereur ; il y a tout lieu de croire qu'elle sera bien plus convenable que la prc6- dente, qui, neanmoins, a, en definitive, suffi a la demons- tration. Draineuse a vapeur. Cette machine, du meme inventeur, est egalement en France. Elle fonctionne pra- tiquement. Si la question tfconomique est resolue favo- rablement, il pourra y avoir beaucoup a esp6rer de cette application de la me'canique a vapeur aux travaux souter- rains du sol. Cfiarrues. Comme detail , je considere personnel- lement comme un reel progres , Tadoption de Tetrier americain , qui exempte les pieces de bois auxquelles on ajoutait les coutelieres, des perforations qu'on etait oblige d'y pratiquer pour le passage des boulons; avec Fetrier, une piece de bois conserve toute sa force , ceci est fort important. J'estime fort aussi Tadoption de la rasette , sorte de petite charrue qui se met , comme un coutre, en avant de celui-ci , et lui trace prealablement un petit chemin qui empeche 1'appareil de bourrcr , soit quand on en- fouit du fumier, soit quand on defriche. Afin d'abreger, je vous demande la permission de me borner , des a present , a enumerer les objets , qu'a moins d'erreur ou d'omission je pense qu'il serait bon de noter. Araire Parquin a pointe de soc mobile. Le corps de Taraire Parquin me semble parfait , maintenant que Tapplication reellement precieuse , quoique tres-an- cienne de la pointe de soc mobile y est faite ; on a une machine tres-approchee de la perfection. Dans les sols pierreux, partout ou la pointe du soc s'use vite ou se brise, cette charrue rendra de grands services. CONGRES DES ACADEMIES. 71 Bien que je ne considere pas Tavant-train de ce con- structeur comme parfait, il s'en faut, j'estime tres-fort Fusage qu'il y fait des roues monies a demi-patent, de telle facon qu'on peut les graisser comme les roues des diligences sans les demonter. De plus , la poussiere fait bien moins obstacle. Fouitleuses. L'adoption de ces indispensables charrues doit etre notee. On ne peut plus s'en passer pour les cultures, racines et fourrageres. Charrue tourne-oreitle. Avec la pratique du drainage, cette charrue est celle qui doit dominer un jour. Je n'en connais pas encore line seule qui soit parfaite ; il y a beaucoup a faire ; je crois utile d'appeler Tattention sur ce point. En attendant mieux , on peut se servir assez avantageusement des Brabant doubles. Une fois qu'on sait les manier, et ce n'est pas difficile , on en tire un bon parti. Dechaumeurs. Le dechaumeur Dray, pouvant au besoin servir de defonceur, est une precieuse machine importee d'Angleterre. Son usage se repandra rapide- ment, je pense. Extirpateurs. scarificateurs. Comme en Angle- terre , nous arrivons en France a employer des pieces de rechange pour avoir ces deux indispensables ma- chines. Jusqu'a present, la grosse difficulte du service etait Tengorgement , Le systeme de MM. Depoix et d'He"rissard y remedie ; il suffit maintenant d'appuyer sur les mancherons pour de'gorger les dents , sans arre- ter la marche des chevaux. Herse a couperets. Apres un d6frichement , on avail beaucoup de peine a r^duire les copeaux de terre d6tache"s en gros rubans. La herse ordinaire e'cor- 72 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. chait, retournait. Avec la herse imported de Belgique par M. Decrombecque , on parvient & tocher le sol en proce'dant comme le font en petit les charcutiers pour pre'parer la chair a saucisse. Herses paralle to grammes accouplees. J'espere qu'un jour prochain on ne connaitra pas d'autres herses en France. En Angleterre , elles sont exclusivement em- ploye'es. C'est le meilleur appareil qu'on puisse desirer pour herser regulierement , completement , sans double emploi ni perte de force ou de temps. Rouleaux brise-mottes. Celui de Grosskill est en- core tres-bon , surtout quand les fusees des roues sont coudees. Quand elles ne le sont pas , il suffit de faire un plan incline" avec line planche et une pierre pour eviter de creuser des trous en terre. Le rouleau Cambridge n'a pu detroner le Crosskill; le Patterson y aurait re'ussi , parce qu'il se nettoyait mieux lui-meme. Aujourd'hui se presente un nouveau Cambridge , qui semble devoir Temporter. Les lumieres, au lieu d'etre circulaires , sont triangulaires , a angles arrondis ; de cette facon, quand Tappareil est en marche, il s'opere une remarquable dislocation, qui fait que les disques sont toujours nettoyes les uns par les autres. Semoirs. En attendant un semoir compteur qui est en bonne construction commerciale , on se sert momen- tanement des semoirs Lemaire Maxime, Saint-Joannis, Jacquet Robillard, et de tous les modeles anglais. C'est l^i un grand progres. Semoirs a engrais liquides. Celui de Chanler est une conquete. Il verse , en meme temps que la graine , une dose d'eau pure ou contenant de Pengrais en quantite suffisante pour qu'on n'ait plus a craindre une de ces CONGRES DES ACADEMIES. 73 funestes se"cheresses qui obligent a tout recommencer , compromettenl une recolte , ou tout an moins mettent de beaucoup en retard et en deficit pour les rende- ments. Land-presser. Nous ne mettons pas en doute que cet appareil ne de"trone un jour presque tons les semoirs. (Test tout simplement une serie de sortes de roues de brouette qui , promenees sur le sol a emblaver, y mar- quent des sillons de la forme d'un V , dont la pointe serai t tronquee. La piece etant prete on seme a la volee tres-clair . on herse ensuite en travers, el on a un ble" hors ligne, dont chaque grain est dans ce sol ferme qu'il aime tant et que les animaux nuisibles penetrent beaucoup moins. Je suis convaincu qu'une fois repandu, ce rouleau- rayonneur-presseur rendra de tres-notables services et se repandra plus facilement que les semoirs. Planloirs. Celui de M. Ledocte a rendu et rendra de tres-bons services. La brouette a pieces de rechange est excellente. Semoirs a pctites graincs. En Angleterre, en Allemagne , partout , ces semoirs rendent de grands services. II n'y en a que peu en France. Us me'ritent d'etre propages. Semoirs it poudrettc. - II est tres-difficile de faire semer la poudrette et le guano par les ouvriers. Au fait, c'est tres-penible. On vient d'importer le semoir Holmes , que je considere comme parfait. II est fort a d^sirer qu'il se propage rapidement, car les engrais pulve'rulents sont bien mal repandus par la main de 1'homme , qui met d'ailleurs , dans Taccomplissement de cetU tache , en general, une tres-mauvaise volont6. CONGRES DES ACADEMIES. 75 Houe a ctieval circulaire de Hucknale. Cette pre- cieuse petite machine sarcle en long et en travers. Elle eclaircit, par consequent , les racines. Je la crois mal- heureusement peu repandue. Fauchcuses-moissonneuscs. On croit a ces machi- nes, c'est deja beaucoup. L'anne 1855-56 a singulie- rement ete favorable a la verite prochaine de la substi- tution possible de la machine a 1'homme , pour la re'colte des fourrages et des cereales. De toutes les moissonneuses que je connais , aucune ne remplit les conditions qu'on recherche , cependant les trois principals peuvent deja rendre des services en France , et en Alge'rie notamment. Je place en t&te la machine systeme Hussey , bonifiee 'par le systeme Polmer, puis celle dite de Amaury, et enfln celle de Mac-Cormick. Nous croyons pouvoir annoncer qu'avant peu nous verrons fonctionner une rnoissonneuse congue par M. le docteur Trousseau et son fils , et exe'cutee par Le Moythieu. On la dit tres-superieure aux precedentes. Faneuses. Celles que nous avons remplissent avec une satisfaction a peu pres entiere le but qu'on veut atteindre. Quand on peut prevenir le pelotonnement du fanage autour du moyeu , elles ne laissent alors plus guere a desirer. La faneuse est non-seulement nn pro- gres pour nous , mais c'est encore une conque'te des plus precieuses. Rdteau a cheval. - Le rateau a cheval est dans le rn&me cas. II ne reste qu'a de'sirer qu'il soit d'un prix un peu plus abordable. 76 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. RATEAU A CHEYAL DE HOWARD. Machines a battre. Jusqu'a present se placaient sur la meme ligne celles de MM. Duvoir , Gumming , et Graitot , toutes trois derivees de celles de Winther : loutes trois brisaient le grain , quand on voulait forcer la besogne. Actuellement celle de M. Gumming se place en tele, a monavis, a cause d'un contre-batteur nouveau, a surface boutonne'e, qui permet au grain de se mettre a Fabri, de fuir dans les rigoles a angles divers , que ferment ses lignes de boutons. Locomobiles. Celles de M. Rousset sont une ve"ri- table conquete pour Tagriculture. Forme a Tecole de M. le baron Seguier, ce constructeur est le plus habile que je connaisse. II y a d'autres machines de ce genre qui sont tres- estimables; aussi je crois qu'on peut les placer, sans conteste , dans la categoric dont il s'agit ici. Trieurs de graines. Celui de M. Pernolet reraplit CONGRES DES ACADEMIES. 77 bien ce qu'il promet. Je le place sur le m6me rang que la faneuse et le rateau a cheval. Moulins agricoles. Gelui de M. Bouchon , mu par manege surtout , atteint parfaitement le but. Pompes a purin. La pompe dite arabe est parfaite pour cet usage ; c'est une bonne acquisition que nous avons faite pour le traitement de nos fumiers. Hache-paillc , Coupe-ratines. Bien que ces ma- VUE D'UN HACHE-PAILLE. chines ne soient pas nouvelles, je pense qu'on doit les 78 INSTITOT DES PROVINCES DE FRANCE. considerer comme n'e'tant entries en grand dans la pratique que depuis peii. Ecorche-racincs-Pliilipps. Cette derniere machine est encore peu connue , inais elle me'rite de Tetre. Au lieu de couper la racine a vif , elle 1'echarpe comme on le ferait avec une rape a longues dents. Les morceaux , m61es avec des tourteaux on de la paille hachee , entrent bien plus tot en fermentation que les autres ; on doit done les preferer. Teilleuse mecanique. Si le teillage a fait un impor- tant progres qu'il est bon d'enregistrer , je trouve qu'il serait bon qu'on put aussi avoir de petites machines a bras pour remplacer celles dont on se sert avec si peu d'avantage dans nos campagnes. J'appellerai , si on veut bien le permettre , {'attention de MM. les delegues sur ce point , en raison du besoin que je sais qu'on a de ces petites machines qui , si elles existent , sont peu connues et surtout trop peu repandues. M. de Caumont annonce que M. Jourdier a bien voulu s'entendre avec lui pour montrer a MM. les ddegue's la plupart des instruments dont il vient d'etre parle ; que mardi prochain, a 11 heures et demie , M. Jourdier les recevra avec plaisir dans re"tablissement du materiel agricole perfectionne , 35 , rue de Lafayette, et que MM. les membres du Congres pourront voir fonclionner plusieurs de ces machines. M. Maurenq voudrait que l'6tablissement , dirige par M. Jourdier , put avoir des depots dans les departements qui propageraient la connaissance des machines et des outils perfectionnes. M, Jourdier repond que la demande qui vient d'etre CONGRES DES ACADEMIES. 79 faite , entrainerait Tentreprise dans des frais et qu'il lui faudrait un capital inert considerable ; que jusqu'a ce jour il n'est pas possible de songer a rien de semblable. On prepare un Album , representant les instruments, qui sera distribue partout. On enverra sur une feuille a part , et timbree , le prix correspondant a chaque nume"ro de i 1 Album ; cela peut suffire pour les personnes instruites; pour celles qu'il s'agit d'enseigner d'une maniere plus directe , il y a un moyen a la disposition des Cornices agricoles , c'est de demander Penvoi , a leurs frais , des instruments ; s'ils ne les gardent pas , ils peuvent les renvoyer. M. le docteur Bally lit une note sur les progres de la botanique en 1856. Il s'attache surtout a prouver les applications utiles d'uneplante negligee jusqu'ici, le Tyfa latifolia , qui peut servir a fabriquer des vetements, des chaussures , etc. M. Albert de Brives appelle Paltention du Con- gres sur une application ulile du drainage exe'cutee par M. Chouvois, direcleur de la ferme-ecole de Nolhoe ( departement de la Haute-Loire ) , et s'exprime ainsi : Je crois devoir appeler Tattention du Congres sur une application utile des cours d'eau de drainage a Tirrigation, faite dans le departement de la Haute-Loire pendant ces dernieres annees. Le probleme a resoudre etait celui-ci : Enlever les eaux surabondantes du sous-sol pour les ramener a la surface et les employer a Tirrigation. On sail que les eaux produites par le drainage ont des qualites fertilisantes qui manquent aux eaux ordinaires. L'experience et la science sont d'accord sur ce fait. M. Chouvois , Thonorable directeur de la ferme-ecole 89 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. de Nolhoe , et membre de la Socle" te" d'agriculture du Puy T ayant & drainer une prairie qui offrait line pente assez considerable, eut la pensee d'utiliser les eaux du fonds de cette prairie pour en arroser la surface. II est arrive" & ce but par les moyens suivants : La prairie repre'sentait un quadrilatere allonge* ; la pente tait dans la longueur. Apres les operations de nivellement ordinaire , il a divise sa pente en 5 ou 6 sections. II a etabli les drains de la l re . section dans le sens de la plus grande pente, suivant 1'usage , et en a reuni Jes eaux dans un collecteur place dans la parlie la plus basse , aboutissant sur un point central. Vers ce point un conduit ciment6, et a pente reduite, s'empare des eaux , et les ramene sans effort , a la superficie , sur une partie de la 2 e . section de la prairie , dont le point depend de la pente generate , et d'ou elle est dirigee , sui- vant les besoins, par des canaux ordinaires. La 2 e . section est draine'e comme la l rc . , et ses eaux ramenecs a la surface sur un point quelconque de la 3 C . section , et ainsi de suite jusqu'au bout. Ce moyen tres-simple , d'ailleurs , a produit les meil- leurs resultats , et d'une prairie donnant un herbage rare et de la plus mauvaise qualite, a fait un pre de l re . classe qui e'tonne tous les jours les visiteurs par sa fecondite. Ce genre de drainage a, aux yeux de quelquesper- sonnes , Tinconvenient de ramener constamment a la surface les eauxde drainage , qui peuvent etre nuisibles dans les temps pluvieux en entretenant une humidite trop persistante. Un autre membre de la meme Societe d'agriculture, M. Nicolas, ancien eleve de laSaulsaie, directeur du drai- nage dans la Haule-Loire, a imaging un autre precede qui CONGRES DBS ACADEMIES. 81 conduit au memeresultat sans avoir le meme inconvenient. Soil donnee la meme prairie. II etablit dans le centre , et sur toutela longueur, un collecteur sur lequel viennent s'embrancher successivemenl, a droite eta gauche, les drains ordinaires, a certaines distances quMl determine , suivant la pente et suivant le besoin d'irrigation ; il coupe son collecteur par une petite caisse forme' e de quatre planches ayant la longueur necessaire pour reunir le fond a la superficie. Gette caisse qui doit servir de con- duit a Teau etait coupee a quelques centimetres au- clessus du fond par une paroi horizontale percee et des- linee a recevoir la bonde qui est le principal agent du mouvement ascensionnel des eaux. Dans ce systeme, les eaux arrivent dans la caisse par un trou superieur a la paroi , traversent cette paroi lorsque la bonde n'est pas placee, et reprennent leur cours dans le drain inferieur par une seconde issue pratique"e dans la caisse un peu au-dessous de la paroi horizontale. Mais, lorsque la bonde est placee, on congoit que les eaux, n'ayant plus d'issues par les drains, s'e*levent dans la caisse et viennent jaillir a la surperficie. line par lie de ces eaux est egalement refoulee par la loi du niveau dans les drains superieurs ; mais Fexperience a prouve que c'etait sans inconvenient. Si la bonde reste long-temps fermee , reflet naturel est un arrosement de la partie superieure de la prairie par impregnation , qui ne presente aucun danger , puisque , par Tenleve- ment de la bonde , on peut a volonte" rendre aux eaux surabojndantes leur cours naturel par le collecteur. M. Nicolas a tout re"cemment apporte une amelioration & la forme de sa caisse qu'il appelle une fontaine. LMta- blissement de la paroi horizontale , destinee au place- 82 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. ment de la bonde , avait rinconvenient de procurer un ressaut dans la ligne du collecteur et de faire perdre une partie de la pente. II a voulu remedier a cet inconvenient et il a imagine , a cet effet , une paroi coudee qui n'occupe qu'une moitie de la caisse. L'eau arrive dans la partie de la caisse ou n'aboutit pas la paroi et au-dessous da niveau de la partie superieure de la paroi ou se trouve Torifice. L'eau , arrivee dans la caisse, s'el&ve jusqu'au-dessus de la paroi , redescend par Torifice et s'echappe par le collecteur qui vient abou- tir au meme niveau que Torifice d'arrivee. Ce moyen , egalement applique , a produit les meil- leurs resultats ; mais ce dernier exige une plus grande quantite d'eau. La deperdition qui s'op&re necessairement par le remous des eaux forcees dans des conduits qui ne sont point etanches , peut nuire a Teffet de la fontaine en ne laissant pas , pour Tirrigation de la surface , line quantite d'eau suffisante ; du reste ce moyen a Tavanlage de donner ou d'enlever a volonte les eaux suivant le besoin. Ces deux modes me paraissent done presenter des avantagesou des inconvenients relatifs et qui feront don- ner la preference a chacun d'eux , suivant les differenles circonstances dans lesquelles se trouveront les terrains soumis a cette operation. Mais ils m'ont paru Tun et Tautre ingenieux , d'une application utile en principe, et dignes, en consequence , d^tre soumis a votre appreciation. M. d'Esterno ne croit pas Tidee de se servir des eaux oblenues par le drainage, pour Tarrosement de la super- Ccie , aussi nouvelle que les draineurs de la Haute-Loire CONGRES DBS ACADEMIES. 83 i'ont pense. M. Rayrol a public un systeme qui a beau- coup de rapport avec ceux dont on vient d'entretenir TAssemblee. M. Perrot pense que ces inventions diverses sont propres a re'pondre aux objections de ceux qui disaient : Le drainage est nuisible parce qu'il enleve des eaux chargers de principes azotes , puisqu'ainsi on les re- verse et on les utilise a la surface des pre*s. M. Maurenq ne voudrait pas qu'on se laissat seduire par des applications de ce genre. Selon lui , on aura dans la saison pluvieuse beaucoup d'eau a verser sur le sol deja trophumide, puisqu'on a cruutile de le drainer; on n'aura rien a lui donner dans les moments de seche- resse, alors que cela serait utile. II faudrait, pour com- pleter ce systeme , etablir des reservoirs qui seraient mis a contribution dans la saison de secheresse. M. de Brives repond qu'il serait toujours facile de ne pas verser Teau a la superficie, si cela n'etait pas utile ; le systeme permet seulement de s'en servir au besoin. Le Secretaire-general , DE Bouis. SEANCE DU 17 AVRIL. ( Residence de M. le comte DE VJGNERAL. ) Sont appele"s au bureau, par iM. de Caumont : MM. DE GODRCY, MAHUL , OLIVIER , de Vaucluse ; A. de BURE, se- cre"taire de la Soci^te" de 1'Allier. M. DESVAUX , secretaire, M. le marquis de Bryas communique au Congres plu- 84 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. sieurs volumes du Herd-Book anglais , et temoigne le de'sir que nos bonnes races franchises aient egalemcnt leur genealogie. La discussion est continued sur les progres de la phy- sique en 1856. M. Andre" Poey s'occupe depuis long-temps de recueillir les effets curieux produits par la foudre , et invite les membres du Congres a lui communiquer tous ceux qu'ils auraient observes. Selon lui, la foudre produit des effets pathologiques et therapeutiques. M. Poey cite encore des phe"nomenes photographiques tres-surprenants. M. de Bouis ne nie pas les effets therapeutiques de Telectricite, mais il observe qu'on doit inettre beaucoup de reserve dans Temploi de ce fluide , parce qu'on ne sait pas encore le doser, M. Du Moncel parle des bons effets produits par Pe" lec- tricite dans les cas d'asphyxie par le chloroforme. il parle d'images electriques a travers des corps rsolants. Un membre demande comment des images photogra- phiques peuvent se produire a travers des habits et autres corps opaques? M. Du Moncel repond que Texpression damages pho- lographiques est impropre , parce que, dans ces phe'no- menes, ce n'est pas la lumiere, mais bien Fe'lectricite qui agit. M. Du Moncel fait ensuite au Congres une communica- tion tres-interessante sur la telegraphic electrique. Il pre- sente et fait fonctionner trois appareils. D'abord le t^legraphe toivant de Morse ( 1838 ) , qui n'a qu'un fil a la ligne au lieu de deux fils employes en Allemagne. On conserve la d6p6che e"crite en lettres ineffacables. CONGRES DES ACADEMIES. 85 Ce telegraphe a e* te perfectionne par M. Mouilleron. 2. Celuide M. John Thomas, hongrois,quipre'sente un avantage pour les transmissions transatlantiques. M. Var- ley en a pose un de Londres a Ostende qui permet dMviter les inconvenients de la condensation des fluides dans les lignes sous-marines. 3. Un telegraphe Morse transcrivant la dep6che par reaction electro-chimique. La bande de papier est pre*- paree avec une dissolution de cyanoferrure de potassium, en prenant une pointe en fer ou en acier pour imprimer le papier , Faction electrique trace les caracteres en bleu de Prusse. Ge telegraphe, comme le premier systeme, ne"cessite Temploi de relais. M. Du Moncel parle ensuite des appareils accessoires des parafoudrcs qui preservent les employe's des acci- dents occasionnes par les orages; des horloges electriques de M. Robert -Houdin , qui peuvent marcher pendant six mois de suite ; de Temploi de Telectricit^ pour TexplosioTi des mines. A Cherbourg, on faisait sauter simultane'ment 16,000 kilog. de poudre enfouis dans huit puits de 15 *. de profondeur et qui soulevent le rocher sur une surface d'un hectare. Le meme procede est employe" pour creuser le nou- veau port de Marseille. M. Du Moncel cite enfm Futile application de Telectri- cite pour la telegraphic nautique. Les signaux se donnent ordinairement au moyen de lanternes superpose'es qu'on allume dans un ordre determine a Tavance. On perd beaucoup de temps lorsqu'il faut deplacer ces differentes lanternes, tandis qu'il est tres-facile, avec des appa- reils tres-simples et en tournant seulement des robinets , 86 INSTITtJT DES PROVINCES DE FRANCE. de faire arriver des gazs inflammables dans telle ou telle lanterne et de les allumer au moyen d'un courant elec- trique. On peut operer ainsi avec la plus grande ra- pidite*. Le.Congres vote des remerciments a M. DuMoncelpour ses importantes communications et pour la belle exposi- tion d'instruments de physique qu'il a fait de'poser dans la salle. Plusieurs de ces instruments ont ete inventes ou perfection's par M. Du Moncel qui ainsi a doublement me'rite de la science. Lc Secretaire, G. DESVAUX. SEANCE DU 18 AVRIL. ( Residence de M. le vicomte DE CUSSY, membre de Tlnstitut des provinces. ) La seance est ouverte a 2 heures. MM. DE CAUMONT, le comte DE BONDY, le comle D'ESTERNO , DE ROISSY, DE MONTREUIL, DE MARGUERIT DE ROCHEFORT , DREOLLE et OLIVIER siegent au bureau. M. SELLIER , Tun des secretaires-g neraux , tient la plume. M. de Caumont annonce que M. Geoffroy Saint- Hilaire attendra le Congres demain dimanche, a une heure, pour^lui faire part des importations ou accli- matations nouvelles faites au Jardin-des-Plantes. Le Congres est invit6 , par M. le Directeur , a se reunir ^ midi moins un quart k Notre-Dame , a Teffet d'exa^ miner les travaux qui ont etc" re"cemment faits , et de CONGRES DBS ACADEMIES. 87 se transporter ensuite en corps au rendez-vous donne" par M. Geoffroy Saint-Hilaire. M. Barrande exprime le regret de n'avoir pu assister aux reunions du Congres , si ce n'est mercredi dernier , jour ou Ton ne devait pas s'occuper de ge'ologie. M. Ami Bone a envoy6 a M. le Directeur un apergu sur la geologie dans Punivers entier. Sa lettre est analyse'e par M. de Caumont, et trouvera place dans YAnnuaire de Plnstitut. 11 en resulte notamment qu'on s'est occup6 beaucoup de ge'ologie partout en 1856, et que d'importants travaux se preparent dans les deux hemispheres. M. de Caumont expose que les fouilles op^rees pour la construction des chemins de fer ont amene* des decouvertes interessant la geologie ; il importerait par- tout ou des chemins de fer ont ete" etablis, de faire le releve" graphique des coupes mises a nu dans les deblais. MM. les Ingenieurs des mines consentiront , a n'en pas douter, a faire faire cette constatation. Dans quel- ques annexes, il serait trop tard pour se livrer a un pareil travail qui deviendrait alors impossible. M. le Directeur de Plnstitut propose au Congres d'emettre a ce sujet un voeu qui est unanimement accueilli. Revenant sur une discussion qui a eu lieu dans la seance du 16 de ce mois , a 1'occasion de la connais- sance donnee au Congres , par M. Albert de Brives, de Tapplication qui a ete" faile , dans la Haute-Loire, des eaux du drainage a Tirrigation , M. le due de Maill6 presente deux observations; il lui sembleque, dans les temps pluvieux, Poperation qui consiste a ramener 88 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. les eaux du drainage a la surface du sol ne pre"sente aucune utilite, et qu'en temps de se"chercsse , Teau manquerait et ne pourrait par consequent etre ramenee sur le sol. M. le corate d'Esterno repond qu'il a fait beaucoup d'irrigation et que Inexperience lui a demon tre que les cultures ont besoin d'etre irriguees meme en temps de pluie , et que , notamment pour les prairies, Veau du ciel est loin d'etre suffisanle ; suivant lui, la pluie mouille et n'arrose pas, et celle qui tombe sur dix hectares pourrait a peine en arroser un d'une maniere complete. Le drainage, avant d'etre perfectionne", existait autrefois , sinon avec sa destination actuelle , au moins comme irrigation , et il importe beaucoup de Tutiliser encore pour cette destination. Au moyen du drainage, en eftet , les eaux sont rassemblees et il ne s'agit que de les ramener a la surface du sol. L'observation a de"montre que le terrain etant sec, si Ton etablit line galerie horizontale , on trouve de Feau , et que , si Ton creusait une suite de puits verticaux, avec des galeries horizontals, il sorlirait de Feau de Unites les galeries. Une objection a e"te faite , c'est qu'il est necessaire d'etablir un point d'arret pour faire remonter Teau , ce qui semble devoir neutraliser leseffets du drainage; mais il faut remarquer que c'est seulement a une distance minime que le refluement a lieu, ce qui n'entraine pas d'inconvenients : on retablit d'ailleurs , quand cela devient necessaire, la circulation dans le sous-sol et le mal n'aurait lieu que si Tinterruption se faisait au moment d'une grande pluie , lorsque Teau dort sur le terrain. M. le marquis de Bryas affirrae qu'on ne doit pas CONGRES DES ACADEMIES. 89 drainer indifferemment, soit qu'il y ait, soit qu'il n'y ait pas d'eau souterraine. Le drainage est inutile quand il n'y a pas surabondance. L'ordre du jour appelle Texamen de la 10% question du programme, ainsi congue : Quels sont les moyens pratiques d'obvier a la deper- dition des matieres fecales et des purins dans les cam- pagnes? M. de Gaumont fait connaltre au Gongres un moyen in- dique par M. Girardin , de Rouen. Ge moyen consiste a etablir , snr le fumier , une espece de guerite a 1'usage des gens de la ferme ; mais parviendrait-on a obtenir d'eux qu'ils derogeassent ainsi a leurs habitudes? il est permis d'en douter; 1'essai en tout cas est facile. M. le comte de Vigneral a vu , dans certaines exploita- tions, pratiquer, a Pextremite des etables, de petits com- partiments dont faisaient usage les domestiques et les ou- vriers. Une petite cellule pent e*galement etre 6tablie aupres des fosses a purin. A un autre point de vue, le meme membre voudrait qu'on rapportat de la terre dans les etables , pour y absorber les engrais liquides produits par les bestiaux. Le renouveilement en serait fait tous les huit a dix jours , ce qui , surtout avec la stabulation per- manente , serait d'un immense avantage. M. le comte de Gourcy parle d'une amende de cinq centimes etablie par un proprietaire centre ceux de ses gens qui ne se rendraient pas au lieu indique par lui dans le meme but. Un autre membre propose de jeter de la glaise calcine'e sur le fumier. M. le comte de Gourcy expose que , chez M. Crespel , 90 INSTITUT DES PROVINCES J)E FRANCE. de Lisse , on jette aussi sur le fumier de la terre argi- leuse qu'on ramene a la ferme pendant la belle saison , a lemps perdu , et qu'on remise sous des hangars , en at- tendant qu'on Temploie. Rien ne s'empare de rammo- niaque comme la terre argileuse seche. M. le marquis de Galigny dit avoir invenle" une pompe a purin, dont il trace le modele. Cette pompe est tres- simple , sans piston ni soupape ; elle est en zinc et ne coute pas plus de 20 a 30 fr. La partie inferieure , qui est conique , est plongee dans le purin ; le mouvement de va et vient s'etablit verticalement de bas en haut ; sa hau- teur est de 2 a 3 metres. L'inventeur recommande cette pompe , parce qu'elle enleve tout ce qui se trouve dans la citerne,et, par consequent , le meilleur engrais qui oc- cupe le fond. On 1'a employee pour faire une lessive , et il en est re'sulte 1'inconvenient de retirer les ordures qui s'etaient deposees dans la partie inferieure de la fosse ; mais , dans 1'application faite a Pextraction du purin , ce qui etait un inconvenient devient un avantage. II est a regretter que cette pompe , que M. Carreau, ingenieur, se propose de faire executer, n'ait pas encore ete experi- mentee. M. le vicomte Du Moncel sail qu'il existe une pompe sans piston ni soupape , employee utilement par un maraicher de Versailles; mais, parmi celles qui sont en usage, la meilleure est , sans contredit , la pompe Perrot , du prix de 120 fr. La Societe d'encouragement pour 1'industrie 1'a trouvee excellente ; elle est aussi sans soupape. On 1'a employee pour les locomotives. M. le due de Maille demande a M. de Caligny a quelle profondeur , avec sa pompe , on va chercher Teau , et si , en sortant, elle a une certaine force d'expansion. La re*- CONGRES DES ACADEMIES. 91 ponse est que 1'eau peut etre 61ev6e a une hauteur egale a deux fois et demie la profondeur. On passe a la ll e . question : Y a-t-il lieu d'etablir une amende municipale dont seraient passibles tous ceux qui laisseraient le purin s'6couler sur la voie publique, comme cela a lieu en temps de pluie , dans toutes nos campagnes ? M. le comte d'Esterno pense que la question doit etre re"solue negativement ; il faut eviter d'etablir legislative- ment des penalites centre les proprietaires , par la seule raison qu'il ne leur conviendrait pas de profiter de Favan- tage que leur procurerait 1'emploi du purin. M. de Gaurnont repond qu'il ne s'agit pas d'etablir des penalites nouvelles , mais simplement d'obtenir que 1'au- torite' administrative prenne des mesures pour que , dans Tinteret de la salubrite publique, Tecoulement du purin hors des maisons soit inlerdit , ce qui n'empecherait pas les proprie" taires de perdre leur purin cliez eux , s'ils refusaient de Temployer : il est evident pour lui qu'ils n'ont pas le droit de le rejeter sur la voie publique. M. Sellier ajoute a ces observations qu'il ne s'agit pas, en effet, d'une penalite directe a appliquer aux pro- prietaires qui laisseraient perdre leur purin ; mais qu'il est possible d'arriver indirectement au but que Ton se propose d'atteindre , au moyen d'arretes qui seraient pris par les maires , en vertu des pouvoirs qui leur sont con- feres par la loi pour sauvegarder les interns de la salu- brite publique. Ces pouvoirs sont, en effet , fort etendus , et Intervention de MM. les Prefets pourrait determiner Tautorite municipale a en user. Un membre observe que , la loi existant , il suffit de 92 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. la faire executer. M. Sellier impend qu'il n'existe pas de loi qui prononce directement de penalite pour le cas prevu. La loi donne seulement aux maires le droit de prendre des angle's , et c'est Tinfraction a ces arretes que la loi punit d'une amende de simple police. M. le comte de Vigneral exprime Tavis qu'il faat in- struire avant de punir : Donnez, dit-il, au proprietaire Tinstruction agricole et soyez sur que , quand il Faura recue , il ne laissera plus perdre son purin. Toule pe"- nalite serait done inutile. M. Tailliar annonce que la question a 16* examinee dans le sein de la Socle" te imperiale et centrale d'agricul- ture , sciences et arts de Douai. La deliberation de cette Societe a ete adressee a ce sujet au prefet, pour Fengager a prendre, en vertu de la loi de 1837, un arrete qui tiendrait lieu de ceux que les maires negligent de prendre. M. le due de Maille proteste contre la facheuse manie de vouloir tout reglementer aujourd'hui ; il faut que ceux qui s'interessent aux ameliorations agricoles , donnent Texemple , et les lois deviendront inutiles; il serait re- grettable d'ailleurs qu'on songeat a menacer les pro- prietaires de Tapplication de nouvelles lois p6nales. Si Ton adoptait les objections qui viennent d'etre faites, dit M. de Caumont , il faudrait done ne pas exiger des proprietaires qu'ils fassent balayer les rues devant leurs maisons. M. le comte d'Esterno fait remarquer, que la loi auto- risant ce qui est demande , et toute legislation nouvelle 6tant ainsi inutile , la question perd de son interet. M. Tailliar prend de nouveau la parole : Au point de vue doctrinal, dit-il, le Congres peut agir par des con- seils. Sous le rapport legal, la loi de 1790 donne le CONGRES DES ACADEMIES. 93 droit aux raaires de prendre des arrete's applicables a leurs communes. Si raulorite" municipale n'agit pas, le prefet peut prendre un arre"te executoire dans tout le departement. M. Boulatignier, conseiller d'fitat , ne voudrait pas que le Congres resolut la question, sans certaines restrictions. La loi de 1837 a donne* aux maires un pouvoir plusetendu encore que la loi de 1790, car ils peuvent prendre, sur tou- tes les matieres se rattachant & la police municipale, des arre 1 tes permanents qui deviennent de plein droit execu- toires apres 1'expiration du delai d'un mois, si, dans cet intervalle , ils n'ont pas ete reforme's par I'autoritg supe- rieure. Les prefets ont droit aussi, aux termes de la loi du 22 de'cembre 1789 8 Janvier 1790, de pourvoir , par des arrtes , au maintien de la salubrite publique. M. Boula- lignier pense meme que, si, ce qu'il est impossible d'acl- mettre, cette haute intervention devenait necessaire, TEmpereur pourrait, en Conseil d'fitat, assurer, par un decret reglementaire , TefTet de la mesure demandee. L'opinant propose, en consequence, que le Congres, considerant que la mesure inle'resse la salubrite" g(5n^- rale, emette le voau que les maires prennent des arretes pour empecher Tecoulement du purin sur la voie pu- blique. II lui semble utile en outre que les prefets fassent sentir aux maires que la mesure se rattache essentielle- ment aux interets de Fagriculture. M. le comte de Vigneral exprime Tavis qu'il ne serait pas indigne de la sollicitude de TEmpereur de rendre, en Conseil d'fitat , un decret reglementaire qui aurait pour r6sultat de dispenser les agriculteurs d'une foule de dis- positions et d'entraves administratives. M. le comte d'Esterno repousse rinlervention de Tadmi- 9/1 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. nistration dans les intdreis prive's. Cctte intervention doit s'arreter aux mesuresde police et ne doit pas aller plus loin. M. Boulatignier ne veut pas non plus de Intervention de Padminislration en-dehors de son pouvoir legitime ; mais il faut reconnaitre que beaucoup d'adminislrations raunicipales restent au-dessous de leur mission. Ce ne sont pas les institutions qui manquent aux maires , mais les maires qui manquent aux institutions. II faut done que Tautorite supe'rieure agisse sur les fonctionnaires municipaux par Pinfluencede ses conseils, ou qu'elle sup* plee a leur insuffisance par les mesures qui sont dans ses attributions. M. le due de Maille insiste pour dire qu'il ne veut pas que Ton protege les populations centre leur paresse; on doit repousser cette multitude d'arretes qui rendent im- possible Tadministration municipale. La cloture de la discussion etant demandee et pronon- cee, le Bureau propose , pour remission d'unvceu, unere"- daction centre laquelle sont faites diverses objections. La discussion deja close paraissant devoir se renouveler & ce sujet, M t le Directeur de Plnstitut pense que la discussion qui a eu lieu, et dont les details seront consignees dans le proces-verbal , suffira pour attirer Tattention de Padmi- nistration , et qu'ainsi il serait inutile de formuler un voeu.* La seance est leve'e a U heures. Le Secretaire-general , SELLIER. CONGRES DES ACADEMIES. 95 DIMANCHE 19 AVRIL. Le dimanche 19 avril , le Congres n'a pas term de seances, mais il a ete recu au Jardin-des-Plantes par M. Geoffrey Saint-Hilaire , membrede 1'Institut, profes- seur au Museum d'histoire naturelle et president de la Socie'te' imperiale d'acclimatation. Apres s'etre entretenu quelque temps dans ses salons avec les membres du Con- gres, M. Geoffrey , sur Tinvitation de M. de Caumont, a , dans une brillante improvisation , indique les experiences tente'es depuis peu pour racclimatation de nouvelles es- peces animales et vegetales : il a rendu compte des resul- tats obtenus pendant le cours de 1'annee 1856 , puis il a invite le Congres a visiter avec lui les galeries du Museum. Lesyacks, leshemiones et les autres animauxnouvelle- ment importe*s ont e"le examines avec soin , ainsi que les hippopotames et tout ce que le Jardin renferme de curieux en zoologie. Le Congres s'est retir^ apres avoir remercie M. Geoffroy de sa complaisance et de sa cordiale reception. Le soir , M. de Caumont a rec,u les membres du Con- gres dans les salons du restaurant Douix, au Palais-Royal. SEANCE DU 20 AVRIL. ( Prsidence de M. MAHUL , membre de I'lnstilut des proTinces, dengue de TAude. ) Siegent au bureau : MM. DE CAUMONT , directeur du Congres ; PASQUEREE , detegue de la Gironde ; Tabbe" 96 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. BRULLEE , de Sens ; ANCELON, delegu de la Meurlhe ; le corate Du MANOIR ; du Calvados. Le proces-verbal de la derniere seance est lu et adopte. M. de Caumont rend compte de la correspondance. II lit une lettre de M. le marquis de Bryas qui a ete oblige de partir pour Vienne (Autriche) , et qui se trouve prive de suivre les dernieres stances du Gongres. M. le Directeur fait observer que Tordre du jour est la question ported au programme sous le n. 1/t, qui a pour but de faire connaitre les emprunts faits par 1'architec- ture rurale aux constructions des chemins de fer et quels emprunts on peut encore lui faire. II cite des imitations tres-heureuses , notamment chez M. le comte de Serain- court , a Lonray, pres d'Alen^on , et pense qu'on ne pent trop engager Tagriculture a entrer dans cette voie. M. Perrot fait remarquer que le progres a eu lieu sur- tout parce que les ouvriers ont appris , dans les ateliers ou les nouvelles entreprises de chemins de fer les avaient appele"s, denouveaux systemes de construction qu'ils n'au- raient jamais appris ailleurs; parce que, dans les provin- ces,on se bornait a continuerconstamment de batircomme avaient fait nos peres : il fallait 1'experience des archi- tectes pour apprendre a menager les materiaux et a con- struire d'une fagon plus elegante et moins couteuse. M. Maurenq croit que c'est surtout dans le systeme de charpente des couvertures beaucoup plus ie"geres, qui est adopte maintenant dans beaucoup des constructions ru- rales de nos departements , que consistent les emprunts faits et le progres realise". On a pu voir dans les gares ces systeraes de charpente plus legere , et par suite on est arriv6 a les executer ou & les imiter dans les campagnes voisines. CONGRES DES ACADEMIES. $7 M, Gomart signale , parmi les ameliorations acquises , Tintroduction des cliarpentes plus Idgeres qui ont rem- place le chene el les autres bois dont le prix va sans cesse croissant , et augmentait d'une maniere si considerable le cout des constructions rurales. On le prodiguait verita- blement : les charpentes, aujourd'hui maintenues par des tigesde fer boulonnees, ont fourni partout des couverlures legeres , solides et d'une economic notable. M. Boulatignier voudrait qu'on maintint la question sur te programme et qu'on s'attachat davantage, dans les annees suivantes , ci preciser les prix de revient. M. de Gourcy sait que M. de Glaville a pu faire con- struire chez lui de vastes hangars pour abriter ses re- coltes et au-dessous d'elles les instruments aratoires , in raison de 5 fr. par metre de superficie couverte. II emploie les couvertures en papier enduit de bitume de gaz. M. Gomart estime que Temploi du carton bitnmine , comme couverture , aura de la peine a etre adopte dans les campagnes. C'est une matiere tres-combustible qui presente de graves inconvenients. On sait combien la malveillance s'attaque aux hommes de progres , et com- bien ils ont a lutter contre le vagabondage et, en gene'- ral , contre les mauvais instincts de ceux qui attribuent la situation precaire ou ils peuvent se trouver a des changements dans les usages des agriculteurs,soit par relevation du prix des fermages des terres , soit par Tadoption de machines qui suppriment la main-d'rcu- vre , etc. La question n'e"fant pas epuisee sera maintenue sur le programme des questions a discuter dans le prochain Gongres. M. Olivier demande a presenter un projet d'utilisation 5 98 IKSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. dcs engrais humains et autres des villes. Son absence au moment ou Ie systeme Kennedy a (He" expose dans le Congres , Fa prive de Foccasion de developper ses ides sur ce point, Elles peuvent se returner dans la creation de reservoirs en-dehors des villes , avec adjonction de ma- chines et de canaux de distribution. NOTE DE M. OLIVIER. Quel parti pourrait-on tirer, pour Fagriculture, d'une multitude d'immondices qui se perdent sous les egouts pour aller ensuite salir , infecter et encombrer le cours des rivieres dans leur trajet au centre des villes ? Je crois qu'on ne pent pas faire d, cette question d'autre reponse que celle-ci : Recevoir toutes ces ma- tieres dans des reservoirs , employer les liquides a i'engraissement des terres et surtout des prairies , et repandre les matieres solides sur les terres labourables ; cette reponse avec cette nudite peut paraitre par trop naive ; mais n'en ayant pas d'autre jusqu'^ present et cette solution pouvant remplir le but qu'on se propose, elle merite au moins d'etre examinee et etudiee dans ce qu'ellepeut avoir de pratique etde realisable; c'est ce que je vais tacher de faire brievement. A priori, dans cet ordre dMdees rien n'est impossible avec plus ou moins d'argent ; mais, comme nous Fa fort bien dit plusieurs fois Fhono- rable marquis de Bryas, il ne faut pas faire de Fagriculture ^ tout prix, ou autrement il ne faut pas faire de pelits 6cus avec de gros e*cus. Examinons done si la question e"conomique peut per- mettre de re*aliser le de*sir de la Socie'te" d'utiliser les eaux des e"gouts et d'en de*barrasser les rivieres. CONGRES DES ACADEMIES. 99 Je dois commencer par expliquer ma pensee et les moyens de la realiser ; puis avec quelques chiffres chacuu pourra juger, pour les localites qu'il connait , de 1'impos- sibilite, de la possibility ou de la probability de la reussite de ce qne je propose ; voici ce que je voudrais : Avoir , a la sortie de la ville , un reservoir assez grand pour recevoir toute Teau qui s'ecoule par les egouts en 24 heures. Sur ce reservoir placer une pompe foulante mue par une machine a vapeur, et beaucoup mieux par un cours d'eau , si la chose est possible. An moyen de la pompe et de tuyaux souterrains, con- duire les eaux a 1, 2 ou 3 kilometres de la ville. Ce reservoir devrait etre assez eleve pour permettre Tirrigation, par pente naturelle, d'une suffisante quan- tite de terrains ; quant aux parties solides d'un trop gros volume pour etre lancets par les tuyaux dans le second reservoir , elles seraient retenues par un grillage dans le premier reservoir et enlevees de temps en temps dans des tombereaux, pour etre enfouies comme ftimier. Telles seraient a peu pres les dispositions ge'ne' rales que je proposerais ; je dois maintenant etudier la possi- bilite de Texecution, les difficultes et les chances de reussite. Mais je dois prevenir tout d'abord que , n'ayant pas etudie la question pour une localite speciale, j'ai du ad- mettre plusieurs suppositions qui seront vraies pour telle ville , et fausses pour telle autre ; de sorte que plusieurs des chiffres que je vais poser sont plus ou moins discu- tables : chacun peut les rectifier , ou modifier , suivant son appreciation. Voici le calcul que je fais : 100 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Je suppose que Inexperience se fait sur une vilte de 10,000 ames. Je suppose que chaque habitant laisse ecouler par les egouts 30 litres d'eau par 24 heures, Je suppose qu'il suffira de placer le second reservoir a 2,000 metres de laville. Je suppose qu'a cette distance et sur la route on trou- vera 200 hectares a arroser. Je suppose encore que, pour les arroser, il faudra elever les eaux a 20 metres au-dessus de la ville. Voici Messieurs, bien des suppositions que je vous prie de m'accorder ; ceci etant, je pense en deduire les conse"- quences suivantes : En Ik heures, il s'ecoulera par les e'gouts de la ville , 300,000 litres ou 300 metres cubes. II faudra done deux reservoirs de 300 metres cubes chaque ; en theorie , un seul pourrait suffire, on pourrait meme s'en passer en faisant fonctionner constamment la pompe et arrosant constamment ; mais je prevois qu'il y aurait trop de diffi- cultes a agir ainsi ; j'admets done deux reservoirs de 300 metres cubes, ces reservoirs en bon be"ton couleront 3,000 francs. Pour elever a 20 metres de hauteur les 300 metres cubes , il faudra une machine a vapeur de deux chevaux, travaillant 10 a 12 heures seulement; elle em- ploiera dans ce temps 200 kilog. de charbon, que je compte tres-cher a 5 fr. ; un me"canicien , surveillant , chauffeur a 5 fr., en tout, pour frais journaliers de machine, 15 fr. ; pendant 365 jours, cette depense sera de 5,475 fr. Cette depense pourrait 6tre considerablement reduite , si Ton pouvait utiliser une petite chute d'eau , en rempla- cement de la machine a vapeur. La plus grosse defense sera celle des 2,000 metres de CONGRES DES ACADEMIES. 101 tuyaux : en les comptant tout poses a 5 fr. le metre cou- rant , on arrive au chiffre de 10,000 fr. En resumant et additionnant les d^penses, nous aurons pour frais d'etablissement i Tuyaux. ....... 10,000 fr, 2 Reservoirs 3,000 1 Machine. ...... 1,000 1 Pompe 1,000 Batiment 1,500 16,500 fr. FRAIS ANNUELS. Interet a 10 / sur 16,500 fr. . 1,650 fr. Charbon ; mecanicien. . . . 5,675 Reparations imprevues. . . 975 3,000 fr. Voila done une depense annuelle de 8,000 fr. qui, repartis sur 200 hectares , produira pour chacun une de- pense de 40 fr. Qu'obtiendra-t-on pour cela ? Six arrosages par an , a raison de 90,000 litres chaque hectare ou 5^0,000 litres pour les six; or, un arrosage de 90,000 litres est un tr&s-bon arrosage , s'il est bien reparti. M. d'Herlincourt ne compte par hectare que 30,000 litres contenant 1/10 de purin ; cette quantite de liquide peut suffire pour mouiller passablement un champ , mais elle est assez petite pour qu'on soit oblige de faire Toperation avec beaucoup de soin , si Ton veut que toutes les parties soient arrosees. 102 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Les eaux cTegouts, dont nous nous occupons, sont chargers (Tune assez faible quantite de matieres fertili- santes , pour quMl soil utile de remplacer la qualite par la quanlite , si Ton veut obtenir de beaux re"sultats ; c'est pour cela que je croirais conven-ible de porter chaque arrosage a 90,000 litres : avec ces quantites , les eaux d'egotits , fussent-elles de Peau pure , produiraient deja un tres-bon effet comme arrosage seulement; en les con- siderant comme telles, on obtiendrait done, rnoyennant 40 fr. par an, six bons arrosages. Dans le midi, dans les environs d' Avignon , ou beaucoup de terres sont arrosees par des canaux alimentes par la Durance ou par la fontaine de Vaucluse , il en coute , par abonnement , 23 fr. par hec- tare et Ton n'a que de Peau pure : la difference de prix de 23 fr. a 40 fr. doit, je pense, se trouver tres-largement compensee par les matieres fertilisantes qui se trouveront dans les eaux dugouts. II y a done tout lieu d'espe"rer qu'on trouvera facilement assez d'abonnements a Parro- sage pour couvrir les frais de Pentreprise ; d'ailleurs , il serait toujours prudent de s'assurer les abonnements necessaires avant de commencer les travaux. La question ainsi posee , il n'est done pas impossible de realiser d'une maniere lucrative et peut-etre tres-lucrative Putilisation des eaux des e"gouts dans la plupart des villes. Gette pense"e pourrait avoir une grande portee si un jour une ville, prenant Pinitiative, venait , par un exemple heureux , prouver qu'il y a dans Putilisation des eaux des egouts, motif a de brillantes speculations. II se presentera sans doute a vos esprits encore bien des objections et des difficultes que n'ai pas eu la pre- tention de r^soudre toutes dans cette petite note im- CONGRES DES ACADEMIES. 103 prompt u : ainsi , on aura souvent dela peine 'a obtenir (Tune petite ville qu'elle fasse les frais de ruisseaux ou 6gouts convenables se rendant dans un reservoir commun. Dans certaines villes, il y a des industries qui rejettent d'e"normes quanlites d'eaux , pour lesquelles les moyens dont nous avons par!6 ne suffiraient plus. D'autres fois, et peut-etre meme souvent, les terres ne seront pas disposees a recevoir les arrosages. Dans ce cas, on en serait quitte pour laisser couler momentanement les eaux a la riviere jusqu'a ce qu'on puisse les utiliser ; la pratique , d'ailleurs , apprendra bientot a faire ce qu'il y a de plus convenable et fespere qu'un jour la realisation du desir que vous exprimez viendra recompenser votre sollicitude pour le bien general. Maintenant, Messieurs, permettez-moi de vous entre- tenir, encore un instant, d'une question qui parait d'abord sortir du sujet, mais qui s'y rattache directement. Je veux parler de la fabrication du beton. Pour recevoir les eaux des egouts, ainsi que tous les purins , dans les campagnes , il est necessaire de faire de grands reservoirs; le moyen le meilleur et le plus econo- mique est sans conlredit 1'emploi du beton ; mais pour cela il y a deux conditions a reinplir, c'est de faire du beton bon et a bon marche*. Sans doute, parmi vous , il en est plusieurs qui ont fait construire des reservoirs avec du beton el probablement plusieurs ont eprouve un inconvenient qui se presente assez souvent, c'est celui des degats cause's par la gelee qui deleriore considerablement ces genres de construc- tions, surtout lorsqu'on a employe de la chaux grasse. Eh bien ! il existe un moyen tres-simple de parer a cet 10/( INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. inconvenient, quand bien me" me on emploierait la plus mauvaise chaux : ce moyen consiste a meler au gravier 1/4 ou 1/5 de son volume, de scories ou machefer, provenant de la combustion de la houille dans les four- neaux ; il faut avoir soin de piler pre"alablement ces ma- chefer et on reussira d'autant mieux que la poudre sera plus fine ; grace a cette petite addition de matiere silieeuse, & un etat particulier, le be" ton peut impunement rester expose a la gelee et au degel. Voila pour la qualite. Quant au bon marche, si Ton a a exe"cuter des travaux d'une assez grande importance, il faut faire le beton avec un manege ; de prime abord , 1'idee ne parait pas neuve , et pourtant elle Test par la maniere dont 1'operation est faite. Jusqu'a present on n'a pas fait le beton entierement au manege , pas meme dans les chantiers oil Ton a employe* les plus grandes quanlites, comme, par exemple, au port de la Joliette, a Marseille. On a toujours commence par faire du mortier avec du sable fin et de la chaux , et exe- cute le melange soit avec un manege, soit avec un tonneau vertical que tout le monde connait; puis le me- lange du mortier et des gros graviers ou pierres cassees s'est toujours execute' assez mal a bras d'ho-mmes, parce que le manege etle tonneau font encore plus mal le travail avec les dispositions qif ont ces oulils actuellement. Me trouvant dans la necessite de faire, toutes lesanne'es, fabriquer de grandes quanlites de beton , j'ai fini par arriver a disposer un meuleton assez bien pour fabriquer economiquement, d'une maniere parfaite et tres-rapide , tout le beton dont j'ai besoin ; par ce moyen j'ai reduit de 50 sous a 20 les frais de fabrication de 1 metre cube de be"ton. CONGRES DES ACADEMIES. 105 M. Maurenq a attaque", au point de vue pratique , les precedes et les calculs elablis par la note communiquee par M. Olivier. En pratique, M. Maurenq ne croit pas possible d'appli- quer les eaux des e'gouts des villes a Fagriculture par irrigation. II cite pour exemple une ville donnant 300,000 litres par 24 heures , envoyes dans un premier reservoir d'un contenu de 30,000 metres, de la dans un deuxieme, de meme capacite , place* en contre-haut du premier & 2,000 metres de distance. M. Maurenq etablit I'lmpossibilite , par la necessite d'assurer un ecoulement constant pour debarrasser les villes de leurs eaux d'egouts, devant un debit inter- mittent souvent a de longs intervalles ; il dit ensuite que le refoulement du premier reservoir dans le second exige- rait une pompe energique et couteuse etdestuyaux d'une force et d'une resistance qui entraineraient un prix de revient par metre bien supe'rieur & celui de 5 francs cite* par M. Olivier. M. Maurenq ne regarde pas ce systeme comme pouvant entrer dans la pratique. La question n'e"tant pas epuisee sera maintenue par le programme des questions & discuter dans le prochain Congres. M. Boulatignier pre"sente une proposition dans le but d'engager le Congres formuler un VCEU qui maintienne , pour Tagriculture , les exemptions de patente dont elle a toujours joui. La tendance actuelle de Tagriculture est evidemment d'adjoindre Tindustrie aux exploitations agricoles , ce qui lui permet d'utiliser les produits plus considerables et plus varies qu'on demande aujourd'hui 106 INStlTUT DES PROVINCES DE FRANCE. & la terre. On ne peut, suivant lui, assimiler Pagriculteur au commergant et a Tindustriel. La seance est levee a cinq heures et demie. Lc Secretaire general, DE Bouis. SEANCE DU 21 AVRIL 1857. (Pr6sidence de M. DESFERRIS, ancien depute", membre du Conseil general et dengue de la Manche. ) Sont appeles au bureau: MM. THIAC, le comte DE GOURCY , le vicomte DE GENOUILLAC et VARIN DE RUSSY. M. SELLIER remplit les fonctions de secretaire. La seance est ouverte a deux heures et demie. L'ordre du jour appelle Texamen de la 16 e . question, ainsi congue : Quelles ont ete , en 1855, les tendances economiques en France? Y a-t-il eu progres dans la moralite* des entreprises et la bonne foi des transactions ? M. Maurenq se preoccupe de la tendance generate des esprits vers la speculation. Les agriculteurs n'emploient plus leurs ressources ou leurs economies a ramelioratioa du sol ; ils ont pense qu'ils pouvaient faire de leurs fonds un emploi plus avantageux ; aussi depuis plusieurs annees les capitaux de la province ont-ils afflu6 dans les entre- prises industrielles. L'opinant est loin de combattre Tes- prit dissociation , qui a produit d'heureux r^sultats, surtout dans Implication qui en a 6t6 faite a la creation CONGRES DES ACADEMIES. 10? et a 1'exploitation des chemins de fer ; mais on doit re- connaitre que, par suite de la tendance actuelle , Tagri- culture se trouve privee des capitaux qui lui sont neces- saires. D'un autre c6t6 , le developpement de Pindustrie a ete" la cause de 1'augmentation des salaires , ce qui est, pour r agriculture , une nouvelle charge. L'avenir pent done inspirer de Tinqui^tude, mais quel remede peut- on apporter au mal signal^ 1 G'est la ce qu'il serait difficile de decider. La seconde partie de la question, ajoute M. Maurenq, ne peut malheureusement pas etre re"solue affirmativement. Le genre d'affaires qui absorhe maintenant les capitaux s'accorde peu avec la moralite des entreprises et la liberte des transactions. Ce n'est pas un cri d'alarme que profere M. Maurenq ; il n'a pas m6me eu Pintention d'exprimer un bldme ; il a seulement voulu appeler Tattention du Congres sur les serieux dangers auxquels est exposee Tagriculture. Le Congres accueille avec sympathie les reflexions de M. Maurenq , dont il partage Pavis. M. d'lllier, pour confirmer ce qu'il a dit dans la seance du 14 avril , apporte des tiges herbacees de di- verses varietes de ble qu'il a senates a Tautomne dernier, apres y avoir applique le pralinage. M. Paquer^e demande si le pralinage a e'te' employ^ dans des terrains tres-perme'ables, et s'il n'est pas i craindre que les substances fertilisantes qu'il contient ne soient , dans ce cas , entrainees par Teau. L'inventeur du precede r^pond que ces substances ont une certaine consistance ; qu'a la verite elles sont solubles , mais qu'il a eu occasion de remarquer qu'elles ne se de"sagregent que quand la maturation s'opere. La 108 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. capsule qui recouvre la graine est tres-forle et tres-re'sis- tante. Le ble pralin^ a, en eflet, un poids triple de celui qu'il avail a Fetal nature!. M. le due de Maille desire savoir si le pralinage convient aux terrains calcaires, com me aux terrains siliceux. M. d'lllier dit qu'il Ta experiment^ dans des terrains de diverses nalures el qu'il a reussi parloul , a cause des substances azolees qu'il emploie. A une derniere interpellalion , faile par M. de Balain- court, M. d'lllier expose enfin que, si le fumier etait employe" en mtae temps que le pralinage, la recolte pourrait certainement en profiler, mais que le fumier n'est pas indispensable. La seance est leve"e a qualre heures. Le Secretaire general, SELLIER. SEAXCE DU 22 AVRIL 1857. ( Pr&idence de M. le general BORELLI. ) Siegenl au bureau : MM. DE CAUMONT, directeur du Congres; le due DE MAILLE, du Cher; le comle DE GOURCY ; le baron CHAUBRY DE TRONCENORD , de la Marne. Le proces-verbal de la derniere seance est lu et adopte. M. Gomart lit le comple-rendu suivanl de la visile du Congres a retablissement du Maleriel agricole de M. Jour- dier. Ce rapport est enlendu avec un vif inte"ret. CONGRES DES ACADEMIES. 109 RAPPORT SUK LA VISITR FAiTE AU DEPOT ^INSTRUMENTS ARATOIRES DE LA COMPAGNIEDU MATERIEL AGRICOLE PERFECT10NNE, Le mardi 21 avril 1857. L'insuffisance desbras qui s'est faitsentir pour 1'agricul- ture dans quelques parties de la France , a ete 1'objet des vives preoccupations des hommes se>ieux qui prennent souci de 1'avenir de notre production agricole ; aussi c'est aujourd'hui pour 1'agriculture une necessite absolue, une question vitale, que d'avoir recours aux instruments agricoles les plus perfectionnes et d'employer les ma- chines , toutes les fois qu'on pourra le faire dans de bonnes conditions. Le Concours universel agricole de 1856 a ete un grand evenement, puisqu'il a familiarise les cultivateurs et les proprietaires ruraux de la France avec tous ces instru- ments qu'a peine auparavant ils connaissaient de nom. Non-seulement on a vu , on a touch ces machines, mais bien mieux on les a vues a 1'ceuvre et Ton a pu apprecier leurs degres de puissance et d'utilite. Gar aujourd'hui , c'est encore un progres a noter , on ne se prononce sur le merit3 d'une machine ou d'un instrument qu'apres des experiences faites en plein champ , si c'est necessaire. On sait qu'a la suite du Concours agricole universel de 1856 , une Gompagnie s'est formee a Paris pour exposer, fabriquer et mettre en vente tous les instruments agricoles perfectionnes. Cetle Gompagnie , cre"ee par des personnes bien connues pour Finteret qu'elles portent a Tagricul- ture, compte aujourd'hui 84 fondaleurs, dont le but a ete 110 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. plutot de propager et de faire connaitre les instruments agricoles les plus perfectionn^s, que de tirer des bene"- fices de la vente. Le Congr&s a done accept^ avec le plus vif empressement TofTre de M. Jourdier, directeur de cette Compagnie , et le matin un grand nombre de mem- bres du Congr&s s'etaient donne rendez-vous au Depot du Materiel perfectionn, pour y voir fonctionner et exa- miner tous ces instruments nouveaux qui se perfection- nent chaque jour. Parmi les assistants on remarquait MM. de Caumont , directeur du Congres ; Sellier, de Chalons ; Desvaux, de Montdoubleau ; comte d'llerlincourt, d' Arras ; comte de Bure, de Moulins ; docteur de Bouis, de Paris ; Tabb6 Brullee, de Sens ; Jourdier, maire de Melun ; vicomte de Cussy, du Calvados; Thiollet, de Paris; Porriquet, de 1'Orne; de Marguerit de Rochefort, du Calvados; de Genouillac, de Rennes ; Olivier, de Vaucluse; comte d'Estaintot, de Rouen; comte Du Manoir, de Bayeux ; Premele , maire de Seez ; due de Mailte , du Cher ; Paqueree, de laGironde; A. de Brives, de la Haute- Loire; de Bonand, de la Ni&vre; de Buyer, de la Haute-Saone ; Varin de Russy , du Calvados ; Leclerc , ing6nieur; de Fraville, de la Haute-Marne; vicomte de Vandceuvre, du Calvados ; Target, president de la Soctete de Lisieux; d'Ozouville, de la Mayenne; de Saint-Ve- nant, detegue de Vendome ; Godefroy, marquis de Mesnilglaise, delegu6 de St.-Omer ; comte de Gourcy , de la Seine ; Moore CTFerrel, proprietaire en Irlande ; comte d'Eslerno,de Saone-et-Loire ; Maurenq, de Tlndre; comte d'H^ricourt , du Pas-de~Calais ; vicomte de Pomereu, de la Seine-Inferieure ; comte Herce, de la Mayenne; marquis de Vogu6, du Cher; Ch. Gomart, et un grand CONGRES DES ACADEMIES. Ill nombre de membres , curieux d'assister aux experiences faites par M. Jourdier, a Toccasion de cette visile. Vous n'altendez pas, Messieurs, que je vous donne ici la nomenclature de tousles instruments exposes; votre secretaire n'a cru devoir faire ici mention que des instru- ments et machines qui ont paru interesser plus particu- lierement les membres du Congr&s, ce sont : La Gharrue Parquin a pointe de soc mobile, avec etrier americain , qui a paru fort bien etablie ; mais elle doit exiger un grand tirage ; La Herse norwegiennc est un bon instrument trop peu repandu. La Herse-scarificateur avec bascule pour empecher Finstrument de s'engorger, du prix de 265 fr. ; Le Semoir Arnaud- Robert , semant en lignes, en paquets places en quinconce ; Le Rouleau compresseur, Land-prefer , du prix de 330 fr., qui permet de semer le ble en lignes a la main, sur un terrain comprime , ce qui est favorable a la culture de cette cereale ; Le Semoir a cngrais pulverulents, d'Olm, dans lequel Tengrais, continuellement divise par line foule de lames raises en mouvement par les roues , est repandu d'une mani&re egale et reguli^re au moyen d'un registre ; La Houe a cfieval , de Bodin , a cinq dents , dont la vente active et facile prouve en faveur de cet instrument et de son prix modr6 , 75 fr. ; Le Butoir de St.-Jean-d'Angely, du prix de /iO fr. , a versoir pouvant s'ecarter a volonte ; La Machine a battre dc Gumming, nouvellement perfectionnee , du prix de 1,800 fr. avec manage et tarare. La Machine a battre de Legendre, ne brisant pas la paille, avec manege de la force de deux chevaux , Id 2 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. du prix de 800 fr. , mais sans tarare. Le manege est garni d'un tampon en caoutchouc qui modere le coup de collier du cheval ; La Machine & vapeur locomobile de Lotz. Celle de Rouffet, qui n'a que le defaut d'etre d'un prix trop e"leve ; La Faneuse angtaisc de Smith et Ashbyt, qui fait Touvrage de 40 personnes , excellente pour les foins dans les terrains unis , mais insuffisante pour les trefles dans des terrains accidentes ; Le Raleauachevalde Howard, de fabrication franchise, a dents independantes , solidement etabli pour 250 fr. ; Le Laveur dc legumes, de fabrication frangaise, mu a bras , auquel on a reproche" un cylindre trop court et un baquet trop petit ; VEcorche-racines-Philipps , pour la betterave , qui ecrase toutes les cellules des racines. Le Coupe- ratines de Samuel Son, a double effet, qui coupe en tubes d'un cote et en lames de 1'autre, afin de faciliter ainsi ralimentation des moutons et des vaches ; Le Hachc-paille de William Dray , avec un systeme de contre-poids , et un regulateur pour couper la paille a des longueurs differentes. Le petit modele coute 110 fr. ; et le grand modele , 250 fr. ; Un Cylindre a memie paille de Joly de Ferrieres, pour le nettoyage de la poussiere ou terre qu'elle con- tient , avant de la donner en nourriture aux bestiaux ; Le TrieurPernollet, qui donne k especes de grains. Le Trieur Vachon, dont le brevet, tombe* dans le domaine public , permet de Tetablir aujourd'hui au prix mode*re de 75 fr. ; La Brouette de ferme pour le transport des fourrages, qui se repandra lorsque le prix en sera abaissS ; CONGRES DES ACADEMIES. 113 Le Pare a moutons en cordes , preparees par le pro- cede Husson : chaque panneau a 10 metres de longueur ; le metre courant coute 2 fr. 25 c. ; La Pompe arabe, principalement applicable pour le purin ; elle debite 2 litres a chaque coup de piston : le souiflet coute 55 fr. ; Un Malaxeur a pre"parer la terre pour fabriquer les tuyaux de drainage , du prix de 650 fr. D'autres instruments ou outils, d'une importance moins grande , ont encore attire" Tattention des membres du Congres : VAuge a pores en fonte. Le Semoir a bettcraves 9 a la main , du prix de 15 fr. La Sauterelle pour la sepa- ration des chevaux dans les ecuries et la facilite de degager le cheval empiege. La Boucle ardillon a re- trait pour deteler a Tinstant le cheval abattu dans les brancards. La Mesure a bceufs , de Mathieu de Dom- basle. Les Eoules a comes , pour eviter les accidents. Enfm-, nous avons remarque des echantillons de graines , de semences , d'engrais , etc. , qui sont livres avec garantie sur commande. Le Secretaire, Ch. GOMART. M. de Caumont demande que le Congres vote des re- merciments a M. Jourdier pour la complaisance avec laquelle il a fait les honneurs de son etablissement au Congres. I/Assemblee manifeste son approbation et adopte la proposition. M. le due de Maille prend la parole. Ce que dit M. Gomart Tengage a demander si , dans Topinion des agriculteurs , il y a un grand avantage a se servir du ll/l INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. tarare combine avec la batteuse. II lui a ete dit que , pour ces machines combinees, la force molrice devait etre considerable , quoique le travail fut incomplet. Get in- conve"nient peut etre Ires-grave, surtout dans les exploi- tations qui n'ont pas adopts de machines a vapeur. Dans la plupart de nos fermes on a e" tabli des machines a battre a manege, mu par des chevaux ; on est oblige de menager la force , lorsque le tarare est place sous la machine a battre ; il entre des epis dans la machine , qui la rendent plus difficile a mouvoir ; les chevaux du manege sont obli- ges de deployer plus de force , de se fatiguer davantage ; Tadoption de la machine a battre separe'e du tarare lui parait done devoir etre preTeree, ce systeme ne demandant qu'une faible depense de force supplemental transmise a 1'aide d'une construction mecanique fort simple. On lui a assure" que les memes hommes employes a ramasser la paille, a nettoyer le grain , pouvaient suffire a servir le tarare. En exposant les doutes qui lui ont ete communi- ques, il n'a d'autre but que celui d'amener les explications des hommes compelens qui se trouvent dans le Congres. M. Gomart pense qu'il y a toujours lieu de revenir sur Top6ration faite par le tarare qui ne suffit pas pour net- toyer le grain; d'un autre cote", les cultivateurs ne doi- vent pas rejeter immediatement les pailles battues et les livrer a la consommation dans la ferme, il y reste encore assez de grain pour payer les frais d'un battage. Il n'est pas de systeme exclusif pour la position du tarare. Ce point ne lui parait que d'une mediocre importance et devra dependre des conditions ou se trouve place" le cul- tivateur ; il croit ne"anmoins que la main-d'ceuvre sera moins considerable, si le tarare est place au dessous de la machine a battre, CONGRES DBS ACADEMIES. 115 M. Albert de Drives fait observer que, pour le service de la machine de Lotz , un seul hoimne ne suffit pas ; il faut pour enlever la paille 3 ou k homines. Cette machine donne en moyenne un rendement de 30 a 40 hectolitres par jour. II desire savoir quels ontete lesmotifs quiontfait abandonner les cylindres alimenteurs auxquels on semble revenir en ce moment; il demande si on peut lui donner quelque apercu sur le prix de revient du travail des machines a battre a vapeur. Ces machines lui ont paru consommer beaucoup de charbon. M. Paqueree repond qu'il faut evaluer a 3 kilogrammes de charbon, par heure et par force d'un cheval, la quan- tite consommee par la machine. Quelques-unes d'entre elles ne demandent cependant que 2 kilogrammes. Dans Tetat actuel de nos connaissances, cela ne lui semble pas exorbitant, et constitue un travail fort economique , si Ton veut reflechir aux resultats obtenus. M. le comte de Gourcy a vu chez son beau-frere, rece- veur-ge"neral de FOise , une tres-bonne machine a battre , du prix de 1,800 fr. , qui peut fournir 200 hectolitres de Me par jour. Dans la Mayenne , il a vu une petite ma- chine a battre, qui ne coute que 700 fr. et qui donne 10 hectolitres de ble par heure , c'est-a-dire 100 hecto- litres par jour ; le manege , dans ces machines , est mu par quatre chevaux. Il fait remarquer combien sont tombees les objections qu'on avait faites a Tintroduction de ces machines a battre , auxquelles on reprochait de briser la paille. La paille brisee est plus avantageuse au cultivateur, soit qu'il veuille s'en servir pour nourrirses bestiaux, soit qu'il veuille ne Temployer qu'en litiere; dans le premier cas, elle nourrit mieux, car elle est plus completement assimilee ; dans le second , elle absorbe mieux les urines et toutes les dejections des animaux. 116 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. La parole est a M. le marquis de Vibraye , pour faire connaitre les requitals obtenus a Cheverny, en 1856. M. le marquis de Vibraye, avant d'entrer dans la question de la pisciculture pourlaquelleil a demande la parole, croit devoir signaler les heureux effets des eaux ferrugineuses naturelles etdu traitement ferrugineux dans le traitement de la cachexie des moulons. II croit qu'il ne faut pas se borner a ces soins curatifs , qu'il faut drainer les pre"s trop humides des hauteurs ou Ton envoie paitre les moutons. II a vu de si heureux effets de la presence de Fabsinthe sur les tas de ble pour en chasser les charancons , qu'il croit aussi devoir profiter de Toccasion qui se pre*senle pour la recommander aux agriculteurs. Apres ces communications , il entre dans le sujet qu'il s'est propos6 surtout de trailer devant I'Assemblee. II fait observer que la pisciculture a continue d'etre comme une question de laboratoire jusqu'a ces derniers temps. Rap- pelant les travaux de Jacobi, le rapport du comte de Golstein , les tenlalives des pecheurs des Vosges, Remy et Geshin , les experiences de M. Coste , il arrive a con- clure que la seule difficulte qui reste a resoudre est celle qui consiste , apres la fe"condalion et Teclosion qu'on sait bien diriger maintenant, a faire grossir Palevin et a le conserver jusqu'au sixieme mois de son developpement, parce qu'alors seulement il a acquis une force de loco- motion suffisante pour echapper a ses ennemis par la rapidite de ses mouvements. Les principaux ennemis des jeunes poissons sont les dytiques , les rats d'eau , les 6pinocheltes. Tous ces ani- maux les poursuivent avec acharnement; its sont surtout tres-friands de la v6sicule ombilicale du jenne poisson ; CONGR&S DES ACADEMIES. 117 c'est en la coupant que le plus souvent ils le font perir. Le meilleur moyen d'obtenir le resultat cherche est de conserver le jeune frai pendant six mois environ dans de petits bassins en bois blanc, Stage's les uns au-dessus des autres;il faut donner une nourriture abondante , mais proportionne"e neanmoins avec le volume d'eau et son renouvellement , de facon qu'elle n'y subisse aucune putre* faction , qui em poison nerait le liquide et tuerait le poisson qui , cette epoque de sa vie , et principalement au moment de la disparition de la vesicule ombilicale , est d'une excessive delicatesse et sujet a une veritable epizootic. M. de Vibraye pense que les frayeres artificielles reussissent mieux que les fecondations artificielles. II est necessaire , pour que Teclosion ait lieu dans les frayeres artificielles, que les eaux aient une temperature de A + 0. Dans les frayeres artificielles , il faut garantir d'autres ennemis encore le jeune frai. Les oiseaux : le martin-pecheur, le rouge-gorge, viennent manger les ceufs qui sont place's seulement ci 20 ou 30 centimetres de profondeur. II faut done garantir ces frayeres par des toiles metalliques. M. de Vibraye croit que les oeufs peuvent eclore avec une quantite faible de lumiere. Les rayons directs du soleil et meme une trop grande quantite de lumiere diffuse leur seraient nuisibles et les empecheraient d'eclore. M. de Vibraye a pu elever ces poissons jusqu'a ce qu'ils aient une taille de 22 centimetres et qu'ils pesassent 750 grammes a 1 kilogr. La truite des lacs devra acquerir un volume plus considerable; les difficultes sont nombreuses pour les saumons, il faut les nourrir avec des oeufs de carpe ; mais lorsqu'ils ont acquis une certaine taille , on ne les retrouve pas , on ne sait com- ment ils ont pu s'e'chapper et ce qu'ils sont devenus. 118 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. de Vibraye a vu frayer des truilcs : le male vienl pre*parer le terrain , creuser le sable avec sa queue ; la femelle y depose ses ceufs , puis le male se couchant dessus y depose sa scmence , puis recouvre le nid d'une legere coucbe de sable. La carpe est difficile a reproduire a cause de la haute temperature ( 24 + ) des eaux qu'elle exige pour que ses oeufs qui, com me on sait, sont tres-petits, puissent eclore. On a beaucoup parle, dansces derniers temps , d'un saumon du Danube , qui pourrait vivre uniquement dans les eaux douces. Les tentatives faites pour I'acclimater, soit au chateau de Fleury, appar- tenant a M me . la marquise de La llochejacquelein , soit a Cheverny, n'ont pas eu de succes. M. Coste a re'ussi a en conserver un vivant au college de France. M. d'Esterno demande si la question de la pisciculture est assez avancee pour qu'on puisse en dire les avantages au point de vue industriel , et quelles inductions peuvent ressortir des experiences faites pour le profit a tirer rela- tivement aux depenses. M. de Vibraye re"pond que la fecondation et Teclosion ne demandent aucuns frais reels : un simple bassin en terrecuite suffit; iln'ya done que la conservation pour laquelle il faut des reservoirs en terre : tout cela n'est pas dispendieux, mais demande des soins eclaire's. Sur Tinvitation deM. de Caumont,M. de Vibraye enlre- lient ensuite le Congres des reboisements dans la Sologne, dont le but est de ramener Fetal de prosperite ancienne dans cette contree qui etait peuplee et fertile tant qu'elle fut couverte de for^ts. On sait, par des temoignages ecrits, que la culture y etait possible et avantageuse. II y avait des paturages , par suite des engrais sans lesquels on ne CONGRES DES ACADEMIES. 119 peut en faire. La destruction des bois a change le climat el rendu improductif le travail de Pagriculteur. En reboisant, on retablira les choses dans Fetat primitif. M. de Vibraye se justifie d'une accusation portee contre lui dans le Bul- letin monumental , sur la destruction du pare, ou bois du beau chateau de Cheverny ; s'il a du detruire , c'est pour restaurer. Deja il a plante plus de 1000 chenes d'Ame- rique ; il veut surtout introduire le chene de Mantchourie, utile pour le ver a soie qu'il nourrit. Il se trouvera peut-etre quelque espece parmi celles d'Ame"rique qui pourra le remplacer. Dans tous les cas, on le multi- pliera par la grefle des qu'on le pourra , il faut pour cela que le jeune bois ait atteint sa deuxieme annee. M. de Vibraye a remis a M. Vilmorin la nomenclature de toutes ses especes; on sait que 1'Ecole d'arboriculture , de syl- viculture , de la propriete des Barres ( Loiret ) , permet d'etablir les noms des especes d'Ame'rique, rapporlees par M. Michaux, avec beaucoup de certitude. M. de Vibraye pense que', dans Facclimatation des ve"getaux, il faut faire grande attention aux lignes isothermes dans la France du Nord et du Centre; on ne peut guere espe"rer acclimater que les especes qui croissent au Nord de San- Francisco. Le climat d'Harcourt (Eure) etant un climat marin , c'est-a-dire jouissant d'une tempe"rature plus egale , a permis neanmoins a quelques especes de vivre et de s'acclimater. Dans le centre de la France, on a des variations de temperature qui ernbrassent 21; a Vienne, en Autriche 18; & Londres 10; a Angers 8, seule- ment, ce qui explique pourquoi et comment des vegetaux exotiques tres-delicats ont pu reussir dans cette ville. Les tissus des arbres ne se modifient pas facilement ; si cette modification a lieu , cela ne peut tre qu'a Faide 120 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. cle beaucoup de temps et peut-etre par des croisements. M. de Vibraye a feconde V Abies Douglasii avec V Abies Frascri et il a obtenu 600 sujets de graines. On sail qu'une des varie"tes de Y Abies Douglasii, celle a chatons verts , ne se reproduit pas ; la variete a chatons purpurins jouit seule de cette possibilite. M. le general Borelli rappelle qne les lignes isothermes peuvent avoir leur importance , mais que 1'altitude doit fournir une base d'induction puissante pour diriger dans les essais d'introduction des vegetaux etrangers. On peut sous 1'Equateur trouver des lieux qui , en raison de leur elevation , n'aient que des temperatures tres-faibles. M. de Bouis croit devoir faire remarquer que le climat d'un pays , et par consequent les conditions ncessaires aux ve'getaux, ne repose pas seulement sur la connaissance de la temperature moyenne de Pannee , fournie par les lignes isothermiques. II n'y a pas seulement a les com- pleter par les lignes isochemeniques , mais il faut savoir quelle est la courbe qui represente leur succession dans Tordre annnel; il faut savoir Tetat hygrometrique , la direction des vents, les conditions geologiques et topo- graphiques de la region , la direction des chaines de montagnes , Texposition des pentes. Les botanistes con- cluent plutot d'un climat par Fensemble, par Taspect general de la vegetation , qui rapproche certaines especes. Ce sont la les guides les plus surs pour savoir les chances de succes dMntroduction d'un vegetal dans une contree. M. de Caumont demande si les magnifiqnes plantations de M. de Vibraye ont continue leur vegetation vigoureuse. M. de Vibraye repond qu'il est toujours fort salisfait de ses plantations ; mais , pour reussir , il faut avoir soin de ne pas semer a la vole"e dans les bruyeres et dans les CONGRES DES ACADEMIES. 121 ajoncs qui etouffent tout; il faut preparer le sol par une bonne culture et les depouiller entierement de ce qui couvre sa superficie. Pour les arbres verts , la presence du calcaire lui parait nuisible. M. Gue'rin-Menneville communique un projet qu'ii re- garde comme tres-utile aux sericieulteurs , pour la con- stitution d'une Compagnie financiere dans le but de creer de bonnes races de vers soie et d'en vendre les produits. La fraude a tellement deteriore les races , qu'il devient absolument necessaire d'y apporter remede. La seance est levee & 5 heures. Le Secretaire, DE BOUIS. NOTE SUR LES PROGRES DE LA GEOLOGIE, EN 1856, PAR M. BOUE, Membre de i' Academic imperiale de Vienne. Parmi les travaux sur la geographic geologique pro- duits par nos savants , je dois signaler le Memoire sur les anthracites dcs Alpes 3 de M. Studer; la Descrip- tion du trias en Lombardie, par M. Curioni. D'apres les decouvertes des ge"ologues autrichiens Foetterle, de Hauer, Stur, etc., il est constant que le trias s'etend le long des Alpes venitiennes jusqu'en Carinthie et en Carniole ; on le rencontre meme en Croatie et en Dal- matie. Derriere ce trias se trouve , adosse" a une chaine de schistes cristallins , un enorme bane de calcaire de montagne , ou mountain lime-stone , et de devonien 6 122 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. carbonifere a plantes fossiles oflertcs, en France, par les anthracites des Alpes. Cetle formation se prolonge du Tyrol jusqu'en Carinthie, tandis que, sur le versant nord des Alpes, il y a, sur les schisles cristallins , du silurien , mais avec une grande penurie de fossiles. Le muschelkalk a ete de*couvert, par M. Zepharowich, dans les monts voisins de Fured , sur le lac Balaton an milieu de la Hongrie. Le terrain paleozoique existerait, dit- on , aussi dans la Dalmatie septentrionale , vers les t'rontieres turco-croates. Des cartes geologiques achevees laissent apercevoir aisement tous ces curieux fails de geographic geologique. La coupe de M. Franc de Hauer, de Duino sur 1'Adriatique a Passau sur le Danube , coupe proportionnelle en tout avec la nature , donne une idee parfaite de la structure des Alpes autrichiennes. D'une autre part , dans les Carpathes septentrionales et dans la Silesie autrichienne , M. Hohenegger nous montre , sur une belle carte , la se*rie suivante de de- pots; savoir: autour de Teschen, la formation du hils de "Allemagne septentrionale, le neocomien, Targonien, Taptien, le gault, Talbien, le planer, le cretace superieur, i'eocene a nummulites , avec les marnes et gres a fu- co'ides; enfm 1'argile tertiaire ou tegel neogene. Tout cela a ete determine par les fossiles et la superposition. Les terrains inferieurs sont au Nord en Sile'sie , et les au- tres sont superposes sur eux dans une direction qui va du Nord-Ouest au Sud-Est , ou orthogonale a la direction de leurs couches. Les terrains secondaires su- perieurs forment la cr^te des Carpathes. M. Suess propose la formation d'une Societe cosmo- polite de geologues pour les Alpes. M. Alt de Tschernovitz m'a fait connailre un fait bien COXGRES DES ACADEMIES. 123 extraordinaire , c'est 1'existence de roches trachitiques non loin du delta du bas Danube. II pretend qu'il y en a meme au Nord du Danube , non loin du fameux pied de nez des diplomates, de Bolgrad. Jamais dans cette region, assez plate et peu accidence, on n'avait indique pareille chose. Mais si M. Alt , bon geologue du reste, ne s'est pas laisse tromper, le groupe de Babadagh, au Sud du debouch^ du Danube, pourrait etre aussi trachitique ! En Russie , les releves geographiques de la mer d'Aral et des steppes entre cette mer et la mer Caspienne nous ont fourni des donne'es toutes nouvelles , sur les phases de formation par lesqnelles ont passe" ces grands affaissements de 1'Asie. On avail cru jusqu'ici que le terrain de ces plaines etait surtout forme de depots recents. Or , il y a beaucoup de couches coquillieres des assises superieures et tertiaires ; mais en outre Teocene y est en abondance. On doit connaitre , en France , les decouvertes des freres Schlagintweit , qui ont traverse la chaine du Kuenlun et visite la province de Ladack , en Asie. En Amerique, nos connaissances sur la partie occi- dentale du Nord de ce continent se sont fort augmentees. Nous avons recu une s^rie de releves sur la Californie (parties Sud et Nord), sur TOregon, sur ttJtah, etc. Le gouvernement des fitats-Unis a vote les fonds ne- cessaires pour des expeditions autant geographiques que geologiques. Un des derniers rapports de ce genre qni nous sont parvenus est celui qui figure les cinq ou six grandes voies de communication possibles entre les Etats-Unis que baigne Toce"an Atlantique et ceux que 124 INSTITCT DBS PROVINCES DE FRANCE. borde la mer Pacifique. Avec la liberte pleine faction des Americains , leur bon sens pratique , un rail tra- versera bientot tout ce continent; un travail d'un siecle en Europe sera , en Amerique , TafTaire de cinq a dix ans. L'etablissement d'une voie ferree reliant Vienne a Trieste a demande dix-sept ans : a ce compte , les Ame- ricains n'iraient de New-York a San-Francisco qu'en Fan de grace 2000. Pour le Sud de 1' Amerique, M. le docteur Karsten nous a fait connaitre , avec tous les details desirables, les terrains secondaires des Cordilieres entre les plaines de 1'Orenoque , et celles que baigne la riviere des Ama- zones. II a pu distinguer , par les fossiles , la craie in- ferieure , y compris le gault et le neocomien , puis une grande zone cretace'e a rudistes et polythalamees ; enfm le terrain tertiaire pauvre en fossiles, mais tres-riche en agglornerats; et, par-dessus le tout, les alluvions, les cailloux, les depots a coquilles marines que Ton trouve encore actuellement vivantes. Quant a TAfrique , les ouvrages de MM de Earth et de Livingston vont nous donner enfm des notions raisotme'es sur les parties centrale et meridionale de ce continent, Le voyage, de huit a dix ans, de Ladisluns Magyar dans les possessions portugaises sera aussi fort curieux. II a deja donrie quelques idees du cours du Zaire. D'apres les analogies de la geographic physique , la decouverte de grands lacs et me" me de mers irite- rieures dans le centre de TAfrique n'a rien d'e' tonnant , parce qu'on y retrouve reunies plusieurs des circon- stances qui ont donne lieu aux memes accidents dans 1'Asie centrale. II n'y a que la difference que ces aflais- sements y ont eu lieu a des degr^s de profondenr tout- CONGRES DES ACADEMIES. 125 a-fail opposes , et qu'ils sont relativement les uns aux autres dans des directions lotalement orthogonales. Le Nil trouve meme son analogue dans Tlrtisch , en Asie , continent qui , dans la formation de sa partie septen- trionale, est beaucoup moins compliquee que le Nord de I'Afrique, ou le desert de Sahara est compose a pen pres cependant comme le continent baigne par la mer glaciale. Les nouvelles decouvertes faites en Algerie doivent faire souhaiter vivement qu'on puisse aborder le Sud du Maroc, pour avoir enfin une notion generate du Nord de I'Afrique. Ces gites d'emeraude, decrits par MM. Bayle et Ville, sont bien interessants. En fait de cartes geologiques , outre celles de 1'Eu- rope entiere publiees , a Edimbourg et a Bruxelles , par M. Dumont, faurais a signaler celle des Alpes autri- chiennes , par M. F. de Hauer. Elle est fort reduite , et annexee a un Essai de statistique, deM. Czoernig, mais malgre cela fort instructive comme coup-d'ceil. La carte de la partie orientale des Alpes pour 1'epoque des alluvions anciennes et le sol tertiaire, parM. Stur, est une ebauche qui merite des eloges , meme des per- sonnes n'admettant pas ses explications theoriques. II a public aussi un Memoire tres-curieux sur Pinfluence qu'exerce sur la vegetation la nature du sol ou des roches sous-jacentes. Sept ans de rudes voyages a pied dans les Alpes 1'ont rendu capable. II pretend qu'on y rencontrerait des alluvions a une altitude de plus de 1,666 metres. La Society des geologues allemands travaille a une earte geologique detaillee de rAllemagne. M. G. Rose a 126 INSTITCT DES PROVINCES DE FRANCE. , acheve sa carte de la partie orientale du Riesengebirge en Silesie, et M. Beyrich celle de la partie occidental, y compris une partie des frontieres de la Boheme. La communication de cartes autrichiennes de Hhat-major a seul pu donner a M. Beyrich les moyens de terminer son travail, car les frontieres y sont figurees d'apres ces cartes et exactement sous les memes traits. Une carte balneographique et geologique de la Tran- sylvanie, de M. Koristka, est un travail presentant un interet tout particulier , eu e"gard a son plan et aux idees neuves qu'il revele. La Societe de IVledecine de Vienne travaille a une carte generale des eaux minerales de tout Tempire. Des cartes d'un nouveau genre , dites cartes bentheo- graphiques ou du fond des mers , viennent d'etre pu- bliees , comme celle de M. Forchhammer pour le detroit entre la Troade et Te"nedos , celle du fond de FAtlan- tique entre Tlrlande et la Nouvelle-ficosse , celle plus ancienne de Stevenson etablissant la constitution ge"olo- gique du fond de la mer du Nord , de la Manche , etc. Sous ce rapport, les Americains ont Fair de vouloir prendre les devants. Le lieutenant Maury , non content de nous avoir donne sa carte des vents pour TAtlan- tique , va bientot livrer a la science une carte topo- graphique generale des mers , ou sera indique tout ce qu'il est possible de rencontrer en mer. JVaturellement la temperature des eaux , les courants et le fond de la mer , sa profondeur , la nature du sol sous-marin , ne seront pas neglige's. On ne saurait trop louer les efforts tentes, en France, pour la confection de cartes agricolcs, cette branche importante de la geologie pratique. J'insiste sur la ne- CONGRES DES ACADEMIES. ' 127 cessite de faire ces cartes sur une grande echelle, et de donner la composition aussi probable que possible du sol sous-jacent jusqu'a quelques centaines de pieds de profondeur, et cela au moyen de plusieurs cartes se superposant Tune sur Fautre. De cette maniere , ragriculteur etant a nieme de distinguer la nature des differents terroirs de son exploitation, pourra toujours les uliliser avantageusement quand il lui faudra , sui- vant les exigences de ses cultures , un sol humide , sec , argileux ou pierreux. M. Ravenstein a ouvert une sonscription pour des cartes, qu'il nomme schichlcn karlen, figurant les differentes couches geologiques par des bandes horizontales qui en determinent d'une maniere approximative Tetendue et Fepaisseur, comme celle de M. Dupin-Triel pour la France , de Oeltzen pour toute TEurope. M. Strefflen , de Vienne , a com- pose* des reliefs presentant, aussi sous des bandes ho- rizontales, les montagnes du Tyrol, des Alpes autri- chiennes et de la Boheme : il est fort regrettable qu'ils ne soient pas dans le commerce. Sur les questions theoriques de geologic, j'aurais a citer plusieurs memoires ; mais cela m'enlrainerait Irop loin. Le mode de corroder les mineraux et les roches au moyen des acides, et de les polir ensuite, a porte M. Leitoldt a deduire quelques consequences du succes de ce precede. Il a decouvert ainsi des crystallisations dans le verre, par exemple, ou on n'en voyait pas a la loupe. La question de la regularite de la surface terrestre devient de plus en plus claire. J'ai public une petite notice , dans le but de demontrer , en peu de mots , que notre terre n'est point un simple agglomerat de 128 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. inatieres diverses, sans aucun ordre, Des lois fixes et bien definies ont preside a sa formation; ceslois doivent avoir produit leurs cflets dans un certain ordre , et de la il sera re* suite un corps compose , il est vrai , de matiere inerte, mais d'une certaine re"gularite syme- trique. Or, si cette regularity symetrique se manifeste a Finterieur du globe, elle doit necessairement se re- produire a Fexterieur. C'est la la source de toutes les observations de"ja faites sur la syme'trie ou re"gularite des mers ou des terres a la surface du globe. C'est la la base des systemes divers des cercles d'action , a diflerentes epoques geologiques. Il est bien curieux de voir que les ecrivains contemporains de V Expose des douzc soulbvemcnts , d'Elie de Beaumont, ont critique ce travail , parce qu'il leur semblait etablir cette regula- rite dans la composition des couches snperficielles de la terre. Mais leur opinion est tombee sans valeur a Tapparition du systeme du rescau pentagonal ; et voila que le trace de ce reseau , du a MM. Dien et Langol , vient d'empfccher la presentation, a la Societe geolo- gique de France , d'un travail de meme nature prepare par M. Feldmarschall de Hauslab. Toutefois, MM. Mi- chelin et Collomb ont pu Texaminer a Vienne, au mois de septembre dernier. Ici se presente une dissidence in- teressante a noter : tandis que les entrecroisements des cercles decrits par Elie de Beaumont reposent sur de grands affaissements du globe ou sur des mers pro- fondes , ces me"mes entrecroisements , dans le trace de M. de Hauslab, s'appuient sur les sommets des plus liautes montagnes connues, comme le Chimboraco, etc. Pour moi , je ne trouve pas seulement la preuve de la regularite' de la composition exterieure du globe dans CONGRES DBS ACADEMIES. 129 ia place des terres et des mers , mais encore dans les plans et directions des chaines de montagnes , des ri- vieres, des lacs, etc., temoignant de la regularity dans la composition des couches interieures; je m'appuie aussi sur les phenomenes deja connus du magnetisme terrestre, les affaissements amenes par les siecles, etc. J'ai recherche la cause des tremblements de terre : je crois qu'on peut les attribuer, comme les aurores boreales et les phenomenes magnetiques terrestres, aux rapports entre la terre et les astres. Peut-etre suis-je dans Terreur : a la science de prononcer sur la valeur de cette opinion ; encore reste-t-il a determiner d'une maniere bien tranchee la difference qui existe entre ces faibles tremblements de terre qui se manifestent dans une localite seulement , et ces grandes secousses qui se font ressentir dans toute la direction du Nord au Sud , embrassant un vingtieme, un dixieme , et quelquefois meme un quart du globe. Quelle que soit la cause qui determine ces deux chocs , elle ne saurait etre la meme assurement. J'ai recherche, avec la plus grande attention, dans quelle direction se produisent et le choc propre- ment dit et les vibrations laterales qui le suivent : deux phenomenes entre lesquels on n'a pas jusqu'ici etabli de distinction. La coincidence de frequence variable, sni- vant les saisons, des tremblements de terre, ou des aurores boreales, est-elle accidentelle ou inexplicable sans liaison reelle des deux phenomenes ? A cela je reponds que je ne crois pas le gite des vo leans a une tres-grande profondeur dans la terre , et que ces masses ignees sont assises sur d'autres douses deja d'une plus grande consistance et reposant elles-memes sur les massifs primitifs constituant , si Ton peut s'exprimer ainsi , 130 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 1'embryon de noire planete , dans le principe a Petal de vapeurs condensees. Des physiciens ont etc amenes & dcs considerations toules semblables , par suite des phe"nomenes magnetiques qui leur ont facilite puissamment Fexplication des faits. Je ne saurais trop recommander Fusage des instru- ments nouveaux pour Fobservation des tremblements de terre, surtout de ceux qui s'enregistrent eux-memes: nous arriverons ainsi a nous rendre compte de nombreux phenomenes qui passent pour nous compietement ina- percus. Encore un mot stir la Palconlologie. Chaque jour amene la d6couverte de nouveaux fossiles dans le Sud- Est de FEurope, moins exploit^ que le Nord-Ouest au point de vue de ce genre de recherches. Je puis, a ce sujet, signaler de nombreux Memoires , enrichis d'un certain nombre de planches, dus MM. Reuss, Heckel. Suess , de Hauer, Homes, Peters, etc. Les Gephalo- podes et Gast^ropodes secondaires des Alpes ne sont pas encore tons decrits. Viendront ensuite ceux de la ilongrie. M. Homes travaille au second volume de sa Description des fossiles tertiaires de Vienne. C'est au Musee imperial , dont il est maintenant conservateur, et ou tous ces fossiles ont e" te deposes , qu'il continue son ceuvre, c'est la que le crayon d'artistes devenus habiles a les dessiner s'exerce ci en tracer des images iideles. Les fossiles tertiaires sont tellement abondanls chez nous que Ton a toujours, au Palais de Tlnstitut geologique imperial , des collections emballees , toutes prates a etre expedites en echange d'objets qui peuvent interesser la science. L'ouvrage prepare par le docteur Reuss est appele* <^ CONGRfeS DBS ACADEMIES. 131 faire epoque , si je ne me trompe : il doit trailer de tous les genres de Ce"phalopodes microscopiques connus , dont il donnera des figures ; et offrir , en meme temps , mais avec quelques planches seulement, une descrip- tion de leurs diflerentes especes. M. Barrande publiera bienlol, sans doule , la seconde partie de son Encyclopedic paleozoique. Les plantes fossilcs ont provoque plusieurs ou- vrages interessants , tels que la Flore tertiaire de la Siiisse, par M. Heer, dont nous avons aussi une pu- blication , en 2 volumes , Sur les insectes fossiles d'OEningen et de Radberg, etc. M. Ettingshausen n'a livre a la science qu'un Me'moire sur la botanique fos- sile, ayant ete trop occup6 de son grand ouvrage, en G volumes in-/i., Sur les nervures cles planles. Les planches qui accompagnent cet ouvrage sont imprimees au precede dit de pression naturelle. Quoi qu'on ait dit de ce precede , il est fort commode et reussit tres- bien pour la reproduction des nervures. M. le professeur Unger a termine 1'annee par la de- couverte que les pretend us Nullipores ( Lamark } des calcaires tertiaires de Desnoyers , de Dinant , etc. ( nos Leilhalkalk ) , sont des restes de vegelaux marins cal- caires : il en a divise en tranches tres-minces qu'il a examinees au microscope. 11 les a trouves identiques avec ce qu'il a recueilli lui-meme sur les rivages de k INorwege. 11 a retrouve dans les fossiles la teinte rosee du vegetal sur pied, etc. Chez nous, Tamour de la science paleozoi'que va jusqu'a faire rever a Fexistenct: de Thomme verilablemenl fossile , c'est-h-dire contem- porain d'Adam et d'Eve. En fait ft ethnographic , M. Gzoernig fail executer. 132 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. sous un format re'duit, pour la re'pandre dans le com- merce, sa Carte cthnograpliique generate ct dc'taillee de La monarchic autrichienne. Je pense qu'il la pre- sentera au Congres cosmopolite de statistique qui doit avoir lieu, cet ete", a Vienne. En mai, nous avons eu une exposition , semblable a celle de Bruxelles , ou se voyaient des meubles nombreux et, en general, tons les objets de nature a interesser Teconomie domestique ; le tout a des prix excessivement re"duits. En 1858, nous aurons une grande exposition industrielle. Je pourrais ajouter beaucoup a cette note , si j'entre- prenais, par exemple, de parler de la Societe d'agri- culture de Vienne , qui compte plus d'un demi-siecle d' existence. Mais je m'arrete ici, heureux d'avoir montre que TAutriche marche resolument dans la voie du progres. ARCHEOLOGIE, LITTERATURE ET BEAUX-ARTS. SEANCE DU 14 AVIUL 1857. ( Pr&idence de M. le comte DE MELLET. ) Sont appeles au bureau : MM. DE CAUMONT , le marquis DE GODEFROY-MESNILGLAISE , le comte DE MAILLY, le vi- comte DE BONNEUIL, BIZEUL (de Blain ) , le colonel SOLEIROL , DUPUIS. M. R. BORDEAUX tient la plume, comnie secretaire- general. Les 17*. et 18 C . questions mises en discussion, sont ainsi con^ues : CONGRES DES ACADEMIES. 133 <( Que doivent faire maintenant les Socie'te's archeo- logiques pour completer les notions acquises deja sur Tetat de Tart , durant les periodes me'rovingienne et carlovingienne ? Les etudes archeologiques ne sont-elles pas dirigees un peu trop exclusivement vers 1'etude des monuments des XIII C . , XIV C . , XV e . et XVI 6 . siecles ; n'aurait-on pas du etudier avec le meme empressement Thistoire de 1'art du V e . au XII C . siecle ? M. de Gaumont signale Pimportance de ces deux ques- tions , qui roulent sur des points beaucoup trop negliges Jusqu'ici. II rappelle qu'a Poitiers , Peglise St. -Jean est un beau specimen de Farchitecture merovingienne : le transept et Pabside sont encore debout et les sub- structions de la nef ont ete recemment retrouvees dans le jardin de Teveche. fividemment cette ^glise, qui etait orientee et qui est pres de la cathedrale actuelle , a ete batie pour servir de baptistere a la cathedrale primitive. M. de Caumont ajoute que presque tons les musees de province recelent des fragments d'architecture mero- vingienne, auxquels la plupart des visiteurs n'accordent pas assez d'attention. Ces fragments meriteraient d'etre mis plus en evidence. Quelques-uns de ces debris sont dus a des eglises des XP. , XII 6 ., et XIII e . siecles, etc. , demolies dans ces dernieres annees , et dans la macon- nerie desquelles on a d^couvert ces restes d'eglises anterieures. Plusieurs eglises romanes ou ogivales , en- core debout, presentent egalement, dans leurs mu- railles, de ces debris merovingiens. Telle est Feglise d'fivrecy, pres de Caen, dans les murs de laquelle on voit pele-m^le des claveaux tres-curieux provenant d'une eglise beaucoup plus ancienne. La Societe" fran- 13/1 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. <;aise d'archeologie se propose de faire mouler et de publier ces claveaux, jetes dans la ma^onnerie du chevet de Teglise d'Evrecy. M. deCaumont termineen rappelant que lout derniere- ment, a Chartres, M. Durand a trouve , dans la crypte de St.-Brice , des chapiteaux en marbre idenliques avec les celebres chapileaux merovingiens de Feglise de Jouarre (Seine-et-Marne). M. de Mellet, dans une improvisation elegante, resume les causes qui avaient fait negliger jusqu'ici , par les archeologues , Petude et la recherche de ces monuments anterieurs au XP. siecle. M. Gadebled voudrait que Ton recherchat s'il pent y avoir- encore quelque chose de merovingien dans Teglise de St.- (Jermain-des-Pre's, a Paris. II indique, dans le tome II de Touvrage de Dom Bouquet, p. 722, une curieuse disser- tation , ecrite en 1699 , par Dom Thierry Ruinart , sur les parties merovingiennes encore subsistantes de son temps a St.-Gennain-des-Pres. En ce moment me"me, il y a en- core, dans les tribunes de la nef , plusieurs colonnettes dont les futs en marbre , masques sous le badigeon, sont peut-etre des debris de l^glise primitive. La discussion est renvoye"e a une autre seance. M. le President donne la parole a M. Tailliar pour la lecture d'un memoire intitule 1 : Origines des communes du Nord de la France. Dans ce travail , 1'auteur , apres avoir signale la place considerable que tient la Gaule dans TEmpire remain au 1V C . siecle , sous Constance Chlore et ses successeurs , re- trace Mat des cites du Nord de la Gaule-Belgique a cette epoque. Il decrit le terriloire de chacune d'elles , sa dis- tribution en cantons ou pagi. 11 represente le chef-lieu de CONGRES DES ACADEMIES. 135 la cite ou cite propremenl dilc , son enceinte , ses rem- parts , ses fortifications ; ses divisions interieures , ses places, ses rues; ses principaux temples, sa basilique, son forum, ses thermes ou bains publics, ses autres monuments, ses vici ou quarticrs habites par des profes- sions diverses. Les autres villes ou places fortes de'pendantes de la cite principale, les bourgs fortifies, les ports de mer , les bourgs ouverts et les villages sont mentionnes tour a tour. L'auteur indique ensuite les differentes classes de per- sonnes qui habitent les cites et leur territoire : la noblesse impe'riale et municipale ; les plebeiens , comprenant eux- rn6mes plusieurs categories ; les artisans , divises en cor- porations ; les affranchis ; les colons et les leies ; enfin , ^n-dehors de la vie civile et de 1'etat social , les esclaves attaches a la personne et les serfs d'heritage. Dans ce memoire, M. Tailliar, combinant les docu- ments que fournissent le Code Theodosien , les ecrivains du IV e . et du V e . siecle , les plus anciennes biographies des martyrs et des confesseurs, et les traditions recueillies dans les histoires locales , s'attache principalement a re- chercher et a constater les elements gallo-romains qui plus tard entrent dans les communes. Cette lecture est suivie des applaudissements de 1'As- sembl^e. La 19 e . question est ainsi concue : Quelles sont les etudes encore a faire pour preci- ser, mieux qu'on ne Fa fait jusqu'ici , les principes de classification chronologique des sepultures et des tombeaux? M. Gadebled rappelle 1'importance des textes que Ton 136 INST1TUT DES PROVINCES DE FRANCE. trouve sur cette question , dans Touvrage de saint Gre- goire de Tours, intitute : De gloria Confessorum. Ainsi le chapitre iv de ce traite, est intitule: De sancto Martino Turonico cpiscopo et de sepulcro sancti Gra- ciani. Le chapitre v a pour titre : De sepulcro Vitalities virginis. Le chapitre ix , Sepulcri sancti Martini , et le chapitre x contiennent des passages in- teressants. Dans le chapitre xxi, De sepulcro sancti So- lents , on lit la description d'un tombeau cach6 dans une crypte ou conduisait une serie de degres. An cha- pitre xxvn , De scpulcris presbyterorum in basilica sancti Martialis , il est question de plusieurs sarco- phages dans Tun desquels le saint eveque Martial re^ut la sepulture , conjunctis sarcopliagis in eadem crypta. Le chapitre xxxn parle de deux amants inhumes dans le meme lieu , Tun au Nord , Tautre au Midi. Plus loin , chapitres xxxv et xxxvi , il est question de tombeaux de marbre , places dans la basilique de St.-Venerand et dans lesquels nonnulli virorum sanctorum et mulierum religiosarum quiescunt. L'auteur y raconte comment ces sepultures furent ouvertes et violees. Les chapitres xxxvn , LII et LIII contiennent des details ana- logues. Des recits de deplacement de sepultures ou de violation de tombeaux se retrouvent encore aux cha- pitres LX et LXII. Au chapitre LXXIII , il est question de ccemiterio Augustoduncnsis urbis, ou Ton decou- vrit multorum hominum cadavera funerata. Enfin le chapitre LXXIV et cv ont pour titre , Tun : De sepul- cro Cassiani episcopi , et Pautre : De sepulcro Cres- centice in vico Parisiorum. M fc Tailliar pense que la violation des tombeaux fut generalement I'ceuvre des Normands, Tons les tombeaux CONGRES DES ACADEMIES. 137 ne furent pas cependant violes , temoin celui de Chilperic decouvert a Tournai , au XVII 6 . siecle, et decrit par Chifflet. M. Gosse apporte de nouveaux documents a 1'appui de ce fait si etrange, etpourtant si constant, du bouleverse- ment des anciens tombeaux : il a ouvert plus de 50 torn- beaux aux environs de Geneve : tous etaient vides , ex- cepte 2 ou se trouvaient encore des femurs ; mais la situation de ces os attestait que le cercueil avait ce- pendant ete viole. M. Perrot, d'Orleans, demande quelles pouvaient etre les causes de cette violation. M. Bordeaux repond que Ton possede beaucoup de textes anciens relatifs a cette abominable coutume. On lit , dans les anciens conciles, des anathemes contre les violateurs , et les lois penales de nos ai'eux ne sont pas muettes a ce sujet. M. Pabbe Cochet , dans sa Norman- die souterraine et dans son volume sur les Sepultures , qui vient de paraitre , s'est beaucoup occupe de ces ques- tions. M. Dreolle dit que la violation des tombeaux etait fre- quente, des les temps les plus anciens, chez les Egyp- tiens et les Grecs ; on regarde que c'etait par reaction contre la memoire de certains morts puissants , que ces violations avaient eu lieu. Un membre de TAssemblee explique que beaucoup de cercueils que Ton trouve vides n'ont cependant pas ete violes : c'etaient ^es tombeaux prepares a Favance ; mais ceux qui les avaient fait faire n'y furent pas inhumes. M. Bordeaux rappelle que plusieurs textes de le"gendes et de vies des saints attestent qu'a Tepoque merovin- gienne, on etait parfois dans Tusage de louer des sarco- 138 1NSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. phages qui, an bout (Tun certain temps , servaient a re- cevoir de nouveaux cadavres. La seance est leve'e a cinq heures. L'un dcs Secretaircs-generaux , Raymond BORDEAUX. SEANCE DU 15 AVRIL 1857. (Presidence de M. TAILLIAR, conseiller a la Cour iraperiale de Douai. ) Le proces-verbal de la stance du l/i est lu et adopte. Sont presents au bureau : MM. DE CAUMONT ; VINCENT , membre de 1'Institut ; le comte Du MANOIR , delegue de la Societe de Bayeux ; LE GRAND , depute du Nord ; le vi- cointe DE KERIDEC , delegue de la Societe* philomatique de Vannes ; le general DE BORELLI ; Louis PARIS , ancien secretaire-general du Congres scientifique. M. Gh. GOMART remplit les fonctions de secretaire. M. le President precede au depouillement de la cor- respondance. M. le President de la Societe archeologique de Sens annonce que celte Compagnie a delegue M. Julliot , son secretaire , pour la representer au Congres. M. L. Berluc de Perussis delegue , en qualite d'ins- pecteur des monuments historiques des Basses- Alpes 3 et de president departemental de la Societe francaise d'archeologie, M. Marius Garcin, secretaire de la redaction de VAmi de La Religion , et M. le docteur Garcin. La Societe d'histoire naturelle du departement de la Moselle delfcgue , pour la representer au Congres , Fun CONGRES DES ACADEMIES. 139 de ses membres, M. le colonel Soleirol , ancien pro- fesseur & 1'^cole duplication du G6nie de Metz. La Societe du Berry delegue au Congres M. le comte de Bondy, ancien pair de France, et M. Maurenq,Tun de ses membres. M. le baron de Montreuil , membre du Corps legislatif et M. Dupetiaux, de Bruxelles , s'excusent de ne pouvoir prendre part aux travaux du Congres. M. Dupetiaux an- nonce de plus que le Congres international de bienfaisance est convoque a Francfort-sur-le-Mein,, pourle ik sep- tembre prochain. II est fait hommage au Congres des ouvrages suivants : Jehan le Victorieux, due de Brabant; etude historique par M. Oswald Van der Bergh, membre de r.Academie d'archeologie de Belgique; 1 vol. in-8. Louvain, 1857. Etudes pratiques sur Cart de dcssecher , par le mar- quis Ch. de Bryas. li e . partie. Brochure in-12. Paris, 1857. Rouissage manufacturier, par fermentation conti- nue, du tin , du chanvre , etc. , avec emploi de la craie ; par M. Louis Terwangne. Lille (Nord). Brochure in-8. Rapport sur les travaux du Congres des delegue s des Societe's savantes de France, fait ci la Soci^te" d'agri- culture , commerce , sciences et arts du departement de la Marne, par M. Sellier. Brochure in-8. Chalons. Memoires de La Societe d 'agriculture , commerce 9 sciences et arts du departement de la Marnc ( annee academique 1855-1856 ). 1 vol. in-8. CMlons. 1857. L 'agriculture et I" Industrie du departement de Vauclusc, a ^exposition universelle de 1855 ; par R. Lancon. 1 vol. grand in-8. Avignon, 1856. Esquisse d'un Code criminel de Parmee. Organi- sation ; Competence ; Procedure ; Delits et peines; 1AO INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. par M. Legrand , avocat , depute au Corps legislatif. 1 vol. in-8. Lille, 1857. Note sur Ics murs gallo-romains de Dax, par M. de Caumont ( Extrait du Bulletin monumental , public a Caen, tome XXII. Paris 1857 ). Discours d'ouvcrturc et programme des lecons de t'exercice 1856-57 au Cours d 'agriculture de Bor- deaux; par M. Auguste Petit-Laffitte. Brochure in-8. Le Gultivateur breton , revue agricole , archeologique et industrielle (XIIP. annee , n. 1 ). Gerant, M. Aug. De- jars. Janvier, 1857. Reglcment de La Societe des jeunes gens , amis de la vieillesse, de Lille , et Compte-rcndu de r annee 1856. 2 brochures in-8, M. le President annonce que la discussion va s'ouvrir sur la 22 e . question , ainsi concue : Les ponts anciens disparaissant partout, par suite des travaux des ponts-et-chaussees , comment doit-on etu- dier ces curieux monuments de la civilisation ancienne que respecte si peu le vandalisme moderne ? N'est-il pas utile d'en conserver des images en relief, indepen- damment des dessins plus soignes ? M. de Gaumont expose que les ponts anciens , dont plusieurs remontent a des siecles eloignes , tendent a dis- paraitre tous les jours ; il croit qu'un dessin n'est pas sufflsant pour donner une idee satisfaisante de Timpor- tance de ces monuments ; il voudrait que les ponts an- ciens, qui existent encore , fussent modeles en liege ou en platre et que ces modeles fussent deposes dans les musees, de maniere a faire connaitre Fimportance de ces monu- ments avant qu'ils aient disparu. CONGRES DES ACADEMIES. l/ll Mi Raymond Bordeaux trouve des difficulte's dans la reproduction par des modeles ; il preTere la photographic. II cite le pont de Pont-de-1'Arche qui a disparu, sans qu'ii soil reste de dessins suffisamment detailles de cet interes- sant monument, que quelques antiquaires font remonter a Charles-le-Chauve : en effet , ses arches primitives etaient a plein-cintre, et ce pont presentait une chaussee a peu pres de niveau. On a retrouve' sous les parapets modernes les vestiges d'un systeme de creneaux des plus curieux; un calvaire s'elevait , comme sur beaucoup de ponts du moyen-Age , dans la partie du milieu. A Foppose" de la ville, un chateau fort, avec donjon du XIIt e . siecle en de- fendait Tallee ; la derniere arche de ce cote n'etait pas voutee, mais un systeme de corbeaux permettait d'etablir un pont de bois qui pouvait etre supprime et intercepter le passage de la Seine. M. Raymond Bordeaux raconte , a ce sujet , la legende du pays qui faisait intervenir le Diable dans la construction de ce pont. Sous le pont se trouvait un radier qui mettait obstacle au cours du fleuve, lui faisait former cataracte et empechait la navigation. II y a deux ans, les Ingenieurs des ponts-et-chaussees ont fait demolir la moitie du pont; a la suite de cette de- molition, un mouvement tres-remarqnable s'est fait sentir et , peu de temps apres , le dernier troncon , compose" de neuf ou dix arches , s'est ecroule". M. Raymond Bordeaux regrette que le pont de Pont-de-FArche n'ait pas ete pho- tographic. M. Marchal proteste, au nom des Ponls-et-Chaussees , contre le mot vandalisms employe" dans la 22 C . question. Les inge'nieurs detruisent , il est vrai , d'anciens monu- ments; mais c'est pour les reconstruire dans de meilleures conditions : ainsi , au lieu de ces ponts de'mesurement l/l2 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. cintres en accent circonflexe , ils 6tablissent des ponts droits qui donnent de grandes facilites pour la circula- tion. Les travaux que font executer MM. les Ingenieurs des ponts-et-chausse"es sont toujours, du reste , ordonnes soit par les pouvoirs publics , soit par les Conseils-ge"ne- raux. Quant a la chute du pont de Pont-de-l'Arche, rien ne demontre que les travaux faits sur ce point aient de"- termine cette chute. Le radier , qui servait de base solide aupont dePont-de-l'Archeapu etre mine souterrainement par la chute des eaux , et le pont , 6branle depuis long- temps , a pu s'e'crouler tout d'un coup. Si les Ponts-et- Chaussees ont fait de"molir le pont de Pont-de-1'Arche , c'est parce que les piles massives du pont , ses arches etroites, presentaient un etranglement a re"coulement du fleuve qui, resserre dans son cours, causait des inonda- tions. L'elargissement des arches du pont, la suppression du radier, agrandiront les debouches et rendront la navi- gation plus facile. M. Marchal est d'avis de faire repro- duire par la photographic les anciens ponts; il suffirait de les signaler a MM. les Prefets. M. Raymond Bordeaux respond a M. Marchal que ce n'est pas lui qui a pose" la question. D'ailleurs , dans ce qu'il a dit tout a Theure, il n'a rien avance" de son chef : il n'a fait que resumer le d<6bat engage" a ce sujet , Pan dernier, dans le Courrier de I'Eure, dans les trois jour- naux quotidiens de Rouen , etc. Le Corps des Ponts-et- Chausse'es n'apas r6pondu a ces articles reproduits par le Bulletin monumental, V Illustration, etc. M. Marchal s'est plaint que les antiquaires qualifiassent les inge"nieurs de vandales ; parce que les Vandales de- truisaient sanse"difier, etque les ing^nieurs ne d^molis- sent que pour mieux batir. Mais, r^plique M. Bordeaux , CONGRES DES ACADEMIES, l/t3 il y a des vandales parmi les antiquaires eux-m6mes , parmi les architectes soi-disant restaurateurs de monu- ments. Les Vandales et les Goths ont Iaiss6 eux-memes des monuments edifies par eux. Les ingenieurs batissent , mais pas toujours solidement. A Pont-d'Ouilly , dans le Calvados, on a detruit un pont gothique fort solide, qu'on eut pu conserver. Le pont perfectionne' qu'pn lui a subs- titue s'est ecroule au bout d'un an. fl a fallu le rebatir une seconde fois , et on ignore encore si cette fois il tiendra debout. Qui garantit que le nouveau pont de Pont- de-1' Arc-he ne subira pas une pareille catastrophe ? L'an- cien pont, lui , durait au moins depuis six ou sept siecles, et il n'e" tait pas besoin d'etre archeologue pour reconnaitre en lui unmagnifique edifice. Lesinge'nieurs, dit M. Marchal, obeissent aux ordres du Conseil general des Ponts-et- Chausse'es ; mais ce Gonseil n'est-il pas compose' d'inge- nieurs ? Au reste , M. Bordeaux proclame avec bonheur que le gout de 1'arche'ologie penetre heureusement dans le Corps des Ponts-et-Chaussees, et plusieurs inge'nieurs reputes sont de fervents admirateurs des travaux publics du moyen-age. M. le general de Borelli fait quelques rapprochements comparatifs fort curieux entre le pont de Pont-de-1'Arche et Tancien pont de Ce , qui date de 849 et appartient a l^poque romane. A Toccasion de V Arctic du Diable, M. de Borelli cite plusieurs ponts, surtout en Suisse, qui ont la meme legende; il croit que 1'arche non cintre'e etait reservee pour le passage des bateaux sur lesquels les seigneurs percevaient un peage. M. de Borelli regrette la destruction recente d'un monu- ment tres-remarquable , le pont de Constantine, destruc- tion qui a ete* acheve'e parrartillerie. La ruine de ce qui 1A/1 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. restait de ce curienx Edifice e"tait encore bien solide , puisqu'il a fallu une e"norme quantite de projectiles pour Tabattre. M. Challe veut ajouter quelques mots pour appuyer la refutation qu'a faite M. Marchal des imputations de vandalisme dirige'e contre le Corps auquel il appar- tient. Si ces accusations ont ete meritees dans le temps passe , ce n'est pas seulement par les ingenieurs , mais par les administrations, par le clerg6 lui-meme et parfois par les antiquaires, car on a vu detruire des monuments antiques pour chercher des monnaies dans leurs fondations. M. Ghalle est heureux d'avoir a citer deux exemples recents qui prolestent contre le maintien de ces accusations. Un pont du XII*. siecle, voisin et contemporain de la celebre abbaye de Pontigny, condamne par I'administration municipale , parce qu'il menacait mine et s'elevait en accent circonflexe , a ete conserve , sur les instances et par les soins de M. Mondot de la Gorce, ingenieur en chef, qui s'est charge de le consolider par Temploi du ciment de Vassy et d'en adou- cir la pente par des remblais et des abords, sans Hen changer a sa physionomie. Le second fait concerne le pont d'Auxerre , qui est du XIIl e . siecle et que son peu de largeur allait faire demolir , ou tout au moins d^naturer : M. Hernoux, ingenieur enchefactuel, a obtenu qu'onlui permit de faire , sur les vieilles piles du XIIP. siecle , un elargissementquipourvoiraaux besoms d'une communica- tion plus active , sans alte"rer Taspect moyen-age* de cette osuvre monumentale de Tassociation des frtres pontifes. M. de Caumont croit que la photographic donnera bien Tappareil exterieur des monuments ; mais il estime que , dans beaucoup de cas et lorsque les monuments en vau- CONGRES DES ACADEMIES. 1&5 dront la peine, il faudra joindre un module pour donner la coupe et le relief de F edifice. M. Marchal dit que le plan, la coupe et Televation, suf- lisent pour reconstruire le monument. M. Raymond Bordeaux cite les pilotis curieux qui ont ete extraits de 1'eau ou ils sejournaient depuis plusieurs siecles, et deposes au muse'e de Rouen. Ces bois d'une solidite enorme , presque petrifies , viennent confirmer le fait, deja reconnu, du durcissement et de la conservation indefmie du bois de ch6ne dans 1'eau. Vim dcs Sccretaircs-gentiraux , Ch. GOMART. SEANCE DU 16 AVRIL 1857. ( Presidence de M. GODEFROI DE MESNILGLAISE. ) Siegent au bureau : MM. DE CODSSEMAKER, DE MELLET, DE BONNEUIL , D'ALVIMARE, MARIONNEAU ( de NantCS ) , DE CAUMONT. M. R. BORDEAUX r^dige le proces-verbal. On reprend la discussion de la 22 e . question, ainsi concue : Les ponls anciens disparaissant partout , par suite des travaux des ponts-et-chauss6es, comment doit-on etudier ces curieux monuments de la civilisation an- cienne que respecte si peu le vandalisme moderne ? N'est-il pas utile d'en conserver des images en relief independamment des dessins les plus soigne"s ? M. Mantelier donne des details sur le pont d'Orl^ans. 7 1&6 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. Pernot assure que ce pont avail une arche en bois, et qu'il en (Halt de mtae a Montereau dont le pont fut le theatre du meurtre de Jean-sans-Peur , due de Bour- gogne. Plusieurs historiens racontent qu'on avail eleve , sur Tarche en bois de ce pont , une cage en bo is pour Fentrevue du Dauphin el du due de Bourgogne qui ne devail plus repasser le ponl en vie. M. Pernot rappelle aussi les maisons qui etaient con- struites sur les ponts , surlout a Paris ou la Seine dispa- raissait sous les ponts et les ponts sous les maisons. Quant a une arche de bois ou a une arche manquante dans les ponts de pierre , il y en avail une dans presque tous les ponts des villes fortifie"es oudes chateaux forts , parce qu'en cas d'invasion on demolissait ou on brulait cette arche pour intercepter momentanement la circu- lation. Le pont d'Orleans, conduisant de la ville aux Tournelles, est represente sur un ancien tableau que Ton croit du temps de Jeanne-d'Arc , ou au moins d'une epoque assez rapprochee du siege d'Orleans. II y a une arche de moins, et la communication du pont de pierre avec le bastion des Tournelles avail lieu au moyen d'un plancher en bois. M. Bordeaux signale, comme presentant de Tanalogie avec les ponls, cerlaines arches pratiquees dans les murs de cloture, afm de laisser passer les cours d'eau dan& Tenceinte des monasteres ou des bourgs fermes , sans interrompre le mur. On voil encore de ces arcades dans le mur d'enceinte des abbayes de St.-Taurin et de St.-Sauveur, a fivreux. M. le general de Borelli remarque que souvent on fermait les ponts avec des chatnes. CONGRES DES ACADEMIES. 1Z7 M. Perrot a vu , a Orleans , des arches conime celles dont vient de parler M. Bordeaux. M. de Caumont a vu , a Angers, les deux systemes. M. de Borelli rapporte qu'i Angers, pour se deTendredes Nonnands, on plaga une chalne, nommee la Basse-Chaine ; moyen si efficace, que les Normands furent forces de faire une derivation pour amener leurs bateaux par un autre endroit; alors, on mil la Haute-Chaine sur ce nouveau bras. M. Pernot rappelle aussi les chaines qui , a Paris , etaient crochees a la tour de Nesle et a celle du Bois. A Tapproche d'une invasion, on tendait les chaines et Paris dormait tranquille. M. d'Hericourt demande le renvoi de cette question a Panne" e prochaine. 11 admet Femploi des chaines ; mais a 1'entree des petits ports il y avait des arches : deux pe~ tites , qui restaient libres , et une grande , celle-l ou Ton tendait une chaine. M. Thiollet dit a ce sujet que Tentree du port de La Rochelle est flanquee de deux tours dont Tune s'appelle encore Tour de ki Chaine. La discussion amene la 2/i e . question : Quelleaete, durant le moyen-age, la forme et la disposition des fontaines publiques dans les villes et dans les campagnes ? M. de Caumont entretient 1'Assemblee de la decou- verte d'une quantite de tuyaux de terre cuite qu'on a faite au Mans. 11 y a quinze jours , M. de Caumont a vu , au Mans , plusieurs de ces tuyaux vernisses en dedans et entoure"s d'une sorte de ciment romain : on les a de"terres en nivelant les rues. M. de Caumont a prie d'en conserver quelques-uns au Musee, II parait l/l8 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. que ces tuyaux sont du VHP. ou du IX e . siecle , et qu'a une e"poque tres-ancienne il y avail des conduits d'eau dans tous les quartiers. M. Brongniart avait dit que les Remains n'avaient pas connu le vernis de plomb et qu'on ne 1'avait employe" qu'assez tard , c'est une erreur : des tuyaux , conserve's a Sevres , prouveront le contraire , ainsi que le magni- fique vase plombifere de Ne"ris. Les tuyaux du Mans sont egalement vernisses a Faide du plomb. Quant aux bornes-fontaines on aux monuments plus considerables qui recevaient Teau pour la distribuer au- dehors , M. de Caumont n'en a pas signal^ ; mais il a dit qu'elles devaient offrir des imitations de ce qui existait auparavant. Un des types les plus simples et les plus ha- bituels a e"te , a toutes les epoques , un reservoir mure recevant les eaux de la source , protege par une espece de portique ou de galerie voutee. L'arc qui donne acces au reservoir de la fontaine dut etre a plein-cintre ; et , au XII e . siecle , Farchivolte en fut quelquefois ornee de moulures , ainsi qu'il resulte des renseignements qui ont ete recueilis ; mais M. de Caumont n'a montre que des fontaines appartenant a la periode ogivale. II a cit notamment les deux fontaines qui existent a un kilometre de Tabbaye de Fontaine-Daniel (Mayenne). Ges deux fontaines sont voutees en ogive , les murs sont revetus en pierre de taille , le reservoir est carre , et Ton peuty entrer par une ouvertnre ou porte. Une des figures suivantes montre la disposition in- terieure d'une de ces fontaines , par suite de la sup- pression ide"ale du mur qui entoure et surmonte la porte. CONGRES DES ACADEMIES. *49 De ces deux reservoirs, situes a quelques pas seulement Tun de Pautre , Peau se rendait a Pabbaye dans des tuyaux en lerre cuite. FONTAINES DE l/ABBAYE DE FONTAINE-DANIEL M. de Caumont a pre"sente ensuile Pesquisse de deux fontaines du departement de PYonne, figurees par M. ESQUISSE DE DEUX FONTAINES DU DEPARTEMENT DE 1/YONNE. Victor Petit dans YAnnuaire de ce de'partement, etqui 150 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. oflrent a peu pres la meme disposition que !es prece- de ntes. Une aulre fonlaine inle'ressante, cit^e par M. de Gau- mont , existea Cully, de'partement du Calvados. La source arrive dans un reservoir carre par deux ouvertures cintrees , au-dessus desquelles on remarque unc petite niche treflee : le reservoir , a ciel ouvert, est encaisse de trois cotes par des inurs qui ont conserve leurs VUE DE LA FONTAINE DE CULLY ( CALVADOS ). tablages primitifs. De ce reservoir . Teau se deverse a Pexterieur par deux canaux qui correspondent a chacqne CONGRES DES ACADEMIES. 151 des ouvertures cin trees qui paraissent abriter les sources principals fort abondantes et (Tune grande limpidite. M. de Caumont , apres avoir cite" plusieurs autres fontaines de la meme famille qu'il avisitees dans diverses parties de la France , mentionne celle de Poitiers , connue sous le nom de fontaine Joubert , et presente le dessin qu'en a fait tout recemment M. de Longuemar , membre de Tlnstitut des provinces, qui a envoye a ce sujet une notice au Congres. G'est encore une fontaine voute"e en forme de grotte. La source est abritee sous une arcade ogivale , cou- ronnee d'un fronton au milieu duquel on voit Tecusson de Gaucher de Sainte-Marthe, maire de Poitiers en 1579. Un autre e"cusson place au centre du pignon lateral n'a pu etre restitue ; mais il doit remonter au XVI e . siecle, comme Je petit monument eleve sur la fontaine. L'ecusson qu'on voit au fond de Tarcade, sous lavoute, est celui de ReneCitoys, qui e"tait maire de Poitiers en 1663. En avant de la voute se developpe , a Poitiers comme a Cully , le reservoir qui rec, oit les eaux de la source. Apres cette enumeration de ces divers edifices, que Ton peut appeler fontaines-grottcs , M. de Caumont a passe aux fontaines a grands reservoirs octogones ou ronds isoles sur les places ou dans les carrefours, dont quelques-unes doivent remonter jusqu'au XIIP. siecle. La plupart de ces reservoirs ont au centre un pie- destal ou une vasque d'ou 1'eau sort pour venir se re- pandre dans le reservoir. Au XV*. ou au XVI e . siecle, ces fontaines se sont multipliees; on les retrouve repre'sente'es frequemment dans les vitraux et les peintures murales. Quelques-unes ont ete fondues en metal. 152 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. Jl faudrait des dessins pour faire connaitre les prin- cipaux monuments de ce genre qui existent encore. M. de Caumont s'est borne a citer les fontaines de Bruns- wich, de Nuremberg, et plusieurs autres du XVP. siecle, dans lesquelles on trouve des figures mythologiques. II a termine son improvisation en engageant les de!6- gues des Societes savantes a recueillir et dessiner les differentes fontaines monumentales ante>ieures auXVIIF. siecle qu'ils pourront rencontrer, afin que Ton puisse bient6t connaitre tous les types qui me" ri tent d'etre obser- ves. M. Pernot cite la fontaine du souterrain dit de Sabinus, a Langres. II fait passer ensuite , sous les yeux de TAs- semblee , un dessin curieux , celui d'une fontaine autre- tbis placed sur le parvis de la cathedrale , a Meaux. Des chroniquesdeMeauxdisent que ce fut le comte Thibaut de Champagne qui fit construire cette fontaine; on ne dit pas Tepoque , mais elle est facile a deviner par son style ogival; elle existait de 1492 a 1512 , mais etait plus an- cienne. Elle fut dessine'e, et sans doute recopiee, par un cure* de 1'eglise de St.-Thibaut de Meaux ; il se nom- mait Janvier et ecrivit 1'histoire de sa ville natale (Meaux); il a laisse six volumes de manuscrits dans lesquels sont de grands dessins tres-curieux, quoique laissant beaucoup a desirer. Le sujet de cette singuliere fontaine etait incon- venant : c'etait , dit-on , la Vierge lancant deux jets d'eau par les seins. Aussi plusieurs ont-ils cru reconnaitre plutot, dans cette bizarre statue , Venus et 1'Amour. Un membre rappelle Texistence d'une fontaine ana- logue , a Bruxelles, le celebre Mankin-piss. A. Lyon , le nom de la rue de V Enfant qui pissc rappelle encore le souvenir d'une fontaine du m&me genre. YUE DE LA ^ONTAINE PLACEE DEVANT LA CATHEDRALR DK UEAUX. ( D'apres le dessiti de M. Pernot. ) 154 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. M. Bordeaux dit qu'en Normaudie la construction des fontaines devint un des grands travaux d'utilite publique, au commencement du XVI 6 . siecle. On possede encore les noms de plusieurs architectes et ingenieurs en ce genre. M. Bordeaux publiera un document curieux sur Marin Lebourgeois, peintre d'Henri IV, qui probable- ment dirigea Petablissement des fontaines de Lisieux et de Falaise. Rouen possede encore des fontaines tres- monumentales : celle de la Croix de pierre , batie sous le cardinal d'Amboise ; celle de la Grosse , aussi du style ogival-fleuri ; celle de la rue de la Savonnerie , groupe de la renaissance representant le mont Parnasse, avec Pegase et les Muses , adosse a Tancien hotel des fiveques de Lisieux. Dans la meme rue de la Savon- nerie , une plaque de marbre marque I'emplacement de la maison de Jacques Lelieur , poete rouennais, prince du palinod, qui fit executer un manuscrit fameux, le Livre des fontaines , dont les miniatures ont ete lithographiees en fac-simile par M. de Jolimont, et forment un recueil d'une importance capitale pour la question en discussion. II ne faut pas oublier non plus la tres-belle fontaine , e'rigee sous Louis XV , au pied de la Grosse-IIorloge de Rouen : c'est un bel echan- tillon de sculpture rococo, qui s'harmonise bien avec les edifices environnants , et produit un effet tres-pitto- resque. Aussi , a-t-elle ete dernierement photographiee en grand format. M. Bordeaux nomme aussi les snperbes fontaines qui existaient au chateau de Gaillon , ot la jolie fontaine que Ton voit encore a Mantes , devant THotel-de-Ville. M. Parker rapporte qu'en Ecosse la mode des fontaines prit aussi dans tous les chateaux au XVl c . et au XVIl e , CONGRES DBS ACADEMIES. 155 siecle. II y en a de magnifiques. En Angleterre elles sont rares. M. de Caumont a trouv6 , a Limoges , de grandes vasques en granit , qui lui ont paru, ainsi qu'a M. V. Petit , appartenir au XIIP. siecle. M. Gadebled dit un mot des fontaines de Dieppe. M. Gosse a dessine une trentaine de belles fontaines dans la Suisse allemande ; elles sont du XV e . et du XVF. siecle. A propos d'une discussion elevee par MM. de Mailly et de Caumont sur I'elargissement des rues , M. Boula- tignier voudrait associer les ameliorations rnodernes avec la conservation des monuments de notre passe. 11 n'est pas le partisan absolu de ces eternelles rues droites , longues de plusieurs kilometres , dont on s'est engoue , et ou Ton ne pourra se tenir ni en 6te" ni en hiver. On a trop dedaigne, de nos jours, rexpe"rience des aieux , et peut-etre faudra-t-il revenir aux lignes courbes pour le trace de nos rues. Ces paroles ont ele vivement applaudies. Vun des Secretaires-generaux , Raymond BORDEAUX, 156 INSTITUT DBS PROVINCES I>E PRANCE. SEANCE DU 17 AVRIL* ( Pre"sidence tie M. PARKER , d'Oxford. ) La seance est ouverte a 2 heures. Si6gent au bureau : MM. DE GAUMONT ; le general vi- comte DE BORELLI ; le general PEYTIET , grand-officier de la Le'gion-d'Honneur , membre du Corps legislatif ; le comte de LA FERRIERE-PERCY, de 1'Orne. M. Victor PETIT remplit les fonctions de secretaire. M. de Caumont , revenant sur Tune des questions qui ont ete eludiees la veille , invite M. Pernot & donner de nouveaux details sur nne fontaine e'rigee a Meaux , au milieu de la place publique , devant la cathe'drale. II presente , au nom de ce dernier , un dessin de la fontaine de Ribeauville (Haut-Rhin). M. Pernot dit qu'il n'a rien absolument a ajouter aux observations qu'il a faites a la seance precedente , sur la fontaine de Meaux , observations qui etaient motivees par lavue d'un dessin qu'on a tout lieu decroire exact, malgre le peu d'habilete d'exe'cution ; que ce dessin, qui a e"te nion- tre au Congres, est un caique fidele du dessin original ; et, qu'enfin, il est impossible de se meprendre ou de ne pasre- connaitre le sujet represente par Tartiste sculpteur. Celui- ci a surmonte la fontaine d'un groupe de la Vierge et de TEnfant-Je'sus accompagne's par divers saints. M. Pernot ajoute que , selon lui, et d'apres le dessin, il n'est pas douteux qu'un filet d'eau sorlait de chacun des seins de la Vierge, el que TEnfant-Jesus rappelait Faction du fa- meux Mannekcn-Piss > de Bruxelles. D'ailleurs , cette fontaine a etc" decrite par un historian du diocese de Meaux , dans un grand ouvrage qu'on pent encore con- DE LA FOKTAINE DE IllBBA UYILLB { HAUT-BHW). 158 INST1TUT DBS PROVINCES DE FRANCE. suiter , et dans lequel on trouve le nom de 1'artiste et aussi la date d'exe'cution de la fontaine , qui apparte- nait aPart de la renaissance. M. Victor Petit, demandant a repondre brievement au pre*opinant , temoigne le regret de n'avoir pas vu le dessin qui a e^e soumis au Congres , lequel dessin, d'apres Tindication de M. de Caumont , sera copie* et grave* pour le Bulletin monumental et VAnnuaire de I'Institut des provinces. M. Victor Petit se demande si on ne peut pas revoquer en doute 1'exactitude de ce dessin ; si mme il n'est pas entierement imaginaire ou apocryphe ; ou si , du moins, on ne doit pas croire que le dessinateur s'est plu , par une etrange fantaisie , a ajouter les trois filets d'eau suspects. MM. PernotetThiollets'empressent d'assurer que, dans le dessin, les trois filets d'eau sortaient bien de la Vierge et de 1'Enfant-Jesus ; que le doute n'est pas possible. M. Victor Petit, malgre cette affirmation, repousse comme imaginaire ce detail du dessin signale au Congres et croit fermement que si Tart de la renaissance , no- tamment en Italic , s'est montre prodigne de filets d'eau , ces memes filets d'eau sMchappent exclusivement du corps des dieux et des deesses de la Fable. Les admi- rables fontaines monumentales qu'on voit encore dans plusieurs villes d'ltalie , temoignent qu'a 1'epoque de la renaissance les scenes mythologiques etaient seules repro- duites ou representees avec autant de materialisme. M. Victor Petit termine en reclamant, comme une chose utile aux etudes d'iconographie chretienne, une sorte d'enqute arche'ologique relativement a la fontaine de Meaux , dont il ne recuse pas 1'existence , mais dont il repousse ener- giquement les filets d'eau qui font seuls 1'objet du debat. CONGRES DBS ACADEMIES. 159 M. ie comte de Mellet, tout en comprenanl et approu- vant la pensee du preopinant, croit cependant que le dessin de la fontaine de Meaux peut etre tres-exact. II ne taut pas oublier qu'il s'agit d'un monument datant du XVl e . siecle , et , qu'a cette epoque , les ecclesiastiques eux-m6mes ne se montraient pas bien severes pour les O3uvres d'art. M. le comte de Bonneuil , qui a examine avec attention le dessin communique' par M. Pernot, fait remarquer que la statue de la Vierge est represented vtue pudiquement et la robe a peine entr'ouverte, vers Textremite des seins. M. de Bonneuil ajoute qu'il aura bientot Toccasion de se procurer tous les renseignements possibles, durant un prochain voyage qu'il compte faire a Meaux. M. de Gaumont declare que Tincident est vid6 et veut appeler Tattention du Congres sur les deux prece'dentes questions dont 1'examen avait 6te renvoye a la seance de ce jour. II s'agit des 17 e . et 18 e . questions, relatives aux etudes commencees sur Tetat de Tart durant Les periodes meromngicnne et c ar Loving iennc , periodes interes- sanles ct fructueuses a etudicr de nouveau sous Lc rapport de la statuaire et de I'ornementation. Qui ne sait , dit M, de Caumont que , en Italie et dans le midi de la France, on a conserve et utilise, dans plusieurs reconstructions d^glises , des futs de marbre et quelquefois des chapiteaux antiques ? En sup- posant qu'une partie de ces fragments, ce qui est certain pour quelques-uns , proviennent de monuments remains et n'aient rien de Chretien , il y en a d'autres incontesta- blement qui ont ete tailles a Tepoque merovingienne ; et comme alors on imitait rarchitecture antique, autant que le pouvaient les artistes du temps , en copiant ce qu'on 160 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. avail sous la main , en prenant pour patron Iant6t un chapiteau corinthien provenant (Tun peristyle , tant6t des chapiteaux et des moulures provenant de la decoration interieure des maisons antiques , publiques ou prive'es , il dut en resulter des varietes assez grandes dans les galbes et la composition : il y avait, sous la domination romaine , une assez grande liberte' , et, conse'quemment , beaucoup de variete dans les ornements ; la fantaisie s'ecartait plus ou moins de la regie. Il dut y avoir, dans quelques cas , dans les edifices prives surtout, autant de dissemblance que nous en voyons entre la decoration architectonique de nos cafes et celle des monuments publics, tels que la Bourse et la Madeleine. L'ecole merovingienne qui , dans ses e"glises gene'rale- ment peu spacieuses, utilisait les chapiteaux qu'elle trou- vait tout faits et les completait en en copiant d'autres, est done, continue M. de Caumont, une epoque qui fournira des donne"es tres-interessantes et tres-curieuses. Mais il faut, pour se livrer a cette elude, un ceil exerce ; il ne faut pas retomber dans les erreurs de nos devanciers, qui voyaient si souvent des monuments des premiers siecles dans les eglises romanes du XI e . On a done fait sagement d'attendre que la science archeologique fut avanc^e , et nous touchons a Tepoque ou Ton pourra , sans danger , recommander cette 6tude, mais non pas a tons les anti- quaires. Elle devra particulierement convenir a ceux qui ont beaucoup vu et compare* ; ce ne sont pas les hommes sedentaires, et qui n'onl explore que leur province, qui pourront s'y livrer avec fruit. M. de Caumont a mentionne 1 rapidement ensuite les eglises quMl a precedemment signalees comme anterieures au XI e . siecle et comme appartenant a diverses e*poques , CONGRES DBS ACADEMIES. 161 a partir du V c . siecle jusqu'au X c . II cite , dans TOuest , 1'eglise de Savenieres , pres d'Angers , figuree pour la premiere fois, en 1830, dans son Cours d'antiquites momimentales ; la chapelle de Langon , pres de Redon ; la Basse-GEuvre , a Beauvais ; 1'eglise de Vieux-Pont-en- Auge (Calvados) ; les e'glises de Suevres et de Gennes (en partie). Le plus important des monuments merovingiens est certainement, dans 1'Ouest, ce qui reste du baptistere de St. -Jean de Poitiers. Les chapiteaux de cet Edifice sont tous en marbre. M. de Caumont , le premier de tous , donna des notions positives sur cet edifice en 1830. On sait qu'il existe exte'rieurement , entre les fenetres , des tables de pierre appliquees dans la maconnerie, et dont la partie superieure est coupe'e en forme de fronton. M. de Caumont indique le caractere des moulures en me'plat qui ornent ces pieces , et il y trouve le caractere, parfaitement certain, du ciseau de 1'epoque inerovin- gienne; il a montre, pour le prouver, un de ces morceaux aujourd'hui dans le muse*e de Poitiers. Il est maintenant certain que Ton ne possede plus d'ancien que le transept et lechevet de 1'eglise St. -Jean ; les fondations de la nef pri- mitive , reconnues dans le jardin de re"vech6, ont prouve que Fedifice e*tait en forme de croix, comme les anciennes basiliques ; on comprend comment quelques pierres sem- blables , de forme et de style , a celles qui se voient dans la partie subsistante du baptistere , avaient e'te" placets dans des constructions voisines. C'est le dessin d'une de ces pieces, aujourd'hui au musee de Poitiers, que M. de Caumont a pre"sente (voir la page suivante); il monlre bien le faire des sculpteurs des premiers siecles du moyen-age. M. de Caumont fait mouler plusieurs des chapiteaux du baplistere , ils seront dessme"s d'apres 162 INST1TCT DBS PROVINCES DE FRANCE. ces moulages et plus lard reproduits par la gravure. M. de Caumont a pre'sente au Congres, en atten- dant que ces moulages soient faits , les dessins de deux des chapiteaux du baptistere : Tun , encore en place , se compose d'une corbeille garnie d'un rang de feuilles d'acanthe surmontees de volutes, re* unies par une torsade composite , que M. de Caumont signale comme ayant du etre tres-fre'quemment exe"cute" dans les premiers siecles du moyen-age. OF "TTtTiZjAUUMAtW&udtttlAtt i DEUX DBS CHAPITEAUX DE S*,-JEAN DE POITIERS, 16/1 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. L'autre, qui provient de la nef supprimee ei que Ton a trouve dans le deblai, sous le pave", pre"sente au-dessus des feuilles d'acanthe deux rangs de moulures en creux que le dessin , p. 163, fait connaltre. On trouve des des- sins & pen pres semblables sur des poteries presumees merovingiennes. M. Victor Petit a pris ensuite la parole : pendant long- temps il avait pense que Tarchitecture antique avait e"te tout entiere represented par les cinq ordres classes par les grands architectes italiens de la renaissance , et notam- ment Vignole , qui a eu la gloire de laisser son nom a une oauvre fort estime'e encore et qui n'a pas cesse de servir de point de depart pour les eludes architecturales de Tantiquite. M. Victor Petit avoue, qu'apres avoir copie" minutieusement et servilement son o Vignole , il pensait connaitre les ordres antiques , et , en quelque sorte , les savoir par coaur et pouvoir en reconnaltre les moindres details. Aussi , fut-il grandement surpris en visitant Tltalie , et la ville de Rome tout parti culierement , de ne reconnaitre presque nulle part, dans leur rigoureuse simi- litude , ces fameux cinq ordres antiques dessines et rne- sures par Vignole , Palladio et autres architectes illustres de ritalie. Tout au contraire, les types principaux de Tarchiteoture antique presentent une varie'te' infinie , va- rie"te qui augmente dans les edifices dont la date de con- struction se rapproche des premiers temps de Tere chre- tienne , a ce point qu'il devient reellement fort difficile de preciser 1'ordre auquel appartiennent tels ou tels en- tablements , chapiteaux , bases , colonnes , etc. , qu'on retrouve encore en tres-grand nombre dans les 6glises b^ities aux XF. et XIP. siecles , avec des debris, ou si Ton veut, avec les mate'riaux de temples ou d'edifices antiques. GONGRES DES ACADEMIES. 165 Les ehapiteaux, notamment, pre"sentent une diversite de forme et d'ornementation qui deTie absolument toute classification ; toutefois ils offrent dans leur agencement une richesse et une souplesse de ciseau extremement remarquables. Ainsi les parties creuses sont fouillees pro- fondement et te"moignent d'une entente parfaite des effets pittoresques, vus a distance, des ombres et des lumieres. Les reliefs sont menages avec un soin extreme et gardent Fernpreinte d'une main habile et inde"pendante. En etu- diant les ehapiteaux antiques qui furent utilises , vers les XF. et XII 6 . siecles, pour soutenir la retombee des voutes de quelques-unes des eglises de Rome , on fait cette re- marque qui n'est pas sans importance : c'esl que des eha- piteaux d'un style analogue se retrouvent en certain nombre dans differents monuments de la France; que, jusqu'a present, ils ont ete classes uniformement comme appartenant a Fepoque merovingienne et carlovingienne ; tandis qu'on ponrrait les faire remonter a une epoque plus ancienne , en les rattachant aux edifices publics et prives construits durant la periode gallo-romaine. M. de Caumont appuie fortemenl Topinion de M. Victor Petit. II est evident , dit-il , que les artistes remains vou- laient la varietc dans C unite, tandis que Fecole moderne a voulu Yinvariabitite et par suite la monotonie dans I'unite des ordres. Pour preuve de la varie"te dont les sculpteurs gallo-romains savaient faire usage , M. de Gaumont cite les ehapiteaux antiques, tres-beaux, qui ont ate utilises tout pres de Paris, dans Teglise de Mont- martre ; ce sont des ehapiteaux corinthiens dont aucun ne ressemble a Tautre, et pourtant tout porte a croire quMls ont autrefois appartenu au meme edifice. M. de Caumont croit du reste que, si un tres-grand 166 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. nombre de chapiteaux employe's a Tepoque merovin- gienne proviennent de monuments rornains preexistants , comme Ta dit M. Victor Petit , il y en a aussi qui ont du etre sculptes a cette epoque; il croit, par exemple, que les chapiteaux dont il a pre"sent6 Tesquisse (ceux de St.- Jean de Poitiers, p. 163 ), ont ete faits pour cette eglise et ne peuvent provenir de monuments preexistants. Plusieurs membres ont pris la parole. M. de Bouis a explique" comment Vignole et ses contemporains , redui- sant Tarchitecture antique aux types les plus purs , et composant un cadre nouveau pour les architectes, ont de- truit les varietes don I parlaient MM. de Caumont et Victor Petit : evidemment Tarchitecture moderne est a rarchi- tecture antique ce que serait la langue de Ciceron , com- paree aux idiomes que Ton parlait de son temps dans les provinces et dans les faubourgs de Rome. Reste a savoir si Tart ainsi epure' vaut Tart avec ses inspirations natu- relles, que regrettent si vivement MM. de Caumont et Victor Petit. M. Pernot pense que la variete ou, si Ton veut. la diversity d'ornementation doit tenir au deTaut d'ecoles architecturales , surtout en ce qui concerne les Gaules , pays conquis , et ou les esclaves qui avaient du talent etaient employe's a la construction des Edifices publics. M. Gadebled parle de Tinfluence romaine sur la civili- sation de la Gaule , et sur les ceuvres d'art importees d'ltalie en France. Il pense que I'influence romaine a ete assez puissante pour imposer ses formes , ses gouts et ses traditions d'art. M. le conseiller Tailliar , de Douai, partage le meme avis ; il trouve tout naturel que Tart merovingien ait con- tinue Fart gallo-romain. La conquele franque a mis un CONGRES DES ACADEMIES. 167 terme a la puissance romaine ; mais elle n'a detruit ni Tancienne organisation , ni le cadre meme de Tadminis- tration imperiale. Le monarque gallo- franc prenait le litre de vir illustris , litre que la Notice de rEmpire attribue aux premiers personnages remains. Les dignite"s de pa- trice , de due , de comte , sont maintenues. Les institu- tions restent debout. La curie ne recoil que les modifica- tions rendues ne*cessaires par Tavenemenl du chrislianisme elle changemenl de gouvernement; on peul lire a ce sujel , les Formules de Marculfe et autres. Si les institu- tions romaines se conservent ainsi a travers les siecles, pourquoi les monuments qui en sont pour ainsi dire la representation, pourquoi 1'art romain qui les erigeait, n'auraient-ils pas conserve leurs principaux caracteres? Passant a 1'epoque carlovingienne , ou , pour moins preciser les limites de temps , a une epoque un peu moins ancienne que celle des eglises precedemment citees, M. de Caumont cite une e"glise tres-connue deja, celle de Germiny-les-Pre's , qui a ete souvent decrite, a cause de la date a peu pres certaine de ses parties primitives, puis ii renvoie aux details qu'il a donnes a la Society fran^aise d'arche"ologie sur l^glise de Cravan , pres Chi- non , dans un rapport qu'il compte imprimer prochaine- ment dans le Bulletin. Comme on le voit, a dil M. de Caumont , par le des- sin tres-exact que je presente , du cote meridional de Peglise de Gravan, les fenetres sont garnies d'un en- cadrement cintr6 orne de billettes , et alternent avec des frontons dont les rampants et la base sont garnis du meme ornement. Ces fenetres et ces frontons se con- tinuent sur la facade occidenlale ; mais le centre de CONGRES DBS ACADEMIES. 169 cette fagade ayant etc reconstruit, les frontons n'existent plus qu'en partie pres des angles qui joignent le inur i I > i i i I J i ( i i PORTION DES MURS LATERAUX DE SAINT-GENEROUX. Si Teglise de St.-Generoux (Deux-Sevres) off re plu- sieurs rapports inconteslables avec 1'eglise de Cravan, St.-Mesme de Chinon, quoique du XP. siecle, pre"sente encore dans ses fenfires laterales et dans ses appareils, les memes dispositions que les eglises de Cravan et deSt,- Generoux. L'eglise de Cravan offre un petit appareil tres-caracte- rise, dont les assises sont separees par des lignes, non 8 170 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. de briques , comme IMpoque romaine ou dans les temps qui ont suivi , mais par des chaines en pierres de taille. Ainsi, dit M. de Caumont , on pent trouver la filiation de ces Edifices et les rattacher a une souche commune , a un type qui dut tre en usage aux epoques ante'rieures au X e . siecle, mais qui tirait son origine de plus haut et qu'on pourrait faire remonter jusqu'au baptistere St. -Jean de Poitiers. Je viens de citer en courant , a continue" M. de Cau- mont , quelques monuments merovingiens et carloyin- giens encore debout. Mais si nous faisons Pinventaire des fragments, tels que : chapiteaux , fragments de corniche , mou- lures diverses , qui ont ete replaces dans des edi- ct fices posterieurs , ou meme deposes dans des musees, nous aurons a exploiter une mine consi- durable. J'ai decrit et figure dans le Bulletin monumental (t. XXII) , quelques-uns de ceux provenant de Vertou , pres de Nantes , deposes dans le musee de cette ville. Tai cite deux chapiteaux anciens dans la cr^pte de St.-Brice, faubourg de Chartres, reconnus parM. Paul Durand. On connait, par la description que j'en ai donnee, il y a 25 ans, les chapiteaux et les colon nes en mar- bre qui existent dans la crypte de Jouarre qui renferme des tombeaux exti'emement curieux. CONGRES DBS ACADEMIES. 171 J'ai figur^ des chapiteaux dememe style et de mme CHAPITEAU MEROVINGIEN DC MUSEE D^ARLES. a epoque que Ton voit au musee d' Aries. Le musee de la Socie*te des Antiquaires de Normandie possede quelques fragments merovingiens , provenant de Tancienne eglise de St.-Samson-sur-Risle ; d'autres, provenant de la meme abbaye , existent dans le mu- see d'fivreux. Je les ai figure's, il y a long-temps, dans mon Cours d'antiquites (pi. XLVII). Je citais dernierement , dans le XXiF. volume du Bulletin monumental, des moulures existant dans les murs de la cathe"drale du Puy et dans les batiments voisins de cet Edifice. 172 IffSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE, Peut-elre doit-on citer aussi les sculptures incruste'es dans la tour de St. -Germain d'Auxerre et que nous avons reproduites dans notre Abecedaire d'archeo- J'ai fait remarquer il y a long-temps, dans mon Gours d'anliquitcs , que certains entrelacs , dont j'ai donn^ des specimens et qui offrent quelquefois Timage de nattes, peuvent caracteriser une 6poque ancienne : CONGRES DES ACADEMIES. 173 nous les avons signales aussi sur un des chapiteaux de St.-Sarnson-sur-Risle et sur un tres-grand nombre d'agrafes mero\ingiennes et carlovingiennes. 7U INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Le chapiteau de St. -Samson , qui vient d'etre figure, nous offre encore un detail qui parait aussi caracteriser une poque fort ancienne : ce sont des especes de pal- mes allongees et peu fouille"es qui garnissent les cote's de la corbeille. Get ornement, facile a sculpter, se voit sur des pierres historiees replacees dans les parements de certaines eglises des XI e . et XII e . siecles, con- slruites avec des materiaux preexistants. Et s'il n'est pas toujours partout un caractere certain , au moms annonce-t-il une date ancienne et , en general , ante- rieure a la seconde moitie du XI e . siecle. Je pourrais indiquer bien d'autres fragments pre- COLONNE ET CKAPITEAU HE FULDE. CONGRES DBS ACADEMIES. 175 w cieux , notamment ceux qui proviennent du palais de Charlemagne a Ingeelhem et qui ont ete recemment publics par M. Uoach-Smith , de Londres ; ceux de Fulde , signales par M. le baron de Quasi , Fannee derniere , etc. , etc. , etc. Mais il faut se borner a des indications; je pre- pare un memoire etendu sur ce sujeU II suflit, et je crois Favoir fait, de demontrer que cette etude est opportune , qu'elle peut etre faite avec cer- a titude de succes et que le sujet est encore neuf. II resultera , de cette discussion , qu'il existe des carac- teres au moyen desquels on peut reconnaitre le travail des epoques me'rovingienne et carlovin- <( gienne , et que les materiaux ne manquent pas a qui sait les rechercher et les examiner soigneuse- ment. La 19 C . question pr6sente egalement un vif interet, en ce qui touche la classification chronologique des sepultures aux tpoques merovingienne et cartovin- gienne. M. de Caumont cite urns foule de tombeaux dont les couvercles portent une double croix ; une grande partie de ces sarcophages doivent 6tre anciens : bien qu'on ne puisse affirmer que le type ne s'est pas per- petue jusqu'au XI e . siecle , M. de Caumont affirme qu'ils sont en general anlerieiirs a cette date , quand d'ailleurs ils presentent a Fexte'rieur certaines moulures qu'il in- dique. M. Thiollet qui avait, il y a long-temps, dessine" la collection de tombes que Ton voit a Civeaux, en Poitou , a presenle ses dessins, M. de Caumont a designe parmi 176 INSTITDT f)ES PROVINCES DE FRANCE. ces types ceux qui lui paraissent anterieurs au XI e . siecle. En voici quelques-uns. SARCOPHAGES DU POITOU ( Presumes anterieurs au XI e . siecle, ) Apres quelques observations presentees par MM. Bor- deaux , Thiollet et Pernot , M, de Caumont reprend la CONGRES DES ACADEMIES. 177 parole et cite deux couvercles de sarcophages deposes au muse'e d'antiquites de Poitiers, et qu'il croit pouvoir etre rapportes aux temps carlovingiens ou merovingiens, En voici 1'esquisse. Uouet del. Pagar sculp. DEtX COCVERCLES DE SARCOPHAGES CONSERVES AU MUSEE DE POITIERS. Us portent Tun et Pautre line croix dont la forme offre 178 1NSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. des i-apports avec celle que M. Gomart a dessine'e dans le caveau qui renferme le tombeau de saint Quentin , et dont rantiquite" ne peut etre douteuse. SCULPTURES DANS LE CAVEAU 1>F. SAINT QUENTIN. M. de Caumont a termine en rappelant les quelques renseignements donnes, dans une seance precedente , par M. Darcel. Ces renseignements , tres-sommaires, peuvent etre completes par les figures de tombeaux placets dans le VI*. volume de son Cours d'antiquites et dans son AbMdaire d'archeologic auxquels il renvoie , aussi bien CONGRES DBS ACADEMIES. 179 qu'aux nombreux memoires qui en ont traite dans les vingt-deux volumes deja publics du Bulletin monu- mental. Personne ne demandant plus la parole, M. le President pose la 21 e . question du programme, ainsi concue : La chronologic des cloches a-t-elle ete sufllsamment etudiee ? A quelles causes doit-on attribuer la superio- rite" des cloches du moyen-age, sous le rapport de la v qualite du son ; quelles etaient la nature et la pro- portion des metaux habituellement employes dans leur fabrication? M. le comte de Mellet a souleve de nouveau cette ques- tion qui avait ete posee deja au Congres de Chalons , mais qui resta indecise. La pensee de Tauteur elait de cher- cher a connaitre quels pouvaient elre les travaux ou les recherches a faire sur les cloches anciennes, au point de vue industriel ou de fabrication. II en est , continue M. de Mellet, des cloches modernescomme des vitraux modernes: elles sont inferieures en qualite et en beaute de son aux cloches anciennes, plus durables et plus pures que celies d'a-present. Enfin M. de Mellet se demande si cette supe- riorite incontestable tient au melange de metaux qui. dit-on, etaient jetes dans le metal en fusion, Plusieurs membres du Congres etablissentque Tanalyse du metal des cloches n'a pas fait retrouver la trace de metal precieux , ou n'aurait pu la faire reconnaitre qu'en infime quantite. M. Parker , consult^ sur la valeur et la qualite des cloches anglaises , dit que , depuis long-temps , on s'est occupe de cette question en Angleterre. Les analyses les plus precises n'ont jamais fait retrouver d'or on d'argent. 180 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. Plusieurs cloches nouvelles sont excellentes et donnent des sons magnifiques. La qualite et la sonorite des cloches tiennent a la forme donnee au metal et aussi a 1'epaisseur de ce me"tal. M. Denison a fait, a ce sujet, de longues et savantes recherches. Divers membres engagent une discussion sur la com- position du metal dit metal de cloches , avec lequel on fabriqua , durant la Republique , des sous qui avaient une couleur particuliere. M. de Caumont pense qu'on n'a pas assez recherche- et decrit les clochettes des eglises. II rappelle combien est curieuse la clochette romane dont M. Didron a publie des fac-simile, et voudrait qu'on recherchcit toutes celles qui existent encore dans les tresors des e'glises. Un tres- grand nombre remontent auXVI 6 . siecle.M. Du Chatellier vient de lui envoyer, pour etre soumis au Congres, le dessin d'une clochette de ce genre qui remonte a Tan 1575. M. Parker, repondant a une nouvelle demande sur Tepoque ou Ton fit en Angleterre les plus belles cloches ; dit qu'on en fit de belles et de laides a toutes les epoques ; que les cloches d'Angleterre ne lui semblent pas diflerer beaucoup de celles de France. MM. Tailliar,Gomart, Dreolle et Parker citent diverses cloches ou clochettes qui etaient durant le moyen-age deja c^lebres, soit sous le rapport historique au point de vue des coutumes municipales , soit comme objets reli- gieux et reliques. Ges divers membres s'accordent a re- connaitre le role important que les cloches communales ont ete" appelees a rernplir dans 1'histoire des villes du Nord de la France et en Belgique. Plusieurs ouvrages ont et^ publics sur ce sujet. 182 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. M. de Caumont pense quMl est toujours utile d'explorer les clochers de nos campagnes , pour visiter les cloches qui s'y trouvent et dont quelques-unes peuvent etre tres- anciennes. II cite celle de Fontenailles (Calvados), decrite dans sa Statistique monumcntale de ce departement, et qui est de 1202. Bon nombre de cloches des XVI C . , XVIP. et XVIIP. siecles portent des inscriptions qui meritent d'etre relevees et publics, parce qu'elles mentionnent , avec leurs titres et dignites , les notabilites du pays qui les ont nominees, le cure existant, etc. Tous ces documents sont inte'ressants pour 1'histoire locale. M. le comte de Mailly dit qu'en effet 1'histoire des cloches lui paralt fort importante : c'est dans Petude des inscriptions qui couvrent les cloches anciennes , qu'on peut retrouver plus surement les noms des families eteintes, qu'il serait en consequence desirable que MM. les ecclesiastiques , au lieu d'engager leurs paroissiens a fondre les vieilles cloches, cherchassent au contraire a les conserver, ou tout au moins , si cela n'etait pas pos- sible, ne negligeassent pas de relever et de copier, avec le plus grand soin , les noms et les armoiries des seigneurs bienfaiteurs de la paroisse, toujours inscrits ou graves sur les cloches anciennes. M. de Mailly cite plusieurs cloches de la province du Maine , dont il a relev6 et con- serve les inscriptions; il insiste surtout , pour quel'atten- tion de MM. les Cures de campagne soit de nouveau appeiee sur tous les objets anciens qui appartiennent a leurs eglises. On pourrait solliciter Pappui des eveques. M. de Caumont , approuvant les idees exprimees par M. de Mailly, est force de reconnaitre un mouvement de ralentissement pour les etudes archeologiques dans les se"minaires : de"ja, plus de quinze cours d'arche"ologie ont CONGRES DES ACADEMIES. 183 ete supprimes, & sa connaissance , apres avoir ete fails pendant plusieurs anne"es. C'est la un fait bien regrettable, en ce qui touche a ['instruction archeologique des cures de campagne , qui obtiennent souvent de leurs parois- siens des sommes assez considerables , destinies presque toujours a defigurer ou a gater leur eglise par de preten- dues restaurations. M. de Gaumont cite plusieurs traits de cure's de village qui rivalisent d'emulation pour tout remettre a neuf. Le mal serait moins grand , si Teducation archeologique etait plus generate dans les seminaires. Je desire, dit Tora- teur, en terminant , que mes paroles soient consignees au proces-verbal de la seance. L'heure avance"e ne permettant plus d'aborder une autre question , la seance est levee a l\ heures et renvoyee au lendemain. Le Secretaire , Victor PETIT, De I'Institut des provinces. SEANCE DU 18 AVRIL 1857. ( Pr6sidence de M. BOULATIGNIEK , conseiller d'fitat. ) Le bureau est occupe par MM. DE GAUMONT, le comte de MAILLY, le vicomte Du MONCEL , PARKER, le marquis DE TANLAY. M. DE Bouis remplit les fonctions de secretaire. M. Raymond Bordeaux lit le proces- verbal de la seance precedente , qui est adopte". M. Parker developpe la pensee qu'il avait emise Tannee derniere et qui a fait une necessity de s'occuper , dans 18/1 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. chaque Society arch^ologique des dpartements , de donner la date exacte des grands monuments du moyen- age qui y ont 6t6 Edifies; c'est le seul moyen de donner une base solide a Thistoire de 1'archi lecture, qui est celle de la civilisation. Joignant 1'exemple an precepte, M. Parker donne la liste suivante des dates pour quelques- uns d'entr'eux : 1152-1182. L'abbaye de Kirstall ( comte d'York ). Style roman secondaire avec ogive. 1155-1191. L'eglise de Senlis. Style de transition. 1157-1211. La maison du Chapitre, a St.-Georges-de- Bocherville (Seine-Inferieure). Style roman secondaire de transition. 1160-1185. Les arcades et la nef de la cathedrale de Bayeux. Style roman secondaire. 1163-1182. Le chevet de Teglise de St. -Germain- des- Pres. Style de transition tr&s-lourd , moins avance que Notre-Dame. 1168-1212. La cathedrale de Soissons. L'abside du Midi appartient a la premiere ^glise, commenc^e en 1168. M. Parker ne donne pas de date precise pour cette por- tion dont le style lui parait trfcs-mauvais. 1168. La cathedrale de Sens. Une chapelle et quelques portions des murs sont de cette poque. Elle fut presque enti&rement ruine par un incendie en 118/1 : la plus grande partie du monument est done posterieure a cette date; il y a une grande ressemblance avec Teglise de Coutances , du style de transition. 1175-118/1. Le choeur de la cathedrale de Coutances, rebali apr^s Tincendie, est dans un style de transition tr&s-remarquable, mais qui se modifiait pour ainsi dire chaque annee, L'abside de cette eglise est dans un style CONGRES DES ACADEMIES. 185 presqu'entierement gothique , tres-leger. Les travaux furent acheves en 118/i. 1177-1184. L'hopital et Teglise de St. -Jean, a Angers, fonde's et batis dans le temps de Henri II , roi d' Angle- lerre, comle d'Anjou et de Poitou , due de Normandie et deGnyenne. Le style en est entierement gothique, tres- leger. G'est un des monuments les plus avances. 1186-1226. L'eglise de la ville d'Eu (Normandie). Style presqu'entierement gothique tres-le"ger, fort ele"- gant, mais avec des restes du style roman secondaire. 119/i. La eathedrale de Chartres , ruinee par un in- cendie sous cette date ; le monument fut reconstruit alors, il ne resta de la construction primitive que la crypte et quelques autres portions peu importantes. 1195-1205. La chapelle de la St e .-Vierge dans la ca- thedrale de Winchester. Style gothique pur a lancettes. 4195-1214. Une portion de la nef et la partie occiden- tale de Teglise de Tabbaye de St.-Alban , dans le comte" de Huts. Style gothique pur. 1195-1200. Le chceur de la cathedrale de Lincoln. Style gothique pur , tres-le"ger. 1198-1215. Le jube de la cathedrale d'Ely, dans le comte deCambrigde. Style gothique pur, tr&s-leger, a lancettes treflees. 1207-1235. Cathedrale de Rouen, rebatie apres 1'in- cendie. Style gothique primitif tres-ele'gant et tres-leger. M. Challe pense qu'il faut reporter la construction de la cathedrale de Sens a une date plus ancienne. G'est avant 1143 qu'elle fut commencee par Henricus Aper , ev^que. Cela est prouve par la chronique de Clarius , qui donne cette annee com me celle ou mourut Henri-le- Sanglier. Ge passage de la chronique de Clarius etait 186 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. ignore, quoiqu'elle eut ete publiee par Duchesne et dans \eRecueil des liistoriens de France; ila fallu qu'on re- trouvdt a la Bibliotheque imperiale un manuscrit ou ce passage omis dans les ouvrages imprimis peut se lire en ces termes : Hie (cpiscopus) incipit renovarc ecclesiam S*. Stephani et in ecclesia majori nova. Le pape Alexandre III consacra 1'autel de St. -Pierre, en 1160. On sait que le choeur de Sens ressemble beaucoup a celui de 1'eglise de Cantorbery, on y retrouve le meme style de transition du roman au golhique ; ce qui ne doit pas Conner puisque 1'architecte de cette cathedrale d'Angleterre fut Guillaume de Sens. M. Challe croit en outre devoir faire remarquer que, dans la tour de plomb accole"e a 1'eglise de Sens et qui fut construite, comme on le sait, par Philippe-Auguste, 1'architecte revint davantage a 1'architecture romane, ce qui aurait pu induire en erreur si on n'avait pas eu de documents ecrits qui prouvent qu'elle est posterieure a 1'eglise d'environ soixante annees; car on sait , par la chronique du moine Godefroid , que Tincendie qui detruisit Teglise eut lieu en 118/u M. Raymond Bordeaux demande qu'on continue a placer eette question sur le programme du Congres , et a la recommander a Tattention des Societe"s archeologiques. 11 signale Teglise ogivale des Andelys qui appartient au Xlir. siecle , dans laquelle il a decouvert dernierement une inscription dont il a pris Pempreinte : son tat iilisible presente un probleme fort curieux. M. de Caumont exprime le desir que M. Parker precise mieux qu'on ne 1'a fait jusqu'ici les caracteres du style Plantagenet. M. Parker r^pondra a cette question dans une pro- chaine seance. CONGRES DES ACADEMIES. 187 M. le comte de Mailly croit qu'il faut expliquer le passage du style roman ci Fogival par la necessite des toils eleves dans notre climat qui a fait 61ever Tare des voutes. M. de Bouis ne peut partager cette opinion , qui ne lui parait pas justifiee par ies toits de nos grands edifices , qui n'avaient pas , a Torigine de I'architecture ogivale , Pele'vation qui leur fut donnee plus tard au XIV e . et au XV e . siecle. M. le comte de Mellet fait observer que Torigine de Pogive a ete traitee bien des fois ; qu'elle n'est pas soumise au Congres en ce moment. M. Parker veut profiler de sa presence au Congres pour parler des deux eglises de'crites par M. 1'abbe Cochet , dans le Bulletin monumental : la premiere a ete rebatie au XIH C . siecle dans le style ogival; la seconde, du XIII*. si&cle aussi , mais un peu moins ancienne , appar- tient au style roman. La discussion sera continuee dans la prochaine seance. Le Secretaire-general 3 DE Bouis. SEANCE DU 20 AVRIL 1857. Pr6sidence de M. Nicias GAILLARD , president ci la Cour de cassation). Siegent au bureau : MM. DE CAUMONT ; BOULATIGNIER ; 1'abb^ LALANNE , directeur du college Stanislas ; D'OZOU- VILLE ; le baron ERNOUF. M.R. BORDEAUX remplit Ies fonctions de secretaire. 188 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. La 26 e . question est mise en discussion. En voici le texte : IN'est-il pas utile que les Societes savantes s'occupent deludes hagiographiques plus qu'elles ne Font fait jus- a qu'ici? Doivent-elles laisser, comme elles le font, avancer ou retarder de plusieurs siecles, la venue des premiers apotres de nos dioceses ? M. de Caumont voudraitque, au moment ou, danstous les de"partements on s'occupe de ces etudes , les Societes savantes intervinssent. M. le comte de Mellet croit que tout le monde doit 6tre d'accord sur Tutilite et Tinteret des etudes hagio- graphiques : les saints ont joue un role eminent dans notre pays ; les uns , comme grands agriculteurs ; les autres , comme e"rudits ou comme orateurs ; d'autres enfin , comme meles aux affaires publiques. Quant au second point de la question , Textreme anti- quite de Tarrivee de ces premiers missionnaires est plus delicate a traiter pour les esprits moderes. Les traditions anciennes meritent Texamen : il en est qui doivent avoir de Tautorite', d'autres qui doivent etre discute"es. II ne taut pas croire que jusqu'au XVII 6 . siecle tout fut sous Feteignoir. Cependant, au XV IP. siecle, on a revise tres- se* verement 1'hisloire de la vie des saints. Nous voudrions pouvoir dire qu'on Fa fait sans prevention ; mais parfois le vent souffle d'un seul cote et alors il faut que toutes les feuilles soient balayees de ce cote-lti , tant Tentraine- ment est grand ! Sans ^tre severe pour certaine ecole , il est bon de reviser ces travaux hypercriliques du XVIP. siecle, et cette tache doit appartenir legitimement a la moitie" du XIX C . siecle, qui sera assurement line epoque de reparation. II est impossible de ne pas tenir compte CONGRES DBS ACADEMIES. 189 du livre si savant de M. rabbe" Faillon , directeur au seminaire St.-Sulpice , les Monuments de L'apostolat de sainte Madeleine; et, dut-on ne pas avoir une convic- tion entiere et garder des doutes , il faut reconnaitre la haute valenr de ce livre e"rudit. M. d'Ozouville , qui a publie sur ce sujet un recueil de lettres adressees au R. P. Piolin, be"nedictin de 1'abbaye de Solesmes (1) , est d'un avis diametralement oppose, Suivant lui, tout Pensemble du volume des Monuments de Provence ne contient, il faut bien Tavouer, qu'une immense illusion. On peut s'etonner , en effet, que les quinze principaux monuments qui servent de base a cet echafaudage soient restes inconnus jusqu'en 1846. Le principal de ces documents, restes inedits jusqu'alors, est une Vie de sainte Madeleine , attribute a Raban Maur, archev^que de Mayence vers 850 , et trouvee a Oxford , en Angleterre. Cette vie n'a d'autre rapport avec Raban Maur que de porter en tete le premier de ses deux noms : Rabanus, De vita B. M. Magdalena ; elle n'a jamais ete comprise dans les ceuvres de Tarcheveque de Mayence. En examinant cette vie, on trouve une foule de points qui permettent de reconnaitre qu'elle a 6t6 ecrite en Angleterre vers le milieu du XV e . siecle, et on y rencontre des passages motives par rheresie contemporaine de Wicleff , sur le culte des images, la confession et Tabso- iution par le prtre. De plus ce manuscrit contient un pa- rallele entre sainte Marie-Madeleine et saint Jean-Baptiste, (1) Origines chrdtiennes de la Gaule; Lettres au R. P. Piolin; vol. in-8., avec supplement, ensemble 328 pages. A Paris, chez Julien et Lanier, rue de Bussy, 4. Prix : h fr. 190 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. parallele Grange, car aucun point de comparaison n'existe enlre ces deux saints personnages. Or, il faut savoir que le college d'Oxford , oil cette tegende a e"te" trouve"e , est de'die' a sainte Madeleine et a saint Jean-Baptiste. De plus, ce college a e" te" fonde vers 1A50 , et c'est precise'ment Tepoque de la calligraphic du manuscrit. Cependant tout d'un coup , sans autorit6 et sans Tautorisation de per- sonne , Tediteur d'une nouvelle edition des Peres dc r&glisc a insere, dans sa collection, sous le nom de Raban Maur, cette vie jusque-Ia ine'dite de sainte Marie- Madeleine. Et voilci cequi explique Fengouement nouveau ; car, comme Fa dit i'honorable preopinant, il est des temps ou le vent se met tout d'un coup a souffler et a balayer du meme cote* les feuilles. Cette fois , ce ne sont pas seule- ment les feuilles qui ont 616 entrainees , mais aussi les arbres les plus forts et les plus verts. Voila comment on est arrive asubstituerTautorite d'un texte apocryphe, soi-di- sant de Raban Maur, a Tautorite admise jusqu'alors de Gregoire de Tours , de tous les autres monuments et de Raban Maur lui-meme , dont le martyrologe fait mourir saint Lazare dans Tile de Ghypre, ou il etait ev6que , et sainte Marie-Madeleine a Jerusalem. Sur le fond de la question , M. d'Ozouville passe en revue d'autres arguments : il rappelle que le premier & avoir contredit Gregoire de Tours et les autres litres de ce cote, est Hilduin, abbe" de St.-Denis. A la fin du VIIl e . siecle et au commencement du IX e . , TEmpire grec re- cherchant Palliance de Charlemagne et ensuite de Louis- le-Debonnaire , le patriarche de Constantinople Tarasius , avait emis Topinion d'une identite* d'origine religieuse entre les deux peuples. En 828, une ambassade celebre apporta en France les ceuvres attribue'es a saint Denis DES ACADEMIES. 191 d'Athenes ou 1'Areopagiste , le declarant le meme que saint Denis de Paris. Le manuscrit fut remis , par les or- dres de Louis-le-Debonnaire, a Fabbe Hilduin, avec invi- tation de rechercher ce qu'il trouverait sur saint Denis. L'abbe , au lieu de s'adresser a Fenseignement public universellement admis , borna ses recherches dans Finte- rieur des archives de son monastere ou de Ffiglise de Paris , et pre"tendit y decouvrir Fidentite des deux saints Denis. Mais il y a long-temps que les preuves alle'gue'es sont reconnues frappe'es de nullite". Quant a Fenseigne- ment public a Fepoque d'Hilduin, M. d'Ozouville invoque Fautorite 'de Freculphe , eveque de Lisieux , eleve de 1'abbaye de Fulda , en Allemagne , et employe dans les affaires de Fambassade grecque de 828; Fre"culphe, ecri- vant une histoire ecciesiastique pour Teducation du prince Charles , depuis Charles-le-Chauve , n'a pas d'autre avis que celui de Gregoire de Tours ; il en est de meme d'Usuard , qui ecrivait son Marlyrologe celebre dans 1'ab- baye de St.-Germain-des-Pres, la precisement ou siege le Congres. Avant Hilduin , sous Louis-le-Debonnaire , on ne parle que d'une lettre de Teglise d'Arles au Saint- Siege , en 450. On y voit la mission de saint Trophime at- tribuee ^ saint Pierre. Mais, sauf ce seul mot, toute cette lettre est conforme a Gregoire de Tours ; et il faut que ce mot soit une interpolation ou bien que le mot de Pierre ne s'y trouve que comme synonyme d'un successeur de saint Pierre. Ce dernier avis est celui qu'embrasse This- torien Fleury , tout partisan qu'il se montre d'une eglise gallicane apostolique. M. d'Ozouville conclut en disant qu'il serait tres-fa- cheux, historiquement et moralement de ceder a Ten- trainement dont nous sommes te"moins, et il pense qu'il 192 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. est Ires-important que les Soctetes savantes insistent a un revirement si subit. M. de Bouis constate avec plaisir que notre poque soit revenue a des e"tudes si graves, nagueres 1'objet d'un ignorant dedain. II proclame Fimportance de Miagiographie comme e" tant evidente, incontestable : elle est en quelque sorte a Tordre du jour ; la Societ6 de 1'Histoire de France , en publiant les Opera minora deGregoirede Tours, et le Marty- rologe romain de Chastelain , re"pond a ce besoin de notre temps. En Normandie , plusieurs de nos ecctesias- tiques instruits se livrent a ces etudes avec ime grande ardeur : on s'attache d'autant plus a ces glorieuses ori- gines de notre e"glise nationale , qu'il ne nous en restera plus que le souvenir. Sans doute , il n'est guere possible que , dans des matieres de ce genre , il n'y ait pas d'er- reurs ; ces erreurs peuvent blesser la verite, mais jamais la conscience de chacun de nous , qui reste libre dans son for inte>ieur d'accepter ou de refuser les opinions diverses. Dans les legendes , meme les plus contes- tables , on trouve des renseignements sur les mceurs , les idees , les pratiques , la liturgie , qui eclairent d'un jour merveilleux beaucoup de questions historiques. Il y a done un interet re"el dans ces Etudes m^prisees , de- daign^es par le siecle precedent ; et nos confreres , par la discussion qui vient d'avoir lieu , me prouvent que les esprits serieux attachent beaucoup de prix a de savants travaux sur ce sujet. M. le comte de Mellet repond que les legendes du bre- viaire romain , dont Torigine est si ancienne , accordent & nos Saints la plus haute antiquite" ; car le br^viaire romain , introduit dans la Gaule sous Charlemagne , CONGAS DBS ACADEMIES. 193 etait recite bien avant le VIII e . siecle, dans le reste de TOccident. M. d'Ozouville repliqtie que jamais Rome n'a entendu prononcer ex cathedra sur ce sujet , elle ne donne a ces legendes qu'une autorite liturgique et non pas historique. Pour rediger le Martyrologc , Rome a consulte les tra- ditions des eglises ; c'est ce qui est arrive dernierement a Limoges lorsqu'on a revise la liturgie 9 ainsi qu'on peut le voir dans le Memoire de M. 1'abbe Arbellot sur Tapos- tolat de saint Martial. En laissant dans le breviaire que saint Martial fut envoye par les apotres , Rome n'a pas dit que cela fut de"montre historiquement , encore bien moins que Ton fut oblige d'y croire , mais seulement que telle est la tradition de 1'eglise de Limoges. Rome a trouve cette eglise en possession des honneurs apostoliques , et elle ne veut pas les lui oter. Mais , d'apres le pape saint Sozime , saint Trophime d' Aries est le premier e"v6que arrive en Gaule , et ce fut de ia ville d' Aries que les sources duchristianisme se repandirent ensuite sur toutes les Gaules. C'est unenseignement historique que tons les documents des neuf premiers siecles viennent corro- borer. M. Tabbe" Lalanne ne demande pas la parole pour pro- longer la discussion , il veut seulement dire avec quel intert il a entendu un entretien si savant. II abordera seulement le point de savoir s'il convient que les So- ciete"s savantes discutent ces questions. La verite ne peut que gagner etre examinee , pourvu qu'elle le soit de bonne foi. Ces questions ne sont pas neuves ; il y a long- temps deja qu'on a aborde cesmatieres. On trouve dans VHistoire de r&ylise gallicane du P. de Longueval, une dissertation sp^ciale sur rantiquite' des eglises; or, 9 19Zl INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. if admet , comme remontant aux temps apostoliques , qu'un petit nombre d'eveches. A ce sujet, M. Gadebled resume en ces termes la bi- bliographic des principales sources hagiographiques : Les sources ou Ton peut puiser 1'histoire des saints semblent etre de trois sortes : 1. Les monuments mate'riels : statues , figures , effi- gies et inscriptions, qui ont ete conservees, ou qui se retrouvent , et qui ont quelque rapport avec la vie des premiers apotres connus. On sait que deux publications importantes : celle des Gatacombcs de Rome et des Inscriptions chreticnnes de la Gaule , de M. E. Leblant, sont en voie d'exe"cution , sous les auspices du gouvernement frangais. Elles se- ront, sans nul doute, de quelque interet pour 1'hagiogra- phie. 2. Les manuscrits. Le nombre en est grand , et il est douteux que , desormais, on en rencontre beaucoup qui de*ja n'aient pas ete publics. 3. Les livres imprimes. Depuis Torigine de rimpri- merie , plusieurs grandes publications conlenant des Vies des saints ont etc" re"pandues. Le plus fameux de ces livres est celui de Voragine, connu sous le tilre de Lcgcnda aurea , ceuvre du XV e . siecle , pendant le cours duquel il n'a pas eu moins de70 editions ; c'est, clu reste, un travail un peu mythologique dans lequel Thistoire est quelquefois en deTaut. Mais Touvrage le plus impor- tant de ce genre est celui qu'a public Boninus Mon- britius , sous le titre de Vie des Saints. Ge recueil, imprime' a Milan , vers 1480 , d'apres des manuscrits extraits des archives de St. -Jean de Latran , offre les caracteres d'authenticite les plus recommandables. Cit6 CONGRES DES ACADEMIES. 195 frequemment jusque dans le milieu du XVIP. siecle , il semble avoir ete injustement un pen oublie. II est vrai que le Sanctuarium de Monbrilius est devenu tres- rare. Nous possedons encore un ouvrage de meme nature, le Speculum hisloriale, de Vincent de Beauvais , tant de fois reimprime', quoique tres-volumineux. Ce travail est conforme a celui de Boninus Monbritius , et merite de fixer Tattention. D. Chifflet , dans un de^ses opuscules , a traite des saints primitifs de la Gaule , mais en termes concis , n'en ay ant rapport^ que ce qui lui paraissait etre vrai au point de vue de Miistoire. M. d;0zouville rappelle que Tertullien , parlant de la destruction de Pompei arrivee en 79, remarquait alors qu'il n'y avait pas de Chretiens en Campanie ; et cepen- dant Pompei etait aux portes de Rome, M. Tabbe Lalanne replique que saint Ir^n^e deLyon, au Il e . siecle , indique qu'avant lui il y avait des Chretiens dans les Gaules. M. Tabbe Brullee , chanoine de Sens , objecte a son tour que Tertullien , au IP. siecle , parle des eglises re- pandues dans les Gaules. M. d'Ozouville entre dans des details speciaux et des applications a differenls etches. M. Tabbe Lalanne remercie M. d'Ozouville de sa sa- vante dissertation : son erudition a vivement interesse , et M. Tabbe Lalanne declare que son sentiment differe tres-peu de Topinion de M. d'Ozouville. M. le comte de Mellet voudrait qu'en formulant la question on s'en tint a la premiere partie, ainsi con^ue : 196 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. IN'est-il pasutile que les Societes savantes s'occupent deludes hagiographiques plus qu'elles ne Font fait jus- qu'ici ? Faut-il admettre la seconde partie : Doivent-elles laisser , com me elles le font , avancer ou relarder de plusieurs socles , selon le bon plaisir de tels et tels , la venue des premiers apotres de nos dioceses? M. de Caumont, qui se declare 1'auteur de cette question, en demande le maintien : il Fa pose"e , a la demande d'un grand nombre de personnes qui avaient envoye diverses formules quMl a fondues ensemble : Sur la proposition de M. Boulatignier, les mots scion le bon plaisir de tels et tels sont seuls supprimes. L'un des Secretaire s-generaux , Raymond BORDEAUX. A Pouverture de la seance suivante (du mardi 21 avril), M. Bizeul a donne communication au Congres de la note suivante , qui resume son opinion sur cette question de la predication du christianisme dans les Gaules : 11 me semble qu'on s'est un peu jete" en-dehors de la question. II ne s'agit point d'elever des doutes sur Texis- tence d'aucun saint ; personne ici ne me parail etre dans i'intention de devenir un de"nicheur de saints , comme le docteur Launoy au XV IP. siecle ; et bien moins encore, Dieu merci, de se produire comme sectateur de la philoso- phic incre'dule du XVIII 6 . siecle : je ne vois parmi nous que des gens pleins de respect non-seulement pour la religion CONG RES DES ACADEMIES. 197 mais encore pour les ve'nerables personnages que FEglise a canonises. Les saints sont done ici tout-a-fait hors de cause. Ge qu'on recherche, c'est Tepoque a laquelle quelques- uns d'eux sont venus apporter le christianisme dans la Gaule , 1'y faire fleurir et y former des agregations reli- gieuses, devenues plus tard ces eveches dont la Notice des provinces nous a conserve les noms primitifs , et dont la plupart existent encore aujourd'hui. On a, certes , pendant long-temps cru qu'un assez grand nombre de ces pieux missionnaires avaient ete envoyes des le temps des apolres. Chaque eglise aimait a rivaliser d'antiquite et ne se faisai t pas faute, pour y parvenir, d'invo- quer des legendes plus ou moins authentiques ; il en a 6te ainsi dans Thistoire civile, qui, sous la plume de Tite-Live etde Justin comme sous celledeschroniqueurs dumoyen- age , a envelopp6 les premieres origines des peuples dans une accumulation de faits peu surs et d'epoques fabuleuses. Les savants les plus renomme's des XV e . et XVP. siecles ont accepte tout cela , sans la moindre repugnance. La critique historique n'etait pas nee encore. Mais , avec le XVIP. siecle, sont venus les grands et beaux travaux des congregations savantes. Les Bene'dictins et surtout les Bollandistes ont jeteune eclatante lumiere sur la question qui nous occupe. Us ont jug avec une juste se'verite ces legendes pleines d'anachronismes, ceuvres pour la plu- part des Xl e . et XII e . siecles et donnees en composition a de jeunes religieux. G'etait le roman d'alors. Cette saine critique s'est egaree dansle XVIII 6 . siecle. Ge genre d'etude a disparu a peu pres, sous leregne tyrannique des opinions philosophiques , et en presence de la triste 198 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. frivolit^ de Fe'poque. Aujourd'hui qu'une reaction con- traire s'est manifested , aujourd'hui que la m^thode et les recherches historiques sont loyales et consciencieuses , ne pouvons-nous done pas reprendre le theme des Bollan- distes et discuter le plus ou le moins de probabilite que presente, sous le rapport des e'poques, la mission sainte des apotres de la Gaule ; appr^cier ces traditions fort anciennes sans doute, mais qu'on peut, sans here'sie, combattre et ne pas admettre ? Gette elude se lie a une autre grande etude , celle de Thistoire de la Gaule aux IV e . , V e . et VI*. siecles. Quelques bons esprits Pont ebauche'e , en traitant de I'etablissementde la monarchie francaise. Chacun de nous ne peut-il pas essayer d'en eclaircir quelque partie ? 11 est une chose qui m'a frappe dans la discussion , et que je crois devoir signaler ici , c'est qu'en parlant de 1'importation de la religion chretienne dans la Gaule, on comprend toujours la Gaule dans son integralite. C'est une faute grave, a mon avis. II me semble impossible que cette importation ait 6te faite a une meme &poque. 11 est sensible que les premieres predications , les pre- miers etablissements serieux, doivent avoir eu lieu dans cette lisiere bordant Pltalie, dans cette Gaule narbon- naise , deja romaine bien avant la conquete ; a Aries , a Lyon , a Autun , dans toute cette partie allant de la Mediterranee aux bords du Rhin ; dans cette partie de la Gaule que les historiens remains ont seule connue , dont ils ont uniquement parle, tandis qu'ils ont garde le silence le plus complet sur tout le reste. Or, ce reste se composait de tout TOuest de la Gaule, de ce que la Notice de I'Empire nomine le Tractus Armoricanus , forme" de deux des Aquitaines , de deux des Lyonnaises et CONGRES DES ACADEMIES. 199 de la Se"nonie ; je pourrais meme y ajouter le Tractus Nervicanus, oula premiere Belgique. Comment saurions-nous quelque chose de tout ce pays , sous le rapport de Introduction du christianisme au I er . siecle de notre ere , quand nous ignorons completement ce qui s'y est passe" sous le rapport poll- tique? Re'duits a raisonner par induction, comment croire que ce vaste territoire occidental avait ds-lors des apotres, des eveques, enfin deseglises fondees, quand les premiers martyrs de la Gaule ne remontent qu'a Fan 177 ? II faut avouer que, si les partisans d'un apostolat rela- tivement plus moderne n'ont pas une somme bien com- plete de preuves , les plus sages inductions sont ve'rita- blement pour eux; tandis que leurs adversaires ont a peine a presenter des traditions que la moindre critique fait disparaitre , ainsi que Fa si bien prouve , dans la derniere se'ance , le savant M. d'Ozouville. Dans une pareille question, les eludes doivent etre larges. II faut montrer le fort comme le faible et ne rien dissimuler; il faut , s'il est possible , debarrasser la ma- tiere de tous ses nuages et nous efforcer de l^lever au rang de theme v6ritablement historique ; il faut qu'on voie bien clairement que tous nos efforts ont tendu a la recherche de la v^rite , si nous ne voulons pas que nos travaux soient juge"s avec un dedain, souvent fort igno- rant , par ceux qui sont hostiles a tout ce qui a rapport a la Religion , jc'est-a-dire par nos vrais adversaires a tous. 200 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. SEANCE DU 21 AVRIL. (PrSsidence de M. le cointe DB MAILLY. ) Le bureau est compose de MM. BOURJOT SAINT-HJLAIRE, BOULATIGNIER , DE CAUMONT , directeUF ; A. DE BURE. Le proems-verbal de la precedente seance est lu etadopt6. M. le Directeur annonce que I'ordre du jour appelle la discussion des questions 27, 28, 29 et 30 du programme, relatives Thistoire de Tagriculture. II pense qu'il importe beaucoup que les Societes sa- vantes, a Texemple de laSoctet6 d'agriculture, sciences et arts de 1'Eure , s'occupent & provoquer des recherches et des travaux sur Petal de ragriculture et des agricul- teurs au moyen-age , de manure a faire connaitre les precedes de culture, les plantes cultivees, le prix des terres , celui des fermages , la disposition des bailments , granges, ecuries et autres pieces, destines Texploitation rurale , en mme temps que leur construction. II faut aussi recueillir tout ce qu'on pourra sur les anciens in- struments aratoires et les outils. On a dj dans les plans des abbayes de bonnes indications , qui peuvent servir de point de depart. Le plan de Tabbaye de St.-Gall a 6t6 public en Angleterre avec d'excellents commentaires , il fournit deja de pr^cieux renseignements ; un autre ou- vrage excellent a signaler sur ces Etudes est celui de M. L. Delisle , couronne d'abord par la Societe libre de TEure , puis par TAcademie des inscriptions , qui appellera bientot , sans aucun doute , Tauteur & steger dans son sein. Depuis lors , ajoute M. de Caumont , M. Delisle a continue & completer ses documents. Le car- CONGRES DES ACADEMIES. 201 lulaire de St. -Vigor de Bayenx lui a permis de fixer, d'une facon assez positive, le prix des fermages dans cette portion de la France au XIII 6 . siecle. Beaucoup de rou- leaux de comptes, jusqu'a ce jour restes inexplores dans nos archives, ameneront, sans aucun doute, a des conclusions solides ceux qui pourront se livrer a ces etudes. M. le comte de Mailly ajoute aux documents signales par M. de Caumont, qu'on trouvera des renseignements tres- precis dans les anciens aveux et dans un livre fort ancien , intitule : De la propriete des choses. M. Gadebled pense que M. L. Delisle, dans son savant ouvrage sur Vtitat de I' 'agriculture au moyen-dgc , en Normandie , s'est trop inspire des documents fournis par les cartulaires des abbayes ; il aurait desire qu'a ceux-ci 11 en eut adjoint d'autres , tires des archives civiles , c'est ainsi,par exemple, qu'ii eut trouve, dans cette salle basse et humide , qui est une veritable cave , dans les archives du Palais-de- Justice de Rouen, si riches et si heureusement conservees jusqu'a nous , une collection de plus de 12,000 volumes des actes des tabellions et des notaires , depuis le temps de Philippe-le-Bel jusqu'a la Revolution. Les savants qui voudront ecrire sur Thistoire de Fagriculture au moyen-age , doivent certainement ne pas negliger une source aussi abondante de renseigne- ments. Il rappelle que le livre De la propriety des choses est du a un moine savant du XIV C . siecle, nomme Bartholomew de Brambella, et que la singuliere tra- duction de son titre : De proprietale rerum, qui fut adoptee , Pa fait nommer le proprietaire des choses. M. Boulatignier fait remarquer que , dans la maniere dont on avail con^u jusqu'a notre temps Thistoire natio- 202 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. nale, beaucoup de matures se trouvaientcomme englobees dans line histoire toite d'une facon trop generate. II faut revenir a des Etudes plus spe"ciales sur des matures trop ne"glige"es, comrae celle de 1'histoire de Tagriculture. II y a des e"poques ou les documents manquent, et il faut bien se garder de tomber dans cette dangereuse pratique de quelques ecrivains , signalee par M. Daunou , qui sont d'autant plus affirmatifs qu'il y a moins de preuves et qui commencent a douter lorsque le nombre des monuments ecrits leur permettrait d'asseoir leurs jugements. II y a done un interet reel a poursuivre 1'exploration des sources. M. deLonguemar et M. Tabb6 Barbier de Montault, de Poitiers, n'ayant pu assister au Congres, ont envoye des notes fort etendues, sur les travaux agricoles au moyen-age, dont les zodiaques nous ont transmis les diverses e"poques. M. le Secretaire donne lecture de ces deux travaux qui repondent a la 29*. question du programme. M. Paquere"e fait remarquerquel'examen des zodiaques pourrait faire croire que Tordre des saisons a change"; cependant, si Ton veut bien se souvenir qu'il y a des annees ou Ton vendange exceptionnellement en septembre, quoi- que cela arrive plus ordinairement en octobre, on pourra penser que les artistes qui ont sculpt6 on peint les zo- diaques , e"taient libres de choisir une des deux epoques. II faut ajouter d'ailleurs que les artisans macons ou les moines dessinateurs des maouscrits , qui en sont les auteurs, voyageaient; qu'ils ont pu adopter pour la representation du Zodiaque, celle qui etait adoptee dans leur province et porter dans le Nord celle du Midi , et re"ciproquement. II termine enfin par cette consideration CONGRES DES ACADEMIES. 20S que les agriculteurs, meme & peu de distance les uns des autres , ont pu avoir des methodes differentes : ainsi, pres de Bordeaux, on taille la vigne en octobre, tandis qu'a dix kilometres de la , dans la Dordogne , on la taille en mars, Ilien done ne lui semble prouver le changement des saisons. M. Sellier appnie 1'observation tire*e des deux epoques pour le provignage qui se retrouve en Champagne. M. de Caumont insiste sur les connaissances utiles, pour la forme et la nature des instruments d'agriculture, qu'on peut obtenir par les representations de ces zodia- ques. Les charrues , les herses , les rouleaux , les serpes , les faux , les faucilles, s'y retrouvent avec les formes que nous voyons autour de nous. La seance est levee a cinq lieu res. Lc Secretaire, DE Bouis. STANCE DE CLOTURE DU 22 AVKIL. ( Pr^sidence de M. DE KBBIDEG. ) MM. ROSSEY , le comte VAN DER STRATEN-PONTHOZ et le vicomte DE CUSSY composent le bureau. M. Raymond BORDEAUX remplit les fonctions de secre- taire. Aucune discussion ne s'est (ilevee sur Ia30 e . question, qui etait ainsi congue : Les Societes d'agriculture ne doivent-elles pas re- 20/j INSTITUT DBS PROVINCES DE PRANCE. cueillir toutes les traditions relatives aux anciens pro- code's de culture ; les pratiques qui vont cesser , les meubles qui vont disparaitre, ne meritent-ils pas qu'on en conserve le souvenir? Ne sont-ce pas la des elements precieux pour 1'histoire de ragriculture ? On donne lecture de la 31 e . question, ainsi concue : Quelle est la puissance des Socie'tes savantes pour la production et Telaboration d'ceuvres serieuses ? Dans quels cas la sup6riorite' des travaux collectifs se ren- contre-t-elle ? Quand et comment la division du tra- it vail est-elle possible et necessaire ? L'association est- elle possible pour les monographies , etc. ? Cette question ne donne d'abord lieu a aucune obser- vation , plusieurs exemplaires du programme ne la portant pas a son rang d'ordre. Cependant la question ayant etc* relue , M. Sellier a formule son opinion en ces termes : II est difficile que le meme homme, a moins d'etre une rare exception , elabore seul une O3uvre qui suppose tout a la fois des connaissances scientifiques ou litteraires tres-diverses. Lorsqifil s'agira done d'une ceuvre de cette nature, la raise en commun des travaux des capacites de diverses sortes qui se rencontrent dans les Socie'tes sa- vantes , pourra presenter de grands avantages ; il n'en serait pas de meme s'il s^agissait de la confection d'un ouvrage qui dut conserve! 1 , par son unite , le cachet de son auteur. L'association serait encore utile pour les mo- nographies , surtout celles qui s'appliquent aux monu- ments , car elles doivent comprendre , avec la partie historique , la description detailtee de Tedifice , celle des objets d'artqui s'y rencontrent etla reproduction du lout par le dessin, Chacune de ces parties du travail pourrait, CONGRES DES ACADEMIES. 205 on le con^oit, 6tre confiee a aulant de spe"cialites diffe"- rentes , et 1'ensemble ne pourrait qu'en profiler. M. Bordeaux croit qu'en fait on suppose aux Socie"te"s savantes une puissance d'elaboration beaucoup plus grande que celle que ces Compagnies possedent re"elle- ment. Trop souvenl , dans le sein meme du Congres , quand une question parait difficile et lourde a traiter , un bon nombre de voix sont d'avis de la renvoyer aux Societes savantes des departements. Cependant ces so- cie'te's menent tres-rarement h bonne fin des travaux se*- rieux et de longue haleine : la plupart sont encombre'es d'une foule de membres inertes et impropres ci tout la- beur soigne. Ceux meme qui agissent manquent souvent de perseverance, et ne travaillent que par veine et pour charmer quelques loisirs passagers. Le recrutement de ces compagnies est d'ailleurs parfois difficile, et on se trouve force' d'admettre dans certaines societes des ^gens peu letlres, et dont le role est tout simplement celuid'un abonne. Les premieres academies provinciales , form^es au siecle dernier, etaient autrement difficiles sur les ad- missions, et le titre d'academicien , meme en province , avait sa valeur. Aujourd'hui , un bon nombre de societes sont des especes de cercles ou Ton est regu pour son argent. C'est meme un heureux hasard quand ces associes su- perflus veulent bien garder un silence modeste ; car , trop souvent , ils contribuent a grossir les collections gene*ralement encombrantes, de poesies incolores, de dis- cours verbeux , et de rapports sans portee. Les Societes savantes produisent, chaque annee , des monceaux de volumes qui vont s'entasser dans les greniers des biblio- theques , et ou les bons memoires sont vraiment noyes 206 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. dans le p61e-mle des articles de remplissage. Ti op de socie'te's tiennent absolument a faire paraitre re"guliere- ment un volume. Mais ces travaux sont rarement collectifs. Les travaux collectifs sont en general Toeuvre de commissions , les- quelles ne font rien , ou produisent ces rapports indigestes dont je parlais tout a 1'heure. Comment faire un travail collectif dans certaines villes ou chaque spe'cialite' compte souvent a peine un seul adepte ? S'agit-il de faire de 1'ar- cheologie ? comment entreprendre une oeuvre collective si vous n'avez qu'un archeologue ? Si vous en aviez deux , encore faudrait-il qu'ils s'entendissent. II arrive alors ce que j'ai vu : on compose une commission d'agriculture avec un fermier , un poete , un receveur d'enregistre- trement , un mathematicien et un notaire. Ou bien on donne a juger une question scabreuse d'archeologie a un groupe de membres dans lequel on fait entrer, par exemple, un ou deux employes quelconques, un journa- liste , un instituteur , un horticulteur , un inge*nieur et deux ou trois plaisants bien decides a rire de l'arche"o- logie el de ceux de leurs confreres qui croient en faire serieusement Les beaux resultats que Ton obtient alors! Cependant cet e*tat dechoses, trop general dans laplupart des villes, est facheux. Certains travaux, par leur e'tendue, par leur caractere complexe , s(5nt au-dessns des forces d'un seulhomme. Comment menera bien, par exemple, la flore d'une contre'e sans collaborateurs ? Combien serait-il profitable de voir unir des specialite's diverses a Paccom- plissement d'un meme but ? Voici une cathe"drale a dtoire : qui osera tout seul en entreprendre Tetude ? qui se de*ci- dera a depenser plusieurs ann^es de sa vie a exe'cuter une CONGRES DES ACADEMIES. 207 monographic qui procurerait peu de gloire ? Mais si Tar- cheologue, promoteur et directeur de 1'ceuvre, avail, pour le seconder, des collaborateurs ze'le's; si, tandis qu'il re"dige le texte, un paleographe scrutait les ar- chives ; si un architecte levait les plans , dessinait les coupes, tracait les profils , cotait les dimensions ; si un ou plusieurs dessinateurs amis faisaient les dessins d' en- semble , les vues , les interieurs ; si un autre photogra- phiait les statues ; si , la besogne se partageant de plus en plus , on trouvait un homme de bonne volonte" pour calquer les vitraux , un second pour estamper les pierres tombales , un troisieme pour mouler les derails delicats : n'esMl pas Evident que Ton e"leverait , comme par en- chantement et en quelque sorte sans effort , un monu- ment a 1'art et a 1'histoire? Mais , supposez qu'une meme ville recele assez d'hommes instruits qui s'entendent pour mener a bonne fin une pareille ceuvre , Tediteur manquera, et cependant c'est un des services que peuvent rendre les Socle* tes savantes , que de publier des ouvrages au-dessus des ressources de simples parti- culiers. M. le marquis de Menilglaise ne croit pas que Ton puisse trouver de formule ni de principe pour servir de r^ponse et de solution a la question. La question est une question de fait, sans conclusion rigoureuse : tout se re"duit a dire qu'il faut obeir aux circonstances. Quand quelqu'un peut faire le travail tout seul , qu'il le fasse , sinon que Ton se groupe. On passe a Texamen des questions 32, 33, 34 , 35 f 36 et 37 , ainsi con^ues : Quels principes orthographiques doivent tre sui* 208 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. u vis dans la publication des anciens manuscrits ? Faul-il pousser I'exactitude jnsqu'a proscrire la ponc- tuation, les accents et Tusage des capitales ? Quelles regies convient-il d'adopter dans la reim- pression des anciens documents et des anciens auteurs Doit-on , lorsque d'ailleurs on conserve la vieille or- thographe, introduire la distinction actuelle entre les I , les J , les U et les V ? Jusqu'a quel point faut-il res- u pecter les fantaisies orthographiques introduites a la fin du XVIIP. siecle par quelques imprimeurs, telles que la multiplication des lettres capitales , la suppression des lettres doubles , etc. ? Pour preciser ces regies , ne doit-on pas distinguer le cas ou il s'agit de la reproduction integrate d'un ancien ecrivain , et celui ou il s'agit de citations in- corpore*es dans un ouvrage moderne ? Determiner les principes a suivre pour la reproduc- tion des inscriptions , des lettres et documents auto- graphes, des manuscrits ecrits avecsoin , des impres- sions rares et la publication des simples archives, ou la reimpression d'ouvrages courants et sans physio- f nomie typographique. N'est-il pas urgent d'adopter, en cette maliere, un systeme raisonne en presence de la bigarrure et des errements contradictoires suivis , dans la plupart des publications faites par les Socie'tes des de"par- tements ? La redaction d'un Manuel ou les divers systemes or- thographiques francais seraient classes par e"poques ; ou les regies typographiques des divers siecles seraient formulees , ne serait-elle pas utile pour les editeurs et les imprimeurs ? CONURES DBS ACADEMIES. 209 M. Bordeaux ouvre la discussion en ces termes : J'ai propose a M. de Caumont la position de ces ques- tions sur notre programme , a cause de Tembarras que Ton eprouve lorsqu'on a a faire imprimer des textes an- ciens. J'ai eprouve moi-meme cet embarras et je me suis trouve dans une grande perplexite en presence des me'thodes contradictoires et des usages tres-differents des imprimeries auxquelles j'ai eu affaire, 11 m'a semble que le Congres ferait bien de tracer quelques regies pour servir de guide en cette matiere , ou Ton est livre' a toutes les variations des protes et des correcteurs. M. Sellier formule ainsi son opinion : La 32 e . question s'applique aux anciens manuscrits ; c'est-a-dire , a des ouvrages qui n'ont pas encore vu le jour. Ces ouvrages peuvent etre publics dans deux buts differents : ou Ton veut en faire Tobjet d'une lecture que j'appellerai courante, par exemple , s'il s'agit de manu- scrits contenant, soit des documents historiques, soit des memoires qui peuvent interesser le public ; ou bien la publication de ces manuscrits ne s'adresse qu'a un petit nombre d'hommes eminents, comme une sorte de curio- site" litteraire, scientifique ou artistique. Dans le premier cas , c'est Torthographe courante quMl faut adopter, avec la ponctuation et les accents actuelle- ment en usage ; dans le second , il faudra se conformer exactement a Torthographe de Tauteur , et supprimer comme lui , la ponctuation , les accents , Tusage des capitales , et m&me employer les 1 pour les J et les V pour les U. Quant a la re'impression des anciens documents et des anciens auteurs , la meme distinction semble devoir tre etablie, 210 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Les fantaisies orthographiques de la fin du XVIII 6 . siecle doivent, & mon avis , tee complement proscrites, car elles n'ont aucune raison d'etre. La tentative faite a cette epoque , par les imprimeurs qui les ont introduites , est rested sans r^sultat a cause de la bizarrerie qui avait preside a cette innovation et qui a 6t6 ainsi condamne"e par Texperience. S'il s'agit de citations d'ouvrages anciens incorpor^es dans un ouvrage moderne, Torthographe anctenne devra etre conserved , parce qne ces citations 6tant ne- cessairement assez courtes , la lecture n'en sera pas p^nible , et qu'elles ressortiront mieux , suivant le de"sir de Tauteur , au milieu de Touvrage dans lequel il les aura recueillies. 35 e . question. Cette question ne semble presenter au- cune difficult^. Il faudra , suivant moi , suivre Portho- graphe ancienne pour les inscriptions , les lettres et les documents autographes , les manuscrits Merits avec soin et les impressions jares. Les inscriptions devront etre re- produites exactement , avec les caracteres qui les com- posent, et meme avec la ponctuation qui se trouve entre chacun des mots, si c'est ainsi qu'elle a 6te ^tablie. Quant aux autres publications mentionnees dans la question , il faudra suivre Torthographe actuelle. Sur la 36 e . question , je suis d'avis que 1'urgence si- gnalee existe , et que le Congres rendra a la bibliogra- phie un eminent service en excitant les Societe"s sa- vantes a adopter une marche uniforme. Le Manuel dont parle la 37. question serait d'une utilite" evidente , et il est a souhaiter que le Congres en patronne la redaction. M. Raymond Bordeaux, notre col- Ifcgue , Fun des secr^taires-g6n6raux du Congres , au- CONGRES DES ACADEMIES. 211 teur de cette partie du programme , sera sans doute invite a s'en charger. M. Gosse a ete specialement charg^, par la Soctete d'histoire de Geneve 5 d'appuyer sur Tutilite pratique de cette question d'orthographe et de typographic historique. HISTOIRE DE LA RELIURE DES LIVRES. La discussion des 38 C . et 39 C . questions , relatives a la reliure des livres , a rempli le surplus de la seance. Voici en quels termes le programme formulait ces questions : L'art de relier les livres interesse les bibliophiles. Les reliures executes pour certains amateurs fameux, tels que Grolier, au XVP. si&cle, le comte d'Hoym, etc., sont justement recherchees. Faire connaitre chronolo- giquement les diverses epoques de cet art, les noms des principaux amateurs , des artistes les plus reputes, des graveurs qui ont dessine et execute des fers et des ornements. Faire connaitre les collections les plus re- marquables sous ce rapport, qui existent en pro- vince. A notre poque tres-peu d'ouvriers , surtout en pro- vince, savent executer des reliures pouvant satisfaire des gens de gout. Comment relever cet art , principa- lement dans les d^partements ? M. Bordeaux croit que les Socite*s savantes des depar- tements pourraient trouver, dans ces questions, un aliment nouveau pour reveiller leurs seances. Le c6t6 artistique de la bibliomanie est trop neglige en province. Cependant certaines reliures anciennes sont de veritables monuments, et les gens de gout doivent quelqu'estime aux curieuses reliures en bois du XV e . siecle , aux orne- 212 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. ments gaufre's des reliures semi-gothiques du commen- cement du XVI* siecle et des reliures de la Suisse alle- mande. L'histoire de la reliure au moyen-&ge serait longue a faire. Frere Herman , habile relieur de manuscrits , venu en Angleterre lors de la conquete, devint e"v6que de Salisbury. On dit que Temploi du maroquin fut imagine" par le roi de Hongrie Malhias Corvin, bibliophile enrage", dont les volumes sont estampe's de sa devise , un corbeau tenant dans son bee un anncau $or. II parait que la bibliotheque impe'riale de Vienne possede encore environ 300 volumes de sa collection. Plusieurs statues de la cathedrale de Chartres tienneut des livres representant de riches reliures du XIII 6 . siecle. Au Louvre , la statue couche'e du prince de Carpi , ou- vrage de bronze de Paul Ponce Trebati , tient a la main un livre figure avec une reliure de la renaissance d'un beau dessin. Le gout exquis des dessinateurs de la renaissance se retrouve dans les compartiments inge'nieux executes sur le plat des livres, sous Henri II et Henri III. Vigneul- Marville raconte que Tambassadeur Grolier dessinait lui- meme les combinaisons de filets et d'arabesques elegam- ment trace'essur ses volumes. Les reliures de Le Gascon, de Maioli et de Dusseuil sont encore des chefs-d'oeuvre , et il n'est rien de plus splendide pour orner une biblio- theque que les beaux volumes , tout seme's de fleurs-de- lis , donnas en prix dans les colleges des Jesuites, sous Louis XIII et Louis XIV. Les reliures jansenistes con- trastent, par la sombre couleur de leur dos en veau brun, avec les luisanles enveloppes des volumes relic's en velin CONGRES DES ACADEMIES. 213 blanc par les libraires hollandais et allemands. Ces re- liures blanches , qui craignent peu les vers et 1'humidite' , sont devenues le modele dont Bradel s'est servi , deux cents ans plus tard, pour inventer ses cartonnages. Chez les libraires de Leyde, de Rotterdam et de la Haye, le velin reste sans dorures ; en Italie , au contraire , ou la mode des reliures blanches est aussi fort accredited, des fers varies viennent rehausser le parchemin. Le velin corde donne bonne mine a un livre d'erudition. Mais le maroquin du Levant rivalise, sous Louis XIV et Louis XV, avec le veau fauve dont la blonde couleur fait si bien va- loir les grands ecussons armories , frappes en or, sur le plat des volumes. Le maroquin Lavalliere , avec sa nuance effaced et ses tons gris-poussiere , apparait a son tour , precurseur des reliures en veau-ecaille , a la mode aux approches de la Revolution. L'artdu doreur s'exerce sur les almanachs royaux et sur les semaines-saintes des- tinees aux gens de la Cour. Mais ces dorures sont souvent lourdes et confuses, et bien loin de l^legance des dorures a mille points et a petits fers. Certains volumes de prix sont revetus de chagrin, c'est-a-dire de la peau rugueuse et solide du chien de mer. Cependant son grain offense les mains dedicates qui lui preferent le maroquin ecrase. Les reliures mollcs figurent au nombre des reliures singulieres. Voici des gardes de toutes sortes, en maroquin , en tabis , en moire et en soie plus legere ; en voiei en papier dore , marbre , onde" , veine* de loutes manieres. Le papier peigne rivalise avec le papier tourniquet sur la garde des in-A. et des in-12. Des ex-libris fmement grave's et ornes d'armoiries, sont colles par les riches amateurs , sur la garde ainsi decoree. Jusqu'au milieu du XVII e . siecle, la garde 21/1 1NSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. e"tait loujours blanche (1) ; au XVIII 6 . on la couvre d'enjolivernents , on la polit au fer, on 1'entoure d'une large denlelle doree h petits fers. Tous les livres ont de"- sormais au dos une Etiquette ou piece, en maroquin rouge ou vert , tranchant avec les nerfs. Le veau marbre' et le veau granit se partagent les reliures courantes. La tranche elle-meme , gaufree , cisele"e , antiquec & la re- naissance, est tant6t rouge, tantot dore"e. La dorure a un reflet verdatre jusqu'au milieu du XVII 6 . siecle ; plus tard on 1'applique sur une assiette a la sanguine , appret orange* qui lui donne un ton plus chaud. Sou- vent encore la tranche a e*t6 marbree avant de recevoir Tor , et les marbrures apparaissent sous un certain jour. Dusseuil , Padeloup (2) , Derome , Bozerian , Koehler , Duru , Thompson , Nie"dree , Thouvenin , Simier , Beau- zonnet , Cape" , Petit , voila des noms de relieurs de di- verses epoques , dont les ouvrages enflamment la passion des amateurs. Boyet, Ginain , Anguerrand, Purgold , (1) Tallemant des R&mx, dans ses Hisioriettes , parlant de la Guirlande de Julie, ce manuscrit offert 5 Julie d'Angennes et qui 6lait c^crit de la main du fameux Nicolas Jarry, dit qu'il avail 616 relie le plus galamment du monde. II en d^cril ainsi la reiiure : Le livre est tout couvert des chiffres de mademoiselle de Rambouillet. II est reli6 en maroquin du Levant des deux cdt6s, au lieu qu'aux aulres livres, il y a du papier marbrg seulement. 11 y a une fausse couverture de frangipane... (2) L'usage de signer les reliures est assez re"cent. Padeloup niettait quelquefois a I'int6rieur des siennes une etiquette grav6e, ainsi concue : Relidpar PADELOUP lejeune, place Sor- bonne, a Paris. Les reliures ainsi sign6es de Padeloup sent recherchees a cause de leur raret6. CONGRES DBS ACADEMIES. 215 Lortic , Lefebvre , Ottmann-Duplanil , Vogel , le soi- gneux Courteval , Ducastin , Biziaux , Gruel , Gloss , Hardy , figurent aussi au rang des bons artistes. Plusieurs relieurs anglais sont egalement fameux. On cite surtout parmi eux Robert Payne , qui commence a travailler vers 1766 , et dont les reliures sont d'un gout et d'une e*le"gance incomparables. II appelait maroquin a (a venitienne, un certain maroquin olivatre qu'il employait pour ses reliures aristocratiques. II restau- rait admirablement les livres gothiques. Un livre sorti de son atelier a un cachet qui le fait reconnaitre entre mille. II y a des reliures anciennes , d'ouvriers inconnus , qui sont de vrais chefs-d'oeuvre. Mais aujourd'hui, en pro- vince, la plupart des relieurs ne sontque de vulgaires ma- noeuvres (1). Beaucoup de bibliothecaires et de soi-disant amateurs font preuve du gout leplus deprave , en faisant habiller a la moderne des livres nagueres revetus de pre"- cieuses reliures originales. Ces gens-la traitent les livres comme certains proprietaries traitent leurs maisons ou leurs chateaux , en faisant couvrir de pldtre des facades pr^cieusement historiees , ou en abattant les tourelles fe"odales ou les beaux toits sureleves. L'art de restaurer une ancienne reliure est trop peu connu. Cependant les reliures executees pour des amateurs fameux , tels que Grolier , le comte d'Hoym , Longepierre , xM me . de Pom- padour, atteignent aujourd'hui, dans les ventes, des prix exorbitants. En presence de cette recherche,, que dire du vandalisme indifferent de certaines villes qui , precise"ment, mettent au rebut les livres les plus pre*cieux (1) On cite Rouen les reliures de Gassassus* 216 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. par Illustration de leur origine? A fivreux, lamunici- palite" a Iaiss6 pourrir de rares volumes a reliures ita- liennes en velin blanc , ou brillaient les armoiries du celebre cardinal Du Perron , ev6que d'Evreux. A Lou- viers, il y a quelques anne"es , on vendit les doubles, disablement , afin d'eviter les formaliles ; et les exem- plaires que Ton prefera garder pour la bibliotheque de la ville, furent pr^cisement ceux dont la reliure etait unie. On ne se soucia pas des reliures qui portaient Tem- preinte de la personnalile d'un ancien possesseur , et des volumes splendides , couverts d'ornements de la renais- sance et provenant de la Chartreuse de Gaillon , furent vendus par lots aux fripiers et aux ferrailleurs. G'elaient des volumes aux armes du cardinal de Bourbon , malgre' lui roi de la Ligue. Ces actes de vandalisme sont fre'- quents , et le catalogue de la bibliotheque de M. Ch. Giraud atteste que la bibliotheque imperiale de Vienne, en Autricue , a elle-meme livre a Tencan des douzaines de volumes aux armes du prince Eugene de Savoie , bi- bliophile fameux autant qu'illustre general... M. Dre"olle repond que si les auteurs de ces actes de yandalisme savaient ce que les reliures precieuses se vendent a Londres , au lieu de les detruire , ils les ven- draient. UAthcnaum anglais de cette semaine annon- gait des prix fabuleux. M. Marionneau raconte qu'il existait a Bordeaux, dans la bibliotheque de la ville , un exemplaire desceuvres de Montaigne avec des notes de sa main. On a juge a pro- pos de lui donner une reliure neuve ; or , en rognant les marges , on a precisement ote* les annotations auto- graphes.... (Hilarite) .. M. Marionneau croit qu'il serait tres-utile de popula- CONGRES DES ACADEMIES. 217 riser un peu le bon gout de ce cote* , dans les departe- ments ; car dans beaucoup de grandes villes il n'y a que de mauvais relieurs. A Bordeaux , il n'y a pas un seul alelier de reliure ou Ton sache executer un travail un peu soigne". Plusieurs membres prennent la parole pour se plaindre de I'inhabilete des relieurs , dans leurs villas respectives : on signale toutefois un relieur tres-intelligent dans la ville de Troyes. M. le vicomte de Ke"ridec prend la parole pour an- noncer que les questions inscrites au programme ont ete examinees; il felicite les membres du Congres de Tassiduite" avec laquelle ils ont suivi les stances , et il les invite a venir tous, 1'annee prochaine, conlinuer Tceuvre laquelle ils ont pris part cette anne'e : il remercie, au nom de tous, M. de Caumont du devouement qu'il apporte a Torganisation du Congres et a la direction des stances. M. de Caumont repond qu'il est heureux de voir Tinte'r^t et Tutilite' des congres appre'cie'e par les hommes les plus 6 minents de la France , et qu'il continuera d'ap- porter tous ses soins a Torganisation des sessions. II remercie le Congres du concours qu'il veut bien lui prater. L'un des Secrttaires-gdneraux , Raymond BORDEAUX. 10 INSTITUT DE3 PROVINCES DE FRANCE, RAPPORT SUH LES TRAVAUX ET LES PUBLICATIONS ACADtfMIQUES DES PROVINCES pendant 1'annde 1856, D'APRES LES RENSEIGNEMENTS COMMUNIQUES AU GONGRES DES DELEGUES DES SOCIETES SAVANTES, PENDANT LA SESSION D^AVRIL 1857; Par M. SELLIER, Ton des secrtaires-genfraux du Congrfcs, MESSIEURS , En chargeant, celte anne'e, le rapporteur ge'ne'ral des Iravaux et des publications academiques des provinces pendant Tanned 1856 de presider la partie de vos seances qui a 16 consacree, chaque jour, aux comptes-rendus par- tiels pre'sente's par MM. les delegues des diverses Societes savantes, notre Eminent Directeur a voulu que votre rap- porteur fiit en position d'exciter , d'une maniere plus sp^ciale , le zele des membres de cetle Assemblee et de re'unir ainsi les elements d'un travail plus complet.Ce but, je m'empresse de le dire, a ete atteint ; et, a quelques ex- ceptions pres , je pourrai vous soumettre Tanalyse de tout ce qui a ete* fait de bon et d'utile par chacune des Societes academiques dont les representants se sont fait remarquer, dans cette enceinte, autant par leur devoue- inent aux inte'rets de la science que par leurs talents. G'est un progres , Messieurs ; car , il faut bien le recon- 220 INSTITUT I>ES PROVINCES DE FRANCE, nattre , vous aviez , pendant les annees precedentes , regretter de nombreuses lacunes dans Tex pose qui vous etait soumis , et les lecteurs de YAnnuaire public* par rinstitut des provinces etaient prive's d'une foule de do- cuments qui ont trouve place , a la verite* , dans des publi- cations locales , mais auxquels leur rapprochement, dans un travail d'ensemble , peut seul assurer de Tinter^t et une re"elle utilite. Felicitons-nous , d'un autre cote, de voir mieux com- prise, d'annee en anne*e,une institution dont I'immense avantage est de livrer publiquement aux savanles et lumineuses discussions d'hommes compe'tents des ques- tions scientiflques , liUe" raires , agricoles et industrielles, aussi varie'es qu'importantes , et de mettre en commun les connaissances acquises sur tous les points de k France. L'appel qui a e*t6 fait par rinstitut des provinces a ete entendu : jamais vous n'aviez compt6 de plus nom- breuses delegations ; des Societe's qui , jusqu'a present , s^taient tenues eloignees de vous, sont aujourd'htii re- pre"sentees dans cette enceinte; de nombreux rapports r dresses par nos collegues sur les travaux de leurs societes respectives , ont ete" lus et deposes sur votre bureau ; d'autres societes enfin vous ont fait hommage de leurs publications annuelles , et la tache de votre rapporteur se bornera ainsi, soil h la transcription des notes qui lui onte'te remises, soit a une analyse que les societes auraient eu int^r^t a presenter elles-memes, mais qu'il s'efforcera dc rendre aussi exacte qu'il lui sera possible de le faire. La marche adopted dans les rapports pre'ce'dents ;est celle qui sera suivie dans mon nouveau travail; quoi- qu'elle ait pour re"sultat de confondre des travaux de TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 221 diverses natures, elle presentera cependant cet avantage, de mettre en mtoe temps sous vos yeux tous les travaux d'un meme de'partement, el tousceux de chaque Socie'le' savante. C'est aussi par chaque departement que j'aurai a vous entretenir des ouvrages qui ont ete offerts au Congres. Les bornes impose"es a mon rapport ne me permettront souvent, a mon grand regret, que de vous en soumettre nne analyse tres-sommaire ; je semi heureux, toutefois , d'avoir pu appeler volre attention sur des ceuvres que la lecture seule pourra vous faire apprecier selonleurme'rite. AISNR, Le Cornice agricole de I'arrondissement dc SL- Qucntin (1) , qui a fait hommage au Congres du V . vo- lume de ses Bulletins , poursuit avec regularite* le cours de ses travaux, et Ton peut dire que ses publications, ses efforts , ne sont pas sans influence sur le progres qu'on voit se reveler dans Tindustrie agricole de sa circonscrip- tion. Ses concours annuels sont toujours nombreux et re- marquables , surtout ceux des b6tes ovines. Le concours universel de 1856 a demontre" que le de'- partement de TAisne tient le premier rang pour la pro- duction des metis-merinos , et Ton peut feliciter les eleveurs de ce departement d'etre arrives a re*unir des qualites qui semblaient inconciliables : la finesse , la longueur et le tasse* de la laine, et d'etre parvenus a donner a leurs moutons ces formes larges et arrondies (1) Note d M. Clu Gomart 222 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. qui annoncent la propension a faire de la viande, et que la nature semblait avoir refusees ft la race merinos primitive. Les essais de culture de plantes nouvelles ou de va- rietes de plantes, les essais comparatifs d'engrais , ont continue d'occuper Fatten tion du Cornice; grace a son patronage, des associations se sont formees pour 1'achat d'animaux perfectionne"s , pour Introduction de variety's de froment plus productives, pour 1'achat du guano. Ces associations ont rendu les achats plus e"conomiques et Pamelioration accessible a toules les bourses. Des instruments nouveaux, ou perfectionnes , ont ete introduits en grand nombre. G'est une voie nouvelle dans laquelle le Cornice de St.-Quentin a cherche a guider les praticiens avec toute la prudence convenable , en reiterant, par des concours , les essais sous les yeux des cultivaleurs , afin de les mettre a meme d'apprecier quels sont les meilleurs instruments et aussi quels resultats ils peuvent attendre du semage et du sarclage en lignes. Les machines a battre sont nombreuses; et le Bul- letin du Cornice de St.-Quentin nous apprend que le nombre s'en elevait, il y a un an, a 122 pour Tarrondisse- ment. Ce nombre , de"ja considerable , s'est encore accru depuis. Mais une des ameliorations les plus inte"ressantes, c'est 1'introduction, dans chaque canton, de machines a battre locomobiles, mues par la vapeur, qui se trans- portent de grange en grange , de ferme en ferme , pour battre a domicile les produits de la terre. C'est la une grande facilite donnee a la petite culture, atteinte par rinsuffisance des bras, et qui hesite a etablir des ma- chines a battre. Aujourd'hui le petit cultivateur peut facilement et e"conomiquement faire battre sa r^colte par TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 223 la locomobile de son canton qni , a un jour donne* , 1'affranchit d'un travail ingrat et lui donne les moyens d.e disposer , quand il veut , du produit de sa terre. M. Ch. Gomart vous a offert sa brochure contenant la description du camp remain de Vermand. La notice de notre collegue vous a fait connaitre un etablissement inte'ressant , en meme temps qu'elle vous a mis a meme d'apprecier de nouveau la science archeologique de son auteur. ALLIER. La Societe d 1 Emulation de FAllier , dit M. de Bure, son delegue, a marche avec ardeur dans la voie qu'elle s'est tracee depuis long-temps t dans laquelle elle a et6 encouragee par notre savant Directeur. Ses etudes se sont principalement dirigees vers I'histoireet I'archeologie, et, sous ce double rapport , les re'sultats ont ete assez favo- rables. L'idee d'une bibliotheque forme'e d'ouvrages con- cernant le Bourbonnais , t>u Merits par des auteurs ori- ginaires du pays , est suivie avec perseverance et succes. Les fouilles faites en differents endroits , et surtout sur les bords de 1'Allier , ont enrichi la collection de la 8001616 d'emulation , de maniere a lui donner un reel inte're't. La geologie et la paleontologie n'ont pas ete oubliees , et de remarquablesechantillonsont ete reunis. Lanumismatique et Tart heraldique ont et^ 1'objet de travaux serieux de MM. Clairefond et de Soultrait. L'armorial publie par ce dernier en fait foi. L'annee a ete bonne , en somme , et la Societe n'a pas dechu ; ses efforts luiacquierent line place honorable parmi les societes du centre de la France. Depuis quelques annees, elle aetabli des seances com- 224 INSTITUT DES PROVINCES DE FRA.XCE. munes aux Socie'te's fiduenne et Nivernaise. Les Assises scientifiques du centre de la France , qui paraissent de- voir se tenir cette annee a Moulins , donneront a ces reunions un caractere plus important et une direction plus sure. Je ne veux pas oublier de vous parler ici de Fouvrage si considerable , que public M. Girard , sous les auspices de la Socie'te' qui Ta couronne* en 1854 , sur le naturaliste Perron et l'6tat compare de la science au commencement de ce siecle et & notre e'poque. Les fouilles executees , pour les fondations de la ca- the"drale , sur Templacement du chateau de nos anciens souverains , dont le donjon est toujours menace de de- struction, ontfourni a M. Esmonnot le sujet d'une note in- te" ressante qu'il a enrichie de planches. Le m6me membre a fait un travail , accompagne de cinq planches, sur les objets trouve"s au domaine des Laris. Ce petit Pantheon a paru a plusieurs d'entre vous digne d'interet. M. Tudot a public* une notice sur les marques des potiers romains , une etude historique sur la mairie de Moulins , un pre- mier travail sur les vestiges des voies romaines en Bour- bonnais. Ces trois articles sont ornes de planches ex^cu- te>,s avec le talent de ce dessinateur, dej^ connu par des travaux nombreux dans 1'ancien Bourbonnais et Tan- cienne Auvergne. II nous a encore donne une notice sur des objets de ceramique trouves dans un puits a Picus , pres Dompierre , et une note sur les fouilles de M. TabM Cochet a Lillebonne i cette note est aussi accompagnee d'une planche. o M. Chazaud a lu un travail tres- important sur les communes du Bourbonnais au moyen-age; une note sur la population de St.-Pourcain aux XTV e . et XV*. sieeles , et sur la palrie de Jacques Cceuj\ TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 225 Des notes precieuses ont 6t6 fournies par M. Bertrand sur les fouilles a executer dans Farrondissement de la Palisse. M. Dubief a faitune e"tude sur don Juan, et une autre sur la condition des femmes dans lafamille romaine; travaux tres-soign6s et tres-interessants. M. tienne Meplain a continue" ses Etudes sur la ju- risprudence et les jurisconsultes bourbonnais ; sa no- tice est remarquable. M. de La Gue'renne , sous le titre de : Tableau de I'origine et des progres de I'autoritt royale en France , a fait un veritable cours d'histoire nationale. On doit a M. 1'abbe* Boudarit une note sur les ca- pitaines gouverneurs du chateau de Chantelle , dernier se*jour du connetable dans son duche. M. Clairefond a etudie" les monnaies et le monnayage dans le Bourbonnais. M. de Sereville a re'dige une notice sur le ge'nera Rabusson ; et M. Meilheurat, la biographic de M. Hen- nequin , depute aux fitats-Generaux. Des vers ont ete" adresse's a la Societ6 par MM. de Chavigny et Adolphe Michel; celui-ci est 1'auteur d'une grande partie de VAncicn Bourbonnais qu'il a continue a la mort d'Achille Allier , enleve si jeune a ses travaux. La litterature a et6 represente'e aussi par les tra- vaux consciencieux de M. Le Gagneur, proviseur du Lycee, sur le role des meres dans nos trois grands tragiques. ARDENNES. Les Societes du de'partenient des Ardennes ne vous ont pas fourni Tanalyse de leurs travaux, et je n'ai a YOUS parler ici que d'une publication po^tique importanle, 226 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. due a la plume elegante , facile , harmonieuse et pleine de sentiment, de M. Che"ri Pauffin, de Relhel, membre de Tlnstitut des provinces. M. Pauffin a mis en vente , au profit des pauvres, la deuxieme edition de ses Chants du soir. Trente nouveaux morceaux de poesie ont e"t6 ajoutes a la premiere edition, dont la publication remonte aujourd'hui a dix anne"es. C'est faire suffisamment Peloge de 1'ouvrage , que de vous dire qu'il a ete honore" des suffrages de MM. J. Janin, de Lamartine, Alexandre Guiraud et de Pongerville. L'expression , dit a 1'auteur M. Jules Janin , me parait simple et chatiee ; le vers est chaste et correct ; le style est de la bonne ecole; enfin,vous avez ce grand me"rite, celui de vous arreter a temps, meme dans vos emotions intimes. Je desire a votre poe"sie, ecrita son tourM. Alexandre Guiraud , tout le succes qu'elle merite , et c'est lui en souhaiter beaucoup. Ai-je besoin d'insisler davantage , Messieurs , pour vous engager, quoique dans notre siecle positif la poesie soit peu a Tordre du jour , a lire cette ceuvre consacree presque tout entiere a nos gloires et a nos douleurs nationales ? AUBE. La Societe academique de I'Anbe (1) se partage en quatre sections : agriculture, sciences, arts, belles-lettres. Quoique ces sections confondent souvent leurs efforts, et se pretent un mutuel appui , je rendrai compte de leurs travaux par chapitres separ^s. (i) Note en\oy6e par M. A. Gayot, secretaire de la Socie'te'. TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 227 Agriculture. Le premier travail , par ordre de date, concernant la science agricole, est un rapport sur un nouveau mode de culliver la vigne, et sur un nouveau ce"page, introduit a Villenauxe par M. Gentil-Jacob. Ce rapport , oeuvre de deux savants viticulteurs , MM. Eu- gene Nay et Cornet , est entierement favorable a la methode de M. Gentil-Jacob qui a 1'avantage d'etre plus economique , plus productive que la culture en usage jusqu'alors. Quant au nouveau plant ditpineau de Mar- seille , il a presente, dans ces deux dernieres annees, la propriete de remonter, apres la gelee , et de produire de nouveaux bourgeons fructiferes , assez abondants pour donner une recolle complete. L'etat florissant de ces treilles, a la vendange derniere, contrastait d'une maniere significative avec la complete ste"rilite des anciens cepages. La sollicitude de la Societe pour la culture de la vigne qui est la seule richesse de la partie Est du department de TAube , a motive encore deux rapports , d'un vif interet : Tun sur un nouveau mode de trailer la maladie de la vigne, indique par M. Thiraut, vice-president de la Societe des Sciences de St.-fitienne; 1'autre sur un precede contre la coulure de la vigne, dont Tinventeur est M. Troubat. M. le docteur Prie, membre associe, a continue , de son cote , ses recherches savantes sur roidium, et sur les moyens de le guerir. Je citerai ensuite : 1. un me" moire de M. Leon Debreuze, membre correspondant , sur la nature et la propriete des terres ; memoire concis, clair, tout pratique , ou la science est mise a la porte"e du plus humble cultivateur ; 2. Un rapport de M. Dosseur , membre residant , sur les essais de culture d'un nouveau froment, nomme blc prince Albert ; 228 INSTIfUT DES PROVINCES 1>E FRANCE. 3. Enfin, un travail excellent de M. Oudard, pharma- cien , sur la conservation des engrais. La section d'agriculture a continue' , en 1856 , roeuvre coinmence'e en 1853 pour le drainage. Grace a ses efforts, a ses encouragements , aux exemples donnes par scs membres, les terres, a la fois les plus fertiles et les plus difficiles a cultiver du de'partement, vont 6tre del>arras- sees des eaux qui les noyaient et donneront des produits constants et re'guliers. C'est encore la section d'agriculture qui a soutenu le poids des cornices agricoles, et qui a fourni, en grande partie , les commissions chargees de la visite des fermes et les jurys d'examen. Sciences. La section des sciences est venue en aide a la section d'agriculture par un memoire de M. Cle'menl- Mullet, suivi d'un rapport de M. Boutiot, sur les gisements de phosphate calcaire dans le departement de 1'Aube ; par un travail excellent de M. Jules Ray, sur quelques animaux reputes nuisibles en agriculture ; par une note de M. Legrand , sur VOidium pini qui a fait mal- heureusement son apparition dans les plantations de la Champagne ; et enfm , par une notice de M. le docteur Prig , sur la carie du ma'is. On lui doit , en outre , un excellent rapport sur la creation projetde d'une manufacture de porcetaine a Villenauxc. M. Uhrich, inembre residant, est Tauteurde ce travail, qui contient Panalyse des terres sur lesquelles les auteurs de cette grande enlreprise fondenl leurs espe- rances de reussile. Je citerai encore un rapport de M. le docteur Be"dor sur les accidents qui alteigncnt le plus souvcnt les on- wicrs dans les manufactures ; et une note , de TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 229 M. Dutailly, membre associe, sur ses precedes de pisci- culture. Enfm je mentionnerai, d'une maniere toute particuliere, deux travaux d'une grande importance : un Memoire sur la galvanoplastie , par M. Jules Maison , et la Mono- graphic des Unios de France > par M. Drouet. Ce der- nier ouvrage est une histoire et une description complete des coquilles d'eau douce d^signees par les naturalistes sous le nom tfUnios; il prendra rang parmiles traite's classiques d'histoire naturelle. II est accompagne' de neuf planches , et a paru dans le premier semestre des Md- moires de la Socie'te pour 1857. Arts.' La section des arts a rempli sa mission naturelle en presidant aux plans et aux decorations artistiques des monuments en construction dans le de'partement, et notam- ment de THotel-de-Ville de Troyes. Elle a poursuivi sa grande entreprise de 1'erectiond'une statue aupape Urbain IV ; elle a la direction du muse'e de'partemenlal dont les richesses s'accroissent sans cesse, grce a son excellente initiative ; elle a,entre autres services, puissamment con- tribue a la revendication de la magnifique chclsse de saint Aubin qui avait 616 sous traite par la cupidite" prive"eci Teglise de Villenauxe; elle a e"te* moins heureusedanslademande en grace si pressante, qu'elle avait adresse"e a TAdminis- tration municipale de Troyes, en faveur de quelques restes precieux de Tarchitecture militaire du moyen-clge. En documents ecrits , on doit a la section des arts : 1, L'inscription gravee sur la porte du chateau de la Tour , dernier vestige des constructions romanes dues aux comtes de Champagne; 2. Un rapport, de M. Camusat de Vaugourdon , sur la de'couverte de 3,500 me'dailles faite a Cle'ry ; 230 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 3. Un rapport de M. Fle'chey sur deux mosaiques gallo-romaines trouvees dans les fouilles du nouvel abat- toir , a Troyes ; 4. Un rapport de M. le docteur Prie sur les de"cou- vertes faites au tumulus de Fiel. 5. Un rapport de M. d'Arbois de Jubainville sur deux nappes d'autel, du XIP. et du XV C . siecle, trouve'es a Lentilles, et sur une tombe antique a la Ville-aux-Bois ; 6. Une note (avec planche) , sur deux vases, du XIV*. siecle, trouve's a Troyes, dans la demolition des remparts. Belles-lettres. La section des belles-lettres n'a pas ete en arriere du mouvement des autres sections. Elle est chargee d'une mission delicate et laborieuse, celle de faire , par chaque seance , Tanalyse des ou- vrages envoyes dans le mois par les societes correspon- dantes. Ce devoir a ete rempli , avec une grande superio- rite' , par Tun de ses membres , M. le baron Doyen. On doit , en outre , a la section des fettres une foule de rapports sur des travaux historiques ou litteraires , qu'il serait trop long d'enumerer. Au nombre des travaux originaux qu'elle a produits , on remarque un apologue, de M. TabbeTridon , intitule : La petite vigne et le vigncron; une note sur la dale precise de la fondation de Tflotel-Dieu de Troyes, et un document sur les quatre petits hopitaux de Troyes avant 1225, par M. d'Arbois de Jubainville; une traduction (avec commentaires) des poesies attributes au rabbin Raschi , par M. Clement-Mullet; une biographic de Ville- hardouin , etune vie de Juvenal des Ursins, par M. Tabbe Etienne Georges ; un memoire de M. Ge"rost , membre associe, intitule" : Annales de Cabbaye de Nesle; une note sur le partage des eaux de la Seine au-dessus de TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 231 Troyes, et un memoire sur une cave romane, de*couverte a Ramerupt, par M. d'Arbois de Jubainville; des recherches historiques et archeologiques sur les resles mortels d'Ur- bain IV, par M. Tabbe Coffinet; une monographic de Teglise de Bar-sur-Seine , par M. Tabbe Tridon; une notice sur Nicolas Bourbon , par M. Jacquot , membre associe. Enfin, comme poesies : des stances, deM. Dosseur, sur Urbain IV , et une ravissante boutade de M. le baron Doyen , intitulee : Promenade autour dc mon jardin. Le grand nombre et la diversite des travaux de la So- ciete academique de TAube a emp^che' d'en faire une analyse plus complete. Celte simple nomenclature suf- fira pour faire apprecier le zele et les connaissances des membres qui la composent. AUDE. M. Mahul , delegue' de la Societe des Arts et Sciences de Carcassonne, vous a presente ainsi qu'il suit, le re- sume des travaux de cette Compagnie : M. Louis Barbes a fait don au muse'e de la Socie'te de six deniers d'argent, d'Eudes, roi de France, frappe's a Carcassonne ; ce qui prouve qu'au IX e . siecle , un atelier monetaire etait etabli dans cette ville. M. le Prefet de TAude a annonce qu'il venait de re- cevoir du Ministre de la maison de 1'Empereur un fac- simile de la bulle du pape Agapet (951 ), dont Toriginal, sur papyrus , faisait partie des titres conserves aux ar- chives de Tabbaye de la Grasse , diocese de Carcassonne. L'original n'a pu ^tre reintegre aux archives depar- tementales de TAude. Par suite du don que le Prefet du 232 ' INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. dpartement s'etait cru autoris^ a faire au l\oi , en 1826, il est resle depose a la Bibliotheque impe'riale du Louvre. LaSocie"t6 a recu de M. Cornet, Tun de ses membres , le don , pour sa bibliotheque , d'un exemplaire des Prm- cipes de la Philosophic de Descartes (Elzevir, in-/i. ) , donne" par Descartes lui-meme a un pre"dicateur du nom d'Ogier, secretaire du comte d'Avaux de Mesmes, Tun des ple'nipotentiaires de la France au Congres de Munster. Get exemplaire porte, e"crite de la main de Descartes , Tanno- tation suivante, placed au bas du litre : Fr. Ogier acris judicii senatore censenda proponit DES CARTES. Sur la premiere garde on lit , Writes de la main d'Ogier, les lignes qui suivent : Haga* Comitis missus liber ab autore cum epistola monasterium Westofa- lorum ubi nunc temporis commoror , in comilatu Claudii Memmii Avauxii Mecenatis mei ad pac. 18 septembre 16/j/i. F. OGIER. Ce volume ren- ferme une remarque 6crite de la main d'Ogier, en marge de la page 30 du livre intitule : Dissertalio de Me~ thodo , et provoqu^e par le celebre axiome de Des- cartes : Ego cogito, ergo sum, sive existo. La Societe a et6 informee, par le mme membre,que la Commission de la Bibliotheque avail cru devoir etablir, d'une maniere isolee et toute spe"ciale, la partie de la bibliotheque qui concerne la province, le de'partement et la ville. M. Mahul, membre de la Societ6 , a communique une lettre de M. Tournal , secretaire de la Commission arche'ologique de Narbonne, qui contient dMnteressants details : 1. Sur les armoiries de Tarchev^que Pierre de Mont- brun, sculpte"es sur une des tours de rarchevch (au- TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 233 jourcThui rH6tel-de-Ville ) , que cet archeveque a fait batir j 2. Sur deux bornes milliaires romaines conservees dans Teglise de St.-Conat-sur-Aude (ancien Flexus), detruites par la municipality de 18/i8 ; 3. Sur les fouilles executees proche de Narbonnc , pour le chemin de fer du Midi, et qui orit mis au jour la statue d'un Faune , et trois inscriptions funeraires chre- tiennes de re"poque des Visigoths (VF* siecle). II a etc* fait don au Muse"e, par M. Pabbe" Bize, au- monier de THotel-Dieu de Carcassonne, de plusieurs poids anciens de cette ville. M. Denisse , membre de la Societe , Ta avertie qu'une pierre taille'e , pose'e par les astronomes Mechain et Delambre a 1,111 metres de la lour de St. -Vincent de Carcassonne , et servant a indiquer le passage du me- ridien de Paris , est dans un 6 tat complet de subversion. II a exprime le voeu que cette pierre fut remplacee par un monument indicatif d'un caractere simple. M. le Mairede Carcassonne a de'clare' s'emparer de la question et a promis d'y donner suite, auxfrais du budget municipal. M. O. Rolland du Roquau a oflert a la Societe, dont il fait partie , une plaque en me" tal, trouve'e a Azille , ancien diocese de Narbonne , ou sont gravees les armes de la maison de Conde, avec Tinscription d'une loge maconnique de Carcassonne. M. Mahul , membre de la Societe" , lui a fait hommage du I er . volume de son livre ayant pour titre : Cartulaire et archives de t 'ancien diocese et de I'arrondissement administratif de Carcassonne (in-A .). Enfin , un ouvrage intitule" : Hospices de Narbonne ; Classcmcnt des archives anterieures a 1790 (un vol 23/1 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. in-A. ) a 6t6 adresse" a la Societe par M. H. Faure , Tun des administrateurs de ces hospices. Votre rapporteur doit ajouter que , suivant ce qui resulte des proces-verbaux des stances de la Societe, le Gartulaire de M. Mahul , qui temoigne de Pe"ru- dition profonde et des recherches perse"verantes de son auteur, a ete* accueilli par ses collegues avec la plus vive sympathie. Une seconde publication a M faite par le mtoe auteur, elle est intitulee : filoge historique d'Armand Bazin dc Be sons , 71*. evSque de Carcassonne. Get ouvrage est aussi remarquable par le talent de Pteivain que par Pinter6t qui s'attache a la noble vie du saint prelat, objet de sa notice historique. AVEYRON (1). 11 y a pres de vingt ans que quelques jeunes homines, mus par 1'amour de la science et du progres , concurent la pensee de fonder la Societe des Lettres , Sciences et Arts de I'Aveyron. A leur appel , un grand nombre de compatriotes et d'etrangers vinrent se grouper autour d'eux. On traga le programme des eludes, on e*tablit la regie qui devait regir la Societe. Les fondements du Musee de Rodez furent jetes , et la population , s'asso- ciant au V03U des fondateurs, n'a pas cesse depuis ce moment de Penrichir de ses dons. Un grand nombre d'e'crivains consacrerent leur plume a des questions d'histoire locale, ci Pexamen de nos vieux monuments, a Tinvestigation des sciences naturelles ^ peine effleure'es (1) Communication de M. Leopold Bourguet , au nom de la Societ6 dont il est membre. TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 235 dans un pays oil la nature s'est montree si prodigue. II en est resulte d'importants avantages : d'une part , on a recueilli des documents precieux et fait d'utiles de"- couvertes ; de 1'autre, de sages critiques et des avertis- sements reiteres ont amene" la fin ou tout au moins le ralentissement de ces degradations et de ces restaurations barbares qui, depuis longues annees, affligeaient les amis des arts par les travestissements de mauvais gout qu'elles faisaient subir aux monuments legue"s par les siecles passes. La Societe a explore" toutes les richesses ve'ge'tales et toutes les productions du regne mineral, si abondantes et si variees sur le sol de PAveyron , et dont les nombreux specimens reunis au Musee mettent a la portee de chacun de faciles moyens d'etude et d' observation. C'est a la Societe" des Lettres, Sciences et Arts qu'on doit la connaissance de cet amphitheatre romain vague- ment indiqu6 par quelques-uns de nos annalistes, et dont 1'origine se lie au plus precieux souvenir de notre histoire locale , la conversion de nos peres a la foi chre- tienne. On lui doit la decouverte de cet antique aqueduc qui , grace a la perseverance de quelques-uns de ses membres , va retourner a sa destination primitive et doter la ville de Rodez d'un bienfait dont elle etait prive'e depuis tant de siecles. En effet, Tanne'e 1856 a vu commencer 1'execution d'un magnifique travail dont la conception et Pinitiative sont dues a la Society. La ville de Rodez , situee sur un mamelon de"pourvu de sources , est sur le point de voir enfm couler en abondance, dans ses rues, d'excellentes eaux que Ton est alle chercher a une distance de 25 kilo- metres, a travers de profondes vallees. II a fallu, pour 236 INSTITDT DES PROVINCES DE FRANCE. mencr Fceuvre a bonne fin, tout le zele de la Soci6t et les plus honorables efforts de plusieurs de ses membres. 11 y a long-temps deja que la Societe chargea une commission d'explorer un conduit souterrain, connu dans le pays sous le nom de Cave dcs Anglais. M. Lunet, secretaire de la Societe , qui s'acquitte de ses fonctions avec un soin au-dessus de tout eloge, publia un memoire dans lequel il constata que la Cave des Anglais etait un aqueduc dont Torigine remontait a 1'epoque de la domi- nation romaine, et qui avait, sans doute, alors servi a con- duire a Rodez les eaux de Vors. M. Lunet a qui revient en grande parlie 1'honneur du projet, c'est justice & le procla- mer,invitait leConseil municipal deRodezafaire examiner s'il etait possible de restaurer Paqu^duc et |de le rendre a sa destination primitive. Quelque temps apres , en 1840, M. Boissonnade, architecte du departemenf, emit Tavis que Ton pourrait se contenter d'une restauration par- tielle et traverser la valle"e de 1'Aveyron au moyen d'une conduite forcee. Le Conseil municipal refusa de voter des fonds pour Texploralion de Taqueduc. Mais on n'aban- donna pas Tidee de fournir la ville d'eaux potables. M. Lunet renouvela , en 1851, sa proposition touchant Taqu^duc romain. La Societe nomma une nouvelle com- mission qui fut presidee par M. Commier, ancien ing6- nieur en chef des ponts et chausse"es. Elle d^clara , le 7 ddcembre 1852, qu'en reparant Taqueduc romain et en etablissant un siphon de 100 metres de fleche, on pour- rait amener & Rodez des eaux saines et abondantes. Un nouveau rapport de M. Lunet, et un tres-bon memoire de M. Blondeau, professeur de physique au Lyceeet membre de la Societ^, complelerent le savant travail de M. Boisson- nade, et determinerent enfin le Conseil de la commune TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 237 & voter une somme de 1,000 fr. pour Fexploration de Taqueduc. Des ce moment, la science avait triomphe'. Le rapport de M. Remain, agent-voyer en chef du departement, fut de tous points favorable au projet de la 8001616. L'aqu6- duc est main tenant restaure" en grande partie. Les vallees qui separent Vors de Rodez seront franchies au moyen de siphons en tole bitume'e de Chameroi. Le dernier de ces siphons , qui n'a pas moins de 125 metres de fleche , est peut-etre le plus grand qui ait jamais existe. Bient6t Rodez recevra, tous les jours, 150 litres d'eau pour chacun de ses 12,000 habitants, et la Socie'te aura assure la conservation d'un monument historique de la plus haute antiquite. M. Boisse, ingenieur des mines, a envoye* h la Societe la copie d'une esquisse de la grande carte g^ologique de rAveyron. Cette carte presente assez de details pour tre du plus grand secours aux savants, aux industriels et aux agriculteurs. On aura une idee de Fimportance et de 1'e'tendue de ce travail, quand on saura que 1'auteur y a distingue" vingt-six natures dilferentes de terrains par vingt-six teintes speciales, et qu'il n'y a pas, pour ainsi dire, 1 kilometre carre du departement qui ait e"chappe a son exploration. Les terrains primitifs ou cristallise's qui forment, en quelque sorte, le noyau du de"partement, et qui constituent notamment tout le massif du Ldvczou, y sont Studies avec le soin le plus minutieux et subdivise's en cinqnatnres de roches, dislinguees chacune par une teinte particuliere. Les terrains de transition, si inte"ressants dans le departement de TAveyron par le terrain houiller qui forme leur e* tage superieur , y comprennent trois subdi- visions et, par consequent, trois teintes. 238 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Le terrain Iiouiller y est surtout , et on en comprend le motif, Tobjet de 1'etude la plus de'taillee et la plus consciencietise. Toutes les plaques de ce terrain qui affleurent au jour sont soigneusement indique"es ; leurs moindres lambeaux sont exactement relev^s, et leurs relations avec les terrains avoisinants, si utiles a bien apprecier pour les explorateurs de mines, paraissent avoir 6te observees et not6es avec autant de sagacite que de precision. Le terrain de trios , qui comprend ces gres rouges si frequents dans le de'partement et qui presente une formation gypseuse dans Tarrondissement de St.-Afrique, y est distingue en trois subdivisions par trois teintes. Le terrain jurassique, grande formation calcaire, dont les cultures forment un contraste si frappant avec celles des terrains a base siliceuse, y presente trois de ses etages habituels, y compris le lias, et s'y trouve subdivise en cinq zones ou horizons par cinq teintes differentes. Le terrain tertiaire moyen, qui ne forme que de petits lambeaux epars a la surface des autres terrains t au nord , a 1'ouest et au sud-ouest du departement , est divise en deux teintes. Ges terrains alluviens, qui remplissent les bas-fonds des valle'es et forment quelques depots d'origine tres- recente sur le flanc des autres formations, comportent egalement deux teintes. Les rocbes eruptivesenfin, telles que les porphyres, les basaltes, les trachytes, etc., qui se sont fait jour a travers les autres terrains dans un grand nombre de points du departement, sont distinguees en six categories ou six teintes , et ont exige peut-etre, a elles seules, une etude de detail plus minutieuse que tout le reste des autres terrains. TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 239 M. Boisse n'a voulu rester, en aucune partie de son travail, au-dessous de la tache qu'il s'elait proposed, et il a eu le soin d'indiquer sur sa carte tous les gltes de minerals me"talliques connus dans le departement, en les subdivisant , suivant leur nature, en quatre categories. II y a aussi indique les sources minerales, les prin- cipales carrieres et les diverses usines. II y a marque , enfm , les perimetres de toutes les concessions, soit de gites de combustibles mineraux, soit de minerais metalliques , institutes jusqu'ici. M. Boisse a joint a sa carte une feuille de coupes , presentant sept coupes de terrains prises dans toutes les directions , d'une extremite ct Fautre du departement , et combiners de maniere a donner une idee exacte des relations de superposition qui existent entre nos diverses formations geologiques ; on y retrouve clairement la trace des principaux mouvements que cette partie de Tecorce du globe a subis a diverses epoques , et on y re- connait la part qu'ont eue alternativement, dans la con- figuration actuelle du relief du sol, les mouvements internes de la croute terrestre, et les grandes erosions qui ont laboure sa surface. Get expose rapide presente ^ la Soci6te par M. de JNerville , inge"nieur en chef des mines , qui en est membre , suffit pour montrer tout Tinteret scientifique et Tincontestable utilite pratique du remarquable travail de Fun des membres les plus instruits de ce corps savant. M. Hippolyte de Barreau a public le 3 e . volume de son ouvrage intitule : Documents historiques el genealo- giques sur les families et les hommes remarquables du Rouergue, dans les temps anciens et modemes. 2&0 INSTlTt'T DES PROVINCES DE FRANCE. Dans cet ouvrage,M. de Barreau appr^cie rorigine de families , les suit pas a pas dans leurs transformations a travers les &ges , eludie les grands personnages qu'elles ont produits, indique le rang qu'elles occupaient dans Fancienne socie" te" , raconte leurs services e'minents, le relations qu'elles avaient entre elles , et revendique celles qui, apres avoir quilte" la terre natale, sont allies grandir sur un sol Stranger. L'honorable President de la Soci&e' des Lettres , Sciences et Arts de TAveyron n'a rien ne'glige' pour rendre son livre aussi complet que possible, et Ton peut dire de lui que , non inoins ardent que ces naturalistes qui fouillent dans les entrailies de la terre pour retrouver les antiques races des premiers habitants du globe, il est tout aussi heureux lorsque , apres Men des peines et des re- cherches , il est parvenu a reproduire quelques-unes de ces nobles ligne'es dont le nom , depuis des siecles, gisait ignore* dans la poussiere. M. de Barreau a divise son ouvrage en deux parties. Dans la premiere , il donne un coup-d'ceil sur Tetablisse- ment feodal , pour servir d'introduction a 1'histoire ge- n^alogique de la noblesse du Rouergue , et examine Pelat du pays avant la grande revolution qui en changea le regime. II y est tour a tour question de la propritfte' , de la servitude, de Torigine des fiefs et de leur constitution , des droits feodaux, des justices seigneuriales , des lois et coutumes, des guerres et combats prive's, des commence- ments de la noblesse et des progres de sa puissance. M. de Barreau continue en parlant de la chevalerie, des croisades, des armoiries, des troubadours, des costumes nationaux, de Tarchitecture fe"odale; et, apres un rapide aperc.ii des causes qui amenerent la fin du gouvernement TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 2&1 feodal, il termine par diverses remarques qui competent Phistoire politique de la noblesse. Dans la seconde parlie, le savant historien parle de la noblesse moderne, celle de FEmpire et de la Restau- ralion. <* Cetle seconde partie contiendra une notice sur la Le'gion-d'llonneur et un grand nombre d'articles biogra- phiques sur les membres de cet ordre. Viendront ensuite des memoires sur les anciens Templiers , sur 1'ordre de Malte, sur les autres ordres e"questres existant avant la Revolution, sur les personnages du pays qui ont occupe" des emplois aupres des souverains, sur les ve"ques , tant anciens que modernes, originaires duRouergue, et sur les hommes e'minents de 1'ordre civil et de 1'ordre mi- litaire. L'ouvrage se terminera par une notice sur les anciens etats du Rouergue et par une liste raisonnee de tous les chateaux du pays, classes par cantons et par arrondissements. Le quatrieme et dernier volume des Documents his- toriques et genealogiqiies ne tardera pas a 6tre achev^. M. de Barrau , qui dirige la Societe' avec tant d'in- telligence et de devouement, ne s'est pas contente de donner un ouvrage historique d'une grande valeur; il a entrepris encore d'importants travaux sur les sciences naturelles , et il vient de mettre la derniere main a la Florc de I'Avcyron, qui e"tait reclamee depuis long- temps. La Societe des Lettres , Sciences et Arts , a dfy'a publie sept volumes de Memoires. Le huitieme est actuellement sous presse ; il con- tiendra : a 1-. Un travail inedit de 1'historien Monleil; 11 2Zj2 1NSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. 2. Un rapport sur 1'amphi theatre et 1'aqueduc romain de Rodez, ayant conduit des eaux potables dans celte ville ; 3. Des etudes sur les mots patois qui derivent dc 1'anglais ; h. Des etudes ge"ologiques sur le department ; 5". Une promenade scientifique au bassin d'Aubin ; 6. Des eludes critiques sur une histoire de saint PaulindeNole ; 7. L'examen de quelques projets d'amener des eaux potables a Rodez ; Le neuvieme volume donnera V Histoire du Jan- senisme dans le Rouergue. CALVADOS. Vous devez a M. Boulatignier , dengue, et a M. J. Travers , secretaire de V Academic des Sciences , Arts et Eeilcs-Lettrcs de Caen , le resume suivant des tra- vaux de cette savante Academic : Dans la note que nous avons e.u Thonneur de mettre, Fannee derniere, sous les yeux de Tlnslitut des provinces et du Congres des de'legue's des Societes savantes des departements, nous disions que TAcad^mie des Sciences, Arts et Belles-lettres de Caen avait sous presse un vo- lume. Ce volume , public vers le milieu de Tannee , n'a point paru inferieur aux precedents. Un des memoires qui le composent, ayant ete" connu pendant Timpression , a eu coup ur coup trois editions : il est vrai que ce memoire scientifique est de notre confrere , M. Th. Du Moncel. Mais la nouvellc publication est aujourd'hui connue. Plus dc cent Sccietes correspondantes Tontre9ue; plus de TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 2/l3 350 exemplaires onl, en outre, et6 distribue"s aux mem- bres re'sidants, aux membres associes , aux bibliotheques publiques et aux journaux ; laissons a d'autres le soin d'apprecier les divers travaux qui composent le volume de 1856 , et ne parlons an Congres que de ce que tous ou a peu pres tous ses membres ignorent. On a vu dans YAnnuaire de Tlnstitut des provinces de 1856 , p. 233 , que , reconnue Societe d'utilite pu- blique le 10 aout 1853, F Academic de Caen avait pu accepter deux legs de 12,000 fr. chacun , que lui avaient faits MM. Le Sauvage et Lair ; et que, grace a cette double libe'ralite', elle avait pu ouvrir un double concours, Ainsi, sur la fondation de M. Le Sauvage , elle a offert un prix de fa valeur de 800 fr. au meilleur memoire sur la ques- tion suivante : Action de I'electricite sur C organisation humainc dans Celat de santc et dans I'etat de maladie. D'apres le programme , ce prix devait eire decerne a la fin de 1856. Le concours n'est pas encore juge. La somme le'gue'e par M. Lair a TAcade'mie et a la Societe d'Agriculture de Caen , qui doivent en toucher alternativement la rente annuelle , a donne le moyen d'offrir nn second prix, d'egale valeur, au meilleur me- moire historique sur le Parlemcnt de Normandie, de- puis sa translation a Caen, an mois de juin 1589, jusqu'a son retour a Rouen, en avrit 159/4. Mais c'est seulement en 1858 que le concours sera clos et que le prix pourra e" tre accorde. En indiquant les matieres principales traite'es dans les douze dernieres seances mensuelles de TAcademie , se terminant a celle de juillet 1856 qui clot Fannee aca- de"mique 1855-1856 , nous trouvons somraairement : Pour les Sciences : un rapport de M. Du Moncel 244 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. sur un savant ouvrage ou M. le capital ne de vaisseau Lartigue a expose son systeme des vents; une de"mons- tralion , par le meme auteur , de plusieurs solutions qifil a trouvc"es pour divers problemes d'electricite" ; un expose" , par le meme, de ses de'couvertes r6- centes , a Tappui duquel il a fait fonclionner un de ses instruments pour rendre ses theories tout-a-fait sensibles par Pexperience ; un me'moire de mathematiques transcendantes , par M. Girault ; un travail plein de faits curieux sur Intelligence des animaux , par M. Eu- des-Deslongchamps ; des recherches , fort e"tendues, de M. Pierre , sur la distribution des matieres azotees dans les diflerentes parties de la betterave ; enfin un traite de la rage s par M. Le Coeur. Pour Les Arts et les Let Ires : un fragment de vo- yage, intitule : Venise et Florence exptiquant le genie de leurs peinlrcs ; - un episode d'un roman historique tirede I'histoire de la Normandie, a Tepoque de Jean- sans-Terre , par M. Courty ; une analyse de prones ineditsdu Xlll c . siecle, en langue francaise, attribues a Maurice de Sully , par M, Ilippeau : une biographic de Pierre du Bosc , ministre du saint Evangile a Caen , de L645 a 1685, par le m^me ; un morceau sur les colo- r.ies francaises et principalement sur la Guadeloupe, par M. Uabou; Sur la democralie athenienne, par M. Ghalel ; Tableau de la civilisation musulmane , par M. Francois ; Fragment (Tune histoire de Tislamisme, par le meme ; Sur la loi d'accroissement et de decrois- sement de la population , par M. G. Besnard ; Rapport smTouvrage de M. Martin, intitnl6 : La vie future, par M. Roger; Rapport de M. Lecerf, sur Le Devoir, ouvraec de M. Jules Simon ; Theorie de la traduction, 1RAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 2&5 par le meme ; Me"moire de litterature, a Toccasion de la theorie de M. Lecerf, par M. Joly; Memoire en re"ponse a quelques assertions de M. Joly, par M. G. Besnard; Mon avis sur la question des theories Utte'raires de MM. Besnard et Joly , par M. Travers; Extrail des livres qu'on ne lit plus (analyse du traite des Herma- phrodlts (sic) de Jacques Duval , medecin de la fm du X\T. sifccle et du commencement du XVII'.), par le m6me ; Fragment des Mcmoircs de Vismes , direeteur de POpera en 1778, rediges et abreges par le meme ; Bio- graphic de Jean Simon. Addition a la vie et aux ceuvres de Nicolas Vauquelin des Yveteaux , et Memoire sur les patois , par le merne ; enfin des pieces de vers , par M m *. Lucie Coueffin, M me . de Montaran , MM. Le Flaguais, Michaux et Vieillard. Plusieurs des memoires ci-dessus mentionnes sont d'une etendue telle , qu'il a fallu les lire en plusieurs seances, et toutes les seances ont 6te si bien remplies, on pourrait dire si chargees, qu'aucune n'a pu 6puiser Tordre du jour. L&Sotiete francaisc d'archcologie , sous Tactive im- pulsion de son illuslre et infatigable Direcleur , a tenu, en 1856, deux stances generates administratives a Paris, deux seances generales a la Rochelle, deux stances ad- ministratives a Gournay ( Seine-Inferieure ) , six seances administratives a Caen, une seance generate a Chartres et une autre seance au Mans. Le Congres archeologique de France a siege pendant six jours a Nantes. La Socie'te' frangaiseavait, en outre, ete reunie pendant quatre jours a Louviers. Le Comptc-rendu du Congres 246 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. tur/ieotogique tenu & Nantes ct dcs seances generates de Louviers est sur le point de paraltre. Le Bulletin monumental, public par la Socie'te, est parvenu a son 23. volume, et forme une des collections de Memoires archeologiques les plus inte"ressantes. Le 22 e . volume, public en 1856, se compose de 680 pages et comprend, outre les chroniques et les proces-verbaux des seances, trente-trois memoires d'un haut interfet , la plupart iliustres de figures. La Society tiendra, en 1857, son Congres archeologique a Mende , le 2/i aout, et & Valence, le 29 du m6me moi. V Association normande (1), qni se composait 1'annee derniere de 1720 membres, en a eu 1740 en 1856 ; elle a tenu & Gournay (Seine-Inferieure) son 2/i e . Congres provincial agricole et industriel , prepare par les soins de MM. Mabire et d'Ernemont , membres du Conseil ge- neral , inspecteurs de 1' Association. Des seances, des dis- cussions pleines d'interet; diverses excursions agrono- miques; un concours magnifique de bestiaux et d'instru- ments aratoires, tels sont les faits qui ont distingue cette memorable session, qui s'est terminee par une distribution solennelle de prix, faite sous la pre'sidence de M. E. Le Roy, prefet de la Seine-Inferieure, par un banquet de trois cents couverts et par des fetes pour lesquelles la petite ville de Gournay avait vote 6.000 fr. Cette anne"e , FAssociation tiendra son Congres provincial annuel a Alencon ( Orne ) , du 15 au 20 juillet. En 1856 , TAssocialion s'est aussi reunie six fois h Caen, et une fois a Louviers, en seance administrative. Ses recettes se sont eleve'es a 12,306 fr; (1) Note de M. de Caumont. M TRAVAUX. DES ACADEMIES EN 1856. 2&7 Ses depenses, a 11,978 fr. Les primes, medailles et recompenses di verses accor- dees par PAssociation figurent pour plus de 5,000 fr. dans le chapitre de la depense. VAnnuaire imprime en 1856, et qui a paru en Janvier 1857, est , comme ses devanciers, un livre vraiment interessant et compose de memoires substantiels. Ce volume, qui comprend xc et 575 pages, est imprime" avec soin et illustre de vignettes sur bois. Apres les memoires et les proces-verbaux des seances generates, vient, comme dans les annees pre'ce'dentes , le chapitre des Nouvelles de 1'agriculture, des sciences, de C Industrie et des arts, lequel renferme une se'rie d'articles courts et bien choisis sur des faits constates en 1856 et qui interessent particulierement la province. Un chapitre parliculier est consacre" & rendre compte des concours agricoles en 1856 dans la province. UAnnuaire se termine, selon Tusage, par des Notices bioyraptiiques sur les membres que PAssociation a re- cemment perdus; elles sont, dans ce volume, au nombre de quatorze. Aucune Socie" te ne fait paraitre plus re"gulierernent ses memoires que FAssociation normande , et n'en public de ineilleurs. Nous approuvons beaucoup 1'usage qu'elle a adopte de les donner dans un annuaire , qui est non- seulement recu par tons ses membres, mais que le public recherche egalement, et qui devient chaque annee plus repandu. La Socie'te Linneenne de Noiwandie (1) continue avec (i) Note de M. de Caumont. 2/l8 IKSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. un grand succes ses travaux ct ses publications ; elle maintient , grace an talent de son Secretaire et de quel- ques aulres membres e"minemment instruits, sa haute position scientifique; nous n'avons qu'un regret a ex- primer, c'est que ses Memoires ne soient tires qu'a deux cents exemplaires, et que P6change avec les Societes savantes en soil, par suite, assez restraint. Toutes les grandes Societe"s savantes de 1'Allemagne, de la Prusse, des Pays-Bas, de PAngleterre font un tel cas des Me- moires de la Societe Linnc'cnnc, que quelques-unes ont offert des collections de trente et quarante volumes in-4. pour oblenir la collection de la Societe Linneenne, arrivee en 1856 au 10 C . volume. Ce volume, in-A . de LXXX et 3A3 pages, est un des plus importants que la Societe ait publics. L'histoire de la Societe , les rapports du Secretaire sur ses travaux, et les proces-verbaux de deux excursions occupent les 80 pages numerotees en chiffres remains. On Irouve, parmi Jes notices, celle qui est relative a f organisation du Nautile flambe , par M. Vrolick , secretaire de 1'Aca- demie des Pays-Bas, accompagn^e de deux grandes plan- ches. M. E.-Deslongchamps donne ensuite une note detaillee mr des cmpreintcs ou traces d'animaux observe'cs depuis long-temps au val d'Aubin, prts de Trun, sur des banes de gres intermediaire (gres de Goradoc) ; une planche reproduit ces curieuses empreintes. Un travail, de M. Suess, sur I'appareil brachial des Tliecidccs est suivi d'une ISote sur le me me sujet , par M. E. Deslongcharnps (deux planches). La plus grande partie du volume est occupe"e par le travail intitule : Introduction a I'hisloire natureile des. TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 2i9 Brachiopodes vivants et fossiles, par M. Th. Davidson, membre de Tlnstilut des provinces; ce travail est com- pose de pres de 200 pages, et accompagne de neuf grandes planches renfermant pres de 300 figures. On remarque encore, dans ce volume, la Djscrlpl ion d'un nouvcau genre de coquilles bivalves fossiles ( Elig- raus), par M. Deslongchamps ; memoire accompagne de deux planches ; des Observations sur La botaniquc deJaManche (environs deSt.-Lo), par M. Fabbe Talon; des Observations meteorologiques de M. Le Boucher, en 1851, 1852, 1853, 1854 et 1855 ; et plusieurs petits me- moires sur des coquilles fossiles , par M. Deslongchamps. La Socicte d* Agriculture, Beaux-Arts et Litttra- turc de Bayeux, vous a dit M. le vicomte de Cussy, son delegue, toujours animee du meme esprit, n'a pas cesse de faire progresser, dans la mesure de son influence et de son pouvoir , le programme qu'elle s'est impose. Des reunions pour e'lucider les questions le plus a Fordre du jour sont heureusement suivies ; des expositions agri- coles, des concours de charrues, des recompenses aux servileurs fideles moralisent la population en lui faisant (lument apprecier les avantages du travail et de la bonne conduite. En un mot, cette Socie'te', pre'side'e par un homme aussi honorable qu'erudit, M. le president Pezet, qui consacre ses loisirs a faire connaitre Fhistoire et la legislation de cette partie de la Normandie et 1'histoire de ses monuments les plus interessants , continue de me- riter la confiance de tous les gens de bien , amis de leur pays. La Bibliotheque de Bayeux, toujours confiee aux soins e'claire's de M. E. Lambert, s'est enrichie , en 1856 , 250 WSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. (Fun nombre notable d'ouvrages de choix dus, soil a la munificence du Gouvernement, soil a celle des particu- liers. Son Musee a vu ses collections diverses e'galement augmente"es, et les personnes studieuses trouvent, dans Pobligeancc du laborieux gardien de ce precieux dep6t, (ous les moyens possibles de salisfaire leur amour des leltres et des beaux-arts. M. de Caumont vousa fait horn mage de deux brochures fntitulees, Tune : Le Castellum gallo-romain de Lai-- cay , prcs dc Tours , et Fautre : Note sur les murs tjallo-romains de Dax , toutes deux orne'es de plusieurs planches. Notre honorable Directeur n'a pas besoin de mes e"loges; vous voudrez tons lire, dans le Bulletin mo- numental, Finte'ressante description de ces beaux debris de la Gaule romaine, et vous joindrez vos protestations a celles de Fauteur centre la tendance , trop prononcee aujourd'hui, qu'ont certaines villes de vouloir etendre leur enceinte aux depens des plus respectables monu- ments de Fantiquite. Esperons que la conservation des murs de Dax pourra se concilier avec les interets de eel to cite, et que Finfluence de F Administration superieure viendra sanctionner les reclamations si bien motivees de M. de Caumont. M. J. Travers vous a adress6 sa Biographic de M. Louis 13u Bois , de Lisieux, dont M. Guizot a dit que, savant aussi laborieux que modeste , it s'e'tait voue a I'e'tude de tout ce cjui peut interesser la Normandie, sa patrie, en ajoutant qu'il etait connu par d'utitcs travaux sur les antiquites et la stalistique de cette belle province. L'ceuvre de M, J. Travers se fait remarquer par toutes les quality's qui distinguent cet ecrivain. TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 2ol CHARENTE-INFERIEURE. Vous avez recu,deM.C. Brisson, membre de 1'Academie de la Rochelle, un recueil de fables. On remarque , dans les nombreuses fables qui le com- posent, la qualite du genre, c'est-a-dire , de lafacilite, de la clarte, une certaine elegance; elles peuvent se faire lire, meme apres celles de nos grands fabulistes. C6TES-DU-NORD. M. le vicomte Paul de Genouillac, delegue du Cornice centred agricole dc Dinan, vous a fourni , sur les tra- vaux de ce cornice, les renseignements suivants : Gette Societe , qui reunit an chef- lieu de 1'arrondisse- ment les cornices de tous les cantons , un seul excepte , celui de Matignon , donne une vive impulsion a 1'agricul- ture. Chaque anne"e, une fete agricole dans Tun des cantons vient stimuler le zele des cultivateurs et reussit presque toujours a leur faire abandonner quelques-unes de leurs vieilles routines. Depuis pen de temps, on a vu les instruments perfectionnes prendre faveur; 1'araire Dombasle , la machine a battre , les coupe-racines , les coupe-ajoncs, les pressoirs a nouveaux systemes se trou- vent maintenant en assez grand nombre dans plusieurs communes , et ce progres est certainement du aux efforts du Cornice central. Un resultat non moins avantageux se fait aussi remarquer dans les cultures. Les plantes sar- cldes commencent a prendre une large place dans 1'as- solement des terres; les prairies artificielles , pour cela , ne sont pas ne'glige'es,et chaque annee en voit augnientor 252 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. la culture ; les conseils des cornices obtiennent souvent aujourcThui de faire rompre, apres les coupes d'unan, cet herbage que la paresse et 1'insouciance faisaient garder trois ou quatre ans. Le drainage a eHe" Tobjet de mesures tres-efficaces de la part du Coinice. Une machine a fabriquer les tuyaux a ele ar.helee et confiee a un habile ouvrier; des tuyaux ont ete livres dans Tarrondissement a des prix reduits an raoyen d'une indemnity paye par le Cornice. Des travaux onl ele entrepris et executes avec succes, et ce n'est peul-elre pas anticiper sur Tavenir, que de signaler ceux qui sont en cours d'exe"cution. M. Larere, vice- president du Cornice, commence en ce moment un drai- nage qui s'elendra sur 100 hectares. Le canton ou il opere ^sl tres-arriere, les terresy sont tres-humides. Nul doute que cet example n'ait la plus heureuse influence, en laisant voir les avantages de Tassamissement d'un sol que rhumidite* rend absolument improductif. Les greves de nos cotes, et divers gisements dans Tin- terieur des terres nous fournissent des sables coquilliers dont Pu sage prend chaque annee plus d'accroissement ; c'est une source inepuisable de richesses pour ceux qui j)cuvent y recourir sans des frais trop Sieves. Malheureu- sement on en i'ait souvent abus; trop fre'quemment on les emploie sans egard a leur valeur naturelle , ni a la nature du sol ou on les porte, et on neglige la fabrication du iumier datable. La vente des pailles est un mal centre lequel lullent les proprie'taires ; mais la propri^te divisee, cultivee par le petit proprielaire Iui-m6me, se trouve sans defense. Apres la diminution des litieres viont ine*vilablemenl la vente trop precoce des besliaux ot, par suite, rinsuffisance du fumier datable. Le Cornice, TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 253 par les primes qu'il distribue a ses fetes agricoles, combat autant qu'il le peut cet entrainement, et souvenl avec succes. Les details contenus dans les proces-verbaux des con- cours donne's en 1855 et!856 feront, sans doute, apprecier les efforts et les succes du Cornice central de Dinan. DOUBS. Dans le compte,rendu par ltd, des travaux de la Societe" d'Agriculture de Besancon et de la Societe d'&nulation du departement du Doubs, M. Bruand d'Uzelle s'exprime ainsi : La Societe d'Agriculture de Besancon a ete" station- naire pendant plusieurs annees, et ses travaux out e'te' peu considerables. Pourtant, depuis 185A, elle a secoue un peu son apalhie, a apporte plusieurs modifications a son rglement , et ses membres paraissent decides de"sormais a marcher plus fermement dans la voie du progres , et a appliquer les diverses ameliorations qui surgissent sur tant de points de la France. Le concours regional de 1854 a certes aide & ce mouvement, a cette louable tendance; mais j'oserais dire que le voisinage d'une sceur , bien plutot que d'une rivale, la Societe cC&mulalion du Doubs, n'a pas etc" peut-etre absolument etranger a la nouvelle activity qui semble devoir remplacer Tancienne indolence. Le territoire de Besangon offre, a 5 kilometres en auiont de la ville , sur un plateau ^Iev6 de 150 metres environ , une plaine marecageuse , de pres de 1 kilo- metre de large, sur plusieurs de longueur, et qui est enlevee a ragriculture. La plaine de Saone forme le 25/1 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. premier gradin de Tare" te qui nous 86" pare de la Suisse ; les prairies qui la composent n'oflrent que de la laiche et des joncs, et on les exploite en tourbiercs ; le peu de produit qu'on pourrait en tirer autrement, et de qualite tres-inferieure, ne saurait souvent 6tre enleve a cause de 1'abondance de 1'eau qui recouvre parfois tout le sol, oil dans certains endroits on ne marcherait qu'en enfoncant jusqu'a mi-jambe, et dont quelques autres parties sont entierement inabordables. La Societ^ d'Agriculture a naturellement desire" d'appliquer des essais de drainage sur cette localite improductive ; grace a Inspiration de M. de La Peyrouze de Bonfils, pre"fet du Doubs, et de M. Parandier, inge'nieur en chef des ponts-et-chaussees , des travaux ont et6 en- trepris sous la direction de M. Jeannenot, ancien e"leve du Comite agronomique de Versailles. Les avis n'e"taient pas unanimes tout d'abord sur les chances de r^ussite; mais le re"sultat est venu donner gain de cause a M. Jean- nenot. Ces monies terrains n'auraient jamais pu trouver d'amodiateurs a 10 fr. 1'hectare, et Ton en offre actuel- lement de 110 a 120 fr. Les agriculteurs de la localite, qui d'aborcl avaient tourne en derision cette innovation et avaient montre meme un certain esprit d'hostilite au commencement des travaux, ont et6 les premiers a changer tout-a-fait d'opinion, m6me avant d'avoir pu s'assurer d'une maniere certaine de Tame'lioration obtenue. Du reste, comme toujours, il y a eu reaction : d'une incredulile" blamable, ils onl passe a une confiance peut- ^tre exageree. On eut et heureux, il y a quelques anne*es, de trouver a vendre de ces terrains & raison de 300 fr. TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. i!55 rhectare; aujourd'hui on en demande 1,200, 1,500 et mme 1,800 fr. La portion qu'on a affectee au drainage a ele divise'e en plusieurs lots : une partie a etc drainee simplement , sans autre operation ; une autre a e"te drainee et e"co- buee ; une troisieme , drainee , labouree et marne'e ; enfin, on a laisse' une petite portion sans y toucher, afm de maintenir tout a cote un point de comparaison entre Tetat ancien et la situation nouvelle ; mais, neuf mois apres le drainage qui avait ete fait en juillet, c'est-a-dire des le mois d'avril suivant , nous avons pu conslater que la laiche et les joncs avaient ete immediatement remplaces par des graminees. Un rapport circonstancte a du tre fait par M. Jeannenot sur tons ces travaux et sur leurs resul- tats. La Socie'te d'Agriculture en a ordonne" re"cemment Timpression.Nous pourrons done incessamment soumettre ce document aux membres du Congres. Je viens de prononcer le nom de la Socie'te' d'^mu- lation du Doubs; faurais eu, sans doute, une delegation a rernplir en son nom , et & vous rendre compte de ses travaux, si mon depart de Besangon n'avait et6 fixe le jour meine d'une seance qui ne devait avoir lieu que le soir. Cependant quoique, en cette circonstance, je ne sois pas de"legue sp^cialement, je ne crois pas devoir passer sous silence les (suvres de cette Societe,dont j'ai ete Tun des fondateurs , en 1840 , le secretaire pendant 10 ans ( de 1843 a 1853), et dont j'ai eu Hionneur d'occuper la presidence annuelle en 185/i. Depuis 18AO, ses publications ont te"moigne de son utilite et du zele de ses membres. Plusieurs me"moires ont attire Tattention du monde savant ; je citerai , 256 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. en bolanique, les notices de M. Grenier (autcur de la Tiouvclle Faune francaisc , conjoin lenient avec M. Go- dron) ; en goologie mine'ralogique, les m6moires de M. A. Delerre ; en archeologie , la notice de M. A. Delacroix sur Tancienne Alesia. En entomologie , un catalogue du Doubs , public par la Socie'te' , comprend plus de 1,700 especes , et peut etre regarde, je crois , comme le plus complet de la province. Un travail de M. Delerre, sifr les porphyrcs des Vosgcs , a valu a la Societe" une allo- cation de 600 fr. de la part du Ministre; la Monographic dcs Lepldoptcres nuisibles a obtenu deux medailles d'argenl : Tune, du Comite central d'agriculture, en 1850; Tautre, de la Socie'te' impe'riale d'horliculture du Rhone, a son exposition de 1856. On peut n'etre pas de Pavis de M. Delacroix sur Alesia; inais, evidem- ment, la question qu'il a soulevee est pleine d'inter6t ; la maniere dont il Fa traitee denote du talent et des etudes approfondies , et, selon moi, si M. Delacroix avail tort sur un point , il aurait raison sur un aulre , & savoir qu'Alise, en Auxois, ne doit et ne peut pas elre V Alesia de"truile par Jules C6sar.-Je ne m'etendrai pas davantage sur un sujet important que des hommes d'un nitrite transcendanl sont en train d'eclaircir, et cela avec un talent que je suis loin d'egaler : je citerai M. Quicherat, professeur a TEcole des chartes, etc. Je mets sous les yeux de la Commission la livraison de 1856, qui pourra donner une idee de la perse" verance avec laquelle les rnembres de la Societe* poursuivent la tache commence'e en 18/iO. TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 257 DROME. M. rabbe* Jouve, chanoine de la cathe'drale de Va- lence , membre de ttnstilut des provinces , en expri- mant, dans sa lettre du 13 de ce mois, tous les regrets qu'il eprouve de ne pouvoir, a cause de la Ires-grave maladie de r^v^que de son diocese , venir prendre part aux travaux du Congres, donne les renseignements sui- vants sur les travaux de quelques-uns de ses compatriotes de la Dr6me. II cite : 1. Un Dictionnairc manuscrit (en deux volumes in-/i. de AOO pages chacun), intitule : Origine , signifi- cation et etymologic dcs noms propres d'hommes et de localites , disposes par ordre alptiabetique , par M. A. de Costou de Montelimart. C'est un travail fort in- teressant , a cause des noms historiques dont il expose Torigine et les diverses phases , et qui , en denotant beaucoup dMrudition , suppose de longues et patientes recherches , tres-curieuses d'ailleurs. 2. Un manuscrit, de 457 pages in-/i ., de M. Tabbe" Nadal, actuellcment chanoine titulaire de Valence, in- titule : Les Adhemar et M me . de Se'vigne. Il s'agit de nilustre famille des Adhemar de Monteil (plus tard Mon- telimart}. Si Ton en excepte la partie simplement ge'ne'a- logique, on peut dire que Thistoire de celte noble et grande famille , qui tient en m&me temps au Dauphine et a la Provence; qui fournit, a la premiere croisade , un .legat du pape, dans la personne d' Adhemar, eveque du Puy , a l^glise , d'illustres prelats , et a Tarmee , de vaillants capitaines , etait digne de devenir le sujet d'un 258 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. ouvrage special, lorsqiTon songe surtout que le nom et Texistence d'une femme celebre du siecle de Louis XIV , M me . de Sevigne, sont venus s'unir e"troitement a elle, pour lui donner un nouveau lustre et 1'immortaliser, au moment meme ou elle tendait a son de"cljn. Ce travail inedit se recommande autant par la facilite" et la clarte du style que par les recherches consciencieuses et inte"- ressantes auxquelles il a donne lieu. II est divise" en vingt- six chapitres ; on y lit avec plaisir la Notice sur Tancienne eglise collegiale (aujourd'hui paroissiale) de Grignan , attenante an chateau , et sur le chapitre insigne que les Adhe"mar y avaient fonde. 3. Deux notices historiques, de M. Pabbe Vincent, cure dans ce diocese et membre de Tlnstitut historique de France, sur Les communes d'Etoile et de Livron, pres Valence. L'auteur, que le Conseil general de la Drome encourage dans ses recherches et publications par une allocation annuelle de 300 fr., a deja publie une dizaine de notices sur diverses autres communes de ce de"partement. Ges petits volumes, imprimis c^ Valence avec beaucoup de soin , se distinguent par un style de narration facile , coulant et image , sur un fond de saine erudition , enrichi de details curieux et inedits. M. Tabbe" Vincent est sur le point de terminer deux notices completes et beaucoup plus importantesque leurs ainees : Tune sur la ville de Nyons-les-Baronnies , Tautre sur celle de Montelimart. /t. Enfm, M. Tabbe Nadal, cite plus haut. a publie un beau volume in-8. de 700 pages, intitule : Histoirc fiag io log ique du diocese de Valence. Quant a mon Dictionnaire cTestMtique, dit M. Tabbe Jouve, je rrf en rapporte a vos soins pour en faire mention TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 259 au Congres , si vous le jugez convenable , ainsi que de mon Guide Valentinois. Vous supplcerez, Messieurs, an laconisme de Fauteur sur les deux savants ouvrages qu'il ne fait qu'indiquer. EURE. M. Emile Colombel, secretaire perpe"tuel de la Societe Libre d' Agriculture , Sciences, Arts et Eelles^Lctlres de I'Eure , nous a fait parvenir une note sur les travaux de cette Societe qui se preoccupe toujours , de la maniere la plus efficace , des inte'rets agricoles de sa circonscrip- tion. Depuis plusieurs annees , ses efforts tendent surtout a introduire dans les exploitations rurales Temploi des machines a battre , a propager le drainage , a faire com- prendre aux campagnes 1'importance des engrais , a en- seigner et repandre les meilleurs procedes pour leur conservation et leur manipulation. Les re'sultats qu'elle a eu a constater dans les concours ouverts parses soins demon Irent qu'elle ne s'estpasepuise'e en vaines tentatives. On peut dire aujourd'hui que, dans les fermes, la cause des machines a battre est gagne'e. Pour les engrais, le progres, quoique plus lent, est ce- pendant remarquable et Ton a trouve dans plusieurs exploitations des installations irreprochables pour les plates-formes et les fosses a purin. Quant au drainage, la Societe ne s'est pas contentee des bulletins pe"riodiques qu'elle publie sur toutes les questions dignes de son attention : elle a fait etirer plusieurs milliers de tuyaux qu'elle donne en primes ou a prix reduit aux cultivateurs qui adoptent cet excellent moyen d'assainissement. Elle 260 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. a pu , dans son concours de Pacy , en septembre dernier, de"cerner huit prix et un plus grand nombre de mentions honorables, pour re'compenser des travaux vraiment im- portants. Elle a cru devoir aussi, el c'est Ih une excel- lente pense'e, encourager les ouvriers draineurs, qui manquent encore d'expe'rience et d'habilete* et dont Tap- titude est si indispensable pour la bonne execution d'un drainage. Cinq primes ont regu cette destination. 11 faut citer ici un travail que la Socie'te' est en train de publieret qui est Fceuvre de M. Antoine Passy, son an- cien president: nous voulons parler de la carte ge"ologique du departement de 1'Eure , carte pre"cieuse a plus d'un point de vue et qui servira de guide certain pour 1'appli- cation du drainage. Le nom de son auteur suffit pour en faire appre"cier le me'rite. Gette Societe organise en outre, chaqueannee, un con- cours pour le labourage et pour Tamelioration des bes- tiaux , et , chaque annee aussi , elle accorde des r6com- penses aux domestiques ruraux dont le devouement et les longs services ont me'rite' une distinction. Enfin, on lui doit une innovation recente et qui est destine'e a avoir un grand retentissement en France , c'est le concours de chevanx qu'elle a institue" a Evreux h Toc- casion du Goncours regional du mois de mai dernier. Aveoses seules ressources, et grace a la gene'reuse ini- tiative de M. le Prefet de TEure , son president , elle a fait un essai , sans precedent jusqu'alors , et les r^sultats obtenus permettent d'affirmer que cette 6preuve reussie sera pour elle un titre de gloire. Quoique Te'poque ne permit pas d'appeler a la lulte les poulinieres, et fit crain- dre que les etalons eux-memes ne pussent 6lre facilement d6plac6s pendant plusieur$ jours, 9^ ^leveurs se sont TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 2(H cependant fait inscrire, et 71 ont presente des sujets pour la plupart admirables. Le rapporteur du jury d'examen exprimait le voeu que rtat, frappe du succes obtenu , voulut bien subventionner ces sortes d'encouragements. Nous ne pouvons que nous joindre a lui dans une meme pensee. Le Concours regional a ete encore , pour la Socie" t , Toccasion de preparer une exposition de produits horti- coles. Cette gracieuse exhibition , a laquelle les de'parte- ments voisins avaient e"te con vies, e"tait le meilleur sti- mulant pour les horticulteurs, et les prix decerne's ont recompense" de veritables me>ites. Les travaux litteraires de la Societe de TEure , dans ces derniers temps, meritent une mention toute spe'ciale. On se rappelle en effet, ajoute M. Colombel , la fa- nieuse de"couverte d'un cimetiere inerovingien dueal'ima- gination feconde de M. Lenormand , de Tlnstitut. La Societe' designa une commission pour examiner la question soulevee par le savant archeologue , et deux rapports remarquables , dont la publication fut accueillie avec une grande faveur, mirent en lumiere les resultats de Fen- quete a laquelle on s'e'tait livre. Depuis cette publication, le silence significatif qui se fait, a Tlnstitut m^me, autour de la brillante decouverte , et de nombreux temoignages venus de divers points de la science , prouvent assej que la Commission est parvenue a jeter quelque jour sur cet etrange mystere. La Societe a public , dans son dernier recueil , un ou- vrage important de Fun de ses membres, M. de Beau- repaire ; c'est VHistoire de la vicomte de CEau de Bouen. Editer de pareilles oeuvres, c'est acque'rir des droits a Testime de tons les amis de la science. 262 INST1TUT DES PROVINCES DE FRANCE. MM. Leon Metayer et Gardin fils vous ont fait honi- mage de leur deuxieme rapport sur la decouverte de constructions et sepultures gallo-romaines dans la com- mune de Menneval , pres Bernay. GIRONDE. La Societe Linneenne de Bordeaux, represent^e au- pres de vous par M. Paqueree, a commence" dignement, cette annee , la publication de la 3 e . serie de ses actes , en insurant dans son 21 e . volume quelques travaux scien- tifiques remarquables , parmi lesquels on peut citer le Zi c . et dernier Supplement au Catalogue des plantes pha- nerogames de la Dordogne , par M. Des Moulins , pre- sident; Prodromus Lichenam Gallia et Algeria, par le docteur Nillander; une Monographic du genre Thar a du docteur Walrnan, de Stockolm , traduite du suedois par le savant auteur de Touvrage qui precede ; une Monographic du genre Testacelle, par MM. Gas- sies et Fischer ; enfin , les Relations d'un voyage d exploration dans Vile de Crete, entrepris sous les auspices du Museum d'histoire nalurelle de Paris , par M. Raulin , professeur de geologic a la Faculte de Bor- deaux , ancien vice-secretaire de la Societe geologique de France , etc. Son Excellence le Ministre actuel de Tinstruction pu- blique a gracieusement accorde a la Societe Linneenne de Bordeaux une somme de 1,000 fr. , pour subvenir aux frais que necessitait la gravure d'une Carte geologique qui accompagne cet important travail. Cette Compagnie, comme on levoit, travaille serieusement; chaque jour, le cercle de sa correspondance s'agrandit et, grace h. son TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 263 influence, le gout des sciences naturelles se propage an milieu (Tune population nombreuse qui, il y a quelques annexes a peine , se livrait exclusivement au commerce et aux pratiques surannees (Tune agriculture routiniere. Enfin , la Societe Linneenne n'est pas etrangere au sucees qu'obtient le Comite" regional , que la Societe impe"riale d'acclimatation vient de fonder a Bordeaux. MM. Marionau et Paquere"e auraient voulu presenter un rapport sur les travaux des sections du Sud-Ouest de rinstitut des provinces et de la Societe franchise d'archeologie , mais les documents leur ont manque. Ces Messieurs ont du se borner, en consequence , a constater le zele et Tactivite des homines eminents qui les com- posent. Le mandat dont leurs dele"gues ont ete honores n'est ainsi qu'un temoignage de Tinteret sympathique qu'ils prennent aux savantes recherches du Congres. Parmi les publications faites dans le departement de la Gironde, votre rapporteur doit vous signaler : 1. Une Instruction simplifiee pour L'essai et Le choix des eaux d 'irrigation, par le professeur d'agriculture de la Gironde, charge de Pinspection agricole de ce de- partement. Cette brochure contient de precieuses indications pra- tiques, a 1'usage des cultivateurs qui voudront convertir leurs terres arables en prairies naturelles. 2. Des Etudes pratiques sur Cart de dessecher, par M. le marquis Ch. de Bryas. Ges etudes , qui sont le fruit du travail e'claire' d'un homme competent , forment la & e . partie de ses publi- cations sur la m6me matiere , et contiennent la relation 26A INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. (Tun voyage par lui fait en Angleterre, en Irlande, en ficosse et dans le pays de Galles. iLLE-ET-VlLAINE. II y a un an, M. Amede'e Berlin, delegue pres de vous par la Society d'agriculture et d'induslrie d'llle-et- Vilaine , vons donnait un apergu de Mat agricole de ce de"partement. M. le vicomte Paul de Genouillac, dengue actuel de cette Society , vous annonce que , dans le courant de cette anne"e, les travaux de Tagnculture ne se sont point ralentis. Ainsi, en 1852, trente-deux cornices vous etaient signales; et, au mois de septembre 1856, qua- rante cornices donnaient des fetes agricoles dont les re- sultats constatent,sur plusieurs points, des progres re"els. La Society n'est point 6trangere a cette action ; sou- vent elle a provoque et encourage les efforts des co- rnices. Elle-meme a pris un nouveau developpement : aujourd'hui elle compte plus de deux cents membres habitant les diverses communes, meme les plus eloign^es du chef-lieu du d^partement ou se tiennent ses seances. Le Journal d 9 agriculture pratique , qu'elle public , repandu a peu de frais dans la campagne, y fait connaitre les progres de Tagriculture et signale aux cultivateurs les ameliorations dont leurs terres sont susceptibles. Dans les stances mensuelles de la Societe , des questions d'un veritable interet local sontdiscut^es. G'est ainsi que, cetlc annee , rame*lioration de la race bovine a ete Tobjet de s^rieuses contestations. Gette fois encore on a oppose" a Tamelioration obtenue par des croisements celle qu'on obticnt par selection. L'on a voulu exclure TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 265 des concours le taureau auquel on reprochait d'etre issu (Tun metis , et, sur ce point, s'est eleve"e la question de i'anciennete" de la race Rennoise. Ces discussions souvent sans solution , si elles n'aboutissent pas immediatement , portent cependant des fruits et excitent, des deux parts , les contradicteurs a faire triompher leurs opinions par la production, dans les concours, d'animaux perfec- iionne's. Chaque anne'e , un concours est donne dans Tun des arrondissements du de"partement. En 1856 , il avait lieu a Montfort. Le compte-rendu de cette fete, compris aux numeros du journal des 2 et 16 novembre dernier, fait voir Timpulsion que la Societe imprime a 1'agriculture du pays, et combien deja on peut constater de progres realises. Des plantes sarcle"es, des prairies artificielles , se trouvent aujourd'hui dans des terres que Ton croyait impropres a ces cultures. Les engrais Grangers , le noir-anirnal , le guano, le sablon coquillier, la chaux , les marnes de mer, sont transportes, mais toujours a trop grands frais, dans les campagnes. Ges essais font , chaque jour, de- plorer davantage Fetal si impraticable des chemins ruraux. Le drainage a et6 opere avec succes sur de grandes etendues; la Societe fait tous ses efforts pour developper de plus en plus ce moyen d'assainisse- ment dans un pays oil se trouvent tant de terres froides et humides. Les primes donnees aux concours de bestiaux sont un puissant mobile aupres des culti- vateurs ; aussi de nombreux prix figurent-ils an pro- gramme pour la race des vaches laitieres, qui constitue une portion considerable des produits du departement. La race porcine, non plus, n'est pas ne'glige'e; la So- ci^te croit devoir faire de nouveaux efforts pour substi- 12 266 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. tuer & celle du pays les belles races de divers comte"s de PAngleterre. La fabrique si remarquable d'instruments agricoles de M. Bodin met la Soctete & meme de propager Temploi de ces nouveaux moyens d'action: c'est ainsi que la plu- part des primes sont transfer m^es en instruments per- fectionn^s. La Soctete essaie aussi de r^pandre dans les cam- pagnes des connaissances positives sur r agriculture. Elle engage les instituteurs primaires a donner des notions ci leurs eleres, et ci ouvrir des conferences agri- coles le dimanche. Des ouvrages ele"mentaires d'agricul- ture , des abonnements a des journaux agricoles , ont ete distribues en primes au concours de 1856 ; de nouveaux encouragements sont inscrits au programme du concours de 1857. Outre la publication du Journal a" agriculture pra- tique, paraissant le 2 et le 16 de chaque mois, et dont la collection, pour 1856, vous a ete offerte par la Societe d'agriculture et d'industrie , des publications faites par des membres de cette Societe ne doivent pas 6tre ou- bliees. M. Malagutti, doyen de la Faculte des Sciences de Rennes , a fait paraitre en 1856 la suite de son Cours de chimie agricolc , et, au commencement de cette annee , un Petit cours de chimie agricole a Tusage des ecoles primaires. M. Bodin , directeur de 1'Ecole d'agri- culture de Rennes, a publi6, en 1856 : 1. La troisieme edition des Elements d 'agriculture , ou lecons d'agriculture appliquees au d^partement cFllle- et-Vilaine ; 2. VHerbier agricole, pour les eleves des Trois- Croix et ceux de TEcole normale , avec 110 figures; TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 267 o*. Des Lectures cl promenades agricoles pour les enfants des ecoles primaires ; 4. Enfm on doit ci M. Gagon , conseiller a la Cour, une brochure , recemment imprimee , sur Y 'Agriculture de rancienne province de Bretagne. Ces divers ouvrages et ceux non moins populaires de M. Berlin, repandus dans le departement avec le concours de la Socie"te, y produiront sans doute d'heureux resultats et sont, au surplus , une nouvelle preuve du zele et de la bonne volonte de leurs auteurs , aussi bien que de Pem- pressement de la Sociele a profiler de tout ce qui peut hater les progres de Fagriculture. L'interet que vous portez a toutes les institutions qui se rattachent a r agriculture sera 1'excuse d'une digression a laquelle je crois pouvoir me livrer : le nom de M. Bodin a ete prononce" dans la note qui precede. Ge ne sera d'onc pas sortir tout-a-fait de mon sujet, que de tran- scrire ici les details fournis a votre rapporteur sur Te'cole d'agriculture que cet agronome distingue dirige avec tant de succes. Quoique dejoi une partie de ces details soil connue de plusieurs d'entre vous , il m'a paru utile de les reproduire , en les rapprochant des re- sultats nouvellement obtenus ; vous jugerez mieux des progres que j'ai a vous signaler. Aujourd'hui d'ail- leurs que le Gouvernement se propose d'introduire Ten- seignement agricole dans les ecoles normales primaires , il nfa semble que des documents sur une importante ecole d'agriculture , quoique sa creation remonte ^ 18/iO, auraient en quelque sorte le me* rite de Tactualite. Un homme dont la carriere a ete trop courte, M. Le- grand, recteur de 1'Academie de Rennes, conslammeni 268 1NSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE, occup6 de faire pene"trer une instruction solide dans fes campagnes, eut Fide"e neuve et fcconde d'allier Fensei- gnement de ragriculture a Fenseignement primaire. II etait convaincu que Finstruction primaire ne serait pro- fitable qu'autant qu'elle se rattacherait aux besoins des cultivateurs et a leur profession. En eflet, Finstruction d6- pourvue d'une application spe"ciale, et donnee incomplete- ment, devient plutot un fleau qu'unbienfait pour la socie"te\ Lorsque te jeune paysan, en apprenant a lire, s'habi- tuera aux idees de theorie agricole raisonnee , il ne de- daignera plus la profession de son pere et restera fermier comme lui , mais avec cette difference que les bons prin- cipes qui lui auront ete donnas par son maitre lui per- mettront de tirer un meilleur parti du sol qu'il cultivera. Pour arriver plus surement jusqu'aux eleves, M. Legrand pensa qu'il fallait d'abord instruire les maitres ; il fit, en consequence,tous ses efforts pour unirFenseignement agri- cole a Finstruction qui se donnait a Fficole normale pri- maire recemment fondee a Rennes, et re"unissant les 61e- ves-maitres des cinq debasements de Fancienne Bretagne. Cette vaste combinaison, qui, au premier abord, ne fut appreciee que de bien pen de personnes, avait besoin d'etre appuyee fortement par Fautorile. Des hommes 6claires et desint^resses solliciterent le Gouvernement , qui accorda quelques secours et permit de fonder un cours d'agriculture a Fcole normale. Ce n'etait pas assez. La volonte ferme de M. Legrand suppleant a ce qui manquait d'ailleurs en appui et en ressources , on obtint enfin du Gouvernement Fautori- sation de louer une petite ferme, et quelques fonds furent vot6s par le Conseil gne>al pour cet objet. La terre de Gros-Malhon, d'une tendue de 8 hectares TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856, 269 seulcment , et situe"e tout pres de TEcole normale, fut done prise a bail en 1832. Une si petite ferme paralt bicn pen de chose pour une entreprise de ce genre; les batiments etaient, en outre, comme ceux de presque toutes les fermes de Bretagne, en mauvais etat et mal appropries a leur destination. C'etait commencer avec des difficultes de toutes sortes et dans une position oil plus d'un se fut decourage. Cependant, on avail propose a M, Bodin de creer et de diriger Tecole projetee, II venait de passer dix-huit mois a Tecole deGrignon, et etait revenucultiver quelques arpents de terre que possedait son pere dans le departe- ment de la Sarlhe. M. Bodin crut la tache au-dessus de ses forces; avant d'essayer de raccomplir, il voulul retourner pendant six mois a Grignon , ou il trouva dans les legons de Thabile directeur ce qui pouvait encore lui manquer. II arriva done a Rennes en octobre 1832. Il commenca a 1'ficole normale des lecons d'agriculture theorique , et mil la petite ferme en etat de servir bientot de base a ces lecons. D'abord, les personnes qui examinerent de bien pres Tentreprise furent les seules qui ne trouverent pas cette petite ^.cole trop mesquine et presque ridicule. Les debuts inapercus, pour ainsi dire, furent probablement une chance de succes. Si 1'ecole eut ete plus vaste et mieux installee, on eut ete plus exigeant , et quiconque a mis la main a Fceuvre sait que les succes en agriculture ne peuvent etre que lents. D'un autre cote, une position aussi humble ne pouvait exciter renvie,et Ton sait encore a quelles jalousies sont en butte ceux dont la position peut faire ombrage. La troisieme annee, quelques Sieves internes furent admis gratuitement a la ferme, et, les ressources n'e'tant 270 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. pas suffisantes pour les entretenir, M. le Ministre de ragriculture accorda 1,800 fr. pour la pension de six jeunes cultivateurs. Quoique pris an hasard, les premiers e'leves eurent des succes, et d'aulres sujets se pre'sen- terent bientot. Tous les essais ayant a peu pres reussi et les cultures ayant ete appreeiees , Futilite" d'une ecole d'agriculture ne fut plus contestee, non-seulement dans ses rapports avec Ttfcole normale, mais aussi et plus particulierement pour 1'avantage de ragriculture. On songea done a donner plus d'extension a Fetablis- sement, et le Conseil general, sollicite par quelques-uns de ses membres devours aux interets de ragriculture , nomma une commission pour faire un nouveau bail avec le proprietaire de la petite t'erme , ou loner une terre plus considerable. Heureusement pour 1'avenir de 1'ecole, ces Messieurs avaient compris toute Timporlance de leur mission , et , malgre le peu d'etendue des pouvoirs qui leur etaient confies , ils n'hesiterent pas a louer la ferme des Trois- Croix, d'un prix de fermage annuel de 3,500 fr. Le Gonseil ge'ne'ral avait fixe aux membres de sa Com- mission une allocation de 2,000 fr. seulement ; le sur- plus dut etre acquitte par M. Bodin. Du reste , cet arrangement placait ainsi le directeur dans la position d'un fermier , et Tentreprise n'inspira que plus de con- fiance. Le bail des Trois-Croix fut continue jusqu'en 1850. A cette derniere date, il fut renouvele pour quatorze annees, avec une augmentation de fermage de 500 fr. , et une autre ferme, nommee Coetlogon, fut ajoutee a Te'cole. Ces deux fermes, reunies et contigues, forment une TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 271 etendue de 65 hectares, que M. Bodin loue entierement pour son compte , moyennant 8,000 fr. Le departement iui donne, sur ce prix de fermage, une indemnite de 2,000 fr. et paie la pension de six boursiers. M. le Ministre de ragriculture et du commerce accorde aussi a Tecole douze boursiers. Les batiments des deux fermes, mal appropries aux besoins de Texploitation , ont du etre augmented. M. Bo- din a fait construire, a ses frais, tres-sim piemen t et economiquement, des etables et autres batiments, et les deux fermes entretiennent soixante betes a cornes et six chevaux. Une fabrique d'instruments aratoires fut annexee a re"cole. On Iui doit en Bretagne la connaissance et Tusage des instruments perfectionnes, et maintenant elle en- voie ses produits dans toutes les parties de la France. Cette fabrique, qui commen^ait, il y a vingt-deux ans, avec un forgeron et un menuisier, occupe aujourd'hui plus de cent ouvriers , et produit , chaque annee , environ quinze cents instruments. Les lemons d'agriculture avaient ete" interrompues a rcole normale, en 18/iO, par des circonstances inde- pendantes de la volonte de M. Bodin. Sur les instances de 1'autorite departementale et de M. le Recteur de 1'Academie , elles furent reprises en Janvier 1856. Les eleves de Tficole normale sent amene's deux fois par semaine a TEcole d'agriculture , dont ils suivent les travaux, tout en recevant les enseignements theoriques qui s'y rattachent. ]V1. de Genouillac vous annonce que deja les lemons recues par ces eleves ont produil de bons effets et donnent de jusles esperances pour 1'avenir ; mais , selon Iui , il est 272 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. a regretter qu'une autre ecole normale , celle qui a ete fondee a Ploermel (Morbihan), par M. 1'abbe Jean-Marie de LaMennais, et qui fournit aussi de nombreux insti- tuteurs primaires aux cinq deparlemenls de la m6me province, ne puisse pas profiler, comme celle du de"parlemenl d'llle-et-Vilaine, des avantages que lui procurerait la frequenlation d'une ecole d'agricullure voisine de Ploermel. M. Amedee Berlin , ancien sous-prefel de Fougeres el ancien representanl d'llle-et-Vilaine , donl vous con- naissez loul le zele pour 1'agriculture , a fail hommage au Congres de diverses brochures, savoir : 1. Statistique des subsistances et des cornices acjricoles (deux vo- lumes) ; 2. le Credo agricole, 3 C . e"dilion, enlieremenl neuve ; 3. Inferiority de la France en agriculture ; moyen dc La faire cesser en creant I'enseignement agricole rural general, permanent, sur place, a domicile et enpublic; Zi. Re forme agricole; moyen de faire cesser Cinferiorite de la France en agriculture. A eel envoi, M. Berlin a joinl , a Fadresse de M. le Pre"- sidenl du Congres, la leltre suivanle, donl je dois vous donner leclure, parce qu'elle resume les vues de son auteur el qu'elle annonce, en meme lemps, commenl il a lui-meme mis en pralique ses recommandations : Ne pouvanl elre a Paris au momenl de la reunion du Congres des delegues des Societe's savanles, j'ai Thonneur de vous adresser , pour en faire hommage au Congres, divers ecrits donl quelques-uns repondenl, je crois, a Irois des questions poshes dans le programme de la session de 1857. Pour moi, cela ne fail aucun doule ; mais je sais combien il faul de lemps pour amener la TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 273 conviclion dans les esprits , meme lorsque Ton peut invoquer le succes a son appui. Un petit ecrit, que je vous adresse pour 6tre distribue", intitule : Reform? ayricole, resume mon systeme, mes moyens et leurs resultats; il repond a la 2 e . question du programme. Je fais Texperience de tons ces me'canismes dans deux communes d'un esprit different : dans Tune, a Montaigu, tout marche a merveille: les plus anciens, comme les plus jeunes , sont animes des meilleures intentions ; 60 personnes y ont r6gulierement suivi les conferences du dimanche, et, comme ce ne sont pas toujours les memes , 300 au moins y ont assiste" ; 40 menages sont inscrits pour la lecture de la bibliotheque, mais un plus grand nombre prennent part a cette lecture. A SL- Germain,qui est cependant la commune que j'habite, cela va moins bien; les habitants sont plus mal disposes, mais, neanmoins, ils suivent Timpulsion donnee. Dans les deux communes, la question de la fabri- cation des fumiers est une question resolue, mise en pratique par beaucoup de cultivateurs et qui sera tres- promptement vulgarisee ; et cependant tout cela date d'hier; c'est 1'oeuvre de mes Opuscules et du Calendricr- affiche, qui n'estqu'au numero 40; car les confe'rences du dimanche ne sont assez nombreuses , pour produire de Teffet, que depuis le mois de novembre et m&me depuis f^vrier, et elles ne reussissent pas encore a St.- Oermain. J'ai done raison de dire que , quelque moyen d'en- seignement que Ton emploie , pourvu qu'il y ait re'pe- tition a domicile et en reunion , il y a succes , parce qu'il y a agitation agricole entretenue. Et, en effet, dans ces deux communes, et meme dans les communes 27A INSTITUT DBS PROVI1NCES DE FRANCE. voisines, on ne parle que d'ameliorations agricoles dans toutes les conversations. Le jardin-agricole-e'cole que j'ai cree", attire beaucoup Inattention des habitants, et sera visile' par un grand nombre de personnes qui y viendront de tres-loin. Que le Gouvernement cree un Moniteur-agricole- affiche illustre" ; qu'il fasse prendre aux PreTets des arrete's de police sanitaire sur la tenue des fumiers (voir celui que j'ai formule page 167 des Cornices agri- coles ) , r agitation agricole generate naitra par ces deux seuls faits; ce sera la meilleure preparation a Fetablissement et au succes des aulres moyens que je propose et que je mets en pratique. Le droit de I'admi- nislration, dans cette matiere, n'est pas douteux : si j'etais maire ou prefet, je n'hesiterais pas a prendre un arre'te' sur cette matiere. C'est la meilleure solution des deux questions 6 et 7 du programme du Gongres. L'annee derniere,lorsqu'au Congres vous enon^ates le titre de mon projet d'arre" 16 sur la bonne tenue des fumiers renchw obiigatoire par mesure de sante 1 publiquc , un sourire assez general , peu favorable a ce projet , accueillk vos paroles; j'espere que, cette ann6e, Tidee, elant presentee par le Congres lui-meme , recevra un meilleur accueil* INDRE-ET-LOIRE. Vous avez regrette, Messieurs, que la Societe archeo- logique de Touraine , dont les communications sont tou- jours si importantes, n'ait pas ele, pendant cette session , represented au milieu de vous. Je dois cependant men- tionner Tenvoi, qui vous a ete fait par M. Andre Salmon, vice-president de cette Societe , d'une publication inti- TRAVAUX DBS ACADEMIES EN i856. 275 tulee : Marc tie fait avec des macons pour la construc- tion de certaines parlies du chateau de Ghambord. Get inleressant document, qui se rattache a Thistoire de Tun des plus magnifiques chateaux de France, porte la date du 9 mai 15M. LOIRE. Une societe nouvelle, qui a pris le litre de Societe imperiale d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles- lettres du departement de la Loire, s'estformee tout re- cemment a St.-lhienne, nouveau chef-lieu de ce depar- tement ; elle ne pouvait encore vous faire connaitre ses travaux , et son delegue" a du se borner a vous remettre un exemplaire de ses statuts. Les noms des membres distingues qui composent le bureau de cette societe pour 1857, et celui de son detegue" actuel, vous permettent de compter , pour les sessions ulterieures du Congres , sur une active et utile collaboration. Dans le bulletin de la Societe des sciences nalurelles et des arts de St.-fitienne, public en 1856, j'ai remarque , outre le compte-rendu de chacune des stances de cette societe , et diverses planches se rattachant a la botanique et a dessujets de teratologie : 1. une notice necrologique sur M. Barthelemy Courbon , ancien president de la Socie'te', par M. de la Tour-Varan; 2. le compte-rendu des travaux du Congres des de"legues des Societes sa- vantes de France pendant sa session de 1855. Ce remar, quable travail, tres-lucide et tres-complet, est Foauvre de M. d'Albigny de Villeneuve, secretaire et de"legue de la Societe , aujourdliui membre de Tlnstitut des pro- 276 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. vinces. Permettez ft votre rapporteur de regretler que nos collegues du Congres ne prennent pas ge'ne'ralement Thabitude de rendre compte ft leurs compagnies de tout ce qui se passe dans cette enceinte pendant vos sessions. Les Societes represenlees au milieu de vous connai- traient beaucoup plus tot I'importance , toujours crois- sante, de vos travaux, et pourraient ainsi , avant la publication de votre Annuaire 9 profiler de vos enseigne- ments, se conformer ft vos recommandations et pre- parer, pour Fannie suivante, la solution des questions restees indecises^ ou des questions nouvelles sur les- quelles vous auriez appele leur attention. Le bulletin de la Societe" des sciences et des arts se lermine par la resolution qu'a prise cette socie'te' de se reunir ft la Socie"te agricole et industrielle , nouvellement etablie ft St.-lhienne, pour ne former avec elle qu'une seule et meme compagnie. LOIRE-INFERIEURE. Dans une de vos seances, M. Kizeul, de Blain, de- legue de la Societe archeologique de Nantes, vous a lu la note suivante : II ne vous a pas ete rendu compte, Tan passe, des travaux de la Societe archeologique de Nantes pour 1855. Je ne puis le faire aujourd'hui, mais je crois bon de vous dire que cette Societe a continue" avec re"gularite ses seances mensuelles, et que ces seances out presque toutes pre"sente d'inleressants travaux , ayant principa- lement pour objet des recherches archeologiques et to- pographiques dans le pays Nanlois el dans le Bas-Poitou. Le meme zele, les monies travaux n'ont point fait TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 277 defaut en 1856. M. le baron de Wismes , qui prepare un Album du Maine et de PAnjou , remarquable par de tres-beaux dessins des monuments principaux de ces deux provinces, nous a lu le texte qu'il a joint a la vue du chateau de Lassay , texte plein d'inte"rt par la de- scription du monument, et plus encore par la mention fort curieuse et piquante des personnages ce'lebres qui Font habited M. de La Borderie, Tun des eleves les plus distin- gues de 1'Ecole des chartes , charge a Nantes de la clas- sification des archives historiques et ducales de la pro- vince deBretagne, s'est.occupe de revoir le proces des quatre malheureux gentilshommes bretons de'capites a Nantes , en 1720 , comme rebelles a Tautonte* du roi ; il a fait sur cette matiere un travail de longue haleine , et d'autant plus inte'ressant qu'il pourra jeter un jour tout nouveau sur cette affaire , et amener a discerner les differences et le peu de connexion qu'elle presente avec la conspiration de Gellamare et les intrigues de la duchesse du Maine. M. Bizeul , de Blain , a lu le commencement d'une description de 1'enceinte romaine de Nantes dans les fondations de laquelle on a retrouve* des sculptures , des inscriptions, des pieces d' architecture , comme en tant d'autres villes. Cette enceinte, dont il existe encore d'assez petits fragments, mais dont on peut presque partout reconnattre le pe'rimetre, etait a petit appareil et a cordons de briques. M. de La Borderie nous a raconte 1 , dans plusieurs seances, un voyage archeologique fait en Basse-Bretagne, a Landernau, Roscofe, St.-Pol-de-Le"on , St.-Erbot, etc, Nous esperons que ces recits pleins dTinter&t seronl 278 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. reproduits dans nos Memoires , et prouveront que cette region si reculee de noire pe'ninsule bretonne , que ce Quimper-Corentin , que ce Landernau 3 trop souvent 1'objet des quolibets parisiens , meritent qu'on ne s'ecrie pas avec le bon , mais malin La Fontaine : Dieu nous preserve du voyage I La reunion , a Nantes, du Congres archeologique de France avait stimule notre zele. Nous avons hate Teta- blissement de notre muse"e dans Fancienne et grande chapelle de 1'Oratoire. Le catalogue en a ete redige et imprime en moins de quinze jours , grace au zele si actif de MM. Parenteau et Armand Gueraud. Ce cata- logue , a beaucoup d'articles duquel les auteurs ont joint des notes explicatives , toujours utiles , souvent cu- rieuses , mentionne 3,825 objets , dont 1,544 monnaies et medailles anciennes et modernes, et 2,281 en terre cuite, pierre, platre, bois, metal: des plans, cartes, des- sins , gravures , portraits peints , toiles peintes , etolfes brodees , verres, etc.; et , chaque jour, cette collection s'augmente par quelques acquisitions et surtout par des dons particuliers. II en resultera que la ville de Nantes sera dotee d'un e"tablissement scientifique qui lui man- quait. L'absence d'un musee archeologique a Nantes etait d'autant plus regrettable , qu'elle a ete cause de la perte d'un grand nombre d'antiques de toutes sortes, parce qu'on ne savait ou les placer. Aujourd'hui il n'en est plus ainsi , et Ton s'occupe de faire de nouvelles fouilles dans les endroits memes ou les fondations de nos mu- railles romaines en ont dej(i fourni , et d ? ou sont sorties nos plus importantes inscriptions. M. Bi/eul , de Blain , a TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 279 ete charg^ d'indiquer les endroits qui presenteraient le plus de facilites pour executer de nouvelles fouilles dont les resultats salisfaisants sont presque assures. Un me- moire a et6 lu a ce sujet. Les poteries romaines et autres objets en terre cuite de notre musee .se sont singulierement accrus par des fouilles qui ont eu lieu en deux endroits principaux du paysNantois, d'abord aBlain, ancienne ville romaine, mais surtout a Rezay, etablissement romain conside- rable , oil le percement d'un chemin de grande com- munication, traversant tout le terrain forme de ruines, a mis au jour une etonnante quantite d'objets antiques , tons recueillis avec soin par M. Vandier , 1'un de nos membres fondateurs , qui a bien voulu se charger de 1'arrangement et de la conservation de notre musee , tache fastidieuse , souvent penible , mais qu'on ne pou* vait confier a de meilleures mains , a un zele plus genereux. Je dois rappeler ici que M. Vandier nous tient in- formes, chaque ann^e, par un rapport d'une parfaite exactitude , de tout ce que nous acquerons annuelle- ment de richesses archeologiques , et de toutes les ma- tieres qui ont ete traitees dans nos stances. Ge travail , fort bien fait , presente en quelques pages la substance de nos proces-verbaux. Je ne puis terminer cette note sans exprimer le regret qu'il ne vous ait pas ete envoye un precis des travaux de TAssociation bretonne, tant sous le rapport agricole que sous le rapport archeologique. La session de St.-Brieuc , en 1856 , a dignement inaugure la di- rection gene" rale confiee a M. le comte de Caffarelli. Je ne puis entrer dans aucun detail , n'etant nullement 280 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. prepare a cetle tache. Mais je puis du moins signaler a 1'Assemblee deux travaux tres-remarquables de notre jenne et savant confrere, M. Rame" , qui a de'montre', de la maniere la plus convaincante , Page et la destina- tion de ce qu'on a nomine le temple de Lan-Leff ; puis nous a fourni, sur la destination des bailments de Tan- cienne abbaye de Beauport, pres de Paimpol (Cotes- du-]\ord ) , les explications les plus savantes et les plus completes. M. Dupuis , dengue de la Socicte archdologique de L'Orleanais, vous a, dans un rapport etendu , donne d'inleressants details sur Torigine et la constitution de cette Societe, qui date de 1849, sur sa bibliotheque, sur son musee , et sur les excursions que font ses membres pour proteger les monuments menaces de destruction; je regrette que la limite dans laquelle doit etre renferme mon rapport ne me permette pas de les reproduire. M. Dupuis s'est ensuite exprime ainsi : Nous avons maintenant, Messieurs, & vous entre- tenir de nos travaux proprement dits. Ce sont : 1. nos publications ; 2. les avis que nous avons donnes; 3. les decouvertes que nous avons pu faire; /t. la conservation ou la restauration de monu- ments obtenues par nos soins. Quant a nos publications , 26 bulletins trimestriels ont paru : ils renferment , outre le comple-rendu des stances , une foule de documents , de renseignements sur Thistoire politique , arlistique on litteraire de la pro- vince, sur ses monuments, les objets d'art; ces docu- ments, sans offrir Timportance ou sans comporter 1'eten- due d'un m^moire, pre"sentent parfois un interet reel. TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 281 Trois volumes d'annales ont e"te publics; le qua- trieme est sous presse. Les deux premiers contiennent 32 memoires en plus grande partie relatifs & des evene- ments ou a des monuments de la localite. Le Iroisieme est consacre la publication de lettres de rois de France et surtout d'Henri IV , adressees la ville de Chartres. II a vivement interesse les personnes qui se preoccupent de recherches historiques. Des maires, des cures, des corporations, voulant mettre la science d'accord avec le bongout, nous ont demande des avis sur des restaurations et des embellis- sements a faire h leurs monuments, a leurs egliseg , sur des projets de medailles ou de jetons. Ainsi , M. le maire d'Orleans a demande a la Societe un rapport sur les restaurations a faire a son H6tel-de- Ville, et sur la medaille a frapper en commemoration de Inauguration de la statue de Jeanne d'Arc ; M. le Prefet du Loiret, un projet de la medaille destinee aux medecins cantonaux ; notre Institut musical , un modele de jetons ; M. le Cure de St. -Laurent d'Orleans, un avis sur la dis- position de Tentree de la crypte de son eglise. Parmi les points historiques, que nous avons eclaircis et auxquels des memoires ont ete consacres , nous signalerons : Le lieu ou mourut Henri I er . de France ; Celui ou fut donnee la bataille de Patay ; L'endroit ou fut assassine , par Poltrot , le due de Guise ; Les details du siege de Monlargis et de sa levee par Dunois, en 1426. Et , a ce propos , nous avons e"mis le vo3u que le monument commemoratif de la premiere victoire du grand capitaine , detruit en 1793 , fut retabii, 282 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. Parmi les lieux incertains ou inconnus, fixes on re- connus, nous indiquerons : line mansion romaine ci Bazoches ; Un e'tablissement romain Suevres ; L'emplacement de Tancien Brivodurum & Ouzouer- sur-Trezee , pres de Briare ; Un theatre romain Trigueres, monument unique dans nos contrees , ou Ton connait plusieurs cirques ; mais ou jamais Texistence d'un theatre n'avait ete si- gnale'e. Une decouverte plus precieuse encore , c'est celle que vient de faire Tun de nos plus zeles collegues , M. Pillon, et & laquelle il s'est empresse d'associer la Societe arch6ologique, Tinvention de la grotte de saint Mesmin, ancienne caverne druidique , creusee dans la falaise de la Loire , en face de la vieille abbaye de Mici ; grotte ^ I'entr^e de laquelle se trouvent deux magnifiques piliers merovingiens et communiquant jadis avec le sanc- tuaire de Teglise de la chapelle St. -Mesmin par un esca- lier dont les debris se voient encore. Ce fut lei que le saint fondateur de Mici voulut etre enterre. Depuis un temps immemorial , cette grotte etait bouchee et la tra- dition seule gardait le souvenir de son existence , sans rien reveler sur sa situation. Sa decouverte, fruit de per- se'verantes et courageuses investigations , est pour la religion et pour la science un heureux evenement. Mais de toutes les recherches, celle dont le succes qui Ta suivie nous a cause le plus de joie et qui nous semble vraiment un litre & la reconnaissance publique, c'est celle que, Tan dernier, nous avons operee dans Teglise de Notre-Dame de Clery. U existe une chapelle, mise sous Tinvocation de TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 283 saint Jean, et connue sous le nom de chapelle des Lon- gueville. Batie par Dunois, ornee de ses armes et de celles de Marie d'Harcourt, sa femme, et destinee a la sepulture de sa famille , 1'histoire et la tradition disaient qu'il y avait ete enterre ; mais la tradition disait aussi qu'a plusieurs epoques de nos troubles civils , ces tombeaux avaient ete violes et qu'ils ne conservaient plus rien des restes glorieux qui leur avaient ete confies. Des fouilles pratiquees dans cette chapelle nous ont fait retrouver, a cote d'un caveau ou quelques ossements de femme et d'enfant elaient meles> la terre qui le rem- plissait , a des debris de sculpture , de meneaux brises , de pierres et de planches de bieres , deux petits caveaux construits cote a cote ou reposaient deux cercueils intacts, Fun , en bois, consomme par le temps, c'etait celui de Francois II de Longueville, ills de Dunois; 1'autre, en plomb, portantune inscription et des armes, contenait le corps embaume" d'Agnes de Savoie, sa bru. De petits pots, renfermant du charbon, etaient places autour de ces cercueils. Dans cette nitae chapelle , les fouilles ont revele Fexistence d'un caveau s'avancant sous Tautel ; caveau d'honneur e"videmment. II avait ete* viole. De la terre, des debris , le remplissaient et , parmi cette terre et ces debris , des ossements etaient e'pars. Ces ossements etaient forts; quelque chose qui inspirait le respect sem- blait emaner d'eux. Recueillis avec un soin religieux et assembles sur le sol de Te'glise , ils se sont trouves re- constituer un squelette complet ; une seule des vertebres cervicales manquait; c'etait celui d'un homme de haute stature, robusle, age", atteint de la goutte , ayant, d'apres 286 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. la flexion des jambes , passe & cheval une partie de sa vie. A ces signes, & d'autres encore , il ne restart aucun doute possible : nous avions retrouve" les restes du Batard d'Or- teans , du compagnon de Jeanne d'Arc , du liberateur de la France. Ges restes, recueillis avec respect, renfermes dans une tombe , ont ete , a la suite d'une ceremonie re- ligieuse , deposes de nouveau dans leur caveau rendu son e' tat primitif. Quelquefois rantorite locale a invoque notre appui et nous a demande de joindre nos reclamations aux siennes pour la conservation ou la restauration de monu- ments. Plus souvent , c'est d'office et de nous-memes que nous avons signal Mat facheux de ces monuments et lache de les arracher a la degradation et a la destruction. C'est ainsi que nous avons obtenu le deblaiement , souhaite" depuis si long-temps, de la crypte de St.-Benoit- sur-Loire, et tout recemment de celle de St-Aignan d'Orleans ; que nous avons contribue ^t obtenir la restau- ralion de la crypte de St.-Avit , construction merovin- gienne, selon les uns, carlovingienne , selon d'autres, decouverte dans le jardin du seminaire d'Orleans. Ainsi nous a 6 te accordee la conservation du clocher de St. -Martin de Vendome, et nous avons attire Tatten- tion sur les fresques , alors tres-menacees , de la chapelle St.-Gilles de Montoire et de la chapelle de St.-Genou, ^ Celles-sur-Cher. Les dessins de ces deux fresques, habilement re- leve"s, sont dans nos cartons et prets a elre publics des que nos ressources nous le permettront. Ainsi nous avons conserve, par des plans et des dessins, le souvenir de chateaux, qui, comme celui de Chemault, jadis habite" par Henri IV, comme celui de TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 285 Bellegarde , tombaient sous la hache du vandalisme ei de la bande noire. Nous avons tache de prote"ger centre Tincurie el rindifference , soit de Tautorite, soil de ieurs posses- seurs, de precieux restes : ici, les curieuses groltes druidiques de Montoire; la, les vitraux de Gour-sur- Loire, ei la crypte de realise de St.-Aignan-sur-Cher, changee en magasin de lonnellerie. A plusieurs fois, nous avons signale le peril qui menace les voutes de noire magnifique eglise de St.- Benoit : en ce moment encore , nous re'clamons avec instance , et le Ministre vient d'ecouter nos doleances. L'e'dilite d'Orleans avait ordonne que les facades des maisons de la ville fussent reblanchies ou regrattees. Nous avons, par nos remontrances , sauve de cet ou- trage les facades de nos vieilles maieons historiques. Nous venons de faire mieux encore en leur faveur , et je vous demande, Messieurs, la permission d'entrer dans quelques details sur une ide'e qui , je Tespere , aura votre sympathie , car elle est toute de conservation. Orleans renferme un assez grand nombre de maisons remarquables par r^legance de Ieurs facades et les de- tails de leur architecture. Presque Unites sont de Tepoque de la renaissance, qui y a prodigue les plus gracieux caprices de son ornementation. Elles sont situe"es dans les vieux quartiers de la ville. Quelques-unes sont in- habitees et servent de magasins; on concoit a quels dangers elles sont exposes. Celles qui sont habitees sont peut-eire sujettes a plus de perils encore. Elles doivent , en eflet , 6tre appropriees aux besoins des loge- ments, a ceux du commerce. Les exigences de la vie moderne s'arrangent mal des dispositions anciennes. 286 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. Pour avoir plus de jour , on supprime les meneaux des fenfires , on agrandit des ouverlures; on abat des cor- niches , on deplace ou Ton detruit un escalier en pierre ; de delicates sculptures sonl noye'es dans le badigeon ou inutilees par le ciseau qui les gratte. Toules celles a qui on louche ainsi sont deshonore'es ; quelques-unes onl completement disparu , et les amis des arts gemissaient de ce vandalisme qui continuait ses ravages sous leurs yerax memes, sans qu'ils pussent faire autre chose qu'ex- primer des regrets inutiles. Une idee nee dans le sein de la Societe arche"o- logique, approuvee par elle , patronnee par plusieurs de ses membres , s'est realisee en un projet deja en cours d'exe"cution et qui doit soustraire ces maisons a la de- struction plus ou moins prochaine qui les menace. A cet effet, quelques personnes se sont reunies et ont con- stitue une socie"te dont le but est d'acheter, de con- server et de restaurer les maisons remarquables d'Or- leans. Le fonds social est forme a Taide d'actions de 100 fr. chacune. Les maisons seront loue'es sous des conditions de surveillance et de conservation. Le prix de cette location servira donner aux societaires un in- te"ret de 3 { . Le surplus des revenus sera employe' a la restauration et a la creation d'un fonds de reserve destine a faire de nouvelles acquisitions. Dejci une maison, Tune des plus remarquables et des plus menacees, est acquise; et, dans ce moment, trente personnes, par le moyen d'un prospectus, ap- pellent leurs concitoyens a se joindre a el les pour con- courir a cette ceuvre de protection. Vingt d'entre elles sont membres de la Socie'te arche"ologique. Leur appel sera entendu , nous n'en faisons nul doute. INous ne TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 287 doutons pas non plus que Telan donne dans notre ville par la Soctete ne soit pour beaucoup dans ce succes. Nous bornerons ici le compte-rendu des travaux et des projets principaux de la Societe arcMologique de TOrleanais, ayant a coeur de le faire le plus succincte- ment possible et de ne pas abuser de vos moments. Permettez-nous , toutefois , de vous signaler Fentre- prise de trois osuvres de longue haleine et dont Tachfcve- ment exige le laps de plusieurs annees : 1. Une carte archeologique de 1'Orleanais; a 2. Une histoire statistique des fiefs de la province; 3. Et un armorial des feudataires, villes et com- munautes de cette province. Ces travaux, mis a chef, offriront de puissants secours a Tetude de notre histoire locale. Des commis- sions speciales sont charges de recueillir et de mettre en ordre les materiaux. Voila, Messieurs, un apergu trfes-abr^ge de ce qu'a execute jusqu'a ce jour ou entrepris la Societe arch6o- logique de 1'Orleanais. Bien posee dans Popinion, elle esp^re tout de Tavenir. Elle a pud^jci, dans la courte duree de son existence, rendre quelques services : elle compte par la suite en rendre davantage. Elle veut ici temoigner de sa gratitude pour Tappui et les secours bienveillants qu'elle n'a cesse de rencontrer. Elle veut, avant tout , &lre juste en reportant Thonneur de ce qu'elle a pu faire de bien a notre savant et honorable directeur, M. de Caumont. C'est son initiative 6clair6e qui a ouvert la carri&re oil elle tache de le suivre : c'est son zfcle infatigable qui la guide et Tencourage. M. Charles-Anguste Grivet est un ouvrier-poete, emule 288 JNSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. des Reboul , des Jasmin , des Durand , des He"gesippe Moreau. Son recueil de poesies, qui ne comprend pas moins de 369 pages , est pre"ce"de d'une notice sur 1'au- teur, par M. Dupuis, vice-president du Tribunal civil d'Orteans , dont je viens de reproduce le remarquable rapport. Vos compositions, disait Beranger a M. Grivet, dans sa lettre datee de Passy, le 5 de"cembre 1843, sont presque toutes concues et exe'cute'es avec gout et talent ; ce qui me surprend , autant que leur me'rite , c'est que votre nom n'ait pas plus de retentissement a Paris. Beaucoup d'gloges ont etc* prodigals a des vers qui sont loin de valoir les vdtres , et je regrette de vivre loin du monde des journaux , ce qui m'em- peche d'en obtenir la justice qui vous est due , etc. Mon appreciation, apres celle de 1'illustre chanson- nier , serait plus que temeraire ; aussi me bornerai-je a vous recommander, pour la lecture de ce nouveau vo- lume de poesies , une indifference moindre que celle du monde des journaux parisiens. MAINE-ET-LOIRE. La Societe industriellc d' Angers et du departement de Maine -et-Loire n'est pas restee inactive pendant Tannee qui vient de s'e'couler. Le rapport sommaire sur ses travaux , que vous a pre*- sente' M. Leroyer, son de'le'gue', vous en convaincra et vous fera voir qu'elle marche dans la voie du progres , fidele a la noble mission qu'elle s'est donn6e de tra- vailler a la recherche , a la propagation des sciences , et surtout des sciences pratiques , dans Tinte^t de tous; TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 289 & I'inatruction , et par suite Paine" lioration du sort du cultivateur en particulier , sans negliger les lettres , This- toire et les beaux-arts , sources de si douces jouissances pour les esprits cultive's. Elle vient de publier son vingt-septieme Bulletin annuel , usage qu'elle n'a pas manque de suivre depuis 1830. Ses seances generates mensuelles ont ete au nombre de dix. Si je n'^tais oblige, dit M. Leroyer, de me rentermer dans des limites aussi etroites, je vous dirais, in extenso, quelques-unes des communications soumises a ses ordres du jour et qui sont consignees dans son interessant Bulletin; cette lecture, j'en suis certain, aurait pour vous un vif interet. L'expose des divers comites qui composent la Societe, et qui tous, dans le courant de Tannee, ont eu a s'occuper des questions de leur ressort, vous donnera du moins une idee de la variete et de Pimportance de ces questions. Ces comites sont au nombre de onze : 1. Comite d'agriculture ; ^ des beaux-arts ; 3. hippique ; 4. d'horticulture et d'histoire naturelle ; 5. d'hygiene ; 6. de litterature , histoire et geographic; 7. de mecanique ; 8. de physique et chimie ; 9. des prisons ; 10. - de statistique et d'^conomie; 11. de viticulture et d'oenologie. Parmi les communications les plus importantes con- tenues dans le Bulletin de la Sociele, je citerai d'abord celles qui ont e"te" faites par son honorable president ; 13 290 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. elles sont nombreuses, grace & Paclivite et au zfcle qui ne cessent de 1'animer : 1. Communication relative aM. David, d* Angers, a la suite de laquelle il a e*t6 de"cid6 que le buste de 1'illustre statuaire serai t plac6 dans la salle des stances. 2. Communication sur des experiences faites sur la nature ct les produits de nouvelles especes de vigne,introduites dans le department de Mainc-et- Loire. Vous savez, Messieurs, de quelle importance est la question vinicole dans TAnjou. G'est sous Fempire de cette question que, depuis quinze ans et plus, M. Guil- lory ain6 , dans sa proprie'te de la Roche-au-Moine , consacre environ 3 hectares a des experiences com- paratives sur la culture et les produits de nouvelles especes de vigne. Grace a lui , apres des essais longs et perseverants sur des plants de toute provenance , le departement s'est vu dote de cepages de vari6tes plus hatives, tels que le Carmenet-Sauvignon, pour les vins de choix; le Liverdun et le Mdlin, pour les vins rouges communs. Deja , par ses soins , quarante mille cros- settes environ de ces cepages ont ete reparties entre une vingtaine de proprietaires, dans treize communes du departement. 3. Communication sur le drainage en Maine-el- Loire. II resulte, de cette communication, que le depar- tement de Maine-et-Loire est un de ceux ou la pratique du drainage a re$u le plus de developpements, et, si ce rf est Tceuvre de la Socie"te , elle y a puissamment con- tribue. MM. Bordillon et Lebanier , membres de la Socite, qui ont commence ces travaux , ont trouve de nombreux * irnilateurs dans plusieurs eleves de M. Lebanier et dans un grand nombre de proprietaires e"claires. Enfin , TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 291 M. H. Pineau , ingenieur agricole a Chateauneuf , a exe- cute de nombreux et importants Iravaux ; 750 a 800 hectares ont et6 assainis par des travaux de drainage. La Societe, par 1'entremise du Prefel de Maine-et- Loire , a obtenu du Ministrc de 1'agriculture une sub- vention de 800 fr. pour Tacquisilion de deux machines a fabriquer les tuyaux de drainage , destine'es aux arron- dissements d' Angers et de Beauge. b. Communication a I 3 occasion de I'e'tablissemcnt , a Angers, d'une ecole superieure des Lettres et des sciences. Dans cette communication , M. Guillory fait ressortir la part qu'a prise la Societe a Tobtention de cette faveur; elle s'est constamment pre"occupee depuis 1837 de la question de creer, a Angers, des cours publics et gratuits. Cette communication se termine par des citations de documents historiques curieux con- cernant Tancienne Faculte deDroit d' Angers. 5. Lettre a M. Le Prefet sur les moyens de pro- cMer au remplacement des recoltes dans les terrains inondes. 6. Note sur I'emploi economique des cngrais tiquides qui s'e'coulent des fumiers et des etables. 7. Communication sur la culture du tin de'Flandre et regeneration des graines. 8. Proposition ay ant pour objet de reunir,dans une suite d'articles, Vindication et la date des brevets d'in- vention et de perfectionnement pris dans le departe- ment de Maine-et-Loire (liste qui se trouve dans le Bulletin). Je citerai ensuite un article intitule : Quelques obser- vations pratiques d* agriculture , du aM. Bodin, membre de la Societe, directeur de Pficole d'agriculture de Rennes ; 292 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. nommer Tauteur, c'est dire combien Particle presente d'inte"ret. Une note fort inte"ressante, due a M. E. Ghevreul , de I'lnstitut, membre honoraire de la Societe industrielle, intitulee: Considerations sur les ouvrages d' agriculture du XV IIP. siede, de Dufiamel-Dumonceau el du mar- quis de Turbilly. Un premier chapitre des extraits de Fouvrage du marquis de Turbilly traite du defrichement des mauvaises terres , sables vifs et brulants ; le chapitre deuxieme, du defrichement des terres mediocres; le cha- pitre troisieme , des bonnes terres. Dans un appendice qui suit, il est parle des engrais d'origine mine'rale et d'origine organique, presents par le marquis de Turbilly, et de Tecobuage , au point de vue the"orique et pratique. A propos du drainage , je citerai encore un article de M. H. Pineau , intitule : Une question de drainage ; une note sur le drainage du time tier e de I 3 Quest de la ville d' Angers, etquelques observations sur le drainage en general, dues a M. Gh. Lebanier ; enfin, une lettre de M. C. de Jousselin sur divers travaux de drainage executes sur le dornaine de la Be'naudierQ. M. de Jons- selin utilise les eaux provenant des drains pour irriguer les pres. Il faut conclure, des experiences nombreuses faites par MM. Lebanier et Pineau , qu'en principe on doit donner la preference aux drains profonds. Remcde infaillible c outre La propagation de la rna- ladie des pommes dc terre , par M. Ottmann, pere, membre honoraire de la Socie'te. Une note sur La construction d'une etable, a la Be- naudiere, chez M. de Jousselin. Rapport, au nom d'unc commission speciale , sur TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 293 le projet d 'association pour la vente en detail de la viande de boucherie , par M. Janin, membre titulaire de la Societe. Un rapport sur I'ouvrage de M. de Valserres ayant pour litre : Dialogues populaircs sur le droit rural, par M. H. Pineau. Rapport, au nom du Comite de Me'canique , sur un systeme de ferrure de croisee, par M. Varanne-Aubry , membre titulaire. Note sur un mode de fondation economique dans tes terrains marecageux, par M. Launay-Pieau, architects, membre titulaire. Discours d'ouverture du Cours de botanique a I'ecole d'enscignement supcrieur des sciences ct des lettrcs tf Angers , le 30 avril 4 856 , par M. A. Boreau , secretaire de la Societe" industrielle. Note sur Pouvrage de Tabb6 Paramelle, intitule : L'art de decouvrir les sources, par M. L. Tavernier , membre titulaire. Rapport, au nom d'un Comite special, sur I'ap- pareil d lessive de M. Morel ^par M. Janin. C/iarte et tarif de la cloison d" Angers , en 1373, par M. P. Marchegay, archiviste de la Societe industrielle ( Cette note contient des details fort curieux. ) Le Ministre de Louis XI et le Chapelain de Clidteau- Gonthier , par le meme. Prix des grains , en Anjou, depuis le XP. sieclc j usqu'en 1855 , par M. L. Raimbault , membre titulaire. Note sur une boucle d'attelage, avec ardillon a re- traitc, par M. Charles de Beauvoys, membre titulaire. Rapport, au nom du Comite d' economic domestique, sur la silicatisation des pierrcs tendres et sur un 29A INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. enduit hydrofugc , par M. E. Gripon , membre titulaire. Rapport sur plusicurs ouvrages de M. le baron Trouve 1 , membre honoraire de la Societd , par M. Au- bert , membre tilulaire. Moyen de prevenir les inondations dans la valle'e de CAuthion , par M. V. Houyau , membre honoraire. Eecolte des cantharides , par M. Charles de Beauvoys. L'espece galline au Concours agricole universel de 1856, par M. L. J. Couchel , membre titulaire. Tels sont les litres d'autant de chapitres interessants renfermes dans le Bulletin. On y trouve enfin la relation des travaux des Cornices agricoles : Du canton de Chemille' ; de Thouarc ; du Lion-d'Angers ; Celle des concours du Cornice agricole du canton de Chateauneuf , a Cherr6 , et du Cornice agricole du canton de St.-Florent, a St.-Laurent-du-Mottay ; Et un Rapport sur le 19 m *. concours departemental d'animaux domestiques , par M. F. Janin. L'horticulture a pris , dans 1'Anjou , un tel developpe- ment , une telle importance , que la Societe a cru devoir charger un de ses membres, M. L. Tavernier, de lui faire un rapport sur le Catalogue descriptif et raisonne des arbres fruitier s et d'ornement de Tetablissement de M. A. Leroy. M. A. Leroy etend ses pepinieres sur plus de 100 hec- tares de terre ; il occupe 200 ouvriers et expedie a Tetranger des arbres fruitiers et d'ornement par centaines de mille. La Societe 3oit a M. Meniere, son bibliothecaire , des TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 295 observations meteorologiques faites a Angers , obser- vations consciencieuses consignees , jour par jour, pour tous les mois de 1'annee. Dans le but d'introduire ou de propager les plantes reconnues avantageuses , la Societe afaitde nombreuses distributions de graines. Pour entretenir Fesprit de recherche , elle a des expo- sitions mensuelles ou figurent des echantillons des pro- duits de Tagriculture et de Phorticulture ; les machines aratoires et autres ; en un mot , tout ce qui est Tobjet des recherches des naturalistes , des geologues , etc. Ces expositions ont enrichi les collections de la Societe, deja nombreuses par les dons des exposants. M, Millet, membre de 1'Institut des provinces et de beaucoup d'autres societes savantes, vous a offert un ouvrage important, publie a Angers, en 1856, et ne contenant pas moins de 452 pages. Cette ceuvre est inti- tulee : Elat actuel de I'agricutture dans le departe- ment de Maine-et-Loire , et de quelques moyens de tui venir en aide. Dans une classe premiere , 1'auteur traite de 1'agro- nomie ou de Fagriculture proprement dite. La premiere partie de cette classe s'applique aux cultures arables et a Teducation des animaux domestiques ; la deuxieme partie, a r arboriculture , c'est-a-dire a la cullure des arbres fruitiers champelres, ou fructiculture; a celle de la vigne, ou viticulture; a celle du houblon; a la culture et a Famenagement desbois et forets, ou sylviculture. Dans la troisieme partie, Tauteur recherche : 1 les moyens auxi- liaires ; 2. les causes qui nuisent a ragriculture ; 3. les aaoyeas preservatifs et reparateurs. 296 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. I/horticulture fait 1'objct de la classe seconde ; clle se divise en : 1. culture maraichere ou culture des legumes ; 2. culture des arbres fruitiers. Ce livre contient beaucoup de tres-bons renseignements, et il serait a de"sirerque, dans chaque de"partement, un travail analogue fit connaitre les cultures de chaque loca- lite et les produits fournis par elle. On regrette cependant 1'absence, en tete du volume, d'une carte du departement de Maine-et-Loire, qui eut mis le lecteur en position de suivre plus facilement les descriptions. Vous avez encore recu deux brochures , imprime'es dans le meme departement : 1. les Travaux du Cornice horticole de Maine-et-Loire; 2. la Pomologie deMaine- et- Loire, A e . livraison , publiee par le meme Cornice. Je regrette, a cause de Tinteret qui s'y attache, qu'elles ne soient pas susceptibles d'analyse. MANCHE. Le compte-rendu ci-apres, dresse par M. Delachapelle, secretaire de la Socie"te" Impe"riale acadtaique de Cher- bourg , vous fera voir que cette Societe rTest pas rest^e au-dessous de la tache qu'elle a entreprise : Sciences physiques et naturelles. M. Besnou a lu deux m^moires importants: Fun, sur YOidium auran- tiacum , Tautre sur les subsistances et les denrees des- tinees a Talimentation publique. M. le docteur Loisel a communique a la Societe deux rapports destines a etre mis sous les yeux de TAutorite administrative : Pun, sur quelques cas de fievre typho'ide observes dans une commune rurale , et que Ton regarde a tort comme constituant une sorle d'&pid&nie; le se- TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 297 cond, sur le choix d'un emplacement pour le nouvel hospice , a Cherbourg. M. Bertrand-Lachesnee a signale Pexistence , dans des localites de Tarrondissement , de diverses plantes rares , du moins dans le pays , savoir : a Greville , YAquilegia vutgaris , le Carcx paniculata , le Rosa tomentosa ; a Tourlaville, VHieracium sylv aticum , le Platanthera bifolia, le Juncus capitatus ; a Cherbourg, le Gepha- laria pilosa, etc. Histoire et arclieologie. Gette branche de connais- sances est toujours cultivee avec zele par la Socie'te' ; on ne fait ici que mentionner les travaux les plus im- portants en ce genre. M. de Pontaumont a lu : Une notice sur deux ex-voto du XII*. ou du XIIl e . siecle , a Gatteville ; Une notice sur les armoiries de la vicomte' de Va- lognes ; Une notice sur les extractions de pierres, a Cherbourg, en 1788; Un resume d'un rapport sur le Pre'-au-Roi. M. Noel , directeur de la Societe , lui a pr^sente un me'moire etendu et approfondi sur Tadministration mu- nicipale , a Cherbourg , depuis 1800. M. Victor Lesene a lu : Une notice sur les armoiries de Desroches-Orange ; Une note sur le pretendu passage , a Cherbourg , de la reine Marguerite d'Anjou. M, Lesene s' attache a prou- ver que la tradition qui fait venir cette reine a Cher- bourg n'est fondee sur aucun te"moignage digne de foi. Le meme membre a lu une note sur les fleurs , et 29& INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. specialement les roses considerees comme symboles et atlribuls ; Un releve de plusieurs inscriptions, recueillies dans re'glise d'Equeurdreville ; Une notice sur les Boucaniers ou flibustiers ; One autre notice sur les anciens registres de Tetat civil , a Cherbourg. Ce travail signale des particularites curieuses. M. Denis-Lagarde a pre"sente : Un rapport sur la Description du musee iconogra- phique de Lyon , par M. Gommarmond ; Une note sur des medailles grecques. M. Lesdos a donne un memoire sur VHistoire de la vi lie de Cherbourg. Literature. Biographic. M. le docteur Dufour a lu une notice sur M. Alexandre , ancien me" decin en chef de la Marine , inembre titulaire de la Societe. Gette notice est un digne hommage rendu a la memoire d'un homme distingue, d'un excellent confrere , dont la Societe" acade- mique regrette la perte , et conservera le souvenir. M. de Pontaumont a lu : Des Souvenirs de I'abbaye de Cherbourg au temps du due d'Har court ; Une Le'gende des environs de Cherbourg. Dans ce dernier travail, Tauteur, ordinairement scrupuleux et exact dans les recherches historiques et archeologiques , a donne un libre essor a son imagination ; il en est de mme de son hisloire du chateau de Tourlaville. M. Tabbe" Leroy a lu un Voyage a Rome. M. Janvier a communique a la Societe : Des Fragments de Voyages a Rio-Janeiro , a Callao, et autres lieux ; TftAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 299 Un me"moire sur Taiti. M. -de Lapparent a lu des fables , en vers , pour la plupart imitees de Lessing ; on a remarqu^ le tour vif et concis de ces opuscules, et la forte morale qu'ils renferment. M. Armand Guiffart a pre"sente a la Societe line tra- duction complete des Elegies de Tibulle. Get ouvrage annonce un talent reel , et atteste une connaissance approfondie de 1'auteur latin , en me*me temps que la vivacite de 1'inaagination et du style chez le traducteur. M. de La Londe a donne lecture d'une piece de vers , intitulee : Regrets. M. Bazan , associe-correspondant , a adresse a la So- Un Coup-d'ceil sur la Litter ature francaisc pendant la premiere motile du X/X e . siecle ; Une Apitre aux Dames ; Une epitre, intitulee : L'homme, tyran de la femme ; et divers autres opuscules. M. E. Delachapelle a presente : Une Esquisse d'un Cours de Logique , l re . parlie; Un article intitule : Pope et son ticole ; Une Epitre a une Paysanne. La Soeiete a recu un tres-grand nombre d'envois et de communications : elie continue a entretenir et a etendre ses rapports avec les Societes savantes de France et avec rinstitution Smithsonienne , a New-Yorck. M. Besnou , vice -president, pour 1857, de la Societe des sciences nature lies > autorisee a prendre le titre tflmpMale par un d6cret en date du 31 mars 1854, vous a fait parvenir le sommaire suivant des travaux 300 INSTITUT DES PROVINCES DE FRANCE. compris dans le volume qu'elle vient de publier pour Fannie 1856 : Agriculture. Renoue'e linctoriale , sa richesse en indigo, par M. Besnou. Anatomic vegetate. Anatomic des ptantes aeriennes de la famille des Orc/iide'cs , avec planches, par M. Chalin, de 1'ecole de Pharmacie. Astronomic. Nouvelle planete , decouverte par M. Chacornac. Bolanifjiw. - Rcmarqucs sur la nomenclature gene- rique des algucs , par M. A. Le Jolis ; Synopsis du genre Arthonia, par le docleur W. Nylander ; Lisle des Desmidie'es , observe'cs en Bassc-Normandic , avec planches , par M. de Brebisson ; Instruction sur la re'colte , I'etudc et la preparation des algues , par M. E. Bornet ; Description de 3 nouveaux lichens, avec planches, par le Meme; Sur les antheridees du Fegatella conica, par M. G. Thuret; Commu- nication dun nouveau procede de dessecher et de conserver la couleur el les formes des plantes , par M. Th6od. Du Moncel. Cftimie applique'e. Essai (fun melange d'huilcs fixes , constatation de teur nature et des proportions du melange , par M. Besnou ; Examen de I' finite de foie de morue , par M. Besnou ; Moyen de pre'- venir les depots terreux et salins dans les chaudicrcs a vapeur, pap M. Besnou ; Experiences a ce sujet par M. Verjus, maltre m^canicien, et M* L.-L. Fleury;^ Examen cfiimique et panifwation de farines elran- gercs provcnant d'Ame'rique ; causes de leur inferio- rite', par M. Besnou. Electricite. Sur le developpement des courants TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 301 (['induction , par M. Th. Du Moncel ; Eclais rheo- tomiques, par le meme ; NouveUe disposition des piles , par le meme ; Transmission des courants dans les conducteurs humides , par le memo ; Mesureur e'lectrique , par le mme. Entomologie. Decouvertes de genres el especes nouvelles dans I'arrondissemcnt de Cherbourg, par M. Bertrand-Lachesne'e ; Monograp/iie du genre He- riades de la famille des Apicides , par M. le docteur W. Nylander. Geographic. Sur C expedition du Nil Blanc et la determination des positions geographiqucs , par M. E. Liais. Geographic astronomique. Determination des lon- gitudes independamment de la verticale t par M. Liais. Geologic. Notes ge'ologiques sur le de'partement de la Manche, par M. Bonnissent; Notes geologi- ques sur diverses localite's du departement , par M. J. Lesdos. Herborisation. Topographic botanique , el decou- vertes de quelques plantes nouvelles , par MM. A. Le Jolis et Bertrand-Lachesnee. Horlogerie e'leclrique. Disposition nouvclle pour menager le contact des horloges electriques , par M. E. Liais ; Action du moteur sur la duree des oscilla- tions du pendule, par le meme. Hygiene publique. Analyse des eaux de la Divette, par M. Besnou ; Considerations sur les causes de I' apparition de COidium aurantiacum dans le pain, par le m6me. Industrie. Gout ^extraction des rochet sous-ma*- rines, par M, le docteur Payerne. 302 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE^ Magnetismc. Sur la force portante et aspirante des aimants, par M. Th. Du Moncel. Matliematiqucs. Preuvc des regies fondamentales de rarithmetique , par M. de Lapparent ; Demonstra- tion des principes fondamentaux sur lesquels repo- sent les caractcres de divisibilite des nombres entiers par des valeurs entieres quclconques , par le me" me. Mecanique appliqude. Appareil destine a indiquer la vitesse des corps en mouvement et les avantages que Von pourrait en retirer par C application aux locomotives des chemins de fer, parM. Menant. Me'teorologie. Chute de grle observee, a Carteret, par M. Allix, lieutenant de vaisseau; Anemometres a indications continues, par M. Th. Du Moncel; Star les corrections des indications du pluviometre, par M. L.-L. Fleury; Observations udometriques , par le m6me ; Sur le nombre des orages a Cherbourg pendant une longue periode , par le m^me. Orographie. Essai sur I'histoire nature lie de Var- chipel de Mendana ou des Marquises ( l re . partie , C.e'ologie et min^ralogie ) , par M. fidelestan Jardin. Physique. Sur les longueurs des fits propres a donner aux electro-aimants leur maximum de force , par M. Th. Du Moncel; Temperature de I'air, par M. Em. Liais; Sur les relations qui existent entre les chaleurs latentes des dissolutions des sels incom- patibles et les chaleurs specifiques des dissolutions des monies sels , par M. L.-L. Fleury. Physique appliquee. Barometre et spherometre electriques , par M. Th. Du Moncel ; Moniteurs elec- triques des chemins de fer, par le m&me ; Moniteurs Electriques pour les hauts-fonds , par le me"rne ; Per- TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 303 fectionnement a son regulateur e'lectro-solaire , par le meme ; Eemarques sur Ic precede employe par M. Besnou pour constater les proportions d'un me- lange d'huiles fixes , et de son application possible par le catcul a un nombre indetermint dans le me- lange, par M. L.-L. Fleury ; Nouveau systeme pour retirer automatiquement , en temps convenable , un objet quelconque soumis a une action physique ou chi~ mique, par M. Th. Du Moncel. Physique du globe. Influence de la torsion sur les determinations de la declinaison avec les bous- soles ou I'aiguilie est suspcndue par un fit, par M. E. Liais ; Sur la determination du centre de gravite d'un barreau aimante, par le m6me ; Mareographie electrique , par M. Th. Du Moncel; Ras de maree, par M. Em. Liais ; Sur la stabilite de Cetat thermo- metrique actuel dc la surface du globe , par le m6me. Toxicologie. Sur les precautions a prendre pour constater la presence de la strychnine et de la mor- phine dans le cas d'empoisonnement , par M. Besnou. Uranographie appliquee. Avantages quc I' on peut retirer de I'etablissement de cartes uranographiques pour corner ver , sans aucune alteration possible t les dates precises , sinecessaires al'histoire , par le capi- taine de vaisseau Boutzkoy , directeur de 1'Ecole Jmpe- riale navale de Russie. Pendant Tannee qui vient de s'e"couler , la Societe d'archeologie , sciences et arts d'Avrancfies n'est point, non plus , rested inactive. La premiere partie du volume de ses Memo ires actuel- lement sous presse renferme, en effet, de nombreux 30/1 INSTITUT DBS PROVINCES DE FRANCE. travaux, parmi lesquels on remarque : Des recherches sur rc'tablissemcnt dc La Monarchic francaise dans Ics GauLes ; et sur ic meurtre dc Thomas Beckct , par M. Guslave de Clinchamp , president de la SocieHe. Un rapport sur les Iravaux dc Vannee , par M. Phi- lippe Loyer , secretaire. Un curieux travail de M. Beautemps-Beaupre", entrepris sur differentes brochures relatives au dessechement de la baie du Mont-St. -Michel. Un rapport de M. Le Hericher, sur le dessechement de la baie du Mont-Michel , envisage" au triple point de vue de Tarcheologie , de Tart et de Thistoire. Un Essai, par le m&me auteur, sur la botanique po- pulaire de Normandie et d'Anglelerre; travail qui te"moigne d'une Erudition inge"nieuse et varie"e. Diverses notes, de M. Andre"-Marie Laisne" , sur Torigine du dicton : Etre tout e"veque d'Avranches ; sur la valeur des formules : Per cultellum , cum cultello ; Cum missali , per capillum; et des notices rernplies de details pr^cieux sur Desrues, sur Alexandre de Ville- dieu et sur le Psaltcrium juste litigantiwn, de Jacques de Campront ; enfm des recherches archeologiques snr les eglises de Tancien diocese d'Avranches. Une notice sur les tableaux deconfr^rie, etenparticulier sur le tableau du liosaire de SL-Qucntin ; et une etude etendue sur les po6sies populaires de la Basse-Normandie, par M. Eugene de Beaurepaire. Inde'pendamment de ces travaux, la Societe a entendu la lecture de beaucoup d'autres me"moires et rapports , parmi lesquels nous citerons les suivants : Revue des constructions nouvclles de I'Avranchin, par M. Ed. Le H6richer. TRAVAUX DBS ACADEMIES EN 1856. 305 Excursion en Bretagne , par le mme. Analyse de divers travaux public's re'cemment a Avranches par des auteurs anglais, par le mme. De la civilisation gauloise , par M. le vicomte de Guitton de La Villeberge. Etude sur la religion des brahmes et sur le brah- misme, par M. le capitaine Passart , ancien comman- dant du Comptoir de Mane. Etude sur les ceremonies funeraires des Indous , par le meme. De ['education dans la famille , par M. Groult , regent de Logique. Nouvelles notes sur Alexandre de Villedieu, par M. Laisne" vice-president , membre de la Societe Fran- caise. Notes sur les paroisses de St.-Satumin et de JNotre- Dame-des-Champs , par le meme. De I'identite des calendriers de certaines annees, par le mme. Apercu de Vancicnne legislation relativement aux moulins, par M. Durand , juge. Des croix doubles et de I' architecture du moyen- dge , par M. Parey , agent-voyer. De quelques sermons francais du XII*. siecle, at- tribues a Maurice de Sully , archeve'que de Paris , par M. Eugene de Beaurepaire. Les poesies allegoriques , et La chasse du cerf prive, par le meme. Du mouvement arcfie'ologique ct litteraire en Nor- mandie, par le m^me. Sonnet de Courval et son Pamphlet contre les char- latans et pseudo-medecins , par le meme. 306 INST1TUT DBS PROVINCES DE FRANCE. Histoire de I' Hospice d'Avranches et de quelques institutions charitables , par M. Gh. de Beaurepaire, membre correspondant. Poesies , par M. fimile Le Pelletier , substitut a Lourdes , membre correspondant. Traductions en vers , par MM. Lemonnier et Hucley. Rapports divers sur les fouilles de la rue Ormont, du chateau du Pare, de St.-Aubin, par MM. Renaut, Laisne et de Beaurepaire. Mentionnons , en fmissant , les accroissements rapides du niuse'e de tableaux et d'antiquites, et la restauration de la toile de Staccony , exe"cutee , sur la demande de la Societ6, par les soins d'un artiste aussi habile que zeie" , M. F. Robiquet. MARNE. M. Debacq , secretaire et de'le'gue' de la Society acade- mique de la Marne, vous a, dans votre premiere stance, donne* lecture de Texpos6 qui va suivre , des travaux de cette Socie" te" , redige par M. Caquot qui la preside : La 8001616 d'agriculture, commerce, sciences et arts du de"partement de la Marne, grace a la bienveillance de M. le Ministre de Tlnsfruction publique, correspond gratuitement avec 223 Societe"s francaises qui s'occupent, comme elle, de tout ce qui tend a Tamelioration et au bien-6tre du pays. On concoit quel int^ret doit re"sulter de ce mutuel ^change de pense'es, d'e"tudes, d'expe'riences , toutes dirige'es vers un meme but , dans des regions diverses, et par consequent avec des preoccupations et sous des as- pects varies, sinon differents. Get interet est le meme dans le Congres des dengue's des Societes savantes ; ici TRAVAUX DES ACADEMIES EN 1856. 307 seulement, il est plus vif, il est en action. Les intelli- gences , les pense"es , les experiences y sont en presence et se touchent la main. M. Sellier, un des dele'gues de la Socie'te' de la Marne , dans un rapport tout a la fois vif et concis, complet et lucide, en passant en